Ils ont dit…

Voilà, je crée un nouvel espace… Un espace où je m’effacerai.

J’y mettrais ce qu’ils ont dit, eux, les grands et les moins grands, lorsqu’ils parlaient du Quichotte, lorsqu’ils en parlent encore.

Le Don Quichotte, c’est un roman qui a marqué les esprits. On l’aime ou on ne l’aime pas, on en parle parfois sans jamais l’avoir lu, comme on parle de la Bible ou d’autres ouvrages importants de la littérature mondiale.

De temps à autre, ce sera comme ça, un article en plus, un article que vous  pourrez trouver là, sur la première page, avec un autre, celui qui devait être là, en fonction du calendrier.

Aujourd’hui, c’est le premier… alors, je vais vous  parler de la découverte que j’ai faite…

il s’appelle Ventura García Calderón, c’est un écrivain péruvien, né à Paris en 1886, il y est décédé en 1959. Son nom peut-être ne vous dit rien. C’était un diplomate, il a beaucoup voyagé.

Quand il écrit, à Paris, en Français, son Don Quichotte à Paris et dans les tranchées il est déjà reconnu en tant que poète. Il a écrit et publié un recueil qui a eu du succès : « Frivolamente« … Frivolement. Nous sommes en 1916… ça vous dit quelque chose ?

Pour nous, c’est la guerre, celle qu’on surnommera la « Grande Guerre », la première guerre mondiale. Les États Unis d’Amérique n’ont pas encore pris parti contre l’Allemagne, mais ça ne va pas tarder.

Pour García Calderón, il s’agit aussi d’un autre anniversaire, celui du troisième centenaire de la mort de Cervantès. Cet ouvrage, c’est le compte rendu d’une enquête qu’il a réalisé auprès de personnalités, connues ou moins de l’époque. Il y a des Académiciens, des artistes, de grands universitaires d’alors… de quoi nous faire pâlir d’envie !

Le livre est tout petit, il risque de ne jamais être réédité. C’est pour ça que je vous en parle.

L’auteur a envoyé à tout le Gotha d’alors (aujourd’hui on pourrait le faire sur My Space ou avec une annonce sur les journaux « people ») une simple invitation à répondre à trois questions :

1. Avez-vous lu dans votre jeunesse, le Don Quichotte ? Quelles sont vos souvenirs de cette lecture ?
2. Quel est pour vous le symbolisme de Don Quichotte ?
3. Le Héros espagnol est-il aussi, en quelque sorte, un Chevalier français ?

Alors, oui, il a obtenu de nombreuses réponses… et c’est de ces réponses que je vous parlerai, peut-être sans les commenter, juste pour que vous partagiez avec moi ce plaisir que j’ai eu à en feuilleter les pages…

Voici comment l’auteur termine la préface qu’il a rédigée, je vous le rappelle, en français :

« Voici que les temps sont venus où lutter pour la justice ne nous semble pas une chimère, où l’idéalisme absolu de Don Quichotte est devenu chose possible. Son casque même, son casque de Figaro, ne nous paraît plus ridicule, puisque la guerre a montré que des armes, on en fabrique au besoin, si le cœur ne manque pas. Et, c’est parce que le cœur ne lui manqua jamais, que nous gardons pour ce héros de rêve, comme s’il avait vécu, comme s’il vivait, cette dévotion lyrique et cette tendresse filiale. »

Ventura García Calderón, Don Quichotte à Paris et dans les tranchées,
Centre d’études franco-hispaniques de l’Université de Paris, 1916 (p.9)

Tout se passe comme si don Quichotte pouvait être autre chose qu’un héros de papier : une autre Jeanne d’Arc qui nous conduirait à bouter nos ennemis hors de nos frontières.

30 réponses à “Ils ont dit…

  1. Don Quichotte est bien universel…
    En 1916, je comprends bien qu’il puisse être comparé à une Jeanne d’Arc vu la situation de guerre…
    Que Calderon écrive en français montre aussi la place que tenait notre langue dans le monde. Aujourd’hui, il faudrait presque la « sauvegarder »  😉
    Belle soirée, Quichottine !
    Gros bisous 

    • Je suis tout à fait sûre que tu évoques les bonnes interprétations…  Pourtant, je suis sûre, aussi, que tu n’as pas eu entre les mains le livre dont je parle… Mais tu connais bien Don Quichotte et tu as beaucoup de finesse dans ton jugement. Merci d’être là !

      Gros bisous à toi aussi, ma Dame de l’Océan…

  2. Ça y est, enfin un moment pour revenir me rafraîchir un peu à cette source de mots, remède à bien des maux.

    Bonne soirée

  3. Il nous faut des héros généreux pour donner de l’espoir….Et de + rien n’est impossible,même la bonté…VITA

    • Comme tu as raison, Vita !

      Il y a très peu de choses impossibles lorsqu’on y met de la bonne volonté. Espoir et bonté sont à la portée de chacun, pour peu qu’on sache regarder autour de nous. Toi, tu le sais. J’aime bien tes images, Vita !

  4. Bon week-end…   ;o)))

  5. Ma chère Quichottine, voilà une nouvelle rubrique qui me plait bien.
    Don Quichotte est universel mais y aurait-il des personnes qui ne l’aimait pas ? je suis coite… enfin j’en ai gardé un souvenir de tendresse et on appelle de nos jours des Don Quichotte (comme pour moi par exemple) ceux qui se battent à mains nues contre des murs en bétons. Exemple aussi l’association à Paris qui se bat pour les sans logis.. bon je m’écarte un peu du sujet…. lol.
     J’espère que tu vas mieux et que tu retrouves des forces.
    Je te fais plein de bisous
    chantal

    • Oui, il y en avait.
      Ce n’est pas grave d’être un peu hors sujet… et d’ailleurs je ne crois pas que tu le sois.

      Je vais mieux, merci. Encore quelques jours et tout sera comme avant !

  6. Milan Kundéra fait partir l’histoire du roman à Don Quichotte. Voic ce qu’ écrit dans son livre  le rideau  » Un pauvre gentilhomme de village, Alonso Quijada, a ouvert l’histoire de l’art du roman avec trois questions sur l’existance: qu’est-ce que l’identité d’un individu? qu’est-ce que la vérité? qu’est-ce que l’amour? » A+

    • Tu vois, Bernard, j’apprécie beaucoup… Je ne connaissais pas cette citation de Kundera. Elle fera partie des « Ils ont dit », bientôt… Merci infiniment !!!! Je suis très heureuse de te soir participer ainsi à ma nouvelle catégorie ! Tu es génial !

  7. Pour moi Don Quichotte reste l’homme qui se bat pour les causes perdues, mais finalement je ne le connais peut-être pas si bien que cela… ça me donne envie de relire ! Bonne soirée et beau week-end, Quichottine ! J’espère que tu es sortie vainqueure de ta lutte contre la grippe !

    • Si, je suis d’accord, en partie, il se bat pour des causes perdues, la plupart du temps, mais il le fait avec tant de foi, tant de persévérance, qu’on ne peut jamais savoir s’il va y arriver… Pour lui, rien n’est impossible.

      Je crois que la force de ce roman réside dans les personnages bien sûr, mais aussi dans l’écriture, qui était vraiment « neuve » quand il est sorti, et qui n’a pas vraiment vieilli, si ce n’est dans le langage. Traduit dans toutes les langues, il a un pouvoir de suggestion extraordinaire. Souvent, quelques mots suffisent à traduire des émotions, un paysage, un moment intense. Quelques mots qui disent tout. Et les visions différentes des deux personnages principaux (Don Quichotte et Sancho) apportent à l’intrigue toute sa saveur.

      Moi, j’en suis presque sortie… (mais pas de Don Quichotte !)

      Très bon week end à toi !

  8. il y a quelques années une enquête reévélait qu’un grand nobre d’espagnol pensait que don quichotte avait existé et que le Cid non
    eh oui
    bisous 
    tilk

    • C’est vrai… Et moi je crois qu’il y a encore quelque part, des chevaliers errants, très réels, qui se battent encore contre les injustices…

      Le Cid… tiens, c’est une idée, il faudra que j’en parle un jour… Merci, Tilk !

  9. Pour sûr, je n’ai pas eu ce livre entre les mains  😉

    La citation de Kundera, rapportée par Bernard, est très belle.
    Gros bisous, amie Quichottine 

  10. je n’ai jamais lu le livre de Don Quichotte,que des extraits,mais j’ai quand même beaucoup de tendresse pour ce personnage,Quichottine…heureusement qu’il existe quelques fous comme lui

    • J’en suis tout à fait consciente… Heureusement qu’il n’est pas tout à fait mort.

      Tu sais, Gazou, tu n’es pas la seule à ne jamais l’avoir lu en entier, je crois que rares sont ceux qui l’ont fait… mais si déjà tu en as lu des extraits, c’est parfait. J’espère que tu continueras de le lire avec moi, je ne vais pas très vite, je sais, mais c’est exprès.

  11. Flap … l’oiseau se pose 

    Don Quichotte est un peu en chacun d’entre nous … normal qu’on le croit vivant non ?

  12. bonsoir Quichottine, voilà un moment que je sautille lutinesquement parmi tes oeuvres, mais il y a ici tant de grands noms de la peinture et de la littérature que je ne sais plus où poser mes humbles patouilles de colibri. 
    Deux choses : pour la photo de la Terre vue du sol, mon autre paire de mains est d’accord. Dis nous comment tu préfères la récupérer. Et puis à l’occasion, explique-moi par quelle lutinerie ta signature est toujours suivie des signes :OO1O: chque fois que je te croise au jardin ?? C’est une formule magique ? L’heure à laquelle les Quichottines se métamorphosent en Chiquottines? Je redoute le pire… 😉

    • Il va falloir que je regarde…

      Non, en fait, c’est le code d’un smiley que je trouve gentil… pour le mettre dans un message, tu écris « 0010 » (attention, ce sont bien des zéros) en remplaçant les guillemets par des « deux points ».

      Pour l’image, merci…

      Et pour ta lecture attentive, merci également…

  13. Je reviens sur cette page avant d’aller dormir…
    je relis ce passage : Il ne manqua jamais de coeur
    Une des clefs de la vie.
    Je t’embrasse
    Encore un doux moment passé en ce lieu paisible et riche.

    • Ici, le coeur, c’est aussi le courage… la tenacité… le goût que l’on met dans sa tâche.

      Je t’embrasse très fort, Lmvie ! Merci…

  14. Oui ces trois mots je les connais bien…sans eux je ne sera pas là pour te répondre
    Moi aussi je t’embrasse

  15. Merci pour ton passage chez moi et tes voeux de bonheur pour notre futur mariage 🙂
    Bisous,
    Bool