Gustave Courbet

J’ai prévenu Kinou… « je vais copier ! »

J’ai lu ses articles, ici et … je ne mettrai donc pas d’autre lien vers le peintre, il y en a assez pour vous rassasier chez elle. Je ne l’ai pas prise en traître, je n’ai pas non plus demandé la permission. Je fais, c’est tout…

D’ailleurs, Courbet, il est aujourd’hui partout, c’est un anniversaire. Sur la lettre d’Évène… sur les blogs d’actualités, dans les infos… Alors pourquoi ne pourrait-il pas être dans ma bibliothèque, au milieu de mes tableaux ?

Je sais bien, je ne vous ai pas habitués ainsi. J’ai plutôt tendance à ne pas faire « comme tout le monde » …et bien ! aujourd’hui, si !

… ou presque !

Mon Courbet à moi : deux images… et une histoire, que je vais dédier à quelqu’un qui se reconnaîtra…

Gwenn est là, dans son jardin.

Elle essaie vainement de couvrir le treillis, les fleurs ne montent pas encore assez haut, elle le voudrait pourtant, elle a horreur de toutes les grilles, de tous les grillages, de tout ce qui peut la séparer de… et puis non, elle ne veut pas y penser. Elle est heureuse d’être là. Chaque fleur est une journée de bonheur, un clin d’œil du temps passé.

Gustave Coubet, 1862

Gustave Courbet, 1862
Le Treillis ou Jeune fille arrangeant les fleurs
Toledo Museum of Art, Ohio, U.S.A.

Pourtant, de grands cernes sombres soulignent son regard, qu’elle a très beau…

C’est très important pour elle, les regards, le sien est un regard rêveur, mais profond, comme l’obscurité de ce chemin qu’elle parcourt quand vient la nuit. C’est son secret à elle. Depuis longtemps, à ce moment-là elle se transforme en Korrigane, elle retourne sur la plage pour y voir mourir les vagues dans le soleil couchant. Chaque soir, inlassablement, elle écoute dans la nuit les battements de son cœur, elle regarde deux êtres, qui étaient faits l’un pour l’autre, s’ignorer, vivre chacun de son côté comme deux inconnus. Mais, elle rage, et son désespoir muet la ronge.

Ses tourments déposent,
nuit après nuit,
cette ombre sur ses paupières.

Comment la Fileuse de lune pourrait-elle trouver le remède à ses maux ? Elle les a écrits sur le sable en lettres de sang.

Mais la mer est insensible, elle efface un à un les mots et laisse les maux faire leur ouvrage, nuit après nuit. Pourtant, tout est si beau sous le soleil ! Même la mer, qui oublie un instant le mal qu’elle a pu faire et redonne à la fileuse son regard tendre… celui qu’elle conserve dans ses rêves.

Gustave Coubet, 1853

Gustave Courbet, 1853
La fileuse endormie
Musée Fabre, Montpellier.

PS du 2 avril 2008 : Alrisha m’a informé de son article à lire aussi, ici (clic).

68 réponses à “Gustave Courbet

  1. Ne dit-on pas, dans la sagesse populaire, un dessin vaut plus que tous les longs discours ?
    Ces deux beaux tableaux choisis avec délicatesse, illustrés d’une histoire courte, c’est magnifique, Quichottine, comme ton poème d’hier qui résonne en musique…
    Merci. Belle nuit, généreuse Quichottine !
    Je t’embrasse.

  2. Au-delà de la fameuse « luminosité » de Courbet…….les femmes de cette époque me communiquent touours une sensation de peine, de souffrance, d’abnégations, d’injustice…..c’est plus fort que moi.
    Peut-etre parceque j’ai beaucoup trop lu Zola !

    • Certaines pages de Zola sont bien belles et certaines de ces femmes encore plus ! C’est vrai que les tableaux lorsqu’ils sont expressifs transmettent un peu de mélancolie, souvent… les femmes n’avaient pas toujours la part belle !

      Passe un bon dimanche, Chris

  3. Ces deux tableaux sont magnifiques…
    La fileuse me rappelle une autre fileuse.
    Merci pour ta gentille visite.

  4. Bonjour Quichottine, quel régal ce peintre et je fais comme toi, quand je regarde une toile je passe beaucoup de temps à m’imprégner de ce qu’elle dégage.. et Courbet quelle lumière, quel sens du détail.. je l’adore.. et avec tes mots tu les mets en valeur. Merci à toi pour ce beau voyage romantique..
    Bon dimanche
    bien amicalement
    chantal

  5. Je suis éblouie par ton art de conter ! bisous 🙂

  6. En te lisant, on est obligé d’aimer ce peintre. J’ai vu l’article chez Kinou l’autre jour.
    Très bonne soirée Quichottine.

  7. Ds ses rêves,il est avec elle….lui aussi a son habit de nuit….Elle est avec lui…Ils marchent …Parfois,il la prend ds ses bras et la serre fort…Elle lui caresse les cheveux….Ds la nuit,ils sont bien,elle et lui…VITA

  8. BIZZZZ de fin de W-E Quichottine

  9. Là il y a quand même un sacré paquet de liens

  10. J’aime bien tes descriptions de tableaux et les histoires que tu racontes à partir de ces tableaux…
    J’ai vu un magazine spécial « Courbet », je me demande si je vais céder à la pression et me l’acheter…
    Toute ouverture à la connaissance picturale est bonne à prendre….

    • Là, c’est toi qui vois… moi, je le regarderai, parce que certaines images ne sont pas accessibles et que les tableaux sont conservés parfois si loin que ce n’est peut-être pas mal de pouvoir les regarder sur papier si le magazine est bien fait.

      Bonne fin de soirée, Val’r

  11. Merci pour ces deux tableaux.

  12. Et le jardin… Celui de Kinou ?

  13. merci pour ces histoires qui donnent vie à ces tableaux !

    continuez d’écrire

    bonne journée

  14. Gwenn a les cernes d’une grande tristesse, mais je crois qu’elle a trouvé comment les rapprocher, parce que son sourire le dit. Elle a tant réfléchi sous la lune, à regarder l’écume chaque fois effacer ses mots, cette fois, les fleurs vont effacer les maux.

  15. J’aime beaucoup Courbet; un peintre un peu révolutionnaire pour son temps. Dans le catégorie « ART » chez moi, tu peux retrouver un article que je lui ai consacré.
    bisous et bonne soirée Quichottine

  16. Korrigane

    De lien en lien elle est arrivée ici… Korrigne.
    Souvenirs…Une rencontre sur la toile de deux êtres séparés par quelques décennies. Mais à la recherche l’un et l’autre probablement de quelque chose d’impossible…. Toujours cette fameuse quête… Une réconciliation avec le passé peut-être et qui n’a eu lieu qu’à moitié, mais c’est toujours mieux que rien….
    Merci de m’avoir envoyée jusqu’ici.

    • Se rencontrer à demi… se pardonner aussi, à demi… Le « plus » aurait peut-être été impossible.

      Chère Korrigane !
      Heureuse que tu aies pris ta plume pour venir là… Merci.

      Je t’embrasse fort.
      (pardon pour le retard mis à te répondre)

  17. Je ne peux pas dire que je connaissais particulièrement l’oeuvre de Courbet si ce n’est « la création du monde » et « l’enterrement à Ornans », mais d’avoir visiter son musée m’a ouvert les yeux.

    En admirant les tableaux que tu offres sur ton blog, on se rend compte de son immense talent – de sa modernité – alors que nombre de ses tableaux sont très classiques.

    je suis heureuse de te lire sur mon blog. Merci bien amicalmeent

    • J’ai vu certaines de ses oeuvres au Musée d’Orsay. C’est un musée que j’aime beaucoup.

      « La création du monde », je n’aime pas. Ce n’est pas de la pudeur déplacée, je ne crois pas, mais je trouve le tableau malsain. Tu verrais le nombre de personnes qui s’y précipitent !

      Remarque, ça a aussi des avantages. Pendant que les badeaux « badent » devant ce tableau, je peux regarder les autres.

      L’enterrement à Ornans est très impressionnant par ses dimensions et la justesse de la représentation des personnages. C’est un tableau devant lequel je suis restée longtemps.

      Merci à toi pour ces échanges.

  18. Même création que toi pour « la création du monde » – même si je trouve que picturalement c’est un chef-d’oeuvre, mais je suis plus sensible à MODIGLIANI, Gustave MOREAU (connais-tu son musée à Paris – un bijou que nous a fai découvrir notre petit fils, alors que nous avons travaillé tout près) INGRES – RAPHAEL et je crois mon préféré : BOTTICELLI – une superbe exposition au musée du Luxembourg !

    Pour l’enterrement à Ornans, en effet, très impressionnant.

    Comme toi, Orsay est un de mes musées préférés et la dernière fois nous avons déjeûné dans le restaurant où le plafond est une oeuvre d’art. Notre petit fils était ravi. Des bonheurs précieux qu’il faut garder précieusement au fond du coeur.

    bien amicalement

    • Je ne suis jamais allée au Musée Gustave Moreau… il me faudra le découvrir. Merci de me le proposer.

       

      J’aime aussi Modigliani… j’en ai mis un dans la bibliothèque…

      http://quichottine.over-blog.com/article-28567593.html

      Ingres, Raphaël et Botticelli n’y sont pas encore… Mais ils y seront peut-être un jour.

       

      Je crois que nous nous entendrions bien, Ad-Mary.

      Passe une belle journée.

       

  19. je voulais dire « MEME REACTION »

    excuse moi ; en ce moment, j’ai le cerveau un peu vide.

    bien amicalement

    • Merci d’avoir corrigé…

      J’ai sur mes pages un lutin qui s’amuse à déplacer certaines lettres sur articles, commentaires et réponses. Il faut s’attendre à tout.

      Amitiés.

  20. Bises je vais suivre la fileuse lol bon dimanche…

  21. Bel hommage littéraire à Gustave Courbet aux portraits si expressifs, réalistes et romantiques. J’aime beaucoup un cadeau pour toi ci-dessous. BIsous

  22. Deux tableaux, deux récits, tu nous emportes. Comme d’habitude. Bon dimanche Quichottine. Bises à toi. Chana

  23. Muad' Dib

    Merci Quichottine pour ces 2 histoires que redonnent vie à ces 2 tableaux de Gustave Courbet.
    C’est un vrai plaisir de te lire.
    Pour te remercier, je te mets un lien vers le site de la mairie de La Roche sur Yon qui évoque une exposition que j’attends avec impatience depuis plusieurs mois.
    Elle est consacrée à la formation de 3 peintres : Paul Paudry, William Bouguereau et Jules Eugène Lenepveu.
    http://www.ville-larochesuryon.fr/article.php3?id_article=2441
    Je te raconterais très bientôt,
    Bises,

  24. michka :

    merci pour cet article, car c’est un de mespeintres préférés
    bon dimanche et bisous doux

  25. Avec quel talent tu donnes vie à ces tableaux ! 
    J’imagine que lorsque tu visistes un musée, tu dois choisir tes heures pour être seule dans les salles, pour t’asseoir sur ces banquettes de cuir faites pour accueillir les gens qui veulent fouiller chaque détail, s’imprégner de l’esprit d’une toile.
    Et là, tu laisses vagabonder ton esprit. Et le miracle se produit. la toile te parle.
    Le deuxième miracle, c’est de voir ici, sur notre toile à nous, le fruit de tes pensées. Merci !
    Bonne journée Quichottine !

  26. Je … reviendrai, je suis trop émue… A bientôt.

  27. Bises de l’après midi …. du dimanche.

  28. ce n’est pas mon tableau préféré mais tu en parles si bien…..bises

  29. Quichott’ tu peux « copier » autant que tu le veux.. mais j’appellerais plutôt  cela… écrire un texte superbe sur un tableau que j’ai placé à l’intention d’une fileuse, tout en sachant que tu ne manquerais pas l’occasion de lui écrire ce magnifique texte. Tu as ce don de transcrire les émotions que nous ressentons et que nous n’arrivons pas à coucher sur du papier. Merci pour être tout cela et tellement d’autres choses.
    Dans mon article, je voulais placer pour toi ce tableau et je n’ai pas réussi à le trouver en format assez grand, je trouvais qu’il irait bien dans ta bibliothèque… le voici

    je t’embrasse, passe une belle soirée

    • Ton commentaire me touche beaucoup, Kinou… Merci.

      Et merci infiniment pour ce portrait. J’aime beaucoup !

      Passe une belle soirée

  30. D’abord Kinou, ensuite toi… C’est avec une immense émotion que j’ai lu cette histoire. Et ce tableau merveilleux de la jeune fille arrangeant les fleurs… Merveilleuse Quichottine… Tu es un peu comme cette Korrigane finalement, qui lisait dans les « gouttes de mer »… avec cette différence: toi, tu lis dans les tableaux et surtout, tu lis dans les … coeurs. Bonne soirée.

    • Chris disait que j’étais un peu médium… je ne crois pas, mais j’avais lu l’histoire que la Fileuse a racontée, de façon si délicate.

      En l’écoutant, alors qu’elle murmurait des mélodies un peu tristes, assise sur des rochers battus par le ressac, je me disais que les perles qui coulaient sur ses joues n’étaient pas seulement dues aux embruns. Cela m’avait beaucoup émue. Korrigane, racontait une superbe histoire d’amour, tu sais ?

      Je crois que, quoi qu’elle en dise, la Fileuse de Lune ne connaît pas la valeur de sa voix. Il ne faut surtout pas qu’elle arrête de chanter.

  31. il est exposé au Grand Palais je crois ? 
    je pense aller le voir.
    bises à toi

    • Pour le second, je crois que oui, le premier, je ne suis pas sûre du tout ! Il faut que j’aille voir cette exposition… mais même Maître Po hésite ! Il y a beaucoup de monde…

      Merci Kty d’être passée

  32. Plus d’une 1/2 heure pour ouvrir la porte de ton jardin, Quichottine ! Est-ce OB ? L’ADSL fonctionne mais je n’ai plus de ligne téléphonique depuis ce midi…Tout cela pour dire que si je suis absente, ce sera pour raisons techniques indépendantes de ma volonté !
    Affectueux bisous de la nuit  
    Ici comme à Yeur, les com ne partent pas…grrrrrrrrrrrr

    • Ne grogne pas, Siratus… mais merci d’avoir insisté… ton baiser de la nuit m’aurait manqué…

      Tout a du mal depuis la dernière version… Mais ça devrait s’arranger, non ?

      Passe une belle nuit, Siratus affectueux.

  33. fileusedelune

    Tu sais, je crois qu’elle se remet à chanter, un tout petit peu… grâce à toi… Peut-être pas pour longtemps mais c’est mieux que rien.
    Et elle te remercie infiniment pour ton immense humanité.

  34. Rainette

    Je lisais effectivement ce matin un article sur lui dans le journal et je dois dire que j’adore ces oeuvres, il n’a pas toujours été très aimé de son temps et pourtant il n’a pas changé de ligne de conduite 😉
    J’aime les gens qui savent rester comme ils sont.

    Bises Quichottine.