Quand nos rêves voyagent, avec Claudine

– Tu aurais dû écrire “avec Claudine et Le Poète Ferrailleur”… Non ?

– C’est vrai, j’aurais dû… mais j’espère que personne ne m’en voudra, le titre aurait été bien trop long… et puis, c’est avec Claudine que je voyageais ce jour-là.

– Ce sont des voyages immobiles, ne serais-tu pas casanière, toi ?

– Moi ?

(Quichottine avait rougi. C’était sans doute le pire des reproches que lui faisaient son mari. Elle l’était devenue, au fil des ans, préférant de beaucoup son logis à d’autres, ne refusant pas les découvertes pourvu que le temps qui la séparait d’un retour ne soit pas trop long.)

– Je ne le suis pas !

– À d’autres ! Dès qu’on te parle de départ, tu évoques aussitôt le retour !

– Pourtant, j’ai beaucoup voyagé…

– Énormément, oui, tu t’es absentée longtemps, à l’époque où tu déménageais souvent, où tu n’avais pas d’amies…
… mais ça, c’était “avant” !

… Avant… c’est vrai. Que s’était-il donc passé depuis qu’elle avait décidé, un jour, qu’elle voulait avoir un “chez nous” où poser ses bagages, où entasser des souvenirs plus ou moins encombrants ?

… Avant… elle n’avait pour tout trésor que ce qui pouvait tenir dans une valise, forcément limitée en espace et en poids. Aujourd’hui, ce qu’il restait de cette enfance nomade tenait dans un tout petit carton, si petit !

… Avant, elle aurait aimé avoir un ami qui se serait assis près d’elle, qui aurait posé son bras autour de ses épaules, et qui lui aurait parlé de demain, de voyages, qui aurait partagé ses propres rêves…

Rêvant l’un et l’autre, se protégeant l’un l’autre d’un monde trop sérieux, ils auraient construit leur maison-bateau-phare, l’auraient pourvu d’un clocher et même d’une croix, pourquoi pas ?

Ils en auraient hissé la voile, largué les amarres, et, au lieu de voguer comme les bateaux de papier qu’ils avaient coutume de lancer dans le ruisseau, ils se seraient envolés, très haut, dans les nuages, plus haut que ne le fait l’aigle le plus hardi, et, de là, ils auraient regardé notre monde autrement, une planète bleue, si bleue…

– Quichottine ! Tu racontes n’importe quoi !

(Il arrive que le Lutin bleu soit plus sérieux que la Bibliothécaire… mais ça, vous le savez déjà.)

– C’est peut-être vrai, peut-être pas… qui peut savoir ? Même pas toi.

(Le Lutin bleu soupira. Comment pouvait-elle l’affirmer, alors que depuis tant d’années d’amitié, elle aurait dû savoir qu’il n’ignorait rien d’elle ?)

– Je voyage, c’est vrai… je voyage en images, et, lorsque l’écran de mon ordinateur m’emporte aussi loin, c’est comme si la petite sorcière de notre Boîte à Rêves me donnait l’une des bulles qui s’échappaient de son chaudron magique.

– Magie, magie… bulles de rêves façonnées par Mijoty ! Tu n’as pas mieux dans tes archives ?

Oh si ! Mais pour cela, il me faut voyager encore, et, comme le poète ferrailleur, comme Claudine ce jour-là, retrouver Don Quichotte, Sancho, et qui sait ?

Peut-être affronter de nouveaux moulins ou décrocher l’inaccessible étoile

Merci à Claudine pour ses images, pour avoir pensé à ma collection d’images quichottesques, et pour tous les voyages qu’elle me permet de faire, au fil des pages de son blog.

Merci à vous qui me lisez, pour votre présence et vos mots.

38 réponses à “Quand nos rêves voyagent, avec Claudine

  1. Il est des voyages immobiles aussi beaux que ceux qui nous font parcourir des kilomètres…Il est des ailleurs qui se trouvent à portée de main…Merci Quichottine d’être là

  2. J’aime beaucoup ce moulin à vent du poète ferrailleur… Je ne vais plus résister longtemps je vais relire Don Quichotte.

  3. Salut,
    C’est bien de rêver .
    Le temps est ensoleillé cet après midi.
    On a 24° alors on se prélasse à Gardincourt.
    Bonne journée

  4. Merci aussi à Lutin parce sans lui tes conversations bien qu’amusantes, manquerais de sel…..rire. Bisous

  5. Tu t’évites ainsi roulis et tangage, trous d’air et nids de poules ! Et ton siège est sans doute beaucoup plus confortable que certains autres ! Et tu peux varier les itinéraires d’un simple « clic »… Voyager en rêve est un beau concept !

  6. On peut faire de très beaux voyages en pensées …
    Sans les inconvénients d’un vrai.
    Bon dimanche.
    Toujours pas le moral …
    Bisoux doux, ma quichottine.

  7. almanito

    Colette allait dans ton sens quand elle disait que le voyage n’est nécessaire qu’aux imaginations courtes …

  8. La lecture est un voyage immobile qui peut noous emporter très loin. L’imagnianire n’ayant pas limites. Mais j’aime bien aussi franchir les frontières et partir une valise à la main.

  9. Comme je te comprends !
    Voilà des années que je ne voyage plus et ça ne me manque pas . Et si je dois m’absenter quelques jours , je ne suis pas encore partie que je voudrais être rentrée!
    Les livres, films, pièces de théâtre , opéras et concerts nourrissent mon imaginaire .
    Et puis , il y a les 2 petites fées à moustaches , me priver d’elles me coûte , le temps ensemble me semble tellement compté.
    Bises Quichottine

  10. Casanière, je le suis devenue aussi. Je n’ai pas, comme toi, quoique, voyagé dans mon enfance. Dans ma vie de femme si, beaucoup. Malheureusement, souvent les mêmes routes. Oh, je dis malheureusement, que non pas car cela m’a permis de beaucoup marcher dans les ports.
    Ce qui me gêne dans le voyage « immobile » c’est que je me mets à rêver et que je ne fais que ça !
    Mais si tu voyages encore puisque tu nous fais des articles avec des photos.
    Je me demande si, parfois, je ne voyage pas, simplement en suivant une fourmi !
    Tu vois, là, tu m’as fait voyager avec le poète ferrailleur.
    Bonne fin d’après-midi Quichottine
    Gros bisous

  11. Au fait si j’ai voyagé pendant mon enfance, surtout dans ma petite enfance. Mais ça c’est une autre histoire.
    Et voilà, je repars en arrière. Mais ce n’était pas une belle période.
    Bisous

  12. Joli billet ma Quichottine.
    J’ai adoré la série de Claudine chez son poète ferrailleur.
    Bises et bon dimanche

  13. Voyager, rêver, revenir, tout est là

  14. C’est très beau de voyager en rêvant, j’aime encore les vrais voyages mais je suis toujours heureuse de rentrer et de voyager avec mes souvenirs. J’ai beaucoup aimé la série de Claudine sur le poète ferrailleur.
    Très bonne fin de journée, bises

  15. Voyager ! Toi, tu sais nous le faire faire puisque par tes écrits et tes anthologies tu nous emmènes dans des contrées lointaines. Le voyage peut tout à fait être intérieur…

  16. Coucou Quichottine
    Je suis très heureuse de pouvoir te faire ainsi voyager merci à toi pour cette page
    Tes propres rêves sont toujours si beaux
    Jespère que quelque part un nouveau Don Quichotte attend le moment pour revenir te chercher ..gros bisous Quichottine

  17. chère Quichottine, avant n’existera plus, jamais, jamais … c’est aujourd’hui qu’au gré d’une promenade dans un parc ou sur les blogs que tu rencontreras un ami ou une amie, proche ou moins. Je te le souhaite de tout coeur.
    Bises et merci pour ce très beau texte.

  18. Ne cesse pas de rêver, Quichottine, le rêve est magie, voyage. Il change les couleurs de la vie, raconte des histoires. Il est riche et précieux et il peut se partager…
    What else… ?
    Bisous

  19. Il y a des voyages qui sont plus beaux dans la tête que ceux où l’on se déplace mais bon de temps en temps, j’aimerai pouvoir le faire pour de vrai

  20. Je vais aller voir ce poète ferrailleur !
    Bonne journée.

  21. J’aime l’idée de cette maison-bateau-phare, celle des rêves d’enfants, des voyages qui nous emmènent très loin. Ce sont ces voyages-là qui sont les plus beaux et même aujourd’hui il suffit de venir te lire pour être aussitôt embarqué bien loin du quotidien.
    Il y a des gens qui voyagent très loin et n’en rapportent rien, ni plus de sagesse, ni plus de tolérance, ni plus d’ouverture aux autres et d’autres, casaniers peut-être en effet, qui n’ont pas besoin de voyages lointains pour s’enrichir au quotidien.
    Merci d’être là Quichottine.
    Bisous et merci pour tes mots. Je connais Claudine et j’aime aussi aller la lire

  22. Voyager pour aller où??
    Les nuages qui passent au dessus de ma maison le font ce voyage autour du monde…
    Ils me racontent leurs aventures, les gens, la vie
    L’âge et et un certain exil m’ont rendue « stationnaire »
    Bonne semaine ma chère Quichottine

  23. Ton billet me raconte mes voyages dans l’imaginaire, et depuis quelques temps, je suis en panne d’avion ou de train, mais les billets sont dans ma poche, je les ressortirai sans doute un moment ou un autre…
    Les vrais voyages, les départs, les retours, désormais me bousculent entre mes divers lieux de résidence où trouver le moment?
    Et puis je déteste être une touriste 🙂

    Tendresse ma Quichott’

  24. Voyager dans sa tête est un « pouvoir » qu’il faut cultiver… Cela permet d’éprouver des émotions à partager… Ce que tu fais si bien ma Quichottine 🙂
    Douce journée et gros bisous.

  25. Bojour Quichottine. Merci pour cette mise en lumière de Claudine et ses voyages. Je vais aller la voir. Bonne journée et bisous

  26. Moi aussi j’ai beaucoup aimé son poète ferrailleur!
    Un univers c’est vrai où il fait bon voyager dans des bulles de rêves!

    Et

    « Rêver, un impossible rêve »,
    pour atteindre l’inaccessible étoile!

    Construire
    quelques arbres à lucioles
    8 mai 2015
    L’arbre à lucioles
    est né
    au bout d’une « souris »
    transformée en pinceaux…
    « L’arbre à lucioles
    est né
    aux rives de l’inconscient


    se trouvent
    les secrets de la vie… »
    c’est mon arbre fétiche, je te le prête!
    https://marie-aupaysdesimagesetdesmots.blogspot.com/search?q=arbre+%C3%A0+lucioles

  27. Salut,

    On a un temps gris et 22°.

    On est bien pour une balade qu’on a fait ce matin.

    Bonne semaine

  28. coucou j’ai beaucoup voyagé ;
    ça fait un moment que je ne l’ai pas fait mais l’envie de repartir au Japon commence à revenir
    maintenant faut convaincre mon mari de monter dans un avion lol ^^
    bisous

  29. « Rêver, un impossible rêve »
    Je suis allée lire ta page sur l’inaccessible étoile…https://quichottine.fr/2008/02/lhommedelamanchajacquesbrel.html
    Une page extraordinaire j’ai adoré!
    ****
    J’ai aussi beaucoup aimé « le poète ferrailleur » de Claudine et ton billet d’aujourd’hui le fait revivre et nous offre mille rêves!

  30. coucou j’adorerais passer le solstice d’été en Suède et voir le soleil de minuit 🙂 reste à convaincre mon mari lol
    ma meilleure amie et moi avons dit que nous irions un jour ……… qui sait
    quant à l’homme de la mancha j’ai adoré ;
    Jacques Brel était extraordinaire et a magnifié ce texte
    bisous

  31. casanière je le suis énormément …beaucoup trop je sais je sais…..
    la vie étant ce qu’elle est devenue ça a complètement amplifié ça mais bon voila c’est comme ça…..
    mais par la lecture je fais plein de beaux voyages immobiles….
    belle journée
    bises
    patricia

  32. Qu’il est beau ce monde du poète ferrailleur et merci au lutin bleu d’avoir orienté la conversation sur ce sujet du voyage . Ton billet sur l’inaccessible étoile est un enchantement , merci de nous offrir la possibilité de nous évader grâce à tes liens qui n’ont eux rien d’inaccessibles.
    Bonne journée Quichottine
    Bisous

  33. Ah ce lutin alors, heureusement qu’il est là…
    J’adore tes histoires de lutin.
    Avec mes deux minous, je ne peux pas voyager, je ne peux que les laisser 48 h tout au plus et le siamois a très peur d’être abandonné le pauvre.
    J’aime bien cette représentation de Don Quichotte.
    Pou

  34. Est- ce aussi un effet de l’âge ? On ne se trouva nulle part aussi bien que chez soi !
    Je suis un peu comme toi; j’aime voyager mais pas trop longtemps.
    J’aime bien tes disgressions …. mais le lutin bleu veille au grain !
    J’ai toujours mes 2 petits et le temps passe trop vite . Bisous

  35. Bonjour Quichottine , bonjour Claudine , vous m’avez fait voyager toutes les deux , c’est superbe ! de gros bisous et une belle journée

  36. Avec les blogs on voyage beaucoup. Cette année je ne suis pas partie et je ne partirai pas, pas envie et beaucoup trop de choses à faire (travaux dans ma maison et mon jardin, tri et tri et tri et retri dans mon garage et ma cave, de tout ce que mon mari a entassé depuis 30 ans). Quand j’aurai fait le vide, je pourrai alors envisager de partir. Mais pour cela il me faudra m’organiser, trouver quelqu’un pour garder et surveiller ma maison pendant mon absence, car je ne partirai pas seule, mon fils viendra avec moi. Ou bien ma fille. Mais on verra.

  37. Oh ! Les belles images ! J’adore !
    Et l’histoire que tu brodes autours, surtout quand ton lutin bleu s’en mêle, c’est délicieux à souhait, merci ma douce.
    Je t’embrasse

  38. J’ai beaucoup aimé ce moulin à vent du poète férailleur.
    Merci pour ce partage.
    Bises Quichottine