Une journée presque ordinaire… au jardin

Lundi.

C’est étrange…

Je tends l’oreille sans rien entendre que le bruit que font mes doigts sur le clavier de mon ordinateur.

Mes yeux se posent, ici et là, sur ce qu’il reste encore à faire pour que chaque chose retrouve sa place.

Par delà ma croisée ouverte, le soleil s’amuse à faire naître des ombres un peu mouvantes. Le vent joue avec lui, rêveur de Quichottinie.

De rares voitures passent dans la rue sans se presser. Un groupe de jeunes chemine sur la piste cyclable, devisant gaiement. Pas d’école, pas de travail, rien que la joie de partager ce moment de printemps ensoleillé.

Ils ne seront pas dérangés, les vélos sont restés attachés, bien alignés, sur les emplacements prévus à cet effet.

Je tends l’oreille davantage… Des oiseaux chantent, et je suis heureuse de retrouver ces notes joyeuses.

Il y a peu encore le logis fourmillait de tant de bruit !

Présences affectueuses, mots qui fusent d’une conversation à l’autre, rires et pleurs. La vie qui se montre dans tous ses aspects, comme chaque fois que la famille se réunit.

On évoque les absents, les soucis de chacun, mais aussi les réussites. Les nouvelles ne sont pas toujours bonnes mais l’important c’est ce partage qui soulagera un instant les peines ressenties.

Le chat se faufile jusqu’au siège qui lui était interdit et profite de ce que ses maîtres soient occupés ailleurs pour s’y installer, prendre ses aises, s’allonger puis se lover, s’y retourner jusqu’à trouver la bonne position… Il s’y endort ou, peut-être, fait semblant. Il ne sera pas dérangé.

Les plus jeunes jouent… Voix aiguës enfantines qui ne savent pas encore en maîtriser le volume. De temps en temps un « T’es plus ma copine ! » renvoie les plus anciens aux souvenirs de cours de récréation. Sourires complices des parents. Chacun sait que dans deux minutes, moins sans doute, elles seront de nouveau les meilleures amies du monde.

Des jeux, des caprices, des gronderies aussi. Mais chaque minute compte, nous savons tous qu’elles passeront trop vite.

Et puis, le moment où il faut se séparer, où nous nous retrouvons seuls. Heureux de les avoir vus, d’avoir tenu entre nos bras ces grands qui furent un jour nos tout petits, ces petits morceaux de nous qui ont leur vie ailleurs aujourd’hui.

Heureux d’avoir pu leur dire, tout bas, en les serrant contre soi : « je t’aime, tu sais… très fort ».

Leur dire, et le leur dire encore.

Pour qu’ils le sachent encore lorsqu’il n’y aura plus au jardin que deux fauteuils vides.

Alphomega, les fauteuils rouges

Merci à Alphomega pour cette image aussi belle qu’un tableau. J’ai aimé, beaucoup, ces deux taches rouges dans le jardin désert. Entre ombre et lumière, douceur partagée d’un instant.

24 réponses à “Une journée presque ordinaire… au jardin

  1. Que c’est bien décrit tout cela, les enfants…le chat ! j’adore, on s’y croirait,

    Tu racontes si bien, Bisous mouillés (nous venons d’avoir un orage de grêle !

    mais c’est parti plus loin, MIAOUUUUU!!!!!!!!!!!!!

    • Je suis contente que ça te plaise… Merci, Mistigris.

      Aujourd’hui, il fait beau… alors, profitons-en.

      Passe un bon premier mai… Bisous et beaucoup de bonheur pour toi.

  2. C’est magnifiquement écrit et ces fauteuils attendent, ils savent q' »ils » viendront et alors les rires et les cris d’enfants retentiront à nouveau.

    • Merci, Alphomega. Je suis contente que tu m’aies prêté cette image d’un bonheur serein.

      Doux premier mai à vous deux.

  3. Tous mes hirondeaux ont quitté le nid et sont partis très loin ….

    Plus de vie familiale à la maison.

    C’est nous qui volons vers eux.

    C’est la vie !

    Ceci dit, j’aime beaucoup cet article, plein de tendresse.

    Gros bisous ma Quich’

    • C’est vrai que des milliers de kilomètres vous séparent…

      Si l’on pouvait gommer les distances plus souvent, j’aimerais aussi.

      Merci pour pour ce partage, Clo. Je t’embrasse très fort.

  4. Les mots, la  » fin  » que je sentais venir, ça me prend au cœur … 

    On essaie de trouver d’autres occupations, de meubler le vide, de  » rationaliser  » en se disant qu’il faut qu’ils grandissent, qu’ils  » fassent leur vie « . N’empêche que l’absence est lourde à porter … 

    Des mots qui murmurent la chanson de Gilbert Bécaud, sur une interprétation de Jean-Claude Pascal 

    http://www.youtube.com/watch?v=eeaKLeqNtsw&feature=related

    C’était un des disques préférés de mon père, décédé le premier mai il y a 10 ans.

     

    Mais, des sourires, de la gaieté, sans oublier … Bisous, Quichottine, de tout cœur.

    • Ce lien-ci est plus court :

      http://youtu.be/eeaKLeqNtsw

       

      Merci pour cette chanson que je ne connaissais pas…

      Mes pensées t’accompagnent en ce jour, Midolu. Elle est si lourde à porter, cette absence…

      Je t’embrasse très fort.

      Prends bien soin de toi.

       

  5. Comme la douceur du temps ondule dans tes mots, chère Quichottine( Comme la paix et l’espérance se faufilent dans ton jardin, qu’il soit animé par les enfants, ou calme en la soirée où l’on se retrouve seuls. C’est un paysage qui se dessine sous ta plume, je vois les vélos, je devine les arrivants, je sens l’atmosphère et j’écoute les petites qui « ne sont plus amies » pour une seconde. Je me repose un instant dans ton jardin, chère Quichottine, car il fait bon y être, moi qui aime la paix j’y suis tellement bien! Bises printanières.

  6. Ce billet empreint de nostalgie, je crois que j’aurais aimé l’écrire, j’avais tous les ingrédients, tous les souvenirs. Cette douleur fugace au moment où la maison se vide et cet espoir si vif d’un autre demain ensemble. On attends des jours entiers pour ranger le ballon blotti dans un coin de jardin…

    Toi tu l’as si bien écrit que je vais le conserver dans mon petit cahier. Ici j’ai les fauteuils, les mêmes en bleu ou en vert et tout le reste dans mon âme…

    Je t’embrasse fort Quichottine.

    • La maison s’est vidée aujourd’hui… je sais qu’il va me falloir un peu de temps pour tout remettre en place, mais c’est un vrai bonheur de te retrouver.

       

      Prends bien soin de toi mon amie… je t’embrasse très fort.

  7. Ne pouvant me rendre chez moi à cause de la maintenance , j’ai eu l’idée de demander  » quichottine » sur Google et voilà que je débarque en terrain inconnu ! Quelle belle surprise pour moi chère Douce – Je viens de te lire …ces instants précieux que tu as su retenir touchent le coeur parce que vécus dans toutes les familles je pense , à de rares exceptions près – J’ai regardé les tricots ( mon désespoir par incapacité …trop de patience nécessaire que je n’ai pas ) Bonne journée chère bibliothècaire dont j’admire la vaillance 🙂

    • Un sourire… Tu es venue ici pour la première fois en 2007, tu y avais découvert mes géraniums…

      Je crois qu’aucun de mes trois espaces ne t’est inconnu. Cela me touche beaucoup.

      Gros bisous, ma chère Blanche. Passe une bonne journée.

  8. Bon soir j’aurais aimer écrire ce billet , j’ai une grande famille et aussi un jardin avec des chaises longues bien occupées en été . Merci a toi de l’avoir écrit , et cette image et belle , bizzzz

  9. C’est une bien jolie histoire. La vie de famille c’est bien… Des moments simples à partager. Chez nous, il n’y en a plus beaucoup, hélas. depuis que mon aîné est parti avec son amie dans une autre reégion… Alors, nous sommes partis tous les deux « faire » nos Pâques ailleurs et c’était bien . Et nous avions laissé sur la table un oeuf en chocolat pour le plus jeune (qui est adulte…) pour lui monter que malgré notre absence nous pensons encore à ces doux moments de cache-cache dans le jardin… Mais il n’est pas passé pendant notre absence….

    Bonne soirée Quichottine.

    • Les enfants nous oublient aussi, parfois… mais ils reviennent quand ils en ont besoin. Je crois qu’il est important qu’ils sachent que nous sommes toujours là pour eux, même lorsqu’ils sont grands.

       

      S’il était passé, ton plus jeune fils aurait apprécié.

       

      Douce fin de journée à toi, Marie. Merci pour ce partage.

  10. patdelapointe

    ils sont partis…chez nous la première vague vient de nous quitter, pendant que nous attendons la seconde pour ce soir et la troisième mercrdi…il était dit que je voulait faire de cette maison une maison de famille..je crois que le but est atteint…mais que de bruit, de fatigue, de concentration, chacun méritant tout un peu d’attention pour le moins…la perfectitude n’est sans doute pas de ce monde…

  11. J’aime beaucoup retrouver tes mots dans ce jardin … et j’espère que ces fauteuils seront occupés encore bienlongtemps!

    Douce soirée

  12. je croyais avoir écris ici… sourire… alors, je reviendrai, pour mettre des mots du coeur et pas des mots passe partout

    hasta luego Cariña

    • Quand tu voudras, Mahina.

      Dans la bibliothèque, j’ai mis la même image et d’autres mots… Juste parce qu’ici, ils étaient plus à leur place.

       

      Gracias, Cariña… Hasta pronto.