Louis-Ferdinand Céline : Voyage au bout de la nuit

Je sais, le titre est trop long. J’aurais pu me contenter de ce « Voyage au bout de la nuit« … Ou du nom de l’auteur.

Qui ne connaît pas Céline ?

(clic pour voir des photographies)

Levez les doigts !
Personne ?

Je m’en doutais…

Personne n’osera dire qu’il ne le connaît pas… parce que ça ne se fait pas de ne pas le connaître. Eh bien, moi, je ne le connais pas. Je n’ai lu qu’un seul livre, et il y a longtemps, trop longtemps !

Ben alors, Quichottine !
Pourquoi est-ce que tu nous le sors de tes étagères celui-ci ?
Si tu n’as pas envie de nous en parler, ne le fais pas !

(soupir !)
Non, ce n’est pas ça. C’est seulement que je me demande si je fais bien.

Ce livre-là, il fait partie des plus anciens livres de ma bibliothèque. Je l’avais avant de me marier, avant même de savoir que je signerais un jour au bas d’un acte de mariage ! J’ai dû sans doute l’ouvrir par « obligation« … parce qu’au lycée, à la faculté, il y avait aussi ces livres qu’on devait lire !… Comme aujourd’hui.

Mais, à l’époque, je n’ai pas eu à ma disposition de « Profil d’une oeuvre » comme ceux dont les jeunes disposent de nos jours. Ces petits livres parfois très bien faits qui vous donnent un condensé de l’histoire et vous apprennent ce que vous devez savoir pour pouvoir en parler correctement sans l’avoir lu. Quelle aubaine !

Moi, j’ai dû lire… et je l’ai lu, c’est certain. J’en ai souligné, encadré, tant de passages, qu’il me faudrait plus d’un billet pour vous les lire ici !

Ce livre-là, je l’ai gardé, ses pages ont jauni, et moi, j’ai du mal à penser que j’écrivais ainsi sur mes livres, fussent-ils « de poche » ! Oui, j’ai écrit sur celui-là, à l’encre bleue (… ma couleur préférée, déjà !). J’ai « commenté » certains passages, comme je le fais aujourd’hui, alors que je n’écris plus dans mes livres ou alors, légèrement , au crayon « à papier » pour pouvoir effacer ensuite !

Aujourd’hui je l’ai repris, je savais qu’il était là, je ne l’ai pas oublié.

(Si vous n’êtes pas contents
allez le dire à PB-R, c’est de sa faute à lui !!!)

… j’ai relu cette quatrième de couverture :

– Oh ! Vous êtes donc tout à fait lâche, Ferdinand ! Vous êtes répugnant comme un rat…
– Oui, tout à fait lâche, Lola, je refuse la guerre et tout ce qu’il y a dedans… Je ne la déplore pas moi… Je ne me résigne pas moi… Je ne pleurniche pas dessus moi… Je la refuse tout net, avec tous les hommes qu’elle contient, je ne veux rien avoir à faire avec eux, avec elle. Seraient-ils neuf cent quatre-vingt-quinze millions et moi tout seul, c’est eux qui ont tort, Lola, et c’est moi qui ai raison, parce que je suis le seul à savoir ce que je veux : je ne veux plus mourir.

Et puis, je l’ai ouvert, comme si j’avais peur de cette lecture que j’avais faite à vingt ans !

C’est dur parfois de regarder en arrière. C’est comme de se regarder dans un miroir et de vouloir y voir, non ce qu’on est en réalité mais ce que l’on voudrait être.

Ma signature, sur la première page… une signature que je n’utilise plus depuis que l’on m’appelle « madame ». Elle me fait sourire… J’ai changé, là aussi !

Quelques mots qui sont là, pour être lus avant la lecture. Je souligne déjà. Il s’agit de sa définition du « voyage« .

J’ai pris les quatre paragraphes en accolade dans la marge, et j’en ai souligné le second, le plus important, sans doute, pour moi, à ce moment-là.

Voyager, c’est bien utile, ça fait travailler l’imagination. Tout le reste n’est que déceptions et fatigues. Notre voyage à nous est entièrement imaginaire. Voilà sa force.

Il va de la vie à la mort. Hommes, bêtes, villes et choses, tout est imaginé. C’est un roman, rien qu’une histoire fictive. Littré le dit, qui ne se trompe jamais.

Et puis d’abord tout le monde peut en faire autant? Il suffit de fermer les yeux.

C’est de l’autre côté de la vie.

(p.11)

Aujourd’hui, je ne sais pas ce que je soulignerais… Peut-être l’avant-dernière phrase : « Il suffit de fermer les yeux« .

La suite se fait plus forte… deux pages de texte. J’ai souligné « gagner sa vie » qui apparaît deux fois… et puis une incise dans la dernière phrase.
Il est « comme debout, le dos contre quelque chose« . J’ai écrit en-dessous :

« progression → gagner sa vie → attitude du condamné à mort qui va être fusillé → échapper à la mort. »

Je saute des pages… il y aurait tant à dire une fois que le roman a commencé. Mais je continue ma lecture, la lecture que je fais de ma propre lecture. J’ai à nouveau vingt ans.

Le premier chapitre passe trop vite… Ces « vérités utiles » (p.15)… je traduis, dans la marge : « lieux communs »…
J’ai souligné plus loin : « L’amour, c’est l’infini mis à la portée des caniches » (p.17), c’est Bardamu qui parle. Moi j’écoutais je crois. Je me demande si je croyais à l’amour en ce temps-là.

Mes mots à moi, sur les pages, je ne sais pas pourquoi ils sont là.

Etude de texte ? Sans aucun doute. J’ai dû travailler sur ce chapitre, à un moment donné. Je montre comment on passe de cette « querelle de jeunes coqs » (sic) à un engagement « sur un coup de tête » (re-sic) à cette déception finale : « On était faits, comme des rats. » (p.19) que je souligne encore.

Le second chapitre, c’est la guerre, son absurdité. Des phrases soulignées partout, je vais de l’une à l’autre et soudain je m’arrête. Celle-ci, je la soulignerais encore aujour’hui !

Quand on n’a pas d’imagination, mourir c’est peu de chose. Quand on en a, mourir c’est trop.

(p.30)

Mourir… la mort est là, à toutes les pages, ou presque. La critique de la guerre, de l’armée, de ceux qui prennent les décisions, qui décident que d’autres vont mourir à leur place.

La grande défaite, en tout, c’est d’oublier, et surtout ce qui vous fait crever, et de crever sans comprendre jamais jusqu’à quel point les hommes sont vaches.

(p.38)

J’écris toujours, je décide que nous avons dans ce troisième chapitre du cynisme, de l’humour noir… et qu’il s’agit d’une critique acide du règlement militaire et de la guerre en général. Aujourd’hui, je n’en suis pas sûre, mais je passe.

Page 65, j’ai lu un chapitre de plus. Je décide, du haut de mes vingt printemps, que c’est un chapitre qui développe le thème de l’incompréhension entre ceux  « qui ont fait la guerre » et les autres…

Certaines phrases que j’avais remarquées alors pourraient encore être le sujet de longs débats.

Je ne connaissais que des pauvres, c’est à dire des gens dont la mort n’intéresse personne. (p.69)

Mentir, baiser, mourir. Il venait d’être défendu d’entreprendre autre chose. On mentait avec rage au-delà de l’imaginaire, bien au-delà du ridicule et de l’absurde, dans les journaux, sur les affiches, à pied, à cheval, en voiture. Tout le monde s’y était mis. C’est à qui mentirait plus énormément que l’autre. Bientôt il n’y eut plus de vérité dans la ville. (p.74)

Mais il n’y a pas que la guerre, il y a aussi le mariage… J’écris encore, dans la marge « Le mariage est la conséquence du puritanisme« . J’avais vingt ans ! Comment ai-je pu me marier l’année suivante ?

Pourquoi ai-je souligné ces mots que j’ai du mal à admettre aujourd’hui ?

C’est le délai qu’il nous faut, deux années, pour nous rendre compte, d’un seul coup d’oeil intrompable alors, comme l’instinct, des laideurs dont un visage, même en son temps délicieux, s’est chargé. (p.103)

En somme, la mort, c’est un peu comme le mariage. (p.417)

Je pourrais continuer ma lecture… d’ailleurs, je vais le faire, sans vous. Parce que j’ai déjà beaucoup parlé. Mais, avant de conclure ce billet, une dernière phrase…  peut-être pour contrebalancer tout ce que j’ai pu dire auparavant…

La vérité, c’est une agonie qui n’en finit pas. La vérité de ce monde, c’est la mort. Il faut choisir, mourir ou mentir. Je n’ai jamais pu me tuer, moi.

(p.256)

Louis-Ferdinand Céline
Voyage au bout de la nuit

© Gallimard, 1952


Pardon pour ce billet, un peu « noir », comme ce Voyage au bout de la nuit de Louis-Ferdinand Céline.

J’ai fait une « recherche » sur OB… Il y a un article assez complet voire un deuxième à lire chez l’Aviseur, (le blog de Marc Fievet)

Céline vivant ! et Hommage de Vargas LLosa à Céline […]

Demain, pour vous récompenser de m’avoir supportée aujourd’hui, je vous raconterai une histoire… c’est promis !

90 réponses à “Louis-Ferdinand Céline : Voyage au bout de la nuit

  1. Bonjour de Canton en Chine,ceci de commun avec moi et celine: je déteste la guerre,une sauvagerie propre à l’homme,le seul animal à tuer pour le plaisir ,merci pour ton comm plein de bon sens, mais où s’arrête la liberté ? bonne journée et bonne semaine bye A bientôt sur http://dany.enchine.over-blog.com/

    • Merci… Mon commentaire est là (clic). Je confirme ce que je t’ai dit, elle ne trouve ses limites que parce qu’elle est à tous et que personne ne peut se l’approprier.

      Passe une belle journée, Dany !

  2. Je crois que comme toi, je n’ai du lire de Céline que cet ouvrage et il y longtemps… Ton billet me donne soudain l’envie de sortir l’oeuvre de ma propre bibliothèque et de trouver cette phrase qui cette nuit me parle « Quand on n’a pas d’imagination…. » de la page 30.
    Bisous à toi et bonne fin de lecture,
    Syl

    • Merci, Sylviane. Je crois que c’est une phrase qui m’a parlé aussi ! Encore aujourd’hui…

      Passe une belle journée !

  3. C’est un livre que j’ai ouvert j’avais 18 ans , j’ai lu les premières pages, je n’ai rien souligné, je n’ai pas accroché je l’ai refermé. J’ai lu ton article avec beaucoup d’intérêt, essayé d’accrocher aux morceaux que tu mettais pour essayer de rouvrir ce livre. Je n’accroche toujours pas….. Pourquoi ? la mort peut être trop présente, je ne sais pas…. C’est ainsi. Très intéressant néanmoins ton article de voir les choix de mots que l’on fait et les annotations qui ne seraient pas les mêmes aujourd’hui.
    Bises

    • Je crois que lorsqu’on n’accroche pas à un livre, il faut faire ce que tu as fait, le poser, quitte à y revenir plus tard.

      La mort est trop présente, c’est vrai.

      Je pense que si je le lisais aujourd’hui, mes sensations/sentiments ne seraient pas les mêmes.

      Bonne journée, Martine !

  4. Malheureusement, depuis que je ne travaille plus … je n’ai plus le temps de lire …
    Bon mardi ! Bisoux.
    dom

    • J’espère qu’avant de t’arrêter tu as pris de l’avance…

      Bon mardi à toi, Dom ! Tu ne lis plus… mais tu lis quand même un peu sur ton écran !

  5. Et ce serait moi la Sorcière ????
    J’ai ses oeuvres complètes dans la Pléiade.

    Oubliez le sulfureux, ne voyez que le génie.

    Baudelaire, Céline, quelques autres : même combat !

    • Tu ne m’étonnes pas vraiment… Baudelaire, c’est pareil, je suis loin d’avoir tout lu !

      Mais je crois que c’est comme tout. On ne peut ni tout faire ni tout lire. Disons que nos préférences en peinture déteignent aussi sur nos lectures (*sourire*)

      Je crois qu’en fait, nous sommes complémentaires…

      Passe une belle journée !

  6. J’aime bien cette façon que tu as de retranscrire à travers l’écran les notes que tu as fait sur ton livre, il y a quelques années…

    Je te souhaite une très belle journée, Quichottine.

    ;O))

  7. Bon, c’est encore de ma faute…

    N’empêche, Céline, il secoue les puces, pas vrai ?
    Un bémol : il n’a jamais été dans les « livres obligatoires »,bien au contraire… ou alors un minuscule extrait… (ou alors tu étais dans une école extraordinaire !)

    J’envie ceux qui ne l’ont pas encore lu et qui auront le courage de se plonger dans cette fresque furieuse de vermine et de charogne, qui vont découvrir la clarté de sa noirceur et l’amoralité de son apocalypse…

    Tous les copieurs qui l’ont suivi n’ont pu qu’effleurer son génie sans complaisance. Attention ; personne ne sort indemne de sa lecture…
     
    Mais quand un type pousse l’analyse de la vie et de la mort aussi loin et sans fard, il est souvent difficile à suivre dans le dégoût de a propre épopée, pas vrai ?

    Merci de cette évocation… et belle journée…

    • Ben…

      Oui, il m’a secouée.

      … peut-être un peu trop fort.


      Merci d’être là, Patrice, tu sais que j’apprécie beaucoup.
      Belle journée à toi aussi…

  8. Je n’ai pas le temps de te lire en détail…mais je te fais des bisous au passage…je n’ai pas lu Céline…..mais je connais le titre forcément…c’est tellement célèbre….bonne journée Quichottine….

    • Bien sûr ! Je sais bien que tu cours après le temps, ne t’en fais pas.

      Gros bisous et bonne journée à toi aussi

  9. Merci Quichottine pour ta visite chez moi !
    Moi, je lis énormément… livre sur livre et quand je n’en ai plus, je relis mes plus anciens ouvrages ! A ce train là, ma bibliothèque va devenir trop petite : il faut dire que c’est mon moment de détente préférée le soir
    Bisous et bonen journée !

  10. Quand j’avais ouvert ce livre,il y a longtemps,je n’étais pas arrivé à le lire..mais ce que tu en dis me donne envie de re-tenter l’aventure

  11. Comme il est agréable de pouvoir mettre un com..lol.. tu vois il vaut mieux que j’attende.
    Céline évoque pour moi de vieux souvenirs… mais s’il a eu des prix et qu’il y du bon comme en tout écrivain, je n’apprécie pas beaucoup ce personnage en raison de son antisémitisme car là il y a été vraiment fort et il a traîné les juifs dans la boue.  Et cela je ne peux l’oublier.. alors c’est un livre que je ne reprendrai pas.  Mais j’ai aimé la façon dont tu as décortiqué une de ses oeuvres les plus marquantes.
    Il a cependant raison quand il dit qu’il faut gagner sa vie mais quand on a passé sa vie à gagner sa vie, bien souvent on perd la vie.. encore une triste réalité. Il a condamné fortement le capitalisme et pour ça je ne peux qu’être d’accord.
    Ce qui m’a amusé c’est de voir que nous pratiquons de la même façon.  J’ai toujours marqué mes livres de petites réflexions ou souligné les mots ou les phrases avec un crayon puis avec un stabilo.. et mainenant je découpe des langues de papier où j’inscris tout ce que je veux dire et je les places à la page concernée.
    Je te souhaite une belle journée ma chère Quichottine et je t’embrasse
    chantal

    • Je ne connais pas Céline. Je n’ai lu qu’un livre et je ne peux même pas dire si je l’ai aimé. Je dis seulement que c’est un livre qui remue.

      Merci, Chantal… Tes visites me font toujours plaisir.

  12. Je connais Céline mais je n’ai pas lu ce livre..Mais,je dois dire que son titre m’a tjs fascinée.Ce voyage,celui que chacun effectue,est un tissu d’imaginaire et de réalité et on va jusqu’à un bout,une nuit…noire ou étoilée,baignée de la clarté de la lune ou vide…et on traverse cette nuit pour aller où??l’univers ne connais pas de limites…Je me laisse aller à ce qui me vient par la tête…VITA

    • j’aime bien ce que tu dis quand tu dis ce qui te passe par la tête !

      Un jour, nous trouverons les limites de l’univers… ce jour-là, nous ne pourrons plus rêver…

  13. La lecture de « mort à crédit » a bouleversé ma façon de lire

  14. et bien tu vois quichottine, je vais lever le doigts, je ne le connais que de nom, je ne l’ai jamais lu, pas attirée du tout, par contre mon fils ainé et mon ado oui ont lu ces oeuvres, lui parce que il aime, mon ado parce que cela faisait partie du programme scolaire
    j’ai pas été tres présente mais je vais me rattraper maintenant que je suis un peu plus posée à Seattle
    grosses bises

    • Ouf !!! Merci d’être là, Oursonne…

      Tu fais comme tu peux, je le sais… Je crois que nous le faisons tous.

      Grosses bises à toi aussi…

  15. J’ai mis le texte en question sur mon blog aufildesmots…  je n’ai pas voulu embêter  les visiteurs de « regards » avec mes « élucubrations… »  Bonne fin de jpournée.

    • Merci… Je suis allée lire… en fait, j’aime bien les deux versions, même si j’ai tendance à préférer la seconde.

      Bonne fin de journée à toi aussi.

  16. Un livre que j’avais lu, contrainte et forcée quand j’étais au lycée, un livre dont je n’ai pas trop de souvenirs sinon qu’il était un très fort réquisitoire contre la guerre. Mais le côté sale bonhomme et antisémite de Céline me dérange beaucoup, me dérange vraiment (même si je ne me rappelle pas que cela transparaissait dans son livre)

    • Je ne sais pas répondre à ça, Pandora. Comme je l’ai dit, je connais très mal Céline.

      Il faudra que je l’étudie davantage.

      Merci d’être là.

  17. J’ai bien aimé ce voyage avec toi parce que je t’imagine te retrouvant à 20 ans, avec un regard forcément différent de celui que tu avais alors … J’aime bien me replonger comme toi dans de vieux souvenirs écrits … Je crois que tu as passé un bon moment 😉 Douce nuit Quichottine et gros bisous !

  18. coucou dame quichottine
    c’est toujours un peu bizarre quand on relit un livre longtemps après…
    mais ton article est passionant et me donne envie de lire céline (car je ne connais pas plus que ça)
    bises du soir

  19. Et pour ce qui est de la guerre il en connaît un rayon, lui qui a participé à la première guerre mondiale et y a même été blessé.
    La guerre? ce sont souvent ceux qui en sont loin qui en parlent le plus fort et en sont les plus farouches défenseurs (c’est du vécu)…
    Quant à la mort! ma fois c’est ce que j’appelle « passer la porte » et plus il y a d’imagination et plus c’est compliqué! peut-être.
    « Passer la porte » ? Un jour j’en parlerai! peut-être

    Bonne soirée pleine d’attente pour l’histoire de demain.

    • Tu vois… Je suis d’accord avec toi. Tous ceux qui m’ont parlé de la guerre, alors qu’ils étaient sur le front, sont tous « contre ». Je crois que c’est normal.

      « Passer la porte »… J’aime bien ton expression. Le problème, c’est que je ne sais pas trop ce qu’il y aura ou non derrière…

      Bonne soirée, Alphomega. Tu as participé à l’histoire de demain !

  20. Je dois reconnaître Quichottine que je n’ai pas lu ce livre, y compris lorsque j’étais lycéenne. Mais il m’arrive aussi tout comme toi de relire des livres étudiés à l’époque et de me demander pourquoi tel ou tel ligne avait retenu mon attention. Avec les années, bien sur, ma vision du monde a changé et je lis ces livres avec un tout autre regard.
    Santounette

    • C’est vrai que nous changeons, mais là, c’était vraiment une drôle de rencontre… avec moi !

      Merci, Santounette !

  21. Dominique Le Boucher

    Bonsoir,
    Comme promis avant de partir pour cette semaine de farniente dans notre cité d’Epinay voici ce texte commentaire sur Céline… Pas bien sûre qu’il soit utile à quoi ou à qui que ce soit mais sans écrire l’écrivaine que je suis se sent totale rien du tout donc voilà pour qui aimerait savoir ce qu’est l’écriture de cet écrivain dans la petite expérience de quelqu’un qui gribouille…
    Et puis y a trop de poncifs et de donneurs de leçons concernant cet homme qui a été le bouc de toute une génération et ça dure… moi j’aime pas les redresseurs de torts ni d’autre chose d’ailleurs ce qui est vivant est toujours joliment tordu !
    A part cette bafouille dont tu feras ce que tu voudras je serai peut-être un peu absente moi aussi ces jours-ci car à mon retour j’ai eu la surprise extra de trouver la boîte à documents de mon ordi absolument déserte comme un champ après l’incendie et vu que comme tous les gens qui écrivent pas mal je n’ai pas toujours la pensée de préserver mes textes sur le disque dur externe j’ai bien morflé…
    Mon bouquin en cours nottament dont j’avais pas mal travaillé et retravaillé les pages a disparu sous sa forme récente corrigée ainsi que pas mal de textes qui sont heureusement sur papier vu que j’écris avec feuilles et stylo mais faut tout saisir à nouveau… bon…
    J’aime pas et je ne vois pas qui aimerait d’autant plus que je ne sais pas à quoi est due cette surprise de Mai et va me falloir un peu de répit bien que je sois une obstinée pour m’y remettre… Mais je te remercie de ton message du 1er mai qui m’a fait du bien et beaucoup de plaisir… A toi aussi que ce mois soit celui de la vraie poésie rebelle et tendre et que nous retrouvions un printemps solidaire et rouge de roses sang et feu pour nos rêves… Alors à bientôt. Dominique

    Louis-Ferdinand Céline  » Au commencement était l’émotion «  

     

     Epinay, jeudi, 1er mai 2008

    Dire ce que Céline ma apporté à moi qui écris et qui ai décidé un jour d’en faire un métier en revendiquant le côté tellement artisanal de ce job qui n’a rien de quelque chose d’intello coupé du réel ou quoi… et qui a tout du graveur d’eaux-fortes avec son burin sa pointe-sèche et son moindre détail près c’est dire d’abord que l’écriture qui a l’air d’être l’art le plus abstrait c’est pour moi l’art le plus sensible sensuel et émotif qui soit…

    Et donc en disant ça au départ de ces quelques lignes qui n’sont rien  qu’une façon parmi des milliers de se frotter à Céline vu que des bouquins sur lui y en a des kilomètres c’est pour moi faire référence aux deux écrivains autour desquels je tourne en aboyant comme un chien foi ouaouf ! ouaouf !… Céline et Bukowski… Cette petite bafouille au sujet d’une des multiples facettes de Céline n’a rien d’exhaustif j’aurais pu écrire des tas d’autres choses je l’ai fait je le ferai… là ça s’est présenté comme ça et peut-être que ce bout de mon expérience peut vous intéresser… peut-être ou peut-être pas…

    Pour celles et ceux qui ont envie de retrouver des extraits des bouquins un résumé biobibliographique des commentaires pas bêtes du tout pour mieux connaître le bonhomme et des photos vous pouvez vous procurer à pas cher le livre Découverte Gallimard n°407 “ Céline ‘ Ça a débuté comme ça ” de Pascal Fouché qui est vraiment sympath et pas redoutable du tout à lire…

    Autre petit bouquin que j’adore et qui fait le tour d’un des aspects de Céline facile à aborder tendre et malicieux c’est celui qui raconte l’épopée incroyable du chat Bébert accompagnant Céline et sa femme Lucette ainsi que l’acteur Le Vigan à l’intérieur de la superbe et pourrie musette que Céline va garder durant toute son Odyssée en Allemagne et au Danemark pendue sur la poitrine : Bébert le chat de Louis-Ferdinand Céline de Frédéric Vitoux aux Cahiers Rouges de Grasset 1976.

    “ Témoin fidèle et rédempteur, ce gros chat de gouttière tigré deviendra aussi un héros de romans, puisqu’il apparaît dans Féerie pour une autre fois, Normance et surtout après sa mort dans D’un château l’autre, Nord, et Rigodon. ” A peine un an après le retour à Meudon où Céline finit sa vie humaine mais pas sa vie littéraire à laquelle Bébert donne l’image de l’amour qu’il portait aux animaux leur dédicaçant d’ailleurs Féerie pour une autre fois ce compagnon fabuleux dont la présence ainsi que celle de sa femme Lucette a soutenu l’écrivain dans sa cellule de la prison de la Vestre Fanegsel danoise va mourir de fatigue et de maladie.

    C’est à partir de là qu’il devient ce que F .Vitoux appelle un “ Chat de papier ” le double silencieux qui n’existe qu’à travers tous ces voyages ces errances car l’œuvre de Céline c’est sa vie tragiquement épiquement somptueusement mise en musique en rythmes en mots en conteries…

    Pour celles et ceux qui aimeraient en découvrir d’autres fragments ou se plonger à fons dans une des œuvres essentielles du 20ème siècle moi je conseillerais la “ trilogie ” de l’épopée allemande et danoise D’un château l’autre, Nord, Rigodon tous en L de Poche et pour connaître l’homme ses amours ses rêves ses voyages ses aventures et ses rencontres il y a la bio du même Frédéric Vitoux La vie de Céline Ed. Grasset mais aussi en L de Poche…

    Enfin l’ami Louis et moi on vous a raconté dans notre blog des Cahiers des Diables bleus notre “ Voyage à Meudon ” et la balade qui nous a trop émus bouleversés touchés au Cimetière du Haut Meudon où un des plus grands écrivains du 20ème siècle est enterré entre le ciel de la banlieue qu’il aimait et les boucles de la Seine qu’il regardait depuis sa maison de la Route des Gardes sous une simple dalle de granit où Lucette sa femme a fait graver un trois mâts ce que Céline le Breton avide d’océan qui retournait chaque année à Saint-Malo aurait aimé c’est sûr…

    Dans ce petit cimetière où la ville et les habitants de Meudon ont bien voulu de lui Céline dérive tel un bateau ivre sans la moindre plaque à l’entrée… on a pensé Louis et moi que c’était pour éviter ce qui est arrivé à la tombe de sa mère Marguerite Guilloux morte avant qu’il ait pu la revoir alors qu’il était au Danemark et inhumée au Père-Lachaise que de méchants cons ont grattée pour en effacer le nom et la trace…

    Mais Céline n’est pas seul car dans le cimetière du Haut-Meudon des tribus de chats vagabonds gras hirsutes et aussi ensorcelés et fidèles que Bébert viennent régulièrement lui rendre visite et jouer parmi les allées désertes tandis que quelques errants humains Indiens fouillant les plages d’océan de leurs pas de fantômes tendres et hagards simples poètes du quotidien songeant à l’enfant du Passage Choiseul qui rêvait d’autres horizons que celui de cette “ cloche à gaz ” et qui leur a offert la plus grande cérémonie humaine de ces temps avec grandeur et générosité apportent chaque été aux premiers jours de juillet des cailloux ronds et doux qu’ils déposent là comme des signes de reconnaissance… Et chacun sait bien que dans la langue celte ces cailloux posés sur une tombent signifient : tu es vivant…

     

    Céline c’est d’abord une voix sur France-Culture qui lit le début de Voyage et là je tombe en arrêt c’est qui cette voix douce et terrible avec la diction et l’accent des Faubourgs celle d’Arletty sa grande amie elle aussi née à “ Courbevoie Seine ” ?… Cette voix qui dit un texte que je ne connais pas et qui m’explose tout d’suite avant que je l’entende par un autre de ses grands poteaux Michel Simon : “ t’es rien con Ferdinand !… ” Cette voix de la banlieue déjà encore toujours…

    Et voilà je suis rentrée dans l’écriture de Céline par ce qui me touche le plus dans l’écriture en général ce qu’il appelle “ sa petite musique ” par l’oralité moi qui m’inspire du travail des conteurs africains des diseurs je suis tombée sans rien en connaître à l’époque sur le plus grand et le plus fou des metteurs en mots de la langue orale… Céline… Loui‑Ferdinand… Ferdine… le Docteur Destouches… chez lui tout va me percuter plein vol et c’est par lui que l’écriture m’arrive comme un cadeau asr&e
    acute;roïde à grande vitesse qui m’éclate entre les pattes… “
     Au commencement était le verbe… non… au commencement était l’émotion… ”

    Comment dire mieux quand ce ressenti-là est si fort si violent que seule la création permet de vivre dans cette démesure… comment dire mieux quand il y en a tant et tant qui vous tartinent du verbe sans émotion et qu’avec Céline j’apprends vite fait qu’en deux ou trois mots simples on peut tout “ miraginer ” : “ La Seine a gelé cette année-là. Je suis né en mai. C’est moi le printemps. ”  Ça c’est dans Mort à crédit le second livre de Céline en partie censuré pour obscénité et dont la préface je vous en ai déjà causé est d’une beauté redoutable délicate une finesse à mourir…

    Céline c’est d’abord l’enfant de Courbevoie né Rampe du Pont à laquelle il tient très fort et qui va faire de lui le médecin de la banlieue celui qui durant les périodes de sa vie où il ne voyage pas d’aventure en mésaventure soigne les gens pauvres ces gens du peuple dont il refusera toujours même quand il aurait eu besoin d’accepter de se faire payer… Ouais… Céline c’est avant tout le Docteur Destouches celui du dispensaire de Clichy entre autre pour qui la vocation de soigner et de venir en aide aux humains comme ça “ parce que je me disais que s’ils avaient moins mal alors ils seraient peut-être moins méchants… ” est bien plus essentielle que la littérature…

    Le Docteur Destouches dont les premières études et l’intérêt obstiné qui le mèneront à passer sa thèse sur La vie et l’œuvre de Philippe Ignace Semmelweis tournant autour de la mortalité des femmes en couches liée au manque d’hygiène se retrouvent ensuite dans sa façon de soigner les gens en se mettant à leur portée et en leur prodiguant des conseils simples effaré qu’il était devant la misère la saleté l’ignorance dans lesquelles on laissait volontiers vivre une population d’ouvriers et de petits employés après la première guerre… Il aura pour ceux qu’il visite constance dévouement et compassion dont ils ont été nombreux à témoigner…

    Un des derniers articles médical de Céline qui s’attachera à soigner ceux qui l’entourent quels qu’ils soient où qu’il se trouve dans les situations les plus ahurissantes où il se met lui-même souvent comme c’est le cas au Château de Siegmaringen quand il est mêlé à la clique du gouvernement Pétain en fuite et sans porter de jugement sur ses patients… ce dernier article est une enquête sur le chômage qui lui a été commandée par la SDN : Pour tuer le chômage, tueront-ils les chômeurs ? Cette énumération de petits faits me semble bien plus parlante et il y en a plein d’autres que de grandes considérations distinguées sur qui était l’homme…

    Partout où il ira comme au cours de son périple en Afrique en 1916 Céline se sentira pris par le désir de soigner et il n’hésitera pas à acheter de sa poche lui qu’on taxe de rapia fini médicaments seringues aiguilles… et ce dont ne se ventent pas non plus les hauts parleurs de ce pays fort colonial qu’était la France de ces temps-là c’est ce passage de Voyage où il leur balance en pleine poire la façon infecte dont ils paient le travail des Nègres et des Négresses avec un bon coup de pied au cul… Céline le raciste n’est-ce pas ?…

    Fascinant Docteur Destouches et fascinant Céline ce Breton qui ne rêve que de ports de bateaux d’embarquements et de “ Voyages ” qui ne peut vivre sans partir bouger expérimenter s’émouvoir et surtout ce qui va hanter toute sa vie se battre contre avec face à la mort… Toutes choses dont on ne nous cause jamais alors que de l’antisémitisme de Céline alors là… quelle bonne conscience générale on se fait depuis 60 piges vis-à-vis des Palestiniens avec ça par exemple ! Cent mille ragoûts cent mille soupes cent mille potions magiques ouais…

    L’antisémitisme de Céline qu’on nous foute enfin la paix avec ça qu’on nous lâche les baskets dans ce pays où le racisme ordinaire sévit à tous les coins de rues dans toutes les cités de banlieue sans déranger personne et où on pourrait croire qu’on a tondu à la libération assez de femmes ayant été dénoncées par de braves gens tout aussi braves que ceux qui dénoncent les gamins des cités aujourd’hui mais elles ça n’était pas pour avoir volé un sac de bonbons c’était pour avoir couché avec l’occupant… mais non ! on en a pas assez de cette morale-là faut encore et encore…

    Toute l’existence de Céline l’homme et l’écrivain s’est nouée à 20 piges quand il
    a vu comme il le raconte dans Voyage défiler un régiment juste avant la déclaration de guerre en 1914 et que lui Ferdinand Ferdine Bardamu s’est précipité s’engager au 12ème cuirassiers à Rambouillet alors qu’il est encore complètement “ puceau de la vie ” et que la grande boucherie vient de s’annoncer… Cette première aventure va dinner d’ailleurs le texte fabuleux de Casse-pipe illustré avant Voyage et Mort à crédit par les dessins extra terrestres de Tardi… un texte où on voit apparaître le spectre de ce qui ne cessera pas de poursuivre Céline et qui est la clef de tout : la folie guerrière haineuse meurtrière des hommes et son désir à lui de l’empêcher à tout prix alors même qu’il est pris à l’intérieur du désastre de l’immonde de l’impensable…

    Un p’tit extrait des Carnets du cuirassier Destouches publiés en 1952 chez Gallimard et rédigés en 1913 où on lit le désarroi d’un jeune garçon et cette sensibilité si contradictoire et farouche…

    Au cours des élèves brigadiers pris en grippe par un jeune officier plein de sang, en butte aux sarcasmes d’un sous-off abruti, ayant une peur innée du cheval, je ne fis pas long feu, et je commençais sérieusement à envisager la désretion qui devenait la seule échappatoire de ce calvaire.

    Que de fois je suis remonté du pansage et tout seul sur mon lit, pris d’un immense désespoir, j’ai malgré mes dix-sept ans pleuré comme une première communiante ( … )”

    Dès le début de Voyage son grand récit épique de la guerre et de la mort Céline reprend cette idée qui l’obsède de la barbarie et de la méchanceté humaine qui lui tombent dessus et de cette folie du plaisir de s’étriper qu’il veut fuir de toutes ses forces cette peur horrible de la boucherie qu’aucune personne qui n’a approché la mort de cette façon-là ne peut piger…

    “ La guerre en somme c’était tout ce qu’on ne comprenait pas. Ça ne pouvait que continuer. ( ) ‘Dans une histoire pareille, il n’y a rien à faire, il n’y a qu’à foutre le camp ’, que je me disais, après tout… Au-dessus de nos têtes, à deux millimètres peut-être des tempes, venaient vibrer l’un derrière l’autre ces longs fils d’acier tentants que tracent les balles qui veulent vous tuer, dans l’air chaud d’été.

    Jamais je ne m’étais senti aussi inutile parmi toutes ces balles et les lumières de ce soleil. Une immense universelle moquerie.

    Je n’avais que vingt ans d’âge à ce moment-là ( … ) Je me pensais aussi ( derrière un arbre ) que j’aurais bien voulu le voir ici moi le Déroulède dont on m’avait tant parlé, m’expliquer comment qu’il faisait, lui, quand il prenait une balle en plein bidon. ( … )

    On est puceau de l’Horreur comme on l’est de la volupté. Comment aurais-je pu me douter moi de cette horreur en quittant la place Clichy ? Qui aurait pu prévoir avant d’entrer vraiment dans la guerre, tout ce que contenait la sale âme héroïque et fainéante des hommes ? ( … ) C’est que je ne connaissais pas encore les hommes. Je ne croirai plus jamais à ce qu’ils disent, à ce qu’ils pensent. C’est des hommes et d’eux seulement qu’il faut avoir peur, toujours. ( … )

    Et puisque les événements prenaient ce tour, désespéré, je me décidais à risquer le tout pour le tout, à tenter la dernière démarche, la suprême, essayer, moi, tout seul, d’arrêter la guerre ! Au moins dans ce coin-là où j’étais. ”

    Et voilà tout est dit… y’a rien à ajouter ni pour Céline ni pour moi… Céline tout au long de sa vie restera marqué tatoué blessé en plus de sa blessure physique au bras par ce refus absolu de la mort guerrière stupide imposée par d’autres et il fera tout y compris ses pamphlets que d’ailleurs ceux qui en causent n’ont pas lus vu qu’ils sont interdits à la publication y compris ses partis pris les plus fous ses départs multiples ses vagabondages ses délires ses haines pour l’empêcher puis pour la fuir pris dans la fo
    lie de ces images de boucherie que presqu’encore enfant il reçoit en plein corps en pleine âme…

    La mort quand on est très jeune et bourré du désir passionné de la vie elle ouvre une cassure infinie dans laquelle seule la création peut-être permet de ne pas être complètement aliéné… que ceux qui ne s’y sont pas frotté se taisent enfin… Je connais je l’ai vécu autrement agitée comme un pantin ivre dingue par d’autres ficelles très destructrices celles de la family-life dont je ne vous causerai pas et à 17 berges j’avais la même horreur que Céline des militaires bornés de toutes les armées du monde des machines à tuer de la puissance des Etats et des peuples belliqueux menés par leur nationalisme bâtard… Y aurait tant à dire…

    A 17 piges tous mes copains étaient insoumis au service militaire et à l’époque ça n’était pas une plaisanterie… les tribunaux militaires des forces armées les TPFA leur collaient trois ans fermes et on allait aux procès avec nos pancartes : Insoumission totale civile et militaire ! C’était un temps où on se ramenait la nuit avec des parpaings et du ciment prompt pour murer la porte du tribunal militaire où un poteau devait passer en jugement le lendemain… Les geôles de l’armée faut voir ! Céline était antimilitariste anarchiste et nomade sans pays sans Etat sans nation et qu’est-ce qu’il avait raison alors !

    Tous ses bouquins racontent ça avec cette merveille de style qu’il a créé cette passion de vie libre sans dieu sans maîtres sans doctrines sans interdits sans hontes en expérimentant toutes les émotions possibles et en essayant de se protéger de la cruauté des hommes de leur méchanceté originelle de leur goût pour la guerre la puissance et le sang…

    Lire Céline lire Bukowski c’est apprendre avant tout comme le dit Jacques Vergès dans le film de Barbet Schroeder L’avocat de la terreur que s’il y a un parti à prendre ce sera toujours celui de l’homme seul contre le groupe la masse l’Etat quel qu’il soit… C’est au fond infâme de cette solitude-là que la création frémit se rassemble bondit comme la toute petite farouche de lumière et qu’elle nous conduit à notre dignité humaine à travers les aboiements sauvages des chiens de la nuit… ouaouf !… ouaouf !…

    • Bonsoir…
      Tu avais promis, tu as tenu… j’en suis touchée !
      Je ne sais pas ce que je vais en faire… peut-être déjà te répondre, ensuite, je réfléchirai pour ne peut-être pas laisser tout ça dans les tiroirs trop longtemps.

      Je suis navrée de cette perte énorme… Je crois que je devrais aussi « sauvegarder » plus souvent… mais c’est dur de prendre du temps. Mauvais surprise, donc à ton retour… Tu as essayé, je suppose, de voir chez les « pro » s’ils ne pouvaient pas récupérer tes données… Ils le peuvent parfois.

      Merci pour tes voeux de mai… et pour ta lettre, cet immense billet qui a besoin de sortir à la lumière… une autre page peut-être ? Je ne sais, il faut que je réfléchisse.

      Je te répondrai.

  22. Noisette

    IL y a quelques années que je l’ ai lu.La personne de Céline je n’ aime pas ,mais l’ écrivain écris bien il faut quand même se faire au genre de style.Il faut le lire peut ête en parler avec quelqu’un pour un jeune.
    Bon ce soir je lis Prévert la ce n’ est que du plaisir.

    Bonne lecture a tous et a demain Noisette.

  23. Bonjour de Canton en Chine,ceci de commun avec moi et celine: je déteste la guerre,une sauvagerie propre à l’homme,le seul animal à tuer pour le plaisir ,merci pour ton comm plein de bon sens, mais où s’arrête la liberté ? bonne journée et bonne semaine bye A bientôt sur http://dany.enchine.over-blog.com/

  24. Malheureusement, depuis que je ne travaille plus … je n’ai plus le temps de lire …
    Bon mardi ! Bisoux.
    dom

  25. J’aime bien cette façon que tu as de retranscrire à travers l’écran les notes que tu as fait sur ton livre, il y a quelques années…

    Je te souhaite une très belle journée, Quichottine.

    ;O))

  26. dche tribill

    un peu costaud, la dernière phrase que tu nous a laissé dans son encadré…rien qu’elle pourait être l’objet d’un livre. belle journée…il fera beau temps cette aprem – pat

    • J’espère pour toi, et pour moi aussi, qu’il fera beau !

      Pour le bouquin, j’y penserai… dès que j’aurais le temps, je l’écris et je te l’envoie.

      Gros bisous à toi !

  27. Bonjour Mardi, bises et bonne journée.

  28. Bin moi pareil , à part de nom et quelques phrases !!! bonne journée

  29. dche tribill

    « les livres qu’on devait lire » ceux sont à peu prés les seuls dont je ne me rappel rien…j’ai horreur des obligations obligatoire et imposée – pat

    • Je crois qu’obliger quelqu’un à lire un livre en particulier est une hérésie. Pourtant, je suis sûre aussi que parmi ceux que l’on a lus par obligation, il en est dont on se souvient.

      Passe une belle journée, Pat !

  30. Ce voyage!
    Je le prends régulièrement sur les étagères. Je suis tombée dedans, comme on dit, à 20 ans. Parmi mes livres toujours à portée de main. Je l’ai relu l’an dernier, ce besoin… Il est tout jauni aussi, les feuilles se détachent un peu, je n’ai rien noté dans les marges, mais il est des scènes gravées en moi comme ce couple que Bardamu observe de sa fenêtre à New york. Décapant, du Hopper avec les mots.

    ton billet est formidable, ce retour sur tes mots dans les marges, cette jeune intelligence qui s’approprie, qui veut comprendre.

    Bonne journée Quichottine.

    • Nous avions donc le même âge, pour cette « première fois » ! (sourire)

      Maintenant que tu le dis, oui, c’est du Hopper.

      Merci pour ces mots, les tiens ! Ils me font plaisir, tu le sais…
      Bonne journée à toi…

  31. hors sujet !excuse !
     je viens de voir tes coms qui font echo à mes cofidences chez P …(tu as dû comprendre pourquoi  mon moment de faiblesse .).JE TE REMERCIE  j’ai du les enlever , ils étaient trop angoissants pour une personne qui se serait affolée et qui n’aurait RIEN PU FAIRE…excuse moi encore  et MERCI BEAUCOUP .J’ai laissé celui d’Alice qui a ecrit en anglais ..!  bisettes..

  32. BIDUDULE

    Bonjour,
    Je viens de créer un lien vers ton blog.
    Agréable journée.

  33. Un livre que j’ai lu il y a si logtemps, surement par obligation lycéenne aussi. Il m’avait si peu accrochée que je je me rappelle du titre et non de l’histoire… et pourtant…en lisant tes extraits, certains auraient pu m’arrêter, peut-etre avais-je une vision plus colorée de la vie à ce moment là…. et même si … « je n’aurai jamais pu me tuer, moi » je ne suis pas d’accord avec la phrase: « choisir entre mentir et mourir », à chacun sa façon de croire ou non en la Vie….
    Pour ce qui est d’annoter des livres… ce’st une manie que j’avais quand j’étais jeune, et que j’ai gardé sur les livres que j’aime et qui m’interpellent…Le nombre de phrases soulignées ou surlignées, toujours…quand le livre en vaut la peine…pour moi!!
    Bonne journée Quichottine

    • Je ris !
      Tu sais, Mahina, ou peut-être tu ne sais pas, je n’ai pas cité cette phrase pour dire que j’étais d’accord avec elle. Je pense qu’il y a d’autres alternatives.

      Moi, je ne laisse plus mes livres annotés, je préfère avoir un petit carnet où je transcris les phrases qui me parlent.

      Peut-être est-ce une façon pour moi de pouvoir encore « prêter » mes livres, sans trop me livrer à celui/celle à qui je les prête.

      Bonne journée à toi aussi.

  34. Muad' Dib

    Coucou Quichottine, c’est un très beau voyage que tu nous proposes.
    Tu vois, je ne connais absolument rien de ce roman de Céline et j’aime cette façon que tu as de mettre en lumière ce texte sombre.
    Le seul problème, je n’aurais jamais le temps de lire tous ces livres dont tu parles si bien …
    Je te souhaite une magnifique journée.
    Gros bisous,

  35. Muad' Dib

    Coucou Quichottine, c’est un très beau voyage que tu nous proposes.
    Tu vois, je ne connais absolument rien de ce roman de Céline et j’aime cette façon que tu as de mettre en lumière ce texte sombre.
    Le seul problème, je n’aurais jamais le temps de lire tous ces livres dont tu parles si bien …
    Je te souhaite une magnifique journée.
    Gros bisous,

  36. Ce livre figure également dans ma bibliothèque en attente d’être lu…un jour peut-être…

    Bises et bonne journée Quichottine ! 

    • J’avais regardé, justement, pour pouvoir faire un lien si tu l’avais déjà présenté. Je n’ai pas pensé à regarder dans ta PAL !!!

      Bonne journée à toi aussi, Florinette

  37. Merde, alors….où il est passé, mon com ????

    Je refais….et, maintenant, PBR va penser que je lui lèche les bottes !…..plutot crever !!!  ( RIRE, vous deux !)

    Je disais donc , ce matin, vers ?????8H ??…..que ce livre est un de mes livres de chevet….avec une vingtaine d’autres dont je ne me séparerai JAMAIS….entre autres ( Salut, Cocotte !!!) les Fleurs du Mal….
    Ce bouquin m’a appris à penser, à vivre et à etre FORTE !!!!
    Nom de Dieu de OB qui bouffe les commentaires…..

    • OB l’a mangé, ça c’est sûr… je n’en ai pas vu !

      Patrice sait bien que tu ne lèches jamais les bottes ! t’en fais pas ! (sourire)

      Tu es comme ma Cocotte… Je savais bien que vous feriez la paire aussi !

      Ce bouquin… Je te dirais qu’il peut aussi faire très mal.

      Passe une belle après-midi, Chris.

  38. Moi aussi j’ ai lu « voyage au bout de la nuit ». En cours de philo, parceque Descartes me pomppait.

    Je l’ ai lu, relu et rerelu jusqu’ à l’ écœurement.
    Je crois que j’ avais réeécrit par-dessus, plus que l’ auteur lui-même.
    Chaque nouvelle lecture, à des âges différents de ma vie, m’ inspiraient des réactions différentes.
    Et puis, quand il a fallu faire un choix au moment do départ, j’ ai sacrifié Céline et d’ autres encore, au profit des jeux des enfants….
    Bisous Quichottine

    • Rigolo ce que tu dis de Descartes… Il faudra que je le lise !

      … Je crois qu’il y a comme ça des livres où j’ai beaucoup écrit, peut-être pour dialoguer avec l’auteur, peut-être seulement pour pouvoir me souvenir de ce à quoi j’avais pensé en le lisant.

      Je sais ce que c’est que de devoir partir en laissant tout… les choix sont difficile. Tu vois, j’aurais fit le même que toi !

      Bisous, Clo !

  39. Merci de m’ avoir signalé le lien cul-de-sac 😉

  40. Bonjour,
     
    A lire aussi  » D’un château, l’autre! « 
                                                  
    Léo

  41. c’est amusant cette double lecture que tu fais a travers le temps,pour un même livre..je reconnais comme toi que l’on hésite;ça ne m’est pas souvent arrivé!sauf pour des livres que j’aime et que j’ai souvent à portée de main-ta démarche est vraiment interessante ,à lire et je ne trouve pas que ce soit noir..merci pour ce bon moment..

  42. Lire c’est voyage…
     Et tu m’emmènes en voyage à chacun de tes articles!

  43. Il est difficile d’aimer celine à 20 ans ..terriblement pessimiste et lucide ..Il faut avoir vécu pour s’y retrouver ou pas …il aimait aussi les points de suspension ! . BISES

  44. Il y a une clef pour entrer dans ce voyage, c’est Lucchini. Peut-être existe-il un cd.
    J’ai eu l’occasion d’entendre des extraits sur France Inter, absolument géante sa lecture.
    Je te dis ça parce que Proust me barbait énormément jusqu’au jour où on m’a offert une série de cassettes, Swann lu par Dussolier. Un régal, après je n’ai plus lâché Proust.
    Pour Céline, ça me gave ceux qui parlent de son antisémitisme avant d’avoir lu l’oeuvre, oui, c’est vrai, Louis Ferdinand est infréquentable en tant qu’homme. Mais on s’en fout quand on est avec un tel génie de l’écriture, et sa vision si noire des hommes reste pour moi l’une des plus lucide du XX°.

    • Tu vois, Polly, je n’arrive pas à faire coïncider un écrivain et son oeuvre… pour moi, ce qui compte, ce sont les écrits… ils pourraient l’être par quelqu’un d’autre. Ils sont importants je crois.

      Passe une belle journée…

  45. J’emploie aussi beaucoup de points de suspension ….

  46. je suis très touché par ta nostalgie, quichottine. Nostalgie qui me semble tout à fait juste, comme quoi, rien qu’un livre et quelques notes peuvent faire resurgir ses fantomes ainsi que de vieux souvenirs qui rendent de l’amertume, je trouve que ton témoignage porte une sublime beauté aux notes nostalgiques.
    bisous et bonne lecture!!
    juju

    • Merci pour ce commentaire, Juju !

      Lorsque la nostalgie s’installe, c’est parfois difficile à surmonter. C’est alors que l’on reconnaît ses amis.

      Merci d’être là…

  47. « Nuit d’Amérique » 

    (d’après les chapitres américains du « Voyage au bout de la nuit » de L. F. Céline)

    Théâtre du temps, 9 rue du Morvan, Paris. Métro Voltaire.

    Du 17 au 28 février 2010.
    20h30 / 17h dimanche.

    Synopsis : Bardamu débarque pauvre et fiévreux au pays du travail à la chaîne et du dieu Dollar.



    Version scénique / Mise en scène : Julien Bal
    Avec : Guillaume Paulette (Bardamu) 
    Valentina Sanges (Molly) 
    Giulio Serafini (Le groom, le joueur de Base Ball qui danse au bordel)
    Julien Ratel (Flora, l’infirmier, Bébert le chanteur)
    Renaud Amalbert (Pierrot le fou) 
    David Augerot (Marcel, Robinson, le facteur de Meudon)
    Lumières : Renaud Amalbert
    décor : Lightcorner

     

     Informations : chromoscompagnie ( at ) yahoo.fr
     01 43 55 10 88