Mur

J’aurais pu, oui, j’aurais pu commencer en vous disant qu’il s’agissait de ma réponse à une consigne de Bruno… Mots de têtes… bien évidemment !

 

J’aurais pu aussi faire d’une pierre deux coups en profitant de ce « mur » imposé pour vous raconter de nouveau une histoire que mes enfants adoraient lorsqu’ils étaient petits.

 

Je la leur ai lue si souvent que je la connaissais par coeur, et que nous jouions ensuite à en retrouver les mots pour comparer avec l’original ensuite… Ma fille la raconte aujourd’hui à mes petites-filles…

 

Mais je vous l’ai déjà racontée… C’était l’histoire du petit bonhomme de rien du tout…

Vous vous en souvenez ? Elle est de Gianni Rodari, dans ses Histoires au téléphone.

 

Que vient donc faire ce mur ici ?

 

Je ne sais pas… peut-être parce que j’ai eu envie d’ouvrir le tiroir au secrets et d’en extraire l’Abécédaire. Il a vingt ans.

 

C’était un receuil un peu particulier. Des mots jetés sur des feuilles de papier, un peu au hasard.

Kri dit toujours qu’il n’y a pas de hasard, Lmvie le penserait sans doute aussi.

 

La lettre « M » était représentée par quelques mots que je vous livre ici par ordre alphabétique, ce qui est bien normal dans un abécédaire.

 

Maison, Mariage, Mensonge, Mort, Mur et Musique.

 

Je me demande aujourd’hui comment je les ai choisis, et surtout si je les ai vraiment choisis ou seulement tirés au sort parmi des centaines de poèmes rédigés bien plus tôt.

 

Je ne répondrai pas à cette question. Mais je vais vous montrer ce « mur » invisible que l’on peut laisser se dresser entre deux êtres et qui empêchera ensuite toute vie, toute possibilité de construire autre chose qu’un monde d’incompréhension.

 

 

 

Mur

 

Nous sommes là
De chaque côté du mur
De ce mur beaucoup trop dur

 

Nous sommes là
Chacun de notre côté
À ne savoir que faire
À ne savoir que dire
À ne savoir comment franchir
Comment briser ce mur de fer
Qui nous sépare l’un de l’autre

 

Moi
Je déchire mes mains à ce mur
Je brise mes os à ce mur
Je broie mon cœur près de ce mur
Qui m’empêche d’être près de toi
De te connaître et de t’aimer
De savoir ton nom, ton visage
Tes yeux
Ton regard

      

Toi
Tu déchires tes mains à ce mur
Tu brises tes os à ce mur
Tu broies ton cœur près de ce mur
Qui t’empêche d’être près de moi
De me connaître et de m’aimer
De savoir mon nom, mon visage
Mes yeux
Mon regard

 

Et chacun de notre côté
Nous vivons sans vivre
Nous aimons sans aimer
Nous nous tuons sans nous tuer
Et nous mourrons sans mourir

 

Quichottine, 1990

 

Un mur peut être invisible, il peut pourtant nous empêcher de vivre, d’exister.

 

Nous avons tous des chemins à parcourir. Près de nous d’autres chemins, d’autres êtres les parcourent… Nous pouvons lancer de l’un à l’autre des passerelles… des sourires.

 

Ou…

 

Rester devant ce mur en demeurant à jamais l’ombre de nous même.

 

 

L-ombre-de-Quichottine.jpg

 

94 réponses à “Mur

  1. un mur tant visuel que poétique , une jolie poésie même si le thème en est triste! j’aime ce pouvoir du mur sur les esprits !! tu ne connais peut-être pas encore la nouvelle, c’est un mur qui m’est tombé dessus depuis une semaine!! Bruno a fait l’annonce aujourd’hui, et j’ai suivi j’ai longé le mur, rongé mon frein, mais ça se termine pas en eau de boudin !!  bizzoux je suis vannée de toutes ces péripéties… à bientôt croqueuse  bonne nuit et bon week end !!!

    • Je n’avais pas vu la nouvelle, je l’ai appris à travers tes mots, ceux d’Hélène, et enfin les siens.

       

      Merci de tes visites en mon absence, tu es une superbe croqueuse de mots et tu feras un très bon capitaine.

       

      Bonne soirée à toi… beaucoup plus tard.

  2. c’est vrai qu’il existe ce mur, même dans les ménages, parfois !!

     

    Comme j’ai passé presque toute ma vie devant un mur, que ce soit dans le bâtiment u les fours, je n’en ai jamais voulu chez moi…..

     

     

    Belle journée avec bises. Et pour chez moi, ce n’est pas grave !!!! Bises !

    • J’aime bien ce que tu dis… Il ne faut jamais en ériger chez soi, c’est déjà si difficle de le vivre au dehors.

       

      Belle soirée et bises affectueuses à vous deux. Merci pour ces visites en mon absence.

  3. M… Comme mur ? L’image qui nous  vient, c’est toujours celle de l’obstacle … ou de la honte ..
    Je propose d’y ajouter un « E »= MURE et puis aussi un petit chapeau sur le « U » histoire que ce soit plus rigolo.

    Mûre .... et l’image se transforme, toute barbouillée de confiture .

    • Et là, tu vois, c’est un énorme sourire pour toi  !

       

      Merci pour ces confitures de mûres !

      (Le mur était pour les croqueurs de mots et j’aime beaucoup la façon dout tu l’as croqué !)

  4. Les murs qu’on ne voit pas  sont sûrement les pires qui puissent existe et peut-être les plus difficiles à démolir!

    J’aime bien ton texte qui dit tant de choses!

    Je suis allée voir les petites histoires ; celle du rat de bibliothèque , qui mangeait les chats et d’autres animaux.. celle di eptit bonhomme de rien du toutC’est mignon et plein  de sagesse!

    Je connaissais une petite comptine sur « l’heure des mamans « que mes petits élèves adoraient  réciter .

    Les petits aient beaucoup qu’on leur raconte cent fois la même histoire et ils nous rappellent à l’ordre lorsqu’on change un mot  dans l’histoire!!

    Passe un bon week end; bisous

     

     

    • Merci, Fanfan.

      Je sais que tu suis volontiers les liens que je dépose vers d’autres pages. C’est vraiment gentil.

      L’heure des mamans… que de souvenirs !

       

      Je t’embrasse très fort. Que ta soirée soit douce.

  5. Il y a tant de murs dans une vie… On les habille parfois de treillages, de jolies fleurs , pour ne plus les voir, mais ils sont là : murs d’incompréhension, de jalousie, d’indifférence, de différences qui font qu’on ne voit pas toujours la petite porte qui permettrait de passer de l’autre côté, murs de peur qui nous enferment pour ne pas souffrir de l’amour… Et puis il y a les murs qu’on élève à quatre mains, pierre à pierre, pour construire une histoire.

    • Ces derniers murs ne sont pas là pour séparer, au contraire… je pense.

      Pourtant, cela arrive aussi dans un couple, je le sais. Il faudrait savoir comment l’éviter.

  6. toutes ces édifications que nous tentons de construire pour mieux nous protéger …le jour où le mur casse, c’est comme une naissance parfosi douloureuse mais au final heureuse, on VIT !!! bizzzzzzzzzzzz

  7. Bonjour Quichottine

    C’est vraiment magnifique, les mots choisis, la mise en forme !

    Ce mur qui se dresse entre ces deux personnes est terriblement visible !

    Bravo et bon week-end, Lyly

  8. Beau poème, Amielle. Mais ce mur est bien gris.

    Les couleurs de la vie se trouvent sur le chemin de nulle part  😉

    Beau week-end. Gros bisous, tout plein

    • Ce mur… Je ne sais pas. Je pense qu’il peut exister, très souvent, même en faisant tout son possible pour ne pas le voir, ou pour le faire disparaître à jamais.

       

      Mon ailleurs est sans murs… j’aime autant.

       

      Bonne fin de semaine à toi aussi, mon Amielle. Gros bisous tout plein.

  9. Bonne continuation à votre blog.

    • Merci.

      Je viens d’aller parcourir votre site et quelques billets de votre blog.

      Je suis très impressionnée.

      Bonne continuation à vous aussi… c’est absolument superbe !

  10. Bonjour Quichottine. Tu as su rendre le mur invisible terriblement réel. Qui sait si ce n’est pas le plus redoutable de tous ! En tout cas, il fait bien souffrir.

    A bientôt !

    • Merci, Lenaïg.

      Ta visite m’a fait bien plaisir et je suis désolée de t’en remercier aussi tardivement.

      C’est un mur qui s’installe très vite si l’on n’y prend pas garde. Soyons vigilants.

  11. mur, cela me fait penser au mur de Berlin ou à l’expression « faire le mur » pour être libre. bises

  12. Sourire, clef de l’ouverture. Très beau texte, merci. Adamante

  13. Nous savons aller jusqu’à la lune et nous sommes incapables parfois de franchir ce mur…

    Ton poème est poignant et toujours d’actualité.

    Je t’embrasse.

  14. J’aime les murs pour se protéger des intrus, à certains moments, mais non les murs qui enferment et isolent. Je ne sais pas rester muette devant une incompréhension… Je souris trop peut-être, et mon sourire d’aujourd’hui est pour toi Quichottine.

    BISOUS et à bientôt.

     

    • Merci pour ce sourire Marité…

      Ah ! ce n’est pas un mur entre nous aujourd’hui… mais plein de pages à rattraper.

      Bisous tout plein pour toi.

  15. J’ai été très émue Quichottine à la lecture de ton poème le mur……. Comme c’est vrai, atrocement vrai….. Bisous

  16. Mistigris

    Ah oui ! nous en avons tous de ces murs un jour ou l’autre, mieux vaut le briser au plus tôt et vivre au mieux, ce n’est pas toujours facile ! Trés joli ton poème je l’aime ! Aussi je vais me hisser sur le mur et dormir au soleil, ou regarder par dessus le mur ce qui se passe à Yieurs ! MIAOUUUUUUU!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

    Prends le temps avec les tiens, profites, nous serons toujouts là !

    • Merci, Mistigris.

      Je mets tant de temps à rattraper mon retard que tu as dû te statufier depuis mon départ…

       

      Passe une belle fin de semaine.

  17. Oui, pour les passerelles et les sourires. A+

  18. Par dessus ce mur, envie de jeter un pont …

    A bientôt, Quichottine.

  19. Ce genre de mur est sans doute le plus difficile à franchir et certaines barrières aussi, il faut oser parfois voir ce qu’il y a de l’autre côté.
    Il est très joli ton texte Quichottine
    Il me semble avoir déjà vu cette photo.
    Bonnes vacances.
    A bientôt

    • La photo était aussi dans un ancien article… Tu as l’œil !

       

      Merci, Santounette. Passe une très belle fin de semaine.

  20. Le côté visuel de ton poème est magiquement tragique ! J’aime…

  21. Ce mur me rappelle bien quelques souvenirs

    est ce possible de vivre sans laisser s’ériger un mur entre deux personnes que rien ne prédestine à vivre de chaque coté..

    En tous cas dès qu’on en a conscience,il faut soit l’abattre soit l’abandonner là…et vivre,aimer..se retrouver soi meme!

    bises

  22. Comme c’est vrai et ces murs- là sont bien souvent infranchissables. C’est un beau poème.

  23. Bigornette

    un poème qui sonne juste et qui exprime bien l’incommunicabilité… ce mur invisible qui s’installe , cette incompréhension qui fait que deux personnes s’aperçoivent tout à coup que même à deux elles sont seules, si seules, trop seules… une catastrophe…Parfois il suffit juste d’un mot , d’une main tendue pour trouver l’autre et comprendre que les choses peuvent changer, mais encore faut-il pouvoir trouver ce point faible dans ce mur, une petit faille qui donnera à nouveau de l’air respirable…

    C’est magnifique de savoir écrire comme tu le fais… je t’embrasse mon amie….

  24. c’est vrai des petites passerelles, elles laisseraient passer les sourires, l’amitié

    plutôt que ces murs, qui nous font nous ignorés

    C’est tellement plus attrayant

    et puis on pourrait y mettre des rosiers grimpants

    partager, la douceur des pétales, et leur doux parfums

    en somme, se serait un immense jardin

     

    Je te souhaite une très belle nuit

    • Juste un petit mur de rien du tout, décoratif, pour y faire grimper les plantes… et que l’on pourrait contourner sans se faire de mal… Quel bonheur !

       

      Douce soirée à toi, Corinne. Je t’embrasse très fort.

  25. Ou alors quand on est jeune,  foncer tête baissée dedans ce qui fut mon cas souvent, entre autre pour mon opération mais voilà « ignorante », j’étais très ignorante, je n’en sais guère davantage à ce jour, oh un peu tout de même…allons pas de fausse modestie non plus, mais voilà « l’homme est un aprrenti la douleur et son maître » etc etc

    C’est très révélateur en escalade par exemple de voir ce que les personnes sont capables de faire « au pied du mur » !

    • Moi, je reste en bas… J’ai le vertige, tu sais.

      J’ai aussi beaucoup foncé dans les murs, tête baissée… aujourd’hui, je préfère les contourner. Mais j’aime toujours autant savoir ce qu’il y a derrière.

  26. Très beau , très évocateur …Merci pour ce MUR si bien décrit, si bien écrit !

  27. j’adore le principe du calligramme, faire dire au texte ce que représente le dessin ou inversement d’ailleurs…

    excellent à divers titres ici…

    doux bisous enrichis et épanouis grâce à toi ce soir

    soir que je te souhaite bon et démuré

  28. Si c la muraille de Chine pour la contourner tu vas mettre du temps !!!

  29. mais on est en « live » sauf qu’ici il est 17 H

     

    • Ici, un peu plus de 19h… il va falloir que je songe à faire à dîner, je n’ai pas vraiment faim.

      Nous sommes en « live », je fais exprès de te répondre tout de suite, pour que tu puisses savoir que je suis là, juste derrière ton écran…

      C’est quand même quelque chose de beau, la technologie !

  30. Magnifique je touche mon écran et te serre fort

  31. Tous les murs m’intéresse, tous ces regards différents qu’on pose sur eux, c’est passionnant. Merci de m’avoir offert le tien. Très soirée Quichottine

  32. Merci pour ces traces de toi que l’on peut suivre à partir d’un nouvel article, Quichottine.

    J’ignorais tout de ce mur-là… Et suis bien aise de le découvrir.

    C’est beau. 🙂

  33. Mon Dieu, mais je m’aperçois que j’y avais déjà posté un commentaire!

    Me pardonneras-tu, Quichottine chère?

    (Mais il y a des jours, comme ça, où je suis nouille, mais nouille…)

    • Mais je n’ai rien à te pardonner… tu as le droit d’avoir oublié.

      (Ne t’en fais pas, cela m’arrive aussi.)

  34. Hélène.

    Merci Quichottine pour ce mur-là…

    Je t’embrasse très fort,

  35. Muad' Dib

    Coucou Quichottine, j’aime beaucoup l’esthétisme de ton poème « miroir ».

    Je ne sais pas si c’est le terme exact mais j’aime bien l’idée.

     Bon week-end,

    Bises,

    A bientôt

  36. KERFON LE CELTE

    Marche à l’ombre…!

    KLC

  37. Bonjour Quichotttine .

    Beau poème baigné  dans l’air  blanc et noir ..

    La pierre voudrait bien se soustraire aux lois de la pesanteur…

    Impossible..Mais je crois que ton poème y parvient.

  38. Bon Week-end Quichottine

  39. quel dommage que tu n’écrive pas plus Quichottine! c’est vraiment très beau!

    bises

  40. patdelapointe

    cette photo de quichottine me fait penser à Hercule Poirot, puisqu’il y manque la pipe de Sherlock Holmes…mais pourquoi as-tu fabriquée ce mur invisible ? alors que pour moi : tu as oubliée l’essentiel : le mot Mer… les êtres sont si différent qu’il y en a toujours un qui veut de la pluie, quand l’autre veut du soleil. il ne faut pas compliquer la vie à loisirs, elle s’en charge bien toute seule.

    • Tu sais, Pat… non, tu ne sais pas.

      J’ai eu peur de la mer, très longtemps. Alors, elle n’était pas dans mon abécédaire.

      Elle aurait pu. Mais là, je n’ai pas triché, j’ai dit exactement ce que j’y avais mis. Aujourd’hui, les mots ne seraient peut-être pas les mêmes.

       

      Le mur… je ne l’ai mis que pour obéir à une consigne et pour répondre à un autre mur que j’avais lu.

       

      Ne t’en fais pas. Tout va bien.

  41. annielamarmotte

    je suis également du genre courant d’air en ce moment alors…… absolution

  42. Est-ce un mur infranchissable comme ceux qui sont érigés de par le monde. J’ose pener que celui-là verra sa fin qd la parole prendra sa place. Bises   VITA

  43. De tous les murs, les plus solides sont les invisibles ….

    ne te préoccupe pas de tes visites chez nous, la vraie vie est bien plus importante !!

    Gros bisous ma Quich’

  44. il y a tant de sortes de murs dont les plus terribles sont parfois les invisbles et ton texte me fait penser à un proverbe chinois (ce n’est pas le lion qui est dangereux mais le ver dans la pomme)

    bel article

    Bon Week end

  45. Hé oui, les murs sont là… parfois on les franchit, parfois non… visibles ou invisibles…

    Bon week-end.

  46. Mariage, Mensonge, Mort, …. curieuse association ! Qu’en pense Sigmund ?

    Ton Mur est un très beau poème …

    • J’avoue que je ne m’étais pas posé la question à l’époque…

      Les mots seraient peut-être autres aujourd’hui.

       

      Merci, Glorfindel.

  47. J’avais oublié de te dire combien j’avais aimé ce poème qui me parle…

    Bonne fin de journée Quichottine.