Martine Martin-Cosquer, Souviens-toi du bus 96

Les deux grands ados continuaient de se chamailler… et, Quichottine, craignant qu’ils ne finissent par déchirer le livre à force de vouloir se l’accaparer, les apostropha :

– Donnez-moi ce livre ! Tout de suite !

(La voix de la Bibliothécaire s’était faite dure, sans réplique possible. Ils s’exécutèrent en soupirant bruyamment.)

– Et sans râler, s’il vous plaît ! Sinon, je ne vous en dirai rien ! Asseyez-vous maintenant… mais pas côte à côte.

(Ils s’écartèrent l’un de l’autre, en rechignant. Décidément, Quichottine n’avait pas l’air de bonne humeur… Avaient-ils poussé le bouchon un peu loin ?)

– C’est bien.

(Elle montra la couverture qui leur avait tant plu… Elle lui plaisait aussi beaucoup, énormément. Juste ce qu’il fallait pour donner envie de lire, d’en savoir plus. D’ailleurs, n’est-ce pas ce que ces chenapans voulaient ?)

– Sur la couverture d’un livre, il y a trois emplacements… la première…

– C’est l’accroche, avec une illustration qui invite à ouvrir le livre… Non ?

– Oui, en quelque sorte. C’est ce que le libraire va monter en premier s’il met le livre en vitrine. C’est ce que les annonceurs montrent sur les affiches, parfois avec le nom de l’auteur en grand, voire un portrait s’il est connu. Plus cette couverture sera montrée, plus les lecteurs s’en souviendront… Et, si elle est belle, originale, ils s’en souviendront davantage.

– Comme pour celle-ci ?

Martine Martin-Cosquer, Souviens-toi du bus 96, Couverture, Le Lys bleu

– Oui, vous avez été attirés par elle, intrigués. Mais ce n’est pas un livre de science-fiction.

– Pourtant, c’est une fiction, non ?

– Oui…

(Les deux ados se rebellèrent bruyamment.)

– Tu as dit que non !

– J’ai dit que ce n’est pas de la science-fiction, pas que ce n’était pas une fiction. Dans ce roman, nous suivons des personnages qui vivent dans la réalité que nous connaissons tous.

– Les personnages sont réels, alors…

– Non, ils sont inventés. L’auteur leur donne des mots, des sentiments. Il les fait agir face aux situations qu’ils rencontrent, à son idée. Il est le maître de l’histoire… Un magicien qui déciderait du destin de chacun.

– Ah… Mais je croyais que l’auteure s’appelait Martine. Tu aurais dû dire “Elle est la maîtresse de l’histoire”.

– Oui, ici, c’est vrai. Nous sommes face à une écrivaine qui raconte, qui n’invente que l’essentiel, les personnages, ce qu’ils éprouvent, ce qu’ils vivent. Mais le monde où ils se déplacent est bien le nôtre, hier et aujourd’hui. Pas il y a longtemps, comme dans d’autres romans, pas dans un autre pays, comme ça pourrait être le cas aussi. Nous sommes en France.

– Ah… alors, Martine ne nous fait pas voyager ?

(Les enfants semblaient un peu déçus. Il ne fallait pas qu’ils se désintéressent d’un livre qui lui avait tant plu.)

– Si, mais autrement. D’ailleurs, la France, c’est très grand. Tout ne se passe pas à Paris. Le héros de l’histoire est un policier.

– Waouh ! Avec un gros pistolet mitrailleur et un gilet pare-balles ?

(Les ados s’étaient redressés, les yeux pétillants, les oreilles à l’affût. Ils ne perdraient rien de la suite.)

– Non… Il est de la police scientifique.

– C’est bien aussi. Mais pourquoi a-t-il choisi ce métier ? C’est moins intéressant… Non ?

– Au contraire… D’ailleurs, Martine explique bien.

“Avec mes collègues, nous sommes les policiers de l’ombre. Nous analysons : les cheveux, le sang, les empreintes digitales, l’ADN, et même depuis peu les os des victimes. […]
Rigoureux, analytique, logique et méthodique, j’aime examiner le moindre détail, collecter des données, des informations, et émettre des hypothèses.” (p.10)

– Il préférait pas aller sur le terrain, se battre avec les méchants ?

– Il ne voulait pas que sa mère s’inquiète pour lui… et puis, il va quand même sur le terrain, il doit tout examiner de près. C’est un métier qui lui va comme un gant…

– Et donc…?

– Ça va lui servir à résoudre l’énigme…

– Quelle énigme ? C’est un roman policier ?

– En quelque sorte…

– Mais tu ne lis jamais de romans policiers !

– Tu as tort… ça m’est déjà arrivé. Celui-ci est un thriller qui nous fait revivre des moments douloureux. Les attentats meurtriers à Paris.

– Les terroristes sont dans l’histoire ?

– Oui. C’est ce qui se passe avec ce fameux bus 96. Un attentat. Mais, bien sûr, je ne vais pas tout vous raconter. Notre héros s’appelle Adam, il est tombé amoureux de Léa sur un site de rencontre…

– Ah… alors il ne la connaît pas vraiment, c’est comme nos amis sur Face-Book.

– Presque… les amis là-bas sont virtuels, et ils se contentent de vous poster des “J’aime” quand ce que vous proposez leur plaît. Mais vous les rencontrez rarement. Sur un site de rencontre, le but des messages est de se rencontrer pour de vrai, pour des relations amicales, ou plus, si affinités.

– Ah…

(Les plus jeunes ne comprenaient pas, mais ça n’avait pas d’importance. Ils demanderaient plus tard ce que voulait dire “affinité”.)

– Ensuite…? Tu ne vas tout de même pas t’arrêter là !

Quichottine hésitait… bien sûr, elle aurait pu dire combien ce livre lui avait plu, qu’elle l’avait lu d’abord d’une traite, tant elle avait envie de savoir ce qu’il en était, qu’elle avait été surprise du dénouement… et donc, qu’elle l’avait relu pour trouver au fil des pages tout ce qui aurait dû l’alerter. Un vrai bonheur que cette lecture qui l’avait conduite de Paris aux Sables d’Olonnes, d’avant-hier à aujourd’hui, sur les pages d’une histoire qui avait aussi bouleversé sa vie…. Mais, le plus important, n’était-ce pas que les lecteurs découvrent par eux même les liens qui se tisseraient entre chaque personnage, les rebondissements… tout ce qui faisait d’un tel roman un livre à lire, absolument ?

– Si. Je vais m’arrêter là. Je sais que beaucoup de mes visiteurs l’ont déjà lu, que d’autres le liront plus tard, que ce second roman de Martine est une réussite en tout point. J’ai aimé, énormément. Lisez à votre tour, et dites-moi ensuite ce que vous en avez pensé…

Plus tard, elle leur parlerait des autres messages de la couverture, de la tranche qui permettait de retrouver facilement un livre sur les étagères, de la quatrième qui, le plus souvent, donnait au futur lecteur un aperçu du contenu du livre, un résumé ou un extrait.

C’était ainsi plus facile de savoir si le livre plairait… Il y avait tant de livres, et, malgré toute l’envie qu’elle avait de ne pas en laisser de côté, la Bibliothécaire savait qu’elle ne pouvait pas TOUT lire.

Martine Martin-Cosquer
Souviens-toi du bus 96
Le  Lys Bleu éditions, © Janvier 2020
ISBN : 979-10-377-2110-5

….

33 commentaires à propos de “Martine Martin-Cosquer, Souviens-toi du bus 96”

  1. La couverture est belle et laisse présager une histoire d’amour …
    J’adore le travail de la police scientifique : j’ai un cousin qui y travaille et qui m’a dit avec humour que ses collègues féminines ne ressemblaient pas spécialement à celles qu’on voit dans les feuilletons !
    Je te souhaite un bon mercredi avec de gros bisoux doux, ma quichottine ♥

  2. Après avoir lu ta critique de mon roman, je suis si émue j’en perds mes mots. Je suis si heureuse que mon livre t’ait plu à ce point Merci infiniment pour cette critique originale et talentueuse. Bisous et belle journée

  3. J’adore ta façon de le présenter ! Je ne l’ai pas encore lu car je l’attend en numérique, pour une fois, je ne peux tout acheter hélas en format papier. Il me fait faire des choix, mais je ne doute pas du talent de Martine, j’ai déjà aimé son premier, il n’y a donc pas de raison que je n’aime pas celui-ci. J’aime aussi beaucoup la couverture. Bisous et une belle journée

  4. C’est une superbe présentation que tu fais-là, généreuse Quichottine, toujours prête à mettre en avant la production des tes amis, viruels ou pas. Elle est fort alléchante et donc fait très envie.
    Merci pour Martine et merci à toi. Longue vie à ce livre.
    Au passage, je me permets de dire que Facebook ne se borne pas uniquement à mettre des « j’aime » sur les publications. J’y ai construit de véritables amitiés durables. Les réseaux sociaux sont parfois d véritables outils de communication et de partages (tout comme nos blogs)…
    Je t’embrasse en te souhaitant une belle et douce journée.

  5. Une belle présentation, comme une histoire dans l’histoire .
    J’ai bien aimé les personnages , cette maman possessive mais si aimante , ce policier au coeur tendre, mais pas tant que cela …
    Bisous

  6. Je vois que ce nouveau roman a déjà rencontré beaucoup de succès ici, et comme d’habitude tu braques dessus ton projecteur, tout en tamisant la lumière, pour faire monter l’envie !

  7. Une belle présentation Quichottine, j’ai le livre sur le coin de mon bureau mais je ne l’ai pas encore commencé car j’en lis un autre en ce moment. J’ai hâte et je suis certaine qu’il me plaira autant que le premier.
    Douce semaine et des bisous tout plein
    chatou

  8. avec une couverture pareille difficile de ne pas être tentée par la lecture et lorsqu’en plus tu nous donne des envies par ton article comment resister 🙂
    Grosses bises

  9. Salut,
    J’espère qu’ils respectent les gestes barrières dans le bus.

    Le temps est super pour une balade.

    On s’occupe au jardin c’est déjà pas mal.

    Bonne journée

  10. Bonjour Quichottine,Martine mérite fort bien cette jolie critique de son nouveau roman (j’ai adoré le précédent ) que tu as concocté avec soin et bien dans ton style. je t’ai dit que j’aimais beaucoup le livre collectif « les Métiers improbables » Un bonheur d’écriture qui fait partie des métiers essentiels !

  11. Coucou l’amie
    Avec une narratrice comme toi, personne ne peut se lasser et en redemande encore et encore. Ta description fait qu’on a vraiment envie de lire ce livre. Il fut un temps dans une autre vie surement ou alors lorsque j’etais enfant, il m’est arrivé de lire enormement dans la librairie de maman. Je conseillais même les clients sur les derniers parus.. Mais a toi de deviner si ces quelques mots sont un rêve ou une réalité.. Bisous de fée? ..

  12. Une superbe présentation du livre de Martine , tu donnes vraiment envie de connaitre Adam et Léa et de lire ce roman .
    Bonne fin de journée
    Bises

  13. Le mieux c’est de lire ce livre et ainsi on saura toute l’histoire du bus 96…. la couverture orange donne envie, elle claque ! bonne soirée !

  14. au fond je n’ai pas cherché du tout la trame qui tendait cette histoire ; simplement j’ai lu page après page .
    Et des questions se sont posées ; pourquoi tel prénom ? pourquoi la vie d’un personnage ? et bien sûr, l’interrogation ; livre entièrement agencé ou pas à pas avec les personnages.
    Un livre très moral
    Merci pour ta présentation originale et qui ne dévoile rien ; j’apprécie. Bises et bravo à Martine

  15. Je n’ai pas encore eu la plaisir de lire le livre de Martine… Je note et vais le commander … Merci Quichottine ! Très agréable façon de nous le présenter, tout comme celui de Adamante…
    Belle et douce soirée, Quichottine, et bisous

  16. Encore un livre que tu présentes si bien qu’on a envie de le lire…mais on ne peut pas tout lire, il faut faire des choix…
    Tes présentations nous aident à choisir…
    Encore un grand merci

  17. Jolie façon de présenter un livre qui t’a plus. tes ados auraient bien aimé que tu ailles plus loin, que tu en révèle plus. Mais alors le livres ne les aurait plus intéressée…Je t’embrasse

  18. J’ai vu passer ce livre sur plusieurs blogs, et je n’en ai entendu que du bien ! Bon quand ma PAL aura un peu descendu, pourquoi pas …?
    Belle soirée, bisous.
    Cathy

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