Voyageurs de l’Histoire

Nous avions laissé en plan, une sirène, un matou roux et deux lutins… Vous attendez tous la suite de l’histoire… Elle promet d’être drôle, surtout depuis que certains d’entre vous s’en mêlent.

Le problème, c’est que ce n’est pas la seule histoire en plan. la bibliothèque est débordée en cette période de rangement intense. Vous allez bientôt y voir de grands changements.

Mais, en attendant, je vous propose… une pose… une pause ? Je ne sais plus, mes dictionnaires font grève… Nous allons donc mettre de côté ces quatre personnages délicieux pour faire un pas en arrière dans mon blog et sortir un gros dossier du dessous de la pile des afffaires à traiter !

Il y a maintenant une semaine et même davantage, si j’en crois mon calendrier, je vous ai promis de poursuivre l’histoire que nous devions raconter, vous et moi.

L’histoire du Bon mariage

 

Vous aviez vu, à ce moment-là, deux lutins, l’un vert et l’autre bleu (ils sont partout ces deux-là !), s’approcher du cœur de la clairière, là où se tenait la ronde des lutins. Ils tremblaient un peu, sous le regard perçant du roi de la Forêt des Merveilles. Lui, c’était un lutin, aussi, mais un peu différent, nous le verrons plus tard. Ils vous sembla alors qu’il était bien difficile à contenter.

Voilà donc l’explication de la mauvaise humeur royale. Il n’avait pas mal au foie, mais mal aux dents !

 

Quand on a mal aux dents, ou mal aux pieds, on supporte mal d’être, en plus, contrarié !

 

J’avoue que ce roi n’était guère habitué à ce qu’on lui résiste ! Un lutin, fût-il roi, est comme un très vieil enfant… S’il a été mal habitué, vous ne le ferez plus changer. Il n’avait jamais eu, pendant les milliers d’années qu’avait duré son règne, la moindre contrariété !

Le premier soir, il avait écouté deux histoires très différentes, l’une colorée de tendresse, une belle histoire d’amour partagé, l’autre, aux accents d’humour noir, rappelait aux roi que certains mariages ne sont pas vraiment d’amour mais sont seulement décidés parce qu’ils semblent « bons ».

 

Ces mariages-là n’avaient pas vraiment déplu au roi. C’étaient de belles histoires, chacune dans son style. Mais, le roi avait dans l’idée d’organiser un concours. Et c’est ce qu’il avait fait.

 

Le second soir, donc, une ribambelle de lutins de toutes les couleurs, avaient, l’un après l’autre, tenté d’inventer l’histoire qui sortirait du lot. C’était charmant ! Quelques mots bien sentis parfois, une ou deux phrases… Il y avait là de quoi se régaler… et le roi, riait comme un bossu dans sa barbe… mais ne voulait pas en démordre ! Il faudrait que ses sujets se montrent plus loquaces !

 

C’est alors qu’il eut une idée. Il ferait en sorte que les meilleurs d’entre ses écrivains se succèdent pour raconter l’histoire… à travers l’histoire justement !

Un premier s’avança, tout de blanc vêtu, vénérable… On le nommait « La Bernache » parce qu’il aimait bien s’envelopper de duvet d’oie…

 

 

Jamais ne fut révélé jusqu’à aujourd’hui, que leur amour prit naissance lors de la Création, il y a… personne ne le sait  !

Ils furent deux atomes qui s’unirent et se multiplièrent à l’infini, puis des amibes qui prirent forme, mais ils s’aimaient déjà… personne ne l’avait compris puisque personne d’autre qu’eux n’existait en ces temps reculés. De milliards d’années en milliards d’années leur corps se transforma, leurs facultés s’accrurent considérablement, ils finirent par se retrouver accrochés aux branches des arbres, afin de pister le gibier… toujours ensemble… ils s’aimaient, avaient eu beaucoup d’ancêtre… La Noble condition d’Humains accomplis, après cette très longue germination amoureuse, les amena à se marier… pour, après de douces années paisibles, s’endormir ensemble pour toujours, aux sons des harpes célestes d’un Paradis auquel ils sont promis, comme toute l’Humanité, et vous les voyez, Gisants admirables ….

 

Le roi restait silencieux, mais des murmures d’approbations montaient dans la ronde. C’était une bonne idée, d’avoir pris l’histoire à sa source ! Après la création… et les hommes de Lascaux ou de Tautavel, Le Moyen Âge entrait en scène, avec ses ménestrels, ses jongleurs, ses forains de toute sorte.

Un autre lutin, à l’air un peu fripon, portant en bandoulière les attributs de son art (le rouleau de parchemin et la grande plume d’oie sans laquelle il ne pouvait pas écire), s’avança. « Je suis Bandolera ! » lança-t-il à tue-tête. Dans sa voix de stentor chacun pouvait trouver les accents des montagnes ! C’était un ancien lutin vert, de ceux qui savent peindre les émotions intenses, les rires des enfants sur de grands tableaux, noirs ou blancs…

 

Il était une fois un saltimbanque mariée depuis cinq années à une jolie bergère. La vie leur souriait et ils avaient deux beaux enfants. Un jour, alors qu’elle rentrait chez elle après avoir rassemblé le troupeau, la bergère trouva son tendre époux allongé sur le lit, les mains croisées sur la poitrine. Elle s’approcha et réalisa qu’il était inerte, totalement pétrifié. La pauvre femme s’allongea à côté de lui et pleura toutes les larmes de son corps. Il lui avait caché un lourd secret…

 

Nous commettons tous des erreurs de jeunesse… Alors qu’il débutait sa carrière de saltimbanque dans la rue, un peu fou et intimidé par la foule à la fois, notre héros croisa une vieille femme qui lui demanda de venir chaque soir chez elle jouer un peu de musique pour rompre sa solitude. Il refusa d’une façon péremptoire, arguant que sa musique appartenait à tous et ne devait pas être un privilège… Elle le regarda droit dans les yeux et lui assura qu’en plein bonheur, dans la sixième année de son mariage, celle de la plénitude, son coeur de pierre d’aujourd’hui transformerait son corps en corps de pierre …

 

Les jours passèrent… La situation du pauvre homme, figé dans la pierre n’évoluait pas. Chaque nuit, la bergère les passa contre ce corps de pierre. Les larmes qui coulaient alors semblaient la réchauffer… Le jour, elle tentait de retrouver une figure plus souriante pour ses enfants. Et puis, son travail de bergère lui occupait aussi un peu l’esprit… 
Ce jour-là, elle décida d’emporter avec elle la viole de son homme adoré, d’en jouer un peu, comme s’il était revenu. Dans la prairie, elle s’essaya à quelques notes. Non pas qu’elle fût une musicienne accomplie, mais il lui avait appris, un peu, à jouer avec les cordes… La sonorité la chagrinait, comme si un son était étouffé, bridé. Elle scruta la viole et se rendit compte qu’un petit bout de papier avait été glissé entre les cordes et collé contre le bois, juste au bord du rond. Ses doigts minces le dégagèrent sans peine…
Son coeur battait à tout rompre ! Quelques mots y racontait la mésaventure arrivée au saltimbanque, cette rencontre avec la vieille femme, sa menace… 
La tête de la pauvre bergère tournait, tournait… Elle ne savait plus si elle vivait ou si elle rêvait. Elle rassembla les brebis et rentra vite à la maison… Elle déposa les enfants chez la voisine,
jeta un joli châle sur ses épaules et entreprit de retrouver cette vieille femme… Oh ! Elle était connue dans la petite ville, elle ne mit pas longtemps à la retrouver … 

Les yeux rougis par les larmes, elle lui expliqua la situation… La vieille femme écoutait, attentive. Les heures passaient et elles discutaient toujours… La bergère réalisa que cette femme un peu sorcière était profondément blessée par sa solitude mais qu’elle n’était pas foncièrement méchante… Il serait un peu exagéré de dire qu’elles se quittèrent amies… Mais elles se quittèrent pourtant avec la promesse de se revoir dès le lendemain… Chacune avait compris la détresse de l’autre…
 
Dès le lendemain, la vieille dame prit son maigre paquetage et alla s’installer dans la demeure du saltimbanque. A peine un pied glissé en ces murs, elle prononça une formule magique… Le saltimbanque ouvrit les yeux… Il se sentait un peu lourd et très ankylosé… Quelle ne fut pas sa surprise de trouver au bord de son lit la femme de sa vie et cette vieille femme rencontrée jadis qui se souriaient  !

Le roi s’était mis à sourire. Il se disait que c’était le premier à considérer que ces êtres de pierre n’étaient pas une fin mais un commencement. Serait-il le dernier ?

Vous le saurez… plus tard… dans la journée ou peut-être demain…

Si vous le voulez bien !

 

 

32 réponses à “Voyageurs de l’Histoire

  1. Même si on les a lus en commentaires, c’est une excellente idée de les reprendre et de les mettre en valeur dans une histoire. Bravo. On attend la suite. Bises

    • Voilà… tu n’auras pas attendu trop longtemps. L’histoire des gisants est désormais terminée et pourra être archivée.

  2. Gnark, gnark, gnark……..le nouveau petit smily diabolique du forum a frappé deux coups !!!!!!!!

  3. merci de ta comm,interressante histoire dans l’histoire @+ G BISOUS BZZZZ

  4. Grand merci Quichottine pour cette fantastique épopée dont tu as merveilleusement tissé la trame en liant les récits épiques d’amis OBéens talentueux, férus d’écritures et d’aventures … Ainsi sont pour toujours ressuscités ces amants éternels qui entrent dans l’histoire OBéenne en grande pompe, nullement funèbre, participant à nos plus joyeuses tribulations. A ces amants éternels, ni amour, ni humour ne font défaut… Ils furent chantés, déclamés, acclamés, mais jamais alarmés au point que s’ils doivent encore gésir (Salut Bigorneau !  ;-)  ) eh bien, que ce soit en parure d’or comme trésor templier en ce lieu du Vexin Normand en la cité mystérieuse de GISORS devenant  Gisants à Gisors

    Bises des Farfadets

  5. Ils ont beaucoup d’imagination ces lutins, j’attends la suite de cette histoire alors.
    Santounette

    • Je trouve aussi… L’imagination ne manque pas à mes visiteurs ! C’est bien agréable de travailler avec vous tous…

  6. un bon week end quichottine

  7. Je trouve extraordinaire ce que tu as réussi Quichottine…il faudrait imprimer ,relier…quel plaisir de lire . Merci pour tout  le travail que ça t’a demandé , c’est énorme mais quel résultat ! Tu pourrais aussi , entourée de nous tous et toutes , assis à tes pieds, faire la lecture , auprès de la cheminée , le soir de Noël…tu vois ,le rêve continue…Merci Quichottine. Amicalement.

  8. Isabelle

    Bon je reviendrais ce soir lire tout ça tranquille…………..bonne soirée. A+Isabell.

  9. alors à demain……
    Bizz

  10. Merci, Quichottine. Tous les lutins  nous en font voir de toutes les couleurs. Tel le roi, je ris, je souris à leurs histoires débordantes d’imagination ! Quel plaisir  de les  relire ainsi.
    Belle soirée et beau week-end  😉
    Gros bisous 

  11. Merci Quichottine ! C’est adorable … J’aurai plus le temps la semaine prochaine de lire toutes les contributions des lutins … Bonne soirée à toi !!! 

  12. Oh misère ! Je viens de me rendre compte que j’ai laissé passer la deuxième édition des Gisants sans la lire. J’ai été très occupée ces jours-ci et je suis un peu tête en l’air. Je reviendrai me délecter de ces histoires. J’adore. Sans doute demain. Bonne soirée à toi  dame Quichottine.
    P.S : je dois dire que j’ai aussi quelques dossiers en plan mais les miens sont moins drôles à traiter. Je préfère quand tu nous sors 
    les trésors de ta bibliothèque.

    • Grand merci… tu sais, je crois que nous courons tous après le temps. Je ne crois pas que ça va s’arranger avec les fêtes…

      J’apprécie beaucoup que tu te sois arrêtée sur mes pages. Merci !

      Bonne soirée à toi, Chana

  13. Très sympa ce que tu as fait de tout ça ! bravo. biz

  14. Toutes les histoires sont belles. Ces gisants ont inspiré bien des plumes y compris la tienne qui sait si bien danser avec les mots pour nous présenter tel texte ou tel auteur. Toutes mérites l’attention, pourtant, dans cette seconde partie, celle de Bandolera me touche particulièrement. Je ne sais pas pourquoi. Mon humeur sans doute. J’en ai eu des frissons.
    Merci Quichottine car grâce à toi, je vais de découverte en découverte. Je confirme, tu fédères. Non seulement tu fédères mais en plus tu partages. Superbe.
    Passe un excellent samedi soir sur la terre (cabrel). Mais pas trop sur terre quand même car pour rêver il faut aussi s’élever, ce que tu parviens à nous faire faire aisément.

    • Merci Chana. Je sais que tous se sont donné du mal. C’était agréable de travailler avec vous.
      Passe une belle soirée, et un bon dimanche !

  15. Au secours ! Enorme faute de frappe. Oui je préfère dire de frappe. Méritent et pas mérites. Oh la la, j’ai horreur de ça, en particulier lorsque cela vient de moi. Voilà, une preuve de plus de ma fatigue même si celle-ci n’excuse pas tout. Bon, je ne vais pas en faire un fromage !
    A beintôt Quichottine

    • C’était une faute de frappe, Chana, personne n’a remarquée…  ça n’a aucune importance, ça nous arrive à tous et surtout quand nous sommes fatigués.
      Prends soin de toi et repose-toi ce dimanche, si tu peux. La fin de l’année approche et il ne faudrait pas que tu sois complètement épuisée…

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