Un jour… sans doute

Je relisais mes deux derniers billets et je me demandais pourquoi j’ai soudain ressorti ma boîte à souvenirs…

Le passé est passé, l’avenir incertain. Seul le présent devrait compter, c’est ce que je me dis quand le coin de ciel bleu s’est rétréci.

Mon petit frère…

Il rirait s’il me lisait, à moins qu’il n’en soit aussi fâché…

Mon petit frère, donc, m’a montré aujourd’hui un film qui comportait des moments de notre enfance. C’était émouvant, très.

Des vacances à la plage, il y a très longtemps, un été avant…

Il m’a demandé de quand ça datait… et moi, je n’ai pas su lui dire. J’avais les souvenirs, sans date, je me voyais sur l’écran, avec la bouée qui déplaisait tant à notre père. J’étais bien trop grande pour aller dans l’eau ainsi.

Trop grande, c’est vrai… mais si j’en crois les images je devais avoir moins de dix ans… sept peut-être, ou huit.

Cette année-là, nous étions dans un camping, au nord de Barcelone, à Cubellas.

Je redécouvrais la tente, immense, deux chambres séparées par un espace qui nous servait à tout, sauf à dormir bien sûr.

Sur l’écran, nous étions tous, les six enfants, avec Maman. Papa filmait.

J’ai vu Maman, qui lançait un ballon multicolore, mais je ne sais pas à qui.
J’ai vu mes frères, mes sœurs… et je me suis vue moi, sans doute moins importante que le grand bateau que Papa a filmé longuement et qui passait à l’horizon.

Rêvait-il encore de voyage, lui qui avait vécu si longtemps Outremer ? Sa sédentarité non désirée lui pesait-elle trop à ce moment-là ?

Je ne sais pas. Je regardais les images et je me disais que j’aurais sans doute filmé davantage les enfants ou Maman que ce bateau-là, que ces vagues où nous étions si petits…

Mais je n’étais pas lui, et je ne me demandais sans doute pas pourquoi il regardait si loin alors que nous étions si près.

Moments de vacances, de jeux… plus loin, les gorges du Tarn, le pont du Gard ou un autre…

Chaque image me rappelait un souvenir.

Mon petit frère a réagi. Pourquoi les souvenirs qui surgissaient n’étaient-ils pas autres que ceux que je lui racontais ?

Là-bas, sur la plage, c’était là où je m’étais noyée… 😕

– Noyée ? Ben non, puisque tu es encore là !

C’était vrai… j’étais là, mais avec une telle peur que je n’allais plus jamais près de l’eau sans appréhension, sans que tout s’arrête.

(Saviez-vous que je nage en apnée ?)

Les gorges du Tarn… là où j’avais eu si peur des lacets que mon père descendait en roue libre… pour économiser l’essence. 😥

Papa passait son temps à me faire peur. C’était l’un de ses jeux préférés. Je l’ai cru très longtemps, et, même aujourd’hui, j’ai du mal à penser à lui en souriant.

L’ai-je aimé ? Sans doute… comme un enfant doit aimer ses parents.

Mais je l’ai craint bien davantage.

J’avais cinq ans… mon père rentrait d’une mission dans le désert. Il avait sa cravache à la main. Moi, j’avais pris le rouleau de cellulose qui servait au change de mon petit frère et, bien avant que la publicité montre ce genre de bêtise à la télévision, je l’avais déroulé, de pièce en pièce jusqu’à la porte qu’il venait de franchir.

Je me souviens encore de la raclée reçue… que je méritais sans doute.

Pourtant c’était mon père, un héros, comme l’aurait décrit Hugo.

Il n’était pas sur les morceaux de film que mon frère me montrait. Par contre, il y avait Maman, Maman prenant soin de nous, Maman jouant avec nous, nous serrant dans ses bras.

Maman à Noël, devant notre sapin, en Espagne. Maman qui souriait en nous taquinant. Maman qui nous appelait tour à tour pour que nous puissions tous être ensemble sur l’écran… Mais elle n’y arrivait pas.

Maman qui avait mis au monde des enfants uniques… C’étaient ses propres mots quand elle parlait de nous.

“J’ai six enfants uniques…”

… et nous nous conduisions ainsi, partageant l’amour de notre mère, et l’ayant chacun tout entier…

Les images sont terribles… savez-vous ? Elles nous font revivre des instants que nous pensions oubliées.

Mon petit-frère ne se souvenait de rien. Il était trop petit. Il n’avait que dix ans, à peine, lorsque mes parents sont morts à six mois d’intervalle.

Quel âge avait-il sur ces images ? Cinq ans de moins que moi…

Alors, je lui racontais la fois où Maman me l’avait confié tandis qu’elle faisait couler le bain.

Il était tout petit… et moi, cinq ans plus grande. 🙂

Maman l’avait posé sur la table à repasser. Moi, je devais le tenir.

À quoi ai-je pensé, qui m’a distrait la seconde où il ne fallait pas le quitter des yeux ? Je ne sais plus. Je me souviens de la chute du bébé, du cri de Maman, du départ précipité vers l’hôpital…

“S’il meurt, ce sera de ta faute !”

Je me souviens que j’ai pleuré sans discontinuer jusqu’à ce qu’il revienne, mais que je n’ai pas été soulagée de le voir revenir.

Je ne faisais que des bêtises en ce temps-là. Même Maman se fâchait parfois tellement fort que j’en garde des bleus au cœur.

J’aurais voulu qu’elle soit fière de moi… comme elle l’était quand nous parlions d’un avenir qui ne serait jamais le mien.

(à suivre)

44 réponses à “Un jour… sans doute

  1. Quichottine

    Peut-être est-ce de ce temps-là que je garde l’habitude de toujours me demander si ce que je fais n’est pas une bêtise… mais j’ai beau me persuader que j’ai beaucoup changé, je n’en suis pas si sûre.
    Merci à tous ceux qui ont déposé des mots pour marquer leur passage par ici… merci à tous pour votre amitié.
    Passez une douce journée.

  2. mireille du sablon

    ..tes mots font ressurgir certaines scènes de mon enfance: grande soeur, je devais veiller sur les plus jeunes, un papa absent bien que là, une maman si douce mais fatiguée d’avoir six enfants à élever…
    j’en ai la gorge serrée…mais c’est important de parler de ce qui est enfui…
    Gros bisous du jour
    Mireille du sablon

  3. almanito

    Ce n’est pas toi qui a fait une bêtise ce jour là, mais pardon de te le dire, ta maman.
    Laisser un tout petit sur une table à repasser (?!) sous la surveillance d’une petite fille à peine plus grande…
    Peut-être n’as-tu pas assez connu tes parents pour faire la part des choses et les comprendre, la vision que l’on a d’eux n’est pas la même quand on est enfant que lorsqu’on devient adulte. Il faut toute une vie pour se connaître et malheureusement tu n’as pas eu le temps.

  4. Les bêtises, c’est quelque chose de très subjectif, ce qui en sera pour l’un ne le sera pas pour un autre…
    Que ce soient les parents ou les enfants, on fait bien comme on peut…
    Je déteste ce mot « raclée » et peut-être y avait-il d’autres moyens… et rien que d’envisager la cravache !!!!!!!!
    Pfiouuuuuu rude !
    Bisous et bonne journée Quichottine

  5. Le passé ressurgit souvent ; est-ce un mal ? Il me paraît qu’il explique souvent les sentiments présents. Ils devraient donner joie ou compassion.
    10 ans me semble un âge qui permet d’avoir des souvenirs précis.
    J’ai des souvenirs précis de mon enfance depuis l’age de 5 ans. L’attente d’un petit frère ou d’une petite sœur (5 ans 2 mois), mon excitation et ma déception lorsque mon père m’a appris son nom : Chantal. Lorsque ses problèmes de santé importants ont été diagnostiqués, ma mère déjà fragile avait le plus grand mal à gérer le quotidien. Les coups sont tombés fréquemment, mes bleus n’etaient Pas qu’à l’âme. J’ai toujours été incapable de l’aimer vraiment, j’aurai tellement voulu ne pas exister.
    Les souvenirs heureux de mes 5 ans sont tout aussi précis et nombreux. Ils m’appartiennent. Ils étonnent ma famille, d’autant plus qu’ils n’ont jamais été évoqués devant moi.
    Les uns ont fait mes phobies et mon goût de la solitude, les autres ont fait ma certitude que les jours paisibles succèdent aux jours difficiles. L’aigreur n’a donc pas de place.
    Bonne journée Quichottine.

  6. Notre enfance forge notre caractère.
    Pour mon part c’est un manque d’assurance en moi que je trimballe depuis toujours. Tout cela pour quelques paroles anodines, sans vice, ni méchanceté. Lorsque j’ai émis le souhait ( après mon certificat d’études) d’intégrer une école d’art. A la maison on me disait que je ne serais jamais Picasso et qu’il valait mieux apprendre un vrai métier…
    C’est tout bête mais c’est comme si on m’avait dit :TU ES UNE INCAPABLE…
    Oui, il suffit de peu de choses parfois, et comme toi j’aurais aimé que mes parents soient fiers de moi.

  7. Le « vrai » scénario du film de ta vie n’appartient qu’à toi, chacun a sa vision et son interprétation des faits. Mais le petit dernier, lui, est obligé de prendre les informations qu’on lui donne pour se donner une illusion de souvenirs. Lui a la possibilité d’idéaliser. J’aime l’analyse que tu fais de chaque chose, tu aurais fait une excellente thérapeute.

  8. Ce que tu écris me renvoie des choses, partiellement, ou pas avec la même personne dans le  » rôle « . En tout cas, cet écrit fait mouche et me touche … Comme aussi certains contenus des commentaires précédents.
    Pensées affectueuses, Quichottine.

  9. Des souvenirs émouvants qui laissent des bleus à l’âme c’est sur . Quant à la bêtise du rouleau de cellulose , elle ne mérite pas une telle correction . Pour l’accident avec ton petit frère tu n’étais responsable en rien , il n’aurait jamais du être sur la table à repasser .
    Je suis vraiment tres touchée par tout ce que tu partages avec nous .
    Bises

  10. Je me souviens aussi de mon enfance mais comme elle n’a pas été formidable j’évite d’y penser. De toutes façons le passé m’encombre. Je préfère le présent .

  11. annielamarmotte

    pour tourner la page du passé il faut l’avoir passé en revue complètement…. c’est ce que tu es en train de faire…..

  12. Très émouvant récit, Quichottine, ces souvenirs sous l’éclairage de ton regard d’adulte. Je craignais mon père aussi, si sévère quand mon frère et moi étions enfants, des raclées nous en avons reçu également. Bref, ce n’est qu’une fois adulte qu’il ne m’a plus fait peur du tout et nous avions une certaine complicité. Gros bisous.

  13. Nous sommes bien de la même époque. L’après guerre n’était pas un paradis. Lis voir Catherine Gueguen, sur les violences ordinaires.
    Tu as besoin d’aide et de réconfort. Le décès de ta fille est bien lourd. Il te met à nu.
    Bises de tout cœur

  14. mes parents voulaient le meilleurs pour l’enfant unique que je fus comme je l’ai voulu pour mes enfants mais aujourd’hui les souvenirs me font prendre conscience de tant de maladresse alors pour mes petites filles j’espère leur laisser au moins à elles un meilleur souvenir…
    c’est fou ce que tes pages remues comme bleus à l’âme

  15. Te dire est une bonne thérapie, savoir exprimer tout ce qui est enfoui en nous et blesse permet non pas d’oublier, mais de mettre des mots sur des maux pour apprendre à les accepter…
    Laisse déborder le trop plein et surtout accepte de t’aimer comme tu es car c’est ainsi que chacun d’entre nous t’apprécie.
    Bises

  16. Des souvenirs qui parfois font mal…Tu me fais rire avec ton moment d’inattention, j’ai eu pareil sauf que mon frère avait même pas 6 mois, tombé du lit parce que je faisais plus attention…Ce fut le martinet mais pas par papa puisque nous n’en avions pas. rire. Bisous

  17. Ce ne doit pas être facile pour toi de repenser à tous ces moments …
    Je ne te sens pas heureuse.
    Sacrés souvenirs, qui nous poursuivent et parfois nous embarrassent.
    Merci pour ces partages …
     » Bon mercredi, avec des températures revenues à la normale.
    Il fait beau et chaud, comme en juillet, quoi !
    Gros bisoux ♥ « 

  18. Eglantine-Lilas

    Que garde notre mémoire du temps passé ? La réalité des faits? une partie des faits? le ressenti qui nous a marqué ? je ne sais en vérité. Lorsque j’ai voulu laisser une « trace » à mes enfants et petits enfants, mes deux soeurs étaient encore en état pour que nous puissions évoquer certains souvenirs…l’une et l’autre n’avaient pas tout à fait les mêmes. J’ai fait au mieux de ce que pour moi il m’en restait de ce passé !
    Grosses bises

  19. Salut,
    En ce moment je mais sur l’ordi toutes les photos prise en diapo.
    Alors bien sûr les souvenirs reviennent.
    C’est super le bon vieux temps en camping.
    On a une belle journée encore et c’est tant mieux.
    La température est normale .
    Bonne journée

  20. Salut,
    En ce moment je mets sur l’ordi toutes les photos prises en diapo.
    Alors bien sûr les souvenirs reviennent.
    C’est super le bon vieux temps en camping.
    On a une belle journée encore et c’est tant mieux.
    La température est normale .
    Bonne journée

  21. Un témoignage émouvant. J’essaye de ne plus trop penser à mon enfance et éviter les lieux qui me la rappellet sauf pour montrer à mes petites filles. Bisous

  22. Les blessures du coeur que nous avons reçu dans l’enfance ne se referment jamais j’en suis bien certaine, et quand on doute encore de soi alors que les années ont passé c’est qu’elles ont été profondes…mais je pense que les souvenirs sont aussi transformés par les événements futurs et surtout notre ressenti…ce qui explique que dans une même fratrie nous ne les interprétions pas de la même façon. En tous les cas je trouve que c’est merveilleux que ton petit frère ait besoin que tu l’aides à se souvenir et que vous ayez regardé ce film ensemble, même si c’est douloureux, c’est important pour vous deux. Les aînés ont toujours eu beaucoup de responsabilités. bisous et une belle fin de journée

  23. Les souvenirs que l’on partage ne sont jamais, ou si rarement, les mêmes de l’un à l’autre. Et, je pense, ils sont souvent liés à un moment ressenti de telle ou telle manière. Comme c’est difficile de faire la part des choses dans les souvenirs.
    Nager en apnée ? Tu veux dire la tête hors de l’eau sans respiration ? Si c’est le cas, je connais un peu ! Suite à un plongeon depuis une balançoire, dans la Marne, j’étais une toute petite fille. Bien sûr je ne savais pas nager. Tout ce dont je me rappelle, c’est que c’est noir au fond !
    Que ta journée soit sereine.
    Bisous Quichottine

  24. Tant d’émotions en te lisant……….

  25. Rassure-toi, j’ai fait énormément de bêtises moi aussi et j’ai été corrigée aussi comme je le méritais à hauteur de mes bêtises, mais parfois comme toi j’avais le coeur gros, j’ai remisé à la cave de mon cerveau tous les mauvais moments de mon enfance pour ne garder que les agréables et souriants moments, je pense que je n’aurai pas pu vivre autrement…
    C’est très courageux de ta part d’effeuiller tes souvenirs
    Bonne journée

  26. Tu nous livres tes souvenirs d’enfance…
    Avec beaucoup de bleus au coeur…
    Tu faisais des bêtises… qui n’en fait pas… Mais mon père n’a jamais levé la main sur moi… Ma maman plus sévère, non plus… elle n’avait qu’à élever la voix et je filais doux…
    Bisous.

  27. De magnifiques souvenirs ma Quichottine, même si certains restent douloureux.
    Bises et bon mercredi

  28. Triste cette « raclée » et sûrement pas méritée. On est de la même génération, mon père n’avait pas de cravache mais sa main tapait fort.
    Des bêtises? Non, l’enfant explore, il ne le fait pas « exprès » la plupart du temps, c’est un jeu, une découverte. Être élevé dans la peur des plus forts inscrit en nous un manque de confiance quasi définitif.
    Aujourd’hui, la fessée est enfin interdite, certains disent qu’ils n’en sont pas morts, moi je dis que quelque chose est mort en nous de cette humiliation.
    Tes souvenirs résonnent en moi, le père que j’avais je ne l’aimais pas. Et tu n’as pas eu la chance de le connaître plus vieux, car en vieillissant le mien s’est adouci.

    Tendresse.

  29. Tu éprouves le besoin de te plonger dans le passé, sans doute pour essayer de guérir de blessures au cœur qui refont surface suite au gros traumatisme récent. Et nous derrière l’écran, nous t’écoutons. Moi je t’écoute et je ne vais pas transposer… Tu as juste un très gros chagrin à évacuer et ça mettra du temps. Pardon pour ma psychologie à quatre sous. Je t’embrasse.

  30. Que d’émotions encore ce soir en te lisant. Tu n’as pas fait de bêtise ce jour là, quelle idée a eu ta maman de mettre ton petit frère sur une table à repasser ??? ça parait fou
    ça ne doit pas être facile de repenser à tout ça, mais je pense que ça fait du bien d’écrire, c’est une bonne thérapie. Merci pour ces partages Quichotine
    Douce soirée et gros bisous de nous deux

  31. Que de souvenirs émouvants , douloureux même , les écrire est une manière de les apaiser.
    Je t’embrasse Quichottine.

  32. Ce ne sont pas des bêtises, ce sont simplement des appels au secours pour être remarquée , aimée .
    Cela montre une grande souffrance .
    Je lis ton texte avec beaucoup de peine et et de tristesse .
    Je te souhaite une douce soirée, bises Quichottine

  33. la vie n’est que souvenirs qui s’éloignent au fil des années

  34. Pas simple d’évoquer les souvenirs d’enfance… Comme si toute notre vie, l’empreinte laissée impactait notre quotidien… Tu le fais avec la délicatesse qui te caractérise.

  35. Les souvenirs de notre enfance fixée à jamais sur des films c’est très bien racontée, c’est fort émouvant, cela renvoie à ses propres souvenirs, moi aussi je m’occupais de ma petite sœur mais j’avais 9 ans de plus qu’elle, si ce n’était moi c’était mon autre sœur, et pas plus tard que la semaine dernière elle se souvient de la raclée reçu à cause d’une voisine qui l’avait vu lâchée le landau dans la pente pas très loin de chez mes parents, mais il n’était rien arrivée à ma petite sœur, juste elle le lâchait et le rattrapait, c’était un jeu….
    Quand on a des souvenirs on peut continuer d’avancer dans la vie et d’aller plus loin.

    Belle journée et bisous

    EvaJoe

  36. Bonjour Quichottine. Le récit de ton enfance est émouvant. Tu as beaucoup souffert, en silence, et tu dois évacuer ces chagrins et ces peines qui t’ont meurtrie. J’ai aussi de vieux films de notre enfance que j’avais fait mettre sur un CD, à moitié effacé mais je préfère ne pas le regarder. Bisous et bonne journée

  37. Pas simple de regarder ces images filmées ! Des souvenirs qui remontent avec l’amertume des ressentis à ce moment-là et aussi actuellement. A leur lecture, c’est très émouvant. Des blessures intimes, des regrets, des questionnements, …
    On a chacun ses souffrances. J’ai tendance à occulter les souvenirs de mon enfance et ai bien du mal à me souvenir de certains faits. En en parlant avec mon frère, j’arriverai peut-être à les faire remonter.
    Je vis beaucoup dans le présent et même l’avenir que dans le passé. Une manière de prendre plus ma vie en main.
    Bonne journée Quichottine ! Bisous !

  38. Ah! Les images du passé qui font ressurgir tant d’émotions. Les souvenirs parfois très nets, parfois flous et rêver de refaire le chemin à l’envers. Les moments heureux, les moments difficiles…
    A cette époque,les parents avaient des méthodes plus rudes que maintenant ..Ils ne se posaient pas tant de questions! C’est très émouvant ce récit. Je t’embrasse

  39. Tu ne faisais que des bêtises ? Non, tu vivais ta vie d’enfant tout simplement. On veut toujours que ses petits soient responsables de tout tout de suite, mais l’âge de raison (et de résignation) arrive bien plus tard quand les rêves se sont envolés. Tu n’as pas perdu tes rêves Quichottine, tu les cherches encore et c’est ce que j’aime dans tes écrits…

  40. Encore une page si émouvante!
    Ta bêtise m’en rappelle une énorme que je croyais avoir faite:
    « J’avais 5 ans, mon petit frère presque 3…Je jouais avec lui ou plutôt il jouait avec moi à mettre les pions chiffrés sur des cartes de loto…Il était très doué mais petit…Il décida de partir et de jouer avec sa charrette…Il partit en reculant jusque dans le hangar où maman et ma grand-mère faisaient la lessive dans « la grande lessiveuse »…Elles venaient de sortir les draps et dans une bassine par terre il y avait de l’eau bouillante…Mon petit frère est tombé dedans…Trois jours plus tard, il était mort…(choc au cœur dira le médecin)… »
    Je me suis sentie coupable jusqu’au jour où j’ai réussi à en parler à maman, il y a 5 ans…Et là elle m’a dit que je n’y étais pour rien…Que les brûlures n’étaient pas graves et que c’était de la faute du médecin qui aurait dû l’hospitaliser où au moins une piqûre pour le cœur tout de suite car il avait eu très peur….
    J’ai eu cette chance que maman a su me dire…Ma bêtise m’a-t-elle dit c’était d’avoir attendu tout ce temps pour lui en parler… https://marie-aupaysdesimagesetdesmots.blogspot.com/search?q=Il+ne+reste+de+toi

  41. Enfant, ce n’était pas de mon père que j’avais peur mais de ma mère dont j’ai écrit un peu de sa vie( ce que j’en sais) elle est décédée à 42 ans alors que je commençais à la découvrir , cela m’est resté de ne pas avoir su lui parler mais c’était l’époque, les parents ne se confiaient pas . Pour ton petit frère c’est ta mère qui était en faute, pas toi qui était si petite. Souvenirs qui me revivre certains des miens

  42. Je viens de lire ton billet avec une grande émotion.
    Je n’ai que peu de photos de moi enfant et encore moins de film, mais j’aurais adoré en avoir. Avant les parents confiaient effectivement la garde des petits aux aînés mais peut-on en vouloir à une fillette d’avoir eu un moment où elle a perdu de vue son petit frère? Je ne le crois pas Quichottine et peut-être avais-tu besoin d’attirer l’attention de tes parents sur toi en faisant quelques bêtises, c’est un grand classique chez les enfants.
    Tu as su tout de même garder ton âme d’enfant et je pense que c’est bien aussi de ne pas oublier et de rêver même à l’âge de raison.

  43. Ton billet est très émouvant ! Il ramène à la surface des souvenirs semblables… Les « raclées » à l’époque étaient courantes et personne ne trouvait cela dangereux pour la santé psychologique de l’enfant… bien au contraire : « ce gosse est mal élevé, il devrait recevoir un peu plus de bonnes fessées »… combien de fois ai-je entendu cela autour de moi, voire encore maintenant !
    L’éducation était si rigide que j’étais une enfant sans âge, tellement trop sage … d’autant plus que j’étais l’aînée, donc un bon exemple à suivre ! Difficile ensuite à apprendre à dire « non » ! Un mot si banni de notre vocabulaire qu’il faut toute une vie pour y réussir … et encore !
    Ne t’inquiète pas, ma chère Quichottine, les bêtises étaient notre seule façon de dire « non »… Elles étaient indispensables, sinon tu aurais traîné un handicap toute ta vie… Quand on a été dressé à tout accepter bon gré mal gré, on courbe l’échine toute sa vie entière… ne sachant pas faire face !!! Il fallait bien responsabiliser un peu tes parents, non ?
    Je t’embrasse fort