Le rendez-vous des écrivains

Le garçon de café, voyant qu’il y avait maintenant tant de monde autour de cette table, leur proposa de s’installer côté jardin. Elles traversèrent donc la salle dans l’indifférence des habitués.

Manet, 1880 Édouard Manet, Intérieur d’un Café. c.1880.
Huile sur toile. Musée de Glasgow, R-U.

Tous suivaient, y compris les derniers arrivants, ceux qui les avaient rejoints alors que Quichottine se demandait si oui ou non elle réussirait à parler de ce livre !

Liza, qui avait assisté à la dernière interruption, était furieuse ! Elle réveilla Louise qui s’était endormie sur sa chaise après sa lecture, et lui glissa, à voix assez forte pour que tout le monde l’entende.

Que de polémiques autour de ce livre !!!
Et qui donc est ce visiteur qui fait taire notre bibliothécaire ? Je n’en ai aucune idée !!
Ce que je sais c’est qu’il n’est pas normal qu’une bibliothécaire se taise à propos d’un livre …
Je déteste la censure : celle imposée, celle que l’on s’impose … commentaire n° : 7 posté par : lizagrece (site web)
le: 16/11/2008 09:19:26

Quichottine lui fit un clin d’œil complice. Cela faisait quand même, mine de rien, le cinquième billet sur le même livre, celui dont elle ne voulait pas parler. Une réelle performance, qui lui ferait perdre de nombreux lecteurs si elle devait continuer ainsi. Quichottine savait bien qu’ils préféraient de beaucoup ses histoires rigolotes de petits lutins bleus ou verts… Elles étaient d’ailleurs plus adaptées à son auditoire, dont le plus jeune élément avait maintenant onze ans.

— Onze ans ? Mais tu ne te rends pas compte, Quichottine ! Puisque c’est comme ça, tu ne devrais plus mettre dans ta bibliothèque de tels livres !
Retourne à tes contes ! Tu entends ?

Bien sûr qu’elle entendait, elle n’est pas encore tout à fait sourde, Quichottine… et elle sait bien ce qu’il en est. Elle sourit en pensant à cette petite Jadambre (contraction de Jade et d’Ambre ? Un vrai petit bijou !) qui lui avait offert un Don Quichotte de rêve. Tant qu’il y aurait des enfants aussi doués, elle croirait aux mots, à leur pouvoir…

Mais, en attendant, il fallait qu’elle répare une injustice, et elle espérait que Jadambre n’était pas vraiment seule devant son écran lorsqu’elle venait dans la bibliothèque, et que personne ne croirait que désormais cette dernière pouvait être signalée pour « contenu adulte ». Après tout, n’y a-t-il pas, dans chaque bibliothèque, des livres à ne pas mettre entre toutes les mains ?

Le jardin était clair, il faisait merveilleusement bon. Tous s’installèrent, comme ils le purent, afin de pouvoir suivre la suite des événements.

Sorolla 1910 Joaquín Sorolla y Bastida (1863 – 1923)
Ma femme et mes filles au jardin, 1910
Huile sur toile, 166 x 206 cm
© Collection Masaveu, Oviedo

C’était très simple, il suffisait de se faire tout petit… et d’accepter de n’être pas tout seul.

Nicole et Quichottine s’installèrent et Quichottine interpela la nouvelle venue :

Dominique !

Eh oui ! Il s’agissait de Dominique. Elle n’était pas là pour empêcher Quichottine de parler, non, au contraire. Elle venait déposer elle aussi son grain de sel, un avis d’écrivain.

Bonjour,

[…]… J’imaginais pas même si je connais bien un peu les complexités de la pensée quand on a beaucoup étudié réfléchi et tout ça… non j’imaginais pas que les bouquins ça faisait cet effet-là !

Oh ! lire c’est comme écrire je crois du moins c’est mon p’tit avis de scribouillarde pas du tout ayant une formation de quoi que ce soit dans rien du tout alors là les complexes et le reste basta ! donc je te disais que d’expérience j’intuitionne que si tu écris et que tu bouquines avec jubilation tout le reste c’est pas grave…

Je parle d’ailleurs forcément… suis pas dans le contexte précis de ton histoire de  » comptes à rendre  » après lecture mais quand même… Hep ! Oh là ! on n’est pas à l’école heureusement avec le dégoût qu’elle m’a donné des  » études  » à moi l’école… Tu te souviens comment Christiane Chaulet-Achour qui m’avait invitée à Cergy pour lire des extraits de mon petit bouquin a eu l’air prise au dépourvu… au piège ? quand j’ai dit que moi la littérature c’était pas dans les classes que je l’avais apprise mais dans la rue …

Lire c’est un plaisir une jubilation une aventure d’abord enfin si on était pas dans cet univers de météores de mots depuis toujours qu’est-ce qu’on aurait nous autres les oiseaux qui rêvent et qui sont bien trop dans les nuages pour faire de tout de l’analyse qui prend le chou ?…

Après ce pur bonheur qui est aussi sérieux que celui d’un enfant qui joue et qui invente son théâtre ses personnages ses histoires y a ce qu’on peut raconter autour des livres qu’on aime et qui nous embarquent ailleurs… dans tous les ailleurs impossibles…

Culpabilisation ça rime avec quoi ? Fabrication de l’esprit comme ce qu’on fait de nous dans les écoles… Culture et conscience judéo-etc… tout est vrai tout est là en vrac sur le tapis très joli et c’est ce que j’ai fui quand j’ai refusé de continuer à m’ennuyer raide à la Fac après l’avoir fait au Lycée et à l’école…

Et maintenant quand j’écris c’est comme quand je faisais mes tripotages de la terre et de l’eau et du feu pour mon apprentissage de céramiste… c’est le début du monde… c’est la première façon de me relier aux autres par ce qui va sortir de mes paluches de mon désir de mon corps ému et émerveillé de mon imagination qui papillon s’envole vole…et pour finir vaguement de mon p’tit cerveau s’il en reste…

Tu es bibliothécaire OK mais d’abord tu es toi avec tes intuitions tes émotions tes impulsions tes refus tes passions… et la création ce qu’il faut surtout lui préserver de toute argumentation et autres considérations c’est qu’elle est l’espace de liberté de chacun et que là y a pas photo… c’est dans les tripes ce que tu as ressenti et que tu as essayé de dire mais c’est juste parce que c’est dans les tripes qu’ tu as pas les mots… ouaouf ! ouaouf !

Ta liberté c’est d’aimer ou pas de jubiler ou pas de détester ou pas et moi si je m’éc
late quand je regarde pour la millième fois La nuit étoilée  de Vincent y a personne qui viendra exiger de moi que je dise pourquoi…

Voilà… c’est pas une réponse c’est juste un p’tit clin d’oeil du papillon de nuit qui trempe ses ailes dans l’encre bleue du ciel… léger léger… […]

commentaire n° : 14 posté par : Le Boucher Dominique
le: 15/11/2008 12:11:27
Van Gogh, 1889 Vincent Van Gogh, La nuit étoilée, 1889
Huile sur toile, 73,7 × 92,1 cm
The Museum of Modern Art, New York

Lorsque Dominique parle, il faut l’écouter, même si c’est long… Même si parfois Quichottine ajoute des sauts de ligne pour que ce soit plus facile à lire. Dominique est peintre, écrivain, mais avant tout conteuse. Elle pourrait être Shéhérazade, ses filles lui ont appris la tradition orale des femmes de l’Orient.

C’est par le biais du conte que Quichottine l’a rencontrée. Elle ne peut pas l’écouter, la lire, sans l’entendre alors qu’elles étaient dans l’immense salle de conférence de la faculté des lettres de Cergy. Dominique, si forte et fragile à la fois, cette voix qui avait tant captivé l’auditoire qu’un immense silence avait précédé le tonnerre d’applaudissements qui avait suivi sa lecture d’extraits de son roman, « Par la queue des diables« . Alors, c’est vrai, tous ceux qui ont suivi les trois jeunes femmes dans le jardin l’écoutent. Il y aurait tant à dire, à répondre à ces mots…

Un livre… Quel effet peut-il produire ? On peut se sentir tellement bien pendant une lecture que l’on va s’endormir en rêvant la tête posée sur sa main… Là, pour ceux qui ne le connaissent pas, Quichottine pense à Pennac, à sa lecture du Parfum de Süskind devant une classe d’adolescents.

Banane et Santiags s’est endormi, la tête entre les bras repliés. Un franc sommeil au souffle régulier. Non, non, ne le réveillez pas, rien de meilleur qu’un bon somme après berceuse, c’est même le tout premier des plaisirs dans l’ordre de lecture. Il est redevenu tout petit, Banane et Santiags, tout confiant… et il n’est guère plus grand quand, l’heure sonnant, il s’écrie :
— Merde, je me suis endormi ! Qu’est ce qui s’est passé chez la mère Gaillard ?

(Daniel Pennac, Comme un roman, Gallimard, 1992, p.113-114)

Lire à haute voix pour faire découvrir un livre qu’on aime bien, Quichottine en connaît les effets. Elle l’a ressenti quand Dominique racontait… Elle a vu ses élèves aussi la tête posée sur leurs bras croisés, ne pas perdre une miette de Matilda de Roald Dahl ou du Petit Prince de Saint-Exupéry… l’une de ses lectures préférées ! Mais elle n’a jamais lu de « Quichottine » devant un auditoire, ce sera pour plus tard, quand elle aura fini de parler de ceux qu’elle aime.

Aurait-elle lu le livre de Quignard à voix haute ? Non. Pour qu’elle l’apprécie, il aurait fallu qu’elle n’en lût que quelques passages, ceux qui concernaient ce qu’elle avait vu. Ne pas tout lire, pour lire tout… Le droit de ne pas lire, c’est du Pennac aussi. Le droit de « grappiller » – de ne lire que quelques pages, celles que nous voulons, ou au hasard – c’est encore du Pennac. Quichottine n’a pas encore parlé des « droits du lecteur« . Elle sait qu’elle le fera.

Elle sait que Dominique a raison, elle l’a laissée parler, elle l’a écoutée tandis qu’elle disait ces mots qu’elle ne savait pas dire, ceux qu’elle cherchait et que les uns ou les autres lui avaient pourtant soufflés.

Nicole écoute aussi, elle connaît Dominique. Toutes les trois se sont un jour trouvées dans la même salle, là-bas, à l’université. Elle sait ce que Quichottine va dire, peut-être même n’attendait-elle que cela, pas autre chose.

Quichottine regarde Nicole, lui sourit. Nicole est son amie, c’est important. Elle regarde Dominique, cette compagne de blog qui est si proche de ce qu’elle ressent que lorsqu’elle se rend sur ses pages, elle lit, ici ou là, y « grappille » à son tour, parce qu’il faudrait y aller tous les jours pour tout lire, et elle répond, comme si Dominique était là, à la terrasse d’un café ou devant un bon chocolat, et qu’elles pouvaient deviser jusqu’à ce que cette nuit étoilée les renvoie chacune chez soi…

— Tu vois, Nicole, j’ai terminé le livre… Je l’ai lu, mot à mot, sans en sauter une ligne, jusqu’à la dernière page, la page 356. J’y ai trouvé l’explication de mon rejet, celle qu’il donnait avant même que le livre ne fût mis sous presse.

  • « La vision de la représentation la plus directe possible de la copulation humaine procure une émotion à chaque fois extrême dont nous nous défendons soit sous la forme du rire salace, soit dans la stupeur choquée. » (p.354)

Mais, pour qu’il ne soit pas pour moi ce qu’il est devenu, j’aurais dû faire comme le suggérait Ma Cocotte… ne le lire qu’au retour, pour comprendre ce que j’avais vu, et seulement ce que j’avais vu. Les chapitres du livre le permettent. Je pouvais aller de l’un à l’autre, comme si j’avais eu un guide entre les mains… Là, j’aurais vraiment apprécié, parce que certaines descriptions de fresques sont passionnantes.

J’aurais sans doute ensuite voulu en savoir plus et je serais revenue vers les sources, j’aurais mieux compris les textes de Suétone ou des autres, j’aurais aimé cette lente progression vers le Christianisme, vers ce que je ressentais. Je n’aurais pas culpabilisé ainsi.

Dominique, je voulais te remercier. Comme je vais remercier tous ceux qui m’ont soutenue, aidée, qui sont venus chaque jour lire mes mots, ici. Ces mots si difficiles à dire, ceux que l’on ne sait jamais comment ils seront reçus.

Un écrivain, et tu le sais, toi, parce que tu l’es, est un créateur qui a pour matière première les mots de la langue qu’il pratique et connaît. Ce peut être la sienne, ce peut être une autre dont il s’est approprié. Il traduit des émotions, celles qu’il ressent, ou qu’il voudrait que l’autre ressente. Il suggère, il peut aussi expliquer, parfois. Mais, il ne sait jamais, au moment où il confie ses mots à d’autres, comment ils vont les lire.

Certains ont peur des mots, moi, j’ai eu longtemps peur des miens, de ce qu’ils exprimaient.

Aujourd’hui je n’ai plus peur.

Nicole, tu le sais, maintenant que j’ai fini ce livre, je peux te le dire, tu avais raison quand tu disais que « L’insolence et l’audace de Quignard valaient bien une lecture », oui, c’est vrai. Mais je n’ai pas aimé.

Nicole avait terminé depuis longtemps son café… elle reposa la question que l’on ne doit jamais poser.

— Pourquoi ?

— Parce que.

60 réponses à “Le rendez-vous des écrivains

  1. j’ai été voir le musée d’art moderne dans la parc de la ciudadela a barcelone il y avait une serie de SOROLLA magnifique
    besos
    tilk

  2. Bonne journée amitiés de canton Qing et rene A bientôt sur: http://belgique-chine.over-blog.com La Chine hors des sentiers battus, par le tourisme.

  3. Et pis c’est tout

  4. passage de marmotte… après un long temps d’absence…. j’ai du retard à combler…. amicalement

  5. Ah! J’ai bien aimé cette série!
    Auprès de  écrivain, conteuse, bibliothécaire, je « grapille », comme tu l’écris si bien, un peu de toutes ces vies que tu nous offres et je me régale à te suivre ainsi. Il en faut du talent pour arriver à tenir un ainsi un auditoire en haleine, à nous conduire vers ces découvertes, insolites parfois,  tellement captivantes .
    Bravo Madame et belle semaine à vous.
    Je t’embrasse
    Sophie
    Ps: je  le lirai peut-être! (sourire)

    • Je ne sais si j’ai bien fait pourtant… Mais bon, pas de regrets !

      (Tu es certainement assez grande pour le lire … ;-))

      Merci d’être passée.

      Je t’embrasse aussi, très fort. Me voilà de retour ! Passe un bon weekend.

  6. Parce que ?  Deux mots que j’ai en horreur. C’est toujours l’annonce de complications !!

    Bon après mdi. Bises x2

  7. J’ai beaucoup aimé l’itervention de Dominique …
    Pour au revenir au travail de l’écrivain j’ajouetrai cette nuance
    La langue en est  l’outil
    L’imagination la matière première,
    La clarté du texte une nécessité. (ce qui n’exclut pas ni  la complexité, ni l’érudition)
    LIZAGRECE

    • Merci… Je suis sûre que Dominique appréciera que tu donnes ainsi ton avis.

      Je le partage. La clarté du texte est une nécessité… sinon, il ne peut pas être lu.

  8. Ahhhhhhhhhhh….. « parce que ! »

    Tu as tout compris, Quichottine : on n’est pas obligé de tout analyser, de tout lire, de tout expliquer. Nous avons le droit de ne pas lire, de ne plus lire, de cesser un livre en cours et de ne pas savoir ni pourquoi on l’aime, ni pourquoi on ne l’aime pas.

    Il est bien plus difficile pour ton amie qui a aimé cet ouvrage de gérer la frustration de ne pas avoir réussi à te faire passer son plaisir. Ca, c’est dur. Quand on aime un auteur, c’est dur de voir que d’autres ne partagent pas notre émotion, parfois.

    • Je suis d’accord avec toi, c’est toujours dur… de le dire, et de l’entendre aussi. J’aurais préféré pouvoir l’aimer.

      Merci à toi d’être là.

  9. J’ai tout suivi cette discution avec grand intérêt, il faudra lire ce livre pour me faire une idée et j’avoue que ça pique ma curiosité.

  10. Bonjour,

    Tiens, tiens en lisant l’article, j’ai vu mon pseudo ^^
    Sinon, je trouve que les commentaires cités sont très intéressants. C’est vrai qu’il y a des livres plus difficile à savourer que d’autres !

    • C’est vrai… Et je crois que malheureusement il y a des livres qu’on ne savoure jamais !

      Celui-ci, tu le liras si tu veux, mais quand tu seras plus grande, d’accord ?

  11. très intéressant cette discussion autour d’un livre et elle termine en beauté..Je partage ton avis:on a le droit de ne pas aimer un livre..Mais les autres peuvent avoir un avis différent et il ne faut pas les décourager.

  12. Oui, il y a beaucoup de livres que je n’aime pas, ou que je ne comprends pas. A+

  13. Bonsoir un livre c’est un peu comme un film certains l’ont adoré, et les autresnon, ou alors il non rien compris
    Heureuse que nous n’avons pas la même perception d’un ouvrage
    bisous

  14. Parce que?
    Peut-être que? parce que ce qui est important n’est pas ce qui est dit mais ce qui est compris

    Le plus important c’est quand même que Nicole et Quichottine se donnent encore la possibilité de pouvoir discuter autour d’un désaccord sans qu’il y ait disharmonie.

  15. J’aurais mis un « Na! » après ce parce que. Histoire de bien ponctuer la chose, et en tirant la langue de surcroit…

    Et sinon, merci pour ces belles toiles impressionnistes. je m’y connais assez peu, mais ce sont mes peintres préférés.

  16. Le Boucher Dominique

    Bonsoir,

    Et d’abord merci d’avoir donné un place aussi vaste à mon commentaire et de l’avoir mêlé avec autant de bonheur à votre discussion si passionnante à la table d’un bistrot peut-être du côté de Montparnasse ou au bord de la Marne dans une de ces guinguettes où il ferait si bon se retrouver et se raconter des histoires… et partager ce qu’on aime ces lectures et tous ces mots qui nous touchent si fort… Oui je trouve que cette fois-ci l’échange autour de ce que ça veut dire avoir le droit de choisir nous a mené drôlement loin et c’est ça qui est essentiel quand on crée… se relier aux autres…
    Et les deux peintures que tu as choisies pour illustrer ces moments extras illustrent ça avec légèreté tout en faisant écho à la toile de Vincent et à sa douce gravité… Un seul regret : que d’autres personnes qui font leur job d’écrire n’aient pas rebondi sur ces paroles échangées avec tant d’enthousiasme… On aurait pu encore mieux creuser ce que tu résumes très justement avec la chute de ton article « parce que »… 
    C’est vrai comme tu le rappelles ce moment de lecture à Cergy c’était une grande émotion et j’aimerais parfois en vivre d’autres mais ça c’est une autre histoire… En tout cas si ça se présente qu’un jour je peux lire des p’tits bouts de mon bouquin récent ( une sorte de suite de Par la queue des diables ) Mais où vont les feux follets de la rue pour toi et pour celles et ceux qui rêvent d’un monde sans interdit ce sera un vrai bonheur… Alors on continue… Dominique 

    • Bonsoir, Dominique,

      C’était bien naturel. Je crois que plus qu’une autre tu pouvais faire partie de notre discussion. Merci d’avoir été là, au bon moment.

      Je suis allée aussi loin que possible, parce que je crois que je devais pouvoir m’exprimer, sur cette liberté que nous avons tous d’aimer ou de ne pas aimer.

      Le dialogue n’est pas achevé, il peut se poursuivre, ici, dans les commentaires. J’espère que d’autres viendront s’exprimer.

      J’aime beaucoup le titre que tu as donné à la suite… Tant de mots possibles derrière lui !

      Bien sûr, comme toujours, on continue ! :)

      (mais laisse-moi un peu de temps. Je me suis absentée et j’ai pris du retard !)

  17. J’ai grapillé (merci Monsieur Pennac) quelques passages de tes derniers articles superbement illustrés. Je manque un peu de temps pour savourer plus à fond tes écrits…

  18. Aimer ou non une œuvre quelconque (peinture, photo, roman, sculpture …) est à mon avis, purement  « instinctive », intuitive, en quelque sorte. Ensuite, notre cerveau en fonction de ses critères propres, analyse le pourquoi et le comment.

    Mais il est une chose EXCESSIVEMENT importante (et plus que la lecture de CE livre, c’est l’ orientation de cette série de billets qui m’incite à le dire) c’ est AVOIR le droit de ne pas aimer . De trouver banale ou inintéressante telle œvre d’ art portée aux nues par la majorité, sans être taxé d’iconoclaste ou d’ analphabète sclérosé. (Je parle en général)

    Merci pour cette série exceptionnelle:)

    Seulement quand à la fin revient la question « pourquoi? »  Je me dis que tu as usé de la salive un peu inutilement ……

    Et j’ ajouterai la citation de InFolio que je trouve logique :

    « J’aurais mis un « Na! » après ce parce que. Histoire de bien ponctuer la chose, et en tirant la langue de surcroit… « 

    Bisous ma Quich’, je continuerai ma lecture demain

    bonne nuit 🙂

    • Tu as raison je crois, c’est très subjectif… et il faut laisser les autres penser différemment.

      Tu vois, Clo, cette dernière question, c’était parce que je ne sais pas du tout ce qu’elle en a pensé. Je lui laisse l’opportunité de conclure, comme elle voudra.

      InFolio m’a fait rire… et que tu réagisses ainsi ne me surprend pas… tu n’es pas ma soeur adoptive pour rien ! Bisous, ma Clo, passe une bonne nuit !

  19. Me voilà sur cette page désormais lue en son intégralité…
    Quichottine a posé ses mots…
    A fait face à ceux de bonnes camarades, amies.
    Il était question de livre, de lire et d’écrire ; d’oser aussi.

    Les mots ne venaient pas ; on ne peut donner toujours explication de suite sur une chose ou sur untel(le)…
    Il faut un temps de réflexion.

    J’apprécie Van Gogh mais aussi le peintre Vermeer !
    J’apprécie la peinture, la contempler comme la travailler.
    « C’est beau la nuit, plus encore lorsqu’elle est étoilée »
    [On a plus de chance d’y croiser notre étoile]

    • Merci… C’était une page très longue…

      J’avais aimé l’écrire. Je suis heureuse que tu l’aies lue.

      J’aime les mots que tu viens d’y déposer.
      Qui sait ce que nous croiserons ?

  20. Ce que vous écrivez toutes les trois est vraiment beau…. Il y a des livres que je n’arrive pas à lire. Je bloque. il y a quelque chose qui me déplait.

    Bonne soirée et bisous

  21. Bonsoir Quichottine !
    J’ai lu à peu près tous tes articles sur le livre de Pascal Quignard. Je n’ai pas lu son livre et je ne le lirai pas parce que, si j’ai bien compris, il s’agit d’une démonstration. C’est-à-dire que l’auteur prend un postulat de base (qui correspond sans doute à sa vision du monde) et ensuite il recherche tous les passages, extraits, auteurs qui viennent étayer et conforter son opinion. Un autre écrivain d’une opinion contraire pourrait aussi bien faire la démonstration opposée en relevant d’autres passages des mêmes auteurs.
    J’ai lu aussi qu’à l’époque romaine certaines fresques n’étaient pas considérées comme choquantes. Comme les fresques en question se trouvaient dans des lupanars, elles n’étaient sûrement pas choquantes pour ceux qui les fréquentaient, mais pour les autres ?
    Je pense que si l’on est « choqué », c’est parce que c’est « choquant », indépendamment de l’éducation que l’on a reçu, qu’elle ait été stricte ou non, religieuse ou non.
    Et puis il y a aussi de la part de tel ou tel auteur une réelle volonté de « choquer » qu’il ne faut pas nier.
    Bisous,
    Martine

    • C’est une bonne analyse… Je sais que j’ai essayé, mais je n’ai pas réussi à en avoir une bonne image.

      Merci d’avoir tout lu et pour ce message rassurant.

      Bisous et douce journée, Martine.

  22. En plus cette pauvre Louise voulait dire quelque chose d’interressant et les mots ne lui venaient pas!
    Elle venait de faire un cauchemar terrible!
    Rends toi compte! Au moment de vouloir écrire un commentaire, car elle sait ce qu’elle veut dire, elle s’aperçoit qu’il n’y a plus de mains au bout de ses manches! et ce n’est pas ça qui l’affole , non non , c’est que là tout de suite elle savait ce qu’elle voulait écrire!
    Plagia piqué à Pennac! On a tous eu des Chagrins d’école!
    Bises
    Louise

    • Merci !

      J’adore tes interventions… D’ailleurs, puisque tu m’y fais penser, c’est Chagrin d’école que je devrais emporter avec moi pendant ma prochaine absence !

      Gros bisous, Louise !

  23. ben oui, parce que quoi ? ça m’intrigue tout ce pataqués autour de ce bouquin !!! va falloir que je m’opccupe de me rendre compte par moi-même et donc de me le procureer et le lire … toutefois, c’est sûrement le but du jeu!!! bien vu, Quichottine! tu nous l’avais préparé depuis longtemps celle là, non ?

    • C’est tout ce qu’il fallait… (S)

      Disons que je l’avais préparé depuis le premier épisode de cette rencontre autour d’un livre.

      Il faut que chacun comprenne qu’on a le droit de ne pas aimer un livre, mais pas le droit de dire qu’il n’est pas à lire… D’autres l’aimeront.

      Merci d’être là, Plume

  24. Je me suis régalée… tout au long de ces billets à t’écouter, à les écouter aussi.
    J’ai entendu les arguments des uns des autres et  je suis de ton avis pour l’essentiel, il est des livres avec lesquels on ne voyagera pas, mais je sais ausi que certains demandent des efforts, une concentration, une exploration pleine d’obstacles et que ce chemin difficile peut aussi être émerveillant.
    merci pour ces instants riches, après tout ce n’était pas tant ce livre qui était important, mais le livre qu’on n’aime pas.

    • Tu as tout compris… et j’étais sûre que tu dirais avant tout le monde ce que je pense dans le fond.

      Certains voyages attirent plus que d’autres, mais il ne faut en négliger aucun.
      … et laisser les autres se forger leur propre opinion, surtout.

      Merci, Polly, passe une bonne semaine

  25. Bonne semaine bises Quichottine!

  26. Quichottine, je n’ai pas lu ton article, j’y reviendrai !
    Mais je voulais juste te dire que demain en fin d’après-midi, je t’ai fait un petit clin d’oeil dans mon article en créant le chapeau de Don Quichotte avec une herbe en guise de plume.
    Bises et à +,
    Alrisha

    • Je viens de voir ton billet… j’aime beaucoup !

      Merci pour le lien et pour le chapeau… qui rejoindra bientôt ma collection !

  27. Je me disais mais où nous emmène t elle par ces chemins détournés … mais où ?… et je m’ennuyais ferme non !! pas ça simplement, pour un livre que tu n’aimes pas, autant de lignes …
    il en a de la chance ce M QUIGNARD … je connais son nom mais n’ai pas lu ces livres … vais je le faire après toutes tes lignes, je ne crois pas … j’en ai bien assez qui m’attendent sous mon lit …
     Quichottine dans notre série d’écrivains   Français actuels (ceux qui font les pages de Lire par exemple) quels sont ceux qui t’ont emballé ? … moi honnêtement, il y en a peu .. et je me retrouve soit avec des étrangers ou des vieux de mon âge ou plus ….
    Je t’embrasse et à la prochaine lecture …

    • Je vais réfléchir pour te répondre.

      … Merci en tout cas d’avoir donné ton opinion. Je suis navrée de t’avoir ennuyée… surtout à ce point !

      Mon idée était de montrer que l’on avait le droit de ne pas aimer un livre, et qu’il n’y avait pas forcément de rapport entre sa qualité et l’opinion que l’on avait de lui.

      C’était un partage avec vous tous… Courage pour la série de livres qui t’attend sous ton lit. J’espère que tu y trouveras de quoi te satisfaire.

      Bonne soirée

  28. Quand j’ai déposé mon deuxième commentaire (je crois que c’était le deuxième) je me suis posée une question.Mais pourquoi Quichottine ne lui répond t’elle pas « parce que » a la question pourquoi n’as tu pas aimé.

    Puis je me suis dis, ça sera peut être un peu court jeune fille comme réponse pour quichottine. Moi je crois que c’est ce que j’aurai répondu depuis le début ;)

    et là je vois ta dernière phrase et je pousse un ouf de soulagement ^^

    mis a part ça, j’aime beaucoup le commentaire de ton invité surprise. parce que je m’y retrouve et parce que dans l’ensemble ce qu’elle dit est très juste .

    Je te souhaite une bonne journée 😉

    • Oui, je sais que tu as raison…

      … et aussi que je suis une incorrigible bavarde !

      Merci pour cet avis que tu me laisses, et qui me touche tant !

      Bonne journée à toi aussi, Loralie, bien que ce ne soit pas la même 😉

  29. Madame Maladie daignant enfin me laisser un peu en paix, je suis donc venue écouter la fin de cette histoire intriguante, et comme beaucoup, tu as trop aiguisée ma curiosité! je veux lire ce livre (sourire)

  30. bonjour quiqui 🙂
    j’ai fait une photo qui pourrait aussi se promener  ici, si bien sur elle sied à la maitresse de céans 🙂

    ici en plus grande taille :

    dans les livres

    bzzzzzz