L’enfant des cités

« Nous sommes tous des rois, poètes et musiciens…« 

C’est ce que disait la maîtresse qui avait lu Henry Miller et qui trouvait que c’était une bonne manière d’inciter ses élèves à l’écouter enfin.

Mais lui, au fond de la classe, à la place qu’il avait choisie depuis longtemps, faillit s’en étrangler de rire…

Des rois ? Mais c’est n’importe quoi ! De quoi serais-je roi, moi ?
Roi de la cité à la Croix Petit ? Là-bas, il n’y a pas de croix, ni petite ni grande. Elle y connaît rien, la maîtresse. Elle est jamais allée là-bas, ça se voit. Elle est bien trop mignonne dans son petit chemisier à  carreaux turquoise et marine. Elle oserait pas ! Elle aurait bien trop peur de se faire attaquer par les pourris de nos cités, ceux qui aiment les tournantes… pas de ping-pong, bien sûr !

Je ne suis roi de rien du tout, là-bas. Il y a longtemps que j’ai appris l’esquive, que je passe devant les plus forts en baissant la tête. Je n’aime pas les embrouilles, moi… Je vis dans l’ombre sans rien dire et on ne m’embête plus depuis qu’ils savent que je sais tenir ma langue.

Des poètes… Ah… pour ça, il faudrait que j’aime les fleurs… que je sache employer les mots qui rêvent. De rêves, je n’en ai qu’un: partir… Oui, un jour, très loin. Comme mon grand frère, Lassana. Mais lui, il est parti un peu trop loin. Il a signé un contrat de cinq ans avec l’armée. On lui promettait monts et merveilles, mais c’est au Tchad qu’ils l’ont envoyé. Pour rien. Il était content. Jusqu’à ce qu’il revienne les pieds devant. La vieille a beaucoup pleuré. Mais ils lui ont rien donné. Juste une médaille, parce qu’il avait fait ce qu’il devait.

Des musiciens… Oui, ça je pourrais. Ça cogne dans ma tête tout le temps, alors je cogne aussi, sur tout ce que je trouve… des portes, des volets clos, des canettes, des poubelles… Il faut que je fasse du bruit le soir, juste pour être encore sûr d’être vivant.

Quand je serai plus grand, je danserai, moi, comme ceux qui dansent le soir après avoir trop bu pour oublier. Ils rient trop fort, ils s’envoient de grands coups dans les côtes pour voir s’ils tiennent encore debout. Et puis, ils rient de notre monde, celui du monde du dessous, du monde qui ne ressemble à rien. Ils rient à gorge déployée, et leurs dents brillent dans la nuit comme des fleurs de pruniers sous le soleil.

Ils rient, mes frères des cités, qui ne seront jamais rois, ni poètes, ni musiciens, parce que là où ils sont nés on leur demande de la fermer.

Ils rient et dansent dans la nuit.

 

© Quichottine

19 mai 2011

 

2003_L-esquive.jpg

 

(Clic image pour en savoir plus)

 

Texte rédigé pour le 16e café-thé d’Ecureuil Bleu. Il est de pure fiction.

Toute ressemblance avec des personnages existants ou ayant existés serait fortuite.

 

116 réponses à “L’enfant des cités

  1. J’étais un peu surprise en lisant la signature juste avant la photo, et puis j’ai compris, le café thé.

    « Toute ressemblance… » il n’empêche que…

    C’est un beau témoignage d’un rêve qui saigne. Amitiés Quichottine.

    P.S.J’ai beaucoup aimé l’ours et les pommes

    • Comme tu le dis, « il n’empêche que ».

      Je voudrais tant que ce ne soit pas vrai !

       

      Merci, Adamante. Je suis contente que tu l’aies aimé.

  2. Félicitations pour ta première place avec Jean-Marie !!!   Une bonne journée à toi Quichottine, bises de jill 

  3. J’aime beaucoup ton texte si vrai. Je vois que Cergy t’as inspiré !!! Bisous

    • J’y vis et j’y ai enseigné.

      Mais c’est un texte mélangé… pas la réalité, même s’il pourrait en être une.

      Bisous et bonne journée, Martine.

  4. Ce n’était pas cela les cités d’antan. D’ailleurs le mot cité est pour moi mal adapté aujourd’hui. Pour moi, ce ne sont que des quartiers.

    Une cité est un ilot d’habitations, qui en général, appartient à  une usine ou fabrique, où résident des ouvriers et ouvrières de ses installations. Ils se connaissent tous entre eux et pratiquent dans un même lieu.

    J’ai vécu en cité, tous les gars travaillaient à l’usine, et , même s’il y avait parfois de l’animosité entre les uns ou les autres, il y avait uns solidarité qu’on ne trouvait nul part ailleurs. La vie y était plus chaleureuse qu’on ne le pense.

    Mais c’est vrai que l’époque à changer, l’usine a fermé et les gens se connaissent moins sauf les anciens qui ont acheté la maison de l’usine, comme mon aîné.

    Nous avons aussi ici des cités, mais seulement les anciennes des usines qui portent encore le nom de celle-ci.

     

     

    Bises de nous deux et belle fin de semaine.

    • Je sais bien… Il y avait une entraide, une atmosphère qui n’est pas forcément celle des quartiers aujourd’hui.

      Je suis navrée de n’avoir pas fait rêver ce matin. La vie a aussi ses côtés noirs ou gris.

      Merci infiniment pour ce partage.

      Je t’embrasse affectueusement. Passe une belle fin de semaine.

      (Il y aura un conte demain)

  5. Bonjour Quichottine et bravo pour ta 1ère place ex-aequo avec Jean-marie à ce jeu. merci aussi pour tes remarques qui m’ont eprmis de corriger un certain nombre de problèmes d’édition.

    • Merci, Ecureuilbleu. Je sais que d’autres textes, dont le tien, la méritaient aussi.

      OB débloque un peu en ce moment…

      Passe une bonne journée. Bisous.

  6. J’ai beaucoup aimé le film « l’Esquive » parce qu’il montrait une image juste des Cités : c’est-à-dire des jeunes plutôt plein d’humour qui avaient un potentiel magnifique et se laissaient entraîner dans la grande aventure humaine  du théâtre .
    Par contre je n’aime pas ce texte et le fait que la banlieue ne soit  représentée que comme  un lieu  de violence . La banlieur ce n’est pas que ça,

    • Je n’ai pas aimé le film, dans la mesure où j’avais l’impression que certains affrontements étaient exagérés. Par exemple, la scène où les policiers arrêtent la voiture et fouillent tout le monde. Je me suis dit qu’il n’était pas possible, là aussi, de ne montrer que ça, cette violence sans raison contre des jeunes qui n’avaient rien fait.

       

      Ensuite, j’y ai beaucoup pensé et je me suis dit que cette violence existait, même si elle n’était pas à généraliser.

      La partie épanouissement par le théâtre est formidable. Je crois que c’est ainsi qu’il faut faire, ouvrir des portes sur autre chose que le quotidien, leur montrer qu’ils ont du potentiel, une vie possible autrement.

       

      Je suis contente que tu n’aimes pas ce texte, je ne l’aime pas non plus.
      Mais je sais que lorsque je l’ai écrit, j’avais devant moi le regard et les mots du jeune qui m’a agressée il y a quelque temps et que je n’ai pas oublié. La violence existe. Il ne faut pas généraliser mais il ne faut pas la nier.

      Il y a ceux qui s’en sortent, et ceux qui estiment qu’ils n’ont plus rien à perdre. J’appelle cela désespoir plus que violence. Mais même en me raisonnant aujourd’hui, j’ai du mal à me dire que la banlieue, que ma ville, est sans risque… alors qu’elle l’était pour moi avant.

       

      Ce texte est fiction… mais ma réalité est pire.

  7. Comme ça fait du bien d’avoir de tes nouvelles!!

    belle histoire et très chouette film que j’ai beaucoup aimé!!!

    bonne journée!

    • Merci d’être passée à ton tour.

      Je dois dire que ça m’a fait très plaisir de voir que tu étais là… J’avais gardé en mémoire un blog en pause. J’ai rêvé ?

       

      Passe une bonne journée.

  8. c’est très joliment écrit. On sent bien ce gosse comme s’il était de chair et de sang et t’avait dicter ce texte à l’oreille..son ressenti .

    Passe un bon samedi

    hier c’était la kermesse.
    Les puces ce sont bien amusées.

    Gros bisous

    christelle

     

    • Merci, Christelle.

      Je suis contente que tout se soit bien passé pour tes puces.

      Gros bisous et bonne journée à toi.

  9. Bonjour

     

    Je suis allé voir les commentaires laissés sur ce film, et c’est celui d’une gamine de 12 ans, vivant dans une cité semblable, qui m’a paru le plus juste. J’ai compris toutes les paroles , dit-elle, c’est comme ça que ça ce passe.

    Il y a un tel décalage entre la phrase de la maitresse et la vie imposée par la socièté actuelle que je m’étonne que les révoltes ne soient pas plus violentes.

    Notre mode de vie où l’argent domine et frelate  toutes les relations humaines ne peut conduire qu’à la désespérance de ceux d’en bas.   Il manque aussi le respect de l’autre, que ce soit au travail ou ailleurs.  

    Et je sens venir  des révolutions qui mettront le feu aux symboles du pouvoir financier, avec un rejet violent d’un société de consommation qui ne mène à rien.

    Une période sombre où il faudra cultiver son jardin au sens premier du terme.

    Bises du grillon

    • « Il manque le respect de l’autre »… C’est cela qui me choque le plus aujourd’hui.

       

      J’ignore comment tout cela finira.

      Merci pour ce partage, Christian.

      Bises à partager avec ceux du terrier.

  10. Oh….. Toi, tu as su employer « les mots qui rêvent » sur la petite musique d’une vie étouffée. Tu arrives à nous faire poser un autre regard sur une réalité sensible et douloureuse. Tu n’as pas choisi la façon la plus simple d’aborder le challenge. Bravo…

    • Une vie étouffée… Je suis d’accord. Mots qui rêvent, je ne suis pas sûre.

      C’était très difficile pour moi d’en parler.

      Merci pour ta présence et tes mots. Bisous.

  11. J’ai vu le film…

    J’ai apprécié ton texte, vraiment! Bravo. 🙂

    Bon week-end, bises!

  12. bonjour,

    pour un gosse de banlieue que j’étais .. ça me parle

    bon samedi

  13. J’ai bien signalé que la banlieur n’était pas QUE … 

    Bien sûr qu’il y existe de la violence. Comment peut-il en être autrement lorsqu’on est abandonné dans des ghettos , sans travail, sans avenir ? C’est le  chômage qui laissent des jeunes livrés à eux même qui est reponsable de  tout ça. Et le chômage est causé par un système économique uniquement basé sur le profit . On a détruit les usines, les ateliers et  par  là-même la classe ouvrière et ses valeurs , pour produire ailleurs à bas prix … le profit ! rien que le profit !! Et les dégâts humains  sont énormes : disparition  du savoir-faire, perte de repères culturels … On a engendré des générations entières de paumés. Quel gâchis ! . Alors oui ! certains deviennent enragés et d’autres qui n’ont rien fait en subissent les conséquences . C’est bien triste ! C’est bien pour ça que je me suis toujours battue et que je continue à le faire : contre un modèle économique qui broit les individus  sans pitié !
    Je ne perds pas espoir !

     

     

    • Je suis tout à fait d’accord.

       

      Et ce n’est pas par hasard que j’ai choisi ce nom de quartier, un ancien ghetto de Cergy où plus personne n’osait entrer, ni la police, ni les pompiers. Le quartier a été complètement détruit et ils y reconstruisent. J’espère que ceux qui l’habiteront sauront le préserver.

       

      Mais je ne peux pas m’empêcher de craindre que ce ne soit reculer pour mieux sauter. La municipalité en place privilégie les apparences et diminue les sommes allouées aux associations… Les activités proposées aux enfants se font plus rares, ou plus chères, ce qui, dans un monde où, tu as raison, le chômage est très présent et les budgets plus que restreints, les économies parallèles se développent, les intégrismes aussi…

       

      Laisser ainsi les désespérés aux mains de ceux qui savent où trouver de l’argent quand on n’en a plus, c’est criminel.

      Je ne perds pas tout à fait espoir, mais je sais que ce sera difficile parce que, comme tu le dis, nous avons formé des générations entières de paumés…

       

      Mais, merci pour cet échange qui me comble.

       

       

  14. ça fait plus de 10 ans que je n’ai pas mis les pieds au cinéma

    tu serais capable de m’y faire retourner !

  15. Quel superbe texte si bien rédigé… Merci Quichottine, tu as bien résumé en quelques lignes la vie de « cité » que je ne connais pas, seulement je sais ce que l’on en dit…
    Bisous Quichottine.

    • Merci Liliane.

      Il ne dit pas tout… seulement une facette de cette vie qui est la nôtre.

      Bisous et douce soirée à toi.

  16. Fiction , peut-être , mais un parfum de vérité émouvante et dramatique. A tous ces enfants , je leur souhaite de réaliser leur rêve. Belle soirée, bises Quichottine

    • Je le souhaite aussi… Mais sans doute n’est-ce pas suffisant.

       

      Merci pour ta présence, Andrée. Passe une douce soirée.

  17. Il est touchant ton texte, même si tu précises que « toute ressemblance… »j’ai pourtant l’impression que c’est une réalité, le quotidien de bien des jeunes des cités, comme on les appelle.

    Nous appelons ces quartiers des cités, mais nous devrions dire des ghettos, car c’est de cela qu’il s’agit. Nous avons « réuni » ces populations « d’ailleurs » dans des endroits et maintenant nous voudrions que ces endroits disparaissent…. parce qu’ils dérangent !

    Je suis triste de voir la regression de la mentalité, j’ai vécu ma jeune enfance dans un quartier majoritairement d’émigrés, et je n’ai que des souvenirs magiques, il n’y avait aucun problème entre les petits français et nous les « venus d’ailleurs ». C’était génial et je regrette qu’aujourd’hui cette fraternité ne soit plus de mise !

    Je trouve que j’ai été suffisamment bavarde, je ne vais pas monopoliser la place, mais il y aurait tant à dire sur ce sujet !

     

    Je t’embrasse fort Quicottine

    Claire

    • Le mot « ghetto » fait peur, et pourtant, c’est bien de cela qu’il s’agit. Même s’il ne s’agit pas uniquement d’émigrés.

      Je crois que notre monde et notre modèle économique a tout bouleversé.

      J’ai vécu dans d’autres pays, j’ai voyagé enfant et, que ce soit en France ou ailleurs, je n’ai jamais ressenti tant d’incompréhension, tant d’irrespect de l’humain.

      Il n’est même plus question de fraternité… Ce n’est pas du racisme, c’est un profond égoïsme, le chacun pour soi, au détriment de l’autre s’il le faut, de celui qui traverse le chemin suivi et que l’on balaie d’un revers de main, comme s’il n’existait pas.

      J’ai du mal… vraiment… dans cette société-là. Ce n’est pas une question de couleur d’origine, c’est seulement l’interdiction d’être différent, quelle que soit la différence, et, simultanément, le refus absolu d’accepter les coutumes du pays d’accueil. Comment veux-tu qu’il n’y ait pas d’affrontement ? Chacun cherche à imposer son point de vue au mépris du point de vue de l’autre.

       

      Je ne referai pas le monde, mais je plains ceux qui devront y vivre s’il ne change pas.

       

      Je t’embrasse fort, Claire. Merci pour ce partage.

  18. Il me semble avoir vu ce film reportage à la télé en son temps

  19. salut

    arrêtons de parler des citéscomme d’une fatalité

    avant c’étaient les corons

    et au début de notre ère c’étaient des huttes en bois

    Pourtant ceux qui y habitaient s’en sont sortis?

    bonne soirée

    • Je ne crois pas que c’est une fatalité. Je crois que cela n’a rien à voir avec le type d’habitat.

      Mais bon. Je n’ai jamais vécu dans les corons, ni dans ls huttes en bois. Je ne peux pas comparer.

       

      Bonne soirée à toi aussi.

  20. terrible réalité! bel article

  21. Chacun est différent à sa manière … que ce petit ange des cités se rassure : d’où qu’il vienne, ses rêves sont à sa portée s’il s’en donne les moyens !!!

    Vraiment très beau, tant la réalité y est bien dépeinte !!!

    Bisous … Derek !

    • Le seul problème, c’est qu’il est persuadé que c’est impossible.

      Alors, luttons pour qu’il puisse le savoir au lieu de s’enfoncer dans la détresse ou la révolte.

       

      Merci, Dérek.

      Passe une belle journée. Bises.

  22. Je pense que ce sont des paroles où se retrouveraient bien des jeunes de nos banlieues hélas!

    Bon dimanche Quichottine!

    • Hélas… Comme je voudrais que tous puissent opiner lorsque j’écris qu’il s’agit d’une simple fiction…

       

      Bon dimanche à toi aussi, Gazou. Merci !

  23. J’avais lu ton texte chez Ecureuil bleu ; il m’avait beaucoup plu.

    Il est tellement criant de vérité ;cesenfants des cités ont si peu de chances de réaliser leurs rêves .Le jour où s’en rendent compte, ils font des bêtises pour se venger de ce monde cruel et sans pitié.

    Bisous

    • C’est mon ressenti… mais je sais que certains arrivent à s’en sortir malgré tout.

      … c’est à ce moment-là qu’ils s’en vont. Ceux qui réussissent restent rarement dans le quartier qui les a vu naître.

      Bisous et douce soirée à toi. Un grand merci !

  24. C’est un texte très juste. Je reviendrai le relire plus tard et commenter avec plus de pertinence.

    Je suis juste un peu fatiguée maintenant.

    Je t’embrasse très fort.

    • Tu sais… Je crois que c’est un texte écrit avec plein d’images en tête, plein de souvenirs aussi, pas toujours beaux.

       

      Prends le temps du repos, ma douce amie. Il faut te ménager, l’année est bientôt finie.

      Je t’embrasse très fort.

  25. Après une longue absence sur la blogosphère, je suis contente de voir que tu ne t’es pas arrêtée. 

    Ton texte est émouvant (mais on a dû déjà te le dire)

    • Je fais des pauses, comme nous tous, mais je reviens.

      J’aime cet espace d’échange.

       

      Merci pour tes mots et pour ce retour qui me fait grand plaisir.

      Passe une belle soirée, Anne.

  26. J’ai tenté de laisser un long commentaire tout à l’heure… et puis pfff envolé par une mauvaise manip de ma part.

    Tu vois, ce gosse, tu lui as laissé malgré tout une lueur fabuleuse de vie: il rêve encore, il veut partir, il le fera. Pour l’instant, il doit se faire petit, subir le climat de violence dont la société toute entière est responsable. C’est l’école Freynet qui aurait dû s’imposer, mais elle demande tant de moyens…

    Tu vois ce matin j’avais une quinzaine de 3°, venus je ne sais pourquoi… trois seulement ont voulu travailler pour leur épreuve de français de mardi prochain. Sur les trois, un seul a compris la chanson de Lavilliers sur l’enfant soldat.

    Grave!

     

    Ils n’ont plus beaucoup de liens avec les mots, avec les textes, à l’exception de quelques chansons rap d’un niveau à faire pleurer tous les poètes du monde.

    Je n’en suis plus désolée, je les plains. Ils deviendront les bons petits soldats du bâtiment ou de la mécanique, il en faut. Mais j’en connais de ces soldats (je suis en plein travaux et c’est une occasion de retrouver d’anciens élèves artisans) qui n’ont oublié ni Rimbaud, ni Primo Levi, ni quelques discussions qu’on avait eu l’occasion d’avoir sur la lecture et l’écriture.

     

    Aujourd’hui ces jeunes sont sans désir parce qu’ils ont déjà tout. Ton gamin des cités n’a pas tout, il espère.

    C’est dans cet espoir qu’il découvrira sûrement les textes où ça cogne pareil que dans sa tête.

    Je te remercie de l’avoir fait vivre sous ta plume pendant un moment.

     

    Je t’embrasse très fort.

    • Elle aurait eu sans doute moins d’échecs…

      Je les regarde vivre et faire… et j’essaye de continuer d’espérer qu’ils s’en sortiront autrement qu’en dealant ou en se faisant les porte-paroles des extrémismes qui se développent à grande vitesse par ici.

      Qu’avons-nous fait pour en arriver là et continuer à nous voiler la face sur ce qui nous attend ?

      Deux mondes sont en train de s’affronter sans chercher à se comprendre.

       

      Merci pour ce partage, Polly. Je t’embrasse fort. Bon courage pour ta fin d’année.

       

  27. J’ai envie de rêver à la place de ce gamin des cités. Rêver quil pourrait, un jour, trouver les mots qu’il faut pour s’évader.

    Je suis de la banlieue, mais j’ai l’impression que l’orsqu’on parle banlieue il y a tout un monde de différence avec la mienne. J’ai vécu dans une cité (d’ailleurs cité ne veut-il pas dire ville). Je dois être une très, très vieille femme. Ca c’est lorsque j’ai l’impression de ne plus faire partie de ce monde qu’on me montre.

    • J’ai beau vivre là depuis très longtemps, certains comportements récents me gênent et me font me demander si demain sera aussi beau qu’hier.

       

      D’une banlieue à l’autre, parfois toutes proches, un immense fossé culturel et social… Hélas !

  28. Qu’il est prenant ton texte chère Quichottine la Douce   Il me touche parce que ces gosses des Citès je les connais si bien , je vois que toi aussi et il n’y a que de l’Amour à pouvoir en parler comme ça ! Ceux qui les dénigrent  ( et Dieu sait s’ils sont nombreux tous ceux qui ont peur d’eux en général ) ne les connaissent pas ! Un sourire amical , une parole respectueuse et ces mômes te mangent dans la main ! Il faut dépasser tous les clichès véhiculès par la haine – Je t’embrasse 

    • Dépassons les clichés, Blanche… mais ne nous voilons pas la face non plus.

      Là où je vis, en tant que femme, blanche, et non voilée, je n’ai pas le droit de sourire ou de regarder ceux qui me croisent dans la rue, surtout s’ils sont de sexe masculin et musulmans.

      Qui sont-ils pour m’empêcher de vivre comme je l’ai toujours fait ?

  29. et pourtant …. quand on est môme ce n’est pas facile d’viter « les bandes »

    dans leurs petites têtes ils se disent c’est tellement plus drôle de faire « des conneries, faire comme eux », c’est un éternel combat même s’ils savent faire la différence entre le bien et le mal pourquoi partir …….. à la dérive, il n’y a rien de drôle alors vraiment je ne comprends pas

    Bisous

    • Je suis d’accord… Mais ceux qui partent à la dérivent n’ont plus de repères.

      J’espère de tout coeur que cela changera.

      Bisous et douce soirée à toi. Un grand merci.

  30. Je pense à 

     » Le coeur en dehors « 

    De Samuel Benchetrit…

    Loop 

    ça commence comme ça :

     » Au début,

    je croyais que Rimbaud, c’était une tour.

    Parce qu’on dit la tour Rimbaud.

    Et puis mon copain Yéyé m’a dit que

    Rimbaud était un poète… « 

    • Oui… aussi.

      Des constats parfois amers de ceux qui sont chargés de leur faire aimer la lecture et les livres…

      Mais je ne suis pas complètement désespérée.

  31. Très beau,

    ton texte, Quichottine.

    Loop

  32. Au hasard de tes réponses je vois que tu as été enseignante , je comprends mieux – Ne nous voilons pas la face en effet , les choses se sont considérablement dégradées depuis les années où je travaillais , Femme blanche , sans foulard , en jeans …le 11 Septembre est passé par là Quichottine et ce crime abject à tout sali dans la tête de gosses drivés par des Imams fanatiques et ignorants ! Tout le MAL se tient là  ! Tu comprendras mieux la haine que je voue à cet islamisme infernal qui n’a rien à voir avec l’Islam que je pratique , tellement simple , chaleureux et qui ne stigmatise pas l’Autre différent – Bonne journée à toi cher Professeur  ( on le reste toute sa Vie j’imagine )  Je t’embrasse 

    • Je n’avais pas cette vision de l’Islam… avant.

      Aujourd’hui, je ne sais si je pourrai continuer à penser que toutes les différences peuvent trouver place chez nous.

      L’intolérance crée l’intolérance, d’où qu’elle vienne.

      Merci d’être revenue, Blanche.

  33. Tu fais bien de préciser pure fiction ! combien de gosses des cités pourront se reconnaitre dans tes mots si un jour ils les lisent ? On dirait que tu t’es glisser dans la tête de l’un d’eux tant ton texte sonne juste.

    • Je crois qu’ils seraient nombreux… mais je ne veux pas oublier que d’autres ne vivent pas ainsi.

      Merci pour tes lectures, Jeanne. Je t’embrasse fort.

  34. Je viens de prendre le temps de lire les réactions à ton texte si juste et tes réponses. J’ai bien connu le quartier dont tu cites le nom au début des années 1980, que je traversais en voisine lorsque je promenais mes jeunes enfants. J’y allais même faire de la gymnastique douce dans une salle commune.

    J’ai quitté Cergy, pour pas loin mais je n’avais plus l’occasion d’y venir. Et puis un soir, j’ai dû y revenir pour je ne sais plus quel évènement, une AG ou un concert.

    Le quartier était vide et je n’y ai pas rencontré même des jeunes, mais le choc a été terrible devant ce que le béton et les parkings offraient à voir. J’ai été tentée de rebrousser chemin.

     

    L’architecture y était totalement différente, mais j’ai eu le sentiment très vif et désespérant de me retrouver plongée dans le sordide des faubourgs de miséreux que les enfants qui n’y habitaient pas, même pauvres encore, avaient interdiction de fréquenter … car bien sûr, il est arrivé, qu’en groupe, nous transgressions …

    Il en faut de la persévérance pour faire du positif … mais ce qui me navre, c’est qu’on stigmatise plutôt que de tirer des leçons des erreurs du passé. Les causes de ce naufrage étaient pourtant les mêmes, multiples et complexes, mais les mêmes.

    Je t’embrasse

    • Cergy a beaucoup changé depuis quelque temps.

       

      Je traversais ce quartier, souvent, à une époque où les intégrismes n’avaient pas encore gagné la partie.

      J’ai vu dans mon école ceux qui perdaient leur emploi se tourner vers les seuls qui leur rendait l’espoir, même en y laissant la liberté de penser.

      C’est désolant, sais-tu, de voir se transformer les parents d’élèves… de les voir reprendre les vêtements traditionnels, alors qu’ils étaient auparavant totalement intégrés et respectaient nos coutumes ? Lorsque j’ai vu la représentante des parents d’élèves totalement voilée, de pied en cap, je me suis dit que les intégristes avaient trouvé un filon. Racheter les dettes de ceux qui n’ont plus rien en échange de leur adhésion à un Islam que je ne comprends pas.

      Un immense recul pour la cause des femmes.

      J’ignore si les lois et décrets signés récemment les feront perdre ce pouvoir.

  35. J’ai oublié de préciser que le faubourg de mon enfance était d’une toute petite ville de province et que ses habitants s’ils étaient d’ailleurs, leur lieu d’origine était la campagne « reculée » de Bretagne ou d’Auvergne, quand ce n’était pas le bocage à quelques kilomètres de là.

    • Tu me fais rire avec cette précision…

      Dans la petite ville limousine où j’ai passé quelque temps, les « anciens » veillaient derrière le carreau de leur fenêtre et étaient attentifs à la moindre « personne étrangère ». L’étranger étant celui qu’ils n’avaient jamais vu et dont ils ne savaient rien.

      Habituée à être de partout, cela m’avait frappé.

      Aujourd’hui, je me dis que cette attention manque. Que de drames éviterions-nous si nous n’étions pas devenus étrangers même à nos propres voisins !

       

      Passe une douce soirée, Jeanne. Merci pour ce partage.

  36. Il est touchant ton texte, même si tu précises que « toute ressemblance… »j’ai pourtant l’impression que c’est une réalité, le quotidien de bien des jeunes des cités, comme on les appelle.

    Nous appelons ces quartiers des cités, mais nous devrions dire des ghettos, car c’est de cela qu’il s’agit. Nous avons « réuni » ces populations « d’ailleurs » dans des endroits et maintenant nous voudrions que ces endroits disparaissent…. parce qu’ils dérangent !

    Je suis triste de voir la regression de la mentalité, j’ai vécu ma jeune enfance dans un quartier majoritairement d’émigrés, et je n’ai que des souvenirs magiques, il n’y avait aucun problème entre les petits français et nous les « venus d’ailleurs ». C’était génial et je regrette qu’aujourd’hui cette fraternité ne soit plus de mise !

    Je trouve que j’ai été suffisamment bavarde, je ne vais pas monopoliser la place, mais il y aurait tant à dire sur ce sujet !

     

    Je t’embrasse fort Quicottine

    Claire

  37. C’est un texte très juste. Je reviendrai le relire plus tard et commenter avec plus de pertinence.

    Je suis juste un peu fatiguée maintenant.

    Je t’embrasse très fort.

  38. J’ai tenté de laisser un long commentaire tout à l’heure… et puis pfff envolé par une mauvaise manip de ma part.

    Tu vois, ce gosse, tu lui as laissé malgré tout une lueur fabuleuse de vie: il rêve encore, il veut partir, il le fera. Pour l’instant, il doit se faire petit, subir le climat de violence dont la société toute entière est responsable. C’est l’école Freynet qui aurait dû s’imposer, mais elle demande tant de moyens…

    Tu vois ce matin j’avais une quinzaine de 3°, venus je ne sais pourquoi… trois seulement ont voulu travailler pour leur épreuve de français de mardi prochain. Sur les trois, un seul a compris la chanson de Lavilliers sur l’enfant soldat.

    Grave!

     

    Ils n’ont plus beaucoup de liens avec les mots, avec les textes, à l’exception de quelques chansons rap d’un niveau à faire pleurer tous les poètes du monde.

    Je n’en suis plus désolée, je les plains. Ils deviendront les bons petits soldats du bâtiment ou de la mécanique, il en faut. Mais j’en connais de ces soldats (je suis en plein travaux et c’est une occasion de retrouver d’anciens élèves artisans) qui n’ont oublié ni Rimbaud, ni Primo Levi, ni quelques discussions qu’on avait eu l’occasion d’avoir sur la lecture et l’écriture.

     

    Aujourd’hui ces jeunes sont sans désir parce qu’ils ont déjà tout. Ton gamin des cités n’a pas tout, il espère.

    C’est dans cet espoir qu’il découvrira sûrement les textes où ça cogne pareil que dans sa tête.

    Je te remercie de l’avoir fait vivre sous ta plume pendant un moment.

     

    Je t’embrasse très fort.

  39. patdelapointe

    ………..bonjour.

  40. Je ne connais pas ce film… triste ton histoire mais réaliste. gros bisous Quichottine; Je suis en train de découvrir « la dame blanche » de Christian bobin et cela me donne envie de découvrir cette femme poète. bises

    • Je ne l’ai pas lu… mais ma pile de livres à lire est en train de diminuer. 🙂

       

      Bises et bonne journée, Katara. Merci pour ce partage.

  41. Dentelline

    Bonjour Quichottine,

    Ce texte est fort et j’ai envie de voir le film. Cela nous replonge dans la triste réalité mais il le faut quelquefois pour ne pas oublier les oubliés.

    Bises,

    Dentelline

  42. canelle56

    Texte très fort et la realitè parfois depasse la fiction malheureusement

    BIses Quichottine

    • Il  y a pire, mais il y a mieux, heureusement. Je crois qu’aucune généralisation n’est possible.

      Bises et bonne journée, Canelle.

  43. Il est fictif, mais tellement vrai…

  44. Je trouve ce texte un peu caricatural, il reprend ce qui se dit sur les banlieues qui , certes, connaissent cette ambiance désespérante….ces images de violence ou de ésoeuvrement…mais il y a aussi l’image de tous ceux qui travaillent ds le positif, de tous ceux qui tissent des liens….On les oublie souvent…VITA

    • Je suis d’accord avec toi, il l’est.

      Il l’est dans la mesure où je voulais montrer qu’il n’était pas si facile de se croire roi, poète ou musicien dans ces conditions.

      … Mais, bien sûr, il y a tous ceux qui travaillent dans le positif, quand c’est possible, qu’on leur en donne les moyens. Même les bénévoles ont besoin de locaux, de matériel, pour proposer des activités à ceux qui sans eux grossiraient la foule de ceux qui n’ont aucun but, aucun espoir de s’en sortir.

      Heureusement qu’ils sont là, que nous sommes là, sinon, il y a bien longtemps que je ne vivrais plus chez moi.

       

      Merci pour ce partage, Vita.

  45. m'annette

    C’est une terrible réalité..
    J’ai travaillé en tant que prof des écoles remplaçante à Garges les Gonesse.
    Ce fut une expérience difficile, finalement insupportable pour moi à l’époque où j’y étais…

    Très beau rexte, bisous

    • Une réalité, mais sans doute pas la seule.

      Pour avoir travaillé dans plusieurs écoles, pour avoir ensuite fait partie d’une association dite « de loisirs » mais qui avait pour but de proposer aux enfants et aux adultes une alternative permettant de se recontrer et d’avoir des projets ensemble, je sais que ce que certains vivent au quotidien peut être pire, mais aussi, à quelques kilomètres, cent fois mieux.

      L’on fuit certains quartiers alors que d’autres sont très demandés. Ce n’est pas sans raison.

      Mais bon… Je crois que c’est un texte qui aura eu le mérite de faire réagir.

      Passe une douce journée. Bisous.

  46. J’avais été très émue par ce texte sans complaisance aucune sur la dure vie des cités.

    Si quelqu’un doutait encore de tes talents de conteuse, je crois que là son doute n’ait plus permis.

    Gros bisous, bravo et mille mercis ma Quich’

    • Merci à toi… C’est un texte différent de mes contes habituels.

      En d’autres circonstances, je ne l’aurais peut-être pas écrit.

      Demain, une autre histoire en trois images…

       

      Pourrai-je en prendre trois chez toi aussi ?

       

      Gros bisous, Clo. Passe une douce soirée.

  47. J’avais été très émue par ce texte sans complaisance aucune sur la dure vie des cités.

    Si quelqu’un doutait encore de tes talents de conteuse, je crois que là son doute n’ait plus permis.

    Gros bisous, bravo et mille mercis ma Quich’

  48. Est-ce la peine de le demander ?????

    Bisous 🙂

  49. Est-ce la peine de le demander ?????

    Bisous 🙂

  50. Mamychachat

    Une réalité que je comprends fort bien, habitant dans un immeuble dans le quartier nord de ma ville … Difficile de rêver et de croire que dans ces quartiers « sensibles » tout va aller mieux un jour …. on aimerait tous déménager dans une jolie maison entourée d’un p’tit jardin, au calme …

    Gros bisous

    • Merci de comprendre.

      Pourtant, je pense que j’ai eu tort d’écrire ce que je ressentais si profondément.

      Il faut se méfier des fictions qui ressemblent trop à la réalité dont certains parlent sans la vivre.

       

      Gros bisous, Mamychachat. Passe une douce soirée.

  51. Bravo pour la première marche … même s’il faut se serrer un peu pour pouvoir y placer 4 pieds 😉

    • Tu sais… je crois que je participerais davantage aux jeux s’il n’y avait pas de classement.

      Mais comment le dire sans faire de peine à ceux qui ont voté pour moi ?

       

      Ce serait bien un podium avec tous.

  52. Mistigris

    je pensais bien que tu étais capable d’écrire cela lorsque je l’ai lu chez elle !

    bisous maiaou!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

  53. patdelapointe

    toujours dans le vent violent, les plans de patates n’ont plus une seule feuille, il ne reste que les tiges, les tomates sont brulées et en pilliot les feuilles des salades sont toutes brunes en périphérie…et ça continue comme ça jusque demain soir……il ne restera plus rien de vaillant dans le pote-agé

    • Jusque demain soir… je suis vraiment navrée. Je voudrais tant que vous n’ayez pas cette tempête en ce moment !

      Il m’arrive de regretter de n’être pas fée…

       

      Prends bien soin de vous. Bisous à vous partager.

  54. Il fait mal ce texte mais on s’en console un peu en pensant qu’il est beau !

    Bises et bon dimanche Quichottine

  55. Même dans une cité, un enfant peut devenir poète ou musicien 😉 peut être pas roi mais prince des villes surement.

    Un texte qui me parle .

    Bisous Quichottine Bonne soirée .

    • Je suis d’accord… et celui-ci l’est, c’est évident. Mais il ne le sait pas, et c’est cela qui fait mal.

      Bisous et douce soirée, Urban.

  56. Mars très guillerette ton histoire sans doute le prix à payer pour cette société qui ne cesse dévoluer à l’envers. Bises ma Quichottine.

    • Il y a très longtemps, j’ai lu un livre qui m’avait marquée, de Gilbert Cesbron : C’est Mozart qu’on assassine.

      Combien y a-t-il d’artistes que l’on brise avant même qu’ils sachent qu’ils pourraient l’être, si… ?

       

      Le monde est fou.

      Bises, Zaza. Merci pour ta présence.

  57. Surtout pas !!!

    Que ce soit une surprise !

    Je le verrai un jour ou l’autre dans ta bibliothèque.

    Bisous du soir ma Quich’

     

  58. Surtout pas !!!

    Que ce soit une surprise !

    Je le verrai un jour ou l’autre dans ta bibliothèque.

    Bisous du soir ma Quich’

     

  59. La cité est ce que nous en faisons. J’habite une cité HLM dans Paris où peu importe le nombre d’heures de travail et l’effort fourni par les services d’hygiène de la Ville, il est difficile de se frayer nun chemin parmi les immondices de toutes sortes qui réapparaissent. Seule la violence semble permettre de s’affirmer, qu’elle soir verbale ou physique. Nul n’oserait se mesurer à un malabar bien musclé (la population de ces immeubles est particulièrement raciste et sexiste), mais chacun s’arrange pour mener une vie d’enfer aux petites dames seules et parfaitement inoffensives.

    Désespérance ou pas, mon opinion est qu’il serait temps d’élever les âmes et je salue bien bas ce professeur.

    • Merci pour ce témoignage.

      Je crois que seuls ceux qui le vivent au quotidien peuvent comprendre. Il est si facile de nier ce qu’on ne voit pas.

      Cependant, je reste d’avis qu’il ne faut pas non plus ne pas évoquer ceux qui essaient de transformer les choses… Même si, hélas, ils n’y arrivent pas.

       

      C’est toute notre société que nous devons transformer… sinon, ce sera encore pire.

       

      Passe une douce journée. Merci encore.

  60. ∟∟∟ il est fort ce texte!! bien bien, vraiment

    doux bisous et ↔↔↔↔ lots of ♪♫♪♫♪

  61. Bonsoir Quichottine,

    Je comprends maintenant, le pourquoi de ton nom. Cependant je continue de penser que la culture n’est pas un vain combat. Et qu’au de-là de l’ascension sociale elle permet l’ascension intérieure. Mais il est vrai aussi que si l’on ne  conduit pas ces jeunes vers les bibliothèques… Heureuse de te connaître un peu sur un sujet essentiel.

    Valdy

     

    • Merci pour les mots que tu as laissé ici.

      La culture n’est jamais un vain combat.

      Passe une belle journée, Valdy.