Les Pantoufles, Samuel van Hoogstraten

Le Lutin bleu fulminait…

(Mais, ça, ça ne vous change pas trop, enfin, je crois.)

Vraiment, Quichottine exagérait !

Nous étions samedi, et Dieu seul savait où elle était passée !

Dans la Bibliothèque, sans doute… à moins qu’elle n’ait choisi de se promener au jardin, ou qu’elle se soit confinée dans un ailleurs dont il se sentait exclu.

Nous étions samedi, elle aurait dû présenter l’un des tableaux dont elle était friande. Il y en avait encore de nombreux dans ses archives…

M’enfin ! On ne pouvait même plus compter sur elle pour être au rendez-vous de ses blogopotes… c’était terrible !

Il décida de s’en charger lui-même et sortit d’un tiroir du bureau de son amie un cahier à spirales.

(Ceux qui fréquentent depuis longtemps Quichottine savent de quoi il est question. Les autres devront se renseigner, mais ce n’est pas si important.
Muad avait évoqué autrefois ce grand cahier, nous y reviendrons, plus tard.)

Une image s’en échappa…

Ouf ! Il n’aurait pas à choisir lui-même le sujet du jour.

Tableau à voir au Musée du Louvre.

C’était un tableau étrange. Celle ou celui qui avait ouvert les portes était pressé, c’était évident. Les clés étaient restées dans les serrures, comme si personne ne pouvait songer à les voler.

Au premier plan, le balai, un immense torchon délaissé. Une première pièce dans l’ombre, un intérieur vétuste, avec des marques d’humidité qui grimpaient le long des murs depuis le sol mainte et mainte fois lavé.

Une cuisine ?

Le Lutin bleu se demanda quelle importance lui avait donné le peintre, sans pour autant trancher.

Curieusement, il se dit qu’il manquait une seconde porte, celle qui aurait ouvert sur le couloir ensoleillé.

Un couloir, à n’en pas douter, qui séparait cette cuisine de l’autre pièce dont la porte était bien visible, elle.

L’artiste avait peint trois sols différents, donc, trois lieux à imaginer, dont deux à traverser avant de  pénétrer dans le dernier.

Celui-ci méritait qu’on y entre les pieds nus.

Nulle Cendrillon ne s’y trouvait. Pourtant, les pantoufles étaient bien là, abandonnées sans précaution aucune.

Sur le mur, un tableau…

(Le Lutin bleu ne se posa pas de question.
Mais vous vous demandez peut-être quelle était l’utilité de ce second tableau tout en haut du premier ?)

Le peintre donnait à celui qui le contemplerait le droit de tout imaginer, de ce tableau, de celui aussi dont on ne voyait qu’un morceau de cadre.

Que faisait la femme qu’on y apercevait ?
Qui était avec elle dans la pièce ? À sa gauche on ne voyait qu’une ombre, plus petite, un enfant ? Une servante ?
Était-ce sa chambre, une chapelle ?

Les clés n’avaient ouvert que des possibles vers les rêves ou les fantasmes de celui qui y entrait.

© Quichottine, 21 mars 2020

37 commentaires à propos de “Les Pantoufles, Samuel van Hoogstraten”

  1. Étrange petit lutin bleu, mais diablement beau avec un effet de perspective extraordinaire.
    Bises et bon samedi ma Quichottine

  2. Un intérieur plus que démodé de nos jours, sa poignée de porte d’église à l’entrée, un confort rudimentaire, une personne semble être revenue chercher un objet oublié, laissant tout ouvert derrière elle… juste le temps de… ainsi on a pu voir ce morceau de demeure, 😉 bon W-E Quichottine, bises

  3. c’est un peu comme dans la vrai vie nous ne voyons que certains aspects des choses, des bouts de jardins, des morceaux de ciels, des images tronquées d’arbres dans le lointain, des fantasmes, des idéaux que nous projetons sur des lieux ou des personnes et puis nous en faisons une réalité. Ton lutin a écrit un très beau texte. Beaucoup moins poétique mais qui donne envie de danser le cha cha cha une chanson de Jean Contantin qui me revient que je chantais avec ma mère https://www.youtube.com/watch?v=MrMUt83jdE8

  4. Pas inspirée pour le commentaire, trop angoissée pour ma fille en première ligne de ce combat contre ce virus en tant que Médecin hospitalier et qui voit ses collègues un par un être contaminés ! Gros bisous

    • Jai plusieurs personnes de ma famille en première ligne dont ma fille et mon neveu. Mon neveu est contaminé – il ets urgentiste – mais il n’est pas hospitalisé et son cas ne présente pas d’inquiétude particulière, 80 % des personnes développent une affection sans gravité et 98 % guérissent. C’est à ce la qu’il faut penser. Tenez bon. Ils ont besoin de notre aide et que l’on consetve aussi le moral

  5. C’est très fort de la part du Lutin bleu de nous faire nous évader à travers un tableau qui représente…un intérieur 🙂 Et ça marche, aurais-je sans toi scruté cette oeuvre avec autant d’attention?
    Merci Quichottine

  6. Le plus curieux est que ce tableau d’apparence innocente renferme une scène galante… Les hollandais avait le sens de la mise en scène.

  7. Lutin Bleu est un petit bonhomme incroyable, il me fait entrer dans ce superbe tableau , m’interroger et rêver à la vie des habitants des lieux.
    Très bon week-end

  8. Etrange… Ton texte, encore une fois, précède celui que j’ai programmé pour dans quelques jours ! As-tu ma réponse, suis-je une solution à la tienne ? Tu jugeras, tout est possible en effet.

  9. Bonjour Quichottine, c’est un tableau qui fait parler, il est un peu spécial, ce n’est pas le genre de tableau que l’on voit couramment. J’aime bien et ton texte qui va avec. Bisous et bon courage, comme tout le monde, pour le confinement. Bon week end.

  10. J’aime beaucoup ce tableau, on dirait presque une photo quand on regarde de près, par exemple le drapé de la nappe..
    Bon dimanche à tous les deux, Lutin bleu et Quichottine,
    Mireille du sablon

  11. Coucou Quichottine,
    J’aime ce tableau, et peut-être que l’artiste, tout comme moi, déteste les portes fermées. Rien de mieux que les portes ouvertes pour laisser passer la lumière.
    Et, dis au Lutin bleu de cesser de fulminer, on a besoin de sérénité dans ces moments si particuliers. Nomého 😉
    Bises et bon week-end.

  12. Merci au lutin bleu pour nous faire voyager dans ce tableau .
    Des pantoufles abandonnées dans ce couloir comme si leur propriétaire s’était laissé happer par le soleil . Un intérieur qui suscite bien des interrogations avec ses portes ouvertes sur des possibles bien différents .
    Bonne soirée Quichottine
    Bises

  13. Un tableau qui laisse à réfléchir…Une porte qui d’habitude est fermer à clef… c’est peu être une chambre et pourquoi pas la fin du confinement.. Douce soirée Quichottine bisous.

  14. Merci au Lutin Bleu de nous décrire le tableau et ainsi de dialoguer en posant des questions !
    Une porte ouverte à la hâte qui permet de rêver et d’imaginer……
    Une invitation de partage …..
    Belle soirée, bises Quichottine

  15. Bonjour Quichottine. Je ne connaissais pas ce tableau que tu évoques si bien. Si j’entrais je tournerais à droite dans le couloir ensoleillé pour découvrir _peut-être_ une fenêtre donnant sur le jardin avec un grand tilleul qui embaume et abrite des oiseaux. Un enfant se balance doucement avec un petit chat sur les genoux…
    Bon dimanche et bisous

  16. Le lutin bleu décrit bien le tableau et ses détails (je n’avais pas fait attention aux pantoufles !)
    Ce tableau m’a de suite évoqué une zone sombre et triste dont on s’échappe pour aller vers une zone ensoleillée, un peu comme notre vie actuelle
    Bisous et bon dimanche

  17. Ce tableau nous invite à y pénétrer pour de plus amples renseignements. Tout est suggéré, mais pas de réponses et l’obscurité nous pousse à aller voir plus loin.
    Bon dimanche Quichottine ! Surtout, prends bien soin de toi ! Bises !

  18. Un beau moment d’évasion où l’imagination et les fantasmes se bousculent au portillon devant cette porte ouverte si étrange… On a envie de s’y glisser…
    Biz

  19. Le 2ème tableau celui dont on aperçoit un pan du cadre est celui de la jeune fille aux boucles d’oreilles.
    Le propriétaire de cette maison est depuis son plus jeune âge amoureux d’elle, tout son héritage à été utilisé à sa recherche, il rêve tous les soirs devant le tableau d’en caresser ses joues de porcelaine…
    Je laisse au lutin bleu le soin d’en écrire la suite, il me pardonnera d’en avoir ouvert la route.
    Passe une bonne nuit.
    Des bisous.
    Maryse

  20. Je ne connaissais pas ce tableau mais je l’aime beaucoup et j’aime encore plus en effectuer une visite avec Lutin bleu. Il nous invite à faire de même dans nos maisons et à les regarder différemment bien entendu, nous avons le temps de le faire en ce moment 🙂 Comme sur le tableau mes portes sont toujours ouvertes !! J’aime sentir l’air et le soleil aussi, circuler d’une pièce à l’autre…Bisous et merci pour cette belle page

  21. Lutin je sais ou est Quichottine, elle a ouvert toutes les portes et c’est perdu dans cette dédale de couloir de chambre et de possible cherche là avant qu’on ne puisse la retrouver….Bisous

  22. Je trouve que le lutin bleu écrit vraiment bien, même si le fait que Qichottine ne soit pas là, encore partie ailleurs à faire des choses dont il ne sait rien, le perturbe beaucoup !
    Très belle description du tableau. Mes félicitations Lutin Bleu.
    Gros bisous quand même à Quichottine

  23. Un tableau étrange . Une personne très pressée pour avoir laissé tout ouvert ainsi. Même les pantoufles ont été abandonnées au seuil de la seconde pièce qui semble plus claire que les autres .
    Bizarre en effet!
    Bises

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