Cabot-Caboche… rebelotte !

Hier, j’ai sans doute mal choisi mon extrait de roman… il était un peu triste. Tout ça, parce que c’est vrai que j’aime assez les moments « émotion », ceux où l’on a l’impression que tout peut arriver, mal ou bien, et où les esprits peuvent hésiter entre deux fins…

Alors, comme je ne veux pas vous laisser sur l’impression que ce roman est triste… parce que ce n’est pas vraiment ça, je vais vous donner ici quelques extraits…  pour compléter.


Je vous ai dit que le narrateur, c’était Le Chien… (il n’a pas d’autre nom… et celui-ci, c’est Pomme qui le lui a donné !)… ce n’est pas tout à fait vrai… mais c’est comme si l’on n’envisageait que son point de vue.


Voulez-vous savoir comment il parle des hommes ? (en général, pas des hommes par opposition aux femmes…)

Quelque chose l’a toujours chiffonné avec les hommes : ils sont imprévisibles. Ce ne sont pas comme les autres chiens (la queue entre les pattes ou le poil hérissé, on comprend très bien, pas de problème) ni comme les chats (ceux-là, ils ont beau prendre leur air siamois, on sait toujours plus ou moins, quand le coup de griffe va partir), ce n’est pas non plus comme le Temps (ah ! ça, le Temps, il ne s’est jamais laissé surprendre par le temps, Le Chien ! Toutes ces odeurs qui changent, ces insectes qui se pointent, ces oiseaux qui plongent… non, rien de moins traître que le Temps). Tandis que les hommes… (p.9-10)



Les hommes ? Le Chien va aller à leur rencontre, après la mort de Gueule Noire… D’abord un boucher… un brave homme de boucher (vous imaginez Raimu… parce que Jean Gabin, il n’aurait pas l’accent !) parce qu’il a faim et a suivi l’odeur de viande


« Bon, je traverse la rue à toute allure, je lui fonce entre les jambes, je saute sur le premier morceau de viande venu, et je ressors par le même chemin. Il est gros, je suis rapide, il ne m’aura pas. Avec un peu de chance, il ne s’apercevra de rien. »
Évidemment, ça ne se passa pas du tout comme il l’avait prévu. (…)
D’abord il entendit un hurlement qui le paralysa sur place, ensuite il vit le boucher se précipiter sur lui, les mains rouges en avant, puis il se retrouva plaqué sur la formidable poitrine, et enfin il entendit la voix du boucher exploser à ses oreilles :
– Et alors, qu’est-ce que ça veut dire ? On vient nous écraser nos chiengs ? Quoi ? Pas content ? Hé ? Faut que je me fâche? Va donc, eh, Parisiengs ! (p. 24)



Le boucher, personnage haut en couleur… que Le Chien quitte parce qu’en fait c’est une maîtresse qu’il cherche…


La maîtresse… il croit l’avoir trouvée… Il la suit dans sa partie de lèche-vitrine…

La passante avait de longues jambes fines, répandait une bonne odeur de violette, et ses talons faisaient tip-tap, comme plus tard ceux de La Poivrée. La passante mit un certain temps à se rendre compte qu’elle était suivie. Elle s’arrêtait devant un magasin, Le Chien s’arrêtait à ses pieds. Elle collait son nez à la vitrine, il y collait aussi le sien. Tout en bas. Elle regardait les marchandises avec envie, il flairait certaines odeurs avec sympathie. « ça devrait marcher entre nous, pensait le chien, on a les même habitudes. La passante repartait, il repartait aussitôt, frétillant de la queue, le museau à deux centimètres de ses talons. (p. 26)

Ce qui arrive ensuite est à mourir de rire… c’est vrai… mais si je vous raconte tout, vous n’aurez plus à lire le livre, pas vrai ?


Le Chien se cherche une maîtresse.

Il va la trouver, il va l’apprivoiser… et se faire accepter par tout l’entourage… C’est ce qui est important.

J’ai presque envie de vous dire que tout le roman est comme ça, mélange de moments de tendresse, de moments de folie pure, de moments de frayeur… comme dans la vie,

…une vie où le héros serait un chien.

37 réponses à “Cabot-Caboche… rebelotte !

  1. J’aime bien ces extraits…….. livre à rajouter dans la nombreuse liste des livres que j’ai envie de lire et que ne peux pas faute de temps….. C’est donc pour moi un plaisir ce petit moment de lecture matinal.

  2. Quichottine, ces extraits me rappellent terriblement la fin d’un autre livre, LA  VIE  DEVANT  SOI……..quand le petit arabe avait senti qu’une Telle aurait pu ressembler à une mère, pour lui…..

  3. Je m’y mettrais bien à celui-là…

    • Tu sais, c’est un livre pour enfant, il n’est pas bien long… mais si tu le lis, dis-moi ce que tu en penses.

      Bonne journée, Fredogino

  4. Bonjour ! c’est tout mimi aujourd’hui comparé à hier. Mais n’oublie pas c’est ton blog, tu y mets que ce tu veux, ce que tu aimes, trsite ou pas c’est ton choix indépendemment du contenu des coms. Bisous. a+

    • Comme quoi… Je sais que c’est moi qui choisis, mais il faut aussi ne pas rendre un texte trop triste lorsqu’il ne l’est pas…

      Bonne journée, Christine !

  5. Bonjour, Quichottine !
    Ce cabot, vu avec ce supplément, est bien attachant.
    Belle journée
    A ce soir 

  6. En lisant ce texte je pense immédiatement aux fourmis de B. Werber

    Bonne journée

  7. Le chien pas si « truffe » que ça pour se faire apprivoiser …
    ça me fait penser au renard du Petit Prince …
    Tant d’amour et d’intérêt pour l’homme , le chien est émouvant, touchant et ne mord que lorsqu’on ne l’a pas compris  ou qu’il ne comprend pas …
    Farfadog … dog mais pas docte …  lol lol lol

  8. Eviter les bouchers et chercher une maîtresse en frétillant de la queue, ce chien a un comportement très… humain.

    Bon, OK, OK, je sors 😉

    • MDR… tu as raison ! (pas de sortir… mais pour cette remarque !) Les animaux de ce livre ont tous des comportements très … humains !

      Bon Dimanche Maître Po !

  9. Eviter les bouchers et chercher une maîtresse en frétillant de la queue, ce chien a un comportement très… humain.

    Bon, OK, OK, je sors 😉

  10. ah oui vu ainsi on ne sent plus l’histoire pareille ;;; je te souhaite une bonne journée si tu as le temps aujourd’hui passe sur mon blog j’ai un ptit coucouc pour toi bonne journée /IRIS

    • Je suis passée… merci infiniment pour ta collection de petites « liseuse »… Elle est superbe ! Je n’en avais jamais vues d’aussi belles…

      Merci aussi pour la surprise que tu m’as faite… Passe une belle journée !

  11. L’opinion d’un chien sur les hommes…voilà un sujet qui donne envie d’en savoir plus. De même que les extraits que tu as choisis.

    Quichottine, je me permets de te signaler un blog que tu trouveras dans mes liens. Il s’appelle je crois, lire-écouter-voir. La personne qui le tient semble demandeuse de références d’ouvrages, et de propositions de lectures.Son blog est une mine de bonnes adresses .
    J’ai l’impression que voue feriez toutes les deux une bonne équipe.

    Bonne journée, bises du matin .

  12. Tu avais raison….ce n’ est oas du tout ce que je m’ étais imaginée….
    La prochaine fois que j’ irai en France, je sens que grà toi, je vais faire la razzia dans les librairies…..

    • Le problème des extraits, c’est que selon celui que tu donnes, tu peux changer du tout au tout l’image d’un livre…

  13. Il est magnifique, ce bouquin, j’aime tellement Daniel Pennac !

    • Anna, as-tu lu « Le Dictateur et le hamac » ? Parce qu’en fait tout venait de là…

      Je suis allée sur ton blog (et d’ailleurs, à ce propos, tu t’es trompé d’adresse, il fallait aller ), tu lis beaucoup… et j’ai adoré ton article sur la ponctuation !

      Passe une bonne soirée.

  14. voilà pour bien commencer ton week end, ma Quichotine adorée

  15. voilà pour bien commencer ton week end, ma Quichotine adorée

  16. bonsoir dona ! bisettes…..

  17. bonsoir dona ! bisettes…..

  18. Muad' Dib

    A une passante

    La rue assourdissante autour de moi hurlait.
    Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
    Une femme passa, d’une main fastueuse
    Soulevant, balançant le feston et l’ourlet ;

    Agile et noble, avec sa jambe de statue.
    Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
    Dans son oeil, ciel livide où germe l’ouragan,
    La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

    Un éclair… puis la nuit ! – Fugitive beauté
    Dont le regard m’a fait soudainement renaître,
    Ne te verrai-je plus que dans l’éternité ?

    Ailleurs, bien loin d’ici ! trop tard ! jamais peut-être !
    Car j’ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
    Ô toi que j’eusse aimée, ô toi qui le savais !

    Charles Baudelaire

  19. Muad' Dib

    Bonsoir Quichottine, j’aime beaucoup ces morceaux choisis qui me laissent sur ma faim mais c’est aussi pour ça que je les apprécie …
    Un livre à lire sans aucun doute.
    Je te souhaite une très bonne soiréepleine d’étoiles dans le ciel …
    Bises,

  20. Ca donne envie… Bonne vendeuse Quichottine 😉