Adamante Donsimoni, Romano

Tandis qu’elle prenait une pause dans son exposé, elle vit un enfant à demi-caché derrière le grand rideau de velours grenat. Assis sur l’un des bancs de pierre de l’encoignure de la fenêtre, il lisait… ou plutôt déchiffrait.

C’était Clément, l’un des plus jeunes abonnés de la Bibliothèque. Quichottine sourit en l’observant. C’était étrange, mais pas vraiment étonnant.

Clément, le livre ouvert sur les genoux, sautait des pages puis s’arrêtait sur celle où, toute blanche, quelques vers l’attendaient.

Il lisait, puis, fermait les yeux, un moment, comme pour s’imprégner des mots écrits.

Ensuite, il reprenait son manège… deux pages sautées, parfois une page blanche, puis celle qu’il attendait. Quelques vers sur fond blanc, uniques, à découvrir pour ce petit lecteur qui commençait à savoir lire tout seul.

Quichottine l’observa un moment. Puis, elle appela :

– Clément ! Apporte-moi ce livre s’il te plaît.

(Le petit fit semblant de ne pas l’entendre, mais voyant que la Bibliothécaire insistait, il céda et le lui apporta, un peu dépité.)

– D’habitude, tu lis des livres d’images… alors, dis-moi, pourquoi as-tu pris celui-ci ? Il n’y a guère d’images…

– Si tu n’as pas vu d’images, c’est que tu ne l’as pas lu. Il y en a… plein… Plus encore que celles que voient les yeux sur un tableau.

– Explique…

– Je ne pouvais pas tout lire… Il y a trop de mots, et, souvent, des mots que je ne comprends pas. Mais là, tu vois…

(L’enfant montra l’une des pages presque blanches.)

– Là, si tu fais bien attention, si tu lis chaque mot écrit, ce sont des images que tu vois, de vraies images, ce sont celles que je regarde en fermant les yeux.

“Vision du cœur
un ressenti si profond,
ma réalité

un monde au centre du monde;
étincelle dans ma nuit.”

(p.19)

Dans le livre que tu nous avais lu un jour, le renard disait au Petit Prince :

“On ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible pour les yeux.”

[Antoine de Saint-Exupéry, Le Petit Prince]

Tu vois, ici, c’est pareil. Et c’est vrai puisque d’autres le disent aussi. Dans le cœur, il y a aussi nos réalités, ce que nous ressentons au plus profond, comme si c’était à protéger, à garder pour toujours à l’abri, bien au chaud, en nous.

– “Bien au chaud en nous”… répéta Quichottine qui constatait combien l’enfant avait raison.

– Et puis, tu sais, une étincelle dans la nuit, c’est si joli ! Un peu comme…

(L’enfant sembla rassembler d’autres souvenirs de livres lus.)

– Un peu comme dans “La petite fille aux allumettes”. C’est une histoire très triste, mais j’ai beaucoup aimé, parce que la petite fille illumine sa vie grâce aux trois allumettes qui chacune lui montre un très beau souvenir. Cela l’aide à mourir doucement, près de tous ceux qu’elle a aimé. Mourir, c’est triste…

– Tu as du chagrin, Clément ?

(Le petit garçon essuya rapidement la larme trop longtemps retenue.)

– Oui… tu vois, si j’ai pris ce livre, aussi, c’est parce qu’il est écrit sur la couverture “Lettres à Grand-père”. Regarde, juste sous le titre. Romano, c’est son grand-père… il s’appelait comme ça ?

– Non. Mais c’est un merveilleux souvenir que l’auteure a partagé avec le sien. Elle l’écrit ici :

(Quichottine tourna quelques pages et lut doucement, pour que l’enfant comprenne, que les autres écoutent aussi, attentivement.)

“Quand j’étais enfant, Grand-Père, mon grand-père maternel, Gabriel, était cette sorte de Dieu dont je vous parlais dans ma seconde lettre. Un être exceptionnel qui savait m’aimer, tout simplement. Le souvenir de l’amour tient souvent en choses banales en apparence, mais qui vous insufflent la joie, tout au long de votre vie. Il m’avait inventé un jeu que j’adorais entre tous : «Romano». Nous nous allongions sur le plancher, il me prenait dans ses bras et nous roulions, nous roulions… Moi dessus, lui dessous, moi dessous, lui dessus… Comme ça, d’un bout à l’autre de la pièce aller-retour, comme des fous, bousculant tout sur notre passage, sans précaution des pieds qui se rangeaient en toute hâte à notre approche. Et l’on riait, riait. C’était le bonheur de vivre.” (p.31)

(Quichottine regarda Clément. L’enfant avait fermé les yeux de nouveau, comme si c’était important pour mieux écouter.)

– Elle avait un gentil grand-père… j’aurais aimé jouer aussi. Mais les autres… Ils étaient contents de les voir jouer ainsi ?

– Pas vraiment. Tu sais, pour les “grands”, les adultes ne doivent plus se rouler par terre comme un enfant. Pourtant, c’est agréable. Tu as dû le faire aussi, dans le jardin ou sur la plage… ou sur le lit de tes parents. Il faut de la place, mais on oublie tout, comme dans un manège. On ne voit plus le monde qu’en morceaux qui se chevauchent, qui filent autour de nous alors que c’est l’inverse. Nous tournons, le monde est immobile.

Les adultes…

(Quichottine réfléchissait. Elle se sentait si peu adulte parfois… Elle manquait de sérieux diraient ses parents s’ils étaient encore là.)

– Moi, j’aurais aimé avoir un grand-père, je n’en ai pas.

– Tu en as forcément… personne ne vient de nulle part. Mais ton grand-père n’est peut-être plus là.

– Maman ne veut pas en parler. Elle dit qu’il est parti, il y a longtemps, et qu’il faut regarder l’avenir et non pas le passé. Que le passé est passé, c’est tout.

– Alors, quand tu seras plus grand, choisis un joli cahier, et écris-lui. Écris des lettres ou des poèmes où tu lui diras les jours qui passent, les bonheurs, les petits riens qui font tout, les chagrins aussi, les questions auxquelles tu n’as pas trouvé de réponse, juste pour ne pas les oublier. Fais comme Adamante. Chemine vers toi en écrivant. Chaque mot écrit te rapprochera de ton moi profond, de tout ce qui compte vraiment. Mais, pour ça, il faut encore attendre un peu. Et pour que tu puisses aussi comprendre tout ce qu’Adamante a écrit, il faudra aussi vieillir…

– Autant que toi ?

(Quichottine se mit à rire de bon cœur.)

– Non, pas autant. Il faudra, pour que tous les mots te parlent, que tu aies un peu grandi, beaucoup, et que tu aies aussi connu bien des choses que tu ignores encore.

– Comme Les Mille et une nuits, comme Charles Mardrus ? Oh, comme c’est compliqué à dire !

– Ah… ça, tu as réussi à le lire?… demanda Quichottine qui savait qu’à la page 27 une simple note de bas de page expliquait qui il était.

– Oui, c’était rigolo de voir ces mots en tout petit. J’ai lu, même si c’était difficile. Je n’ai pas besoin de lunettes, juste d’un peu de temps.

– Tu liras Les Mille et une nuits… il en existe même des versions pour enfant, quelques-uns des contes que racontait Shéhérazade au sultan, pour qu’il ne la tue pas…

– Il voulait la tuer ?

– Oui… mais je te raconterai une autre fois. L’important, ce sont aussi les poèmes que tu as lus, ces quelques vers écrits au centre d’une grande page blanche, comme devraient l’être tous les Haïkus, tous les Tankas.

– Tu emploies des mots très bizarres… c’est quoi les haïchoses…?

– C’est un genre poétique… Tu es encore trop petit pour que j’entre dans tous les détails de ces poèmes japonais. Mais, ce que tu as déjà compris, c’est qu’ils disent en peu de mots le plus important, ils sont images, sensations. Et, cela, tu l’as déjà vu sans que personne ne te l’ait expliqué.

(Quichottine chercha un compliment à lui faire… et ne le trouva pas. Clément était allé bien au-delà de ce qu’elle aurait pu attendre d’un enfant si jeune. Elle lui passa la main dans les cheveux, comme l’aurait fait une grand-mère qui ne veut pas trop montrer son affection, mais qui le fait malgré tout…)

– Tu peux retourner lire, si tu veux, il y a bien d’autre poèmes qui te parleront encore…

– Dis, Quichottine…

– Oui ?

– Sur la couverture… c’est son grand-père au “Romano”, ou c’est celui à qui elle écrit ?

– C’est un homme qui marche, un peu courbé, les bras ballants… il a devant lui encore des obstacles à franchir, et sur les épaules un grand manteau, tout ce qu’il a vécu avant lui, avant ce demain qui l’attend. Son manteau, c’est comme une armure qui le protégerait de ceux qui voudraient le faire ployer, le mettre à genoux. Il marche, il avance, et, je crois que nous avançons aussi au fil des pages, au fil des questions, des réponses, de celles qui n’en ont pas et dont nous voudrions nous affranchir.

L’enfant n’écoutait plus. Il avait remarqué que la Bibliothécaire se parlait à elle-même, à moins qu’elle n’ait entamé l’un de ses dialogues avec le Lutin bleu. Ce dernier, attentif, restait silencieux.

Il savait que chaque livre était différent. Celui-ci demandait du temps, de la lenteur de lecture. Les pages-poèmes étaient là pour laisser au lecteur ce temps de réflexion, de silence entre deux lettres, deux moments différents. Un résumé poétique, une mise au point, simple photographie qui illustrerait la lettre qui la précédait.

Quichottine l’avait compris, aussi. Elle avait pris le temps de cette lecture où la poésie et les interrogations tant littéraires que philosophiques s’invitaient mutuellement. Le quotidien se déroulait au fil des lettres. Adamante l’évoquait, sans que ce soit inutile ou pesant.

“Je n’avais pas de grand-père… ni de grand-mère, d’ailleurs, sauf sur les rares photos de famille”, murmura la Bibliothécaire, en veillant à ce que nul ne l’entende.

Ils étaient partis trop tôt. Il lui avait fallu, elle aussi, s’inventer une famille aimante, une lointaine lignée, et, nul ne pourrait en douter, elle aurait aimé écrire ces lettres, si pleines d’amour, d’affection, de tendresse, tous ces sentiments indispensables à nos vies.

Adamante Donsimoni
Romano, Lettres à grand-père
Panafrika, Silex / Nouvelles du Sud, © Juin 2019
ISBN : 978-2-912717-53-5

60 commentaires à propos de “Adamante Donsimoni, Romano”

  1. Un petit garçon très intelligent même s’il s’exprime à sa façon …
    Mais quichottine sait deviner, le comprendre !
    Je te souhaite un bon jeudi !
    Je n’ai pas encore pris mon RDV avec le chirurgien, pour mon éventration tellement je n’ai pas envie de repasser sur le billard ni remettre les pieds au CHU …
    Gros bisoux doux, ma quichottine ♥

    • Je suis contente que ça te plaise.
      En ce qui te concerne, il faut vraiment que tu prennes ce rendez-vous. C’est important de prendre bien soin de toi.
      Je t’embrasse très fort.

  2. J’aime beaucoup la présentation de ce livre de poésie à travers le regars un enfant sur quelques vers. Il y a des personnes qui compte dans une vie moi ce fut ma grand-mère et quel remerciement de leur dédier un livre. Les citations choisies m’ont touchée. Bisous

    • Ce n’est pas seulement un livre de poésie…
      Maman à beaucoup compté pour moi… il me reste tant à lui dire!
      Merci pour tes mots et ta présence.
      Passe une douce journée. Bisous

  3. Voilà une façon originale et délicieuse de présenter un livre. Cela fait comme une mise en abyme, une histoire à l’intrieur de l’histoire.
    Merci pour ton regard et celui de Clément.

  4. Un petit Clément qui t’a bien aidé à nous présenter ce livre d’Adamante Donsimoni. Un grand merci Quichottine.
    Bises et bon jeudi

    • C’est un très beau livre, même s’il n’est pas pour les petits…
      Merci pour tout Zaza.
      Bises et douce journée.

  5. J’ai eu le plaisir, il y a quelques années déja de connaitre Adamante, que j’ai comment dire …pas abandonné mais moin suivi, et les lettres qu’elle ai publié à l’époque à son grand-père sur son blog était un pur bonheur. Un livre à lire bien entendu pour moi mais il il va falloir que j’organisme mieux mon temps …Adamante est une artiste en peinture aussi, elle porte en elle une telle richesse dans bien des domaines, une personne qu’on ne peut aimer que connaitre !
    merci pour tes textes qui ne peuvent que plus nous donner envie de mieux connaitre ceux des autres. Je t’embrasse et je t’envoi un peu de mon soleil printanier qui j’espère arrivera jusqu’à toi.

    • Ma rencontre avec elle est un très beau souvenir…
      Merci pour ce partage qui la dépeint si bien.
      Je t’embrasse très fort, passe une douce journée.

  6. J’aime aussi cette nouvelle forme de « critique littéraire » à travers le dialogue entre tous tes « toi » ! N’étions-nous pas au mariage des parents de ce petit Clément si mûr, si réfléchi ? Je me plais à le croire, parce que moi aussi je m’invente des histoires avec les mots des autres…

    • Clément est depuis longtemps un prénom que j’aime énormément.
      Il y a eu un troubadour… puis Marie et Clément… enfin, mon dernier petit fils… de quoi rêver 😉
      Merci d’être là, d’être toi…
      Passe une douce journée. Bisous

    • Merci ! je suis ravie que ça te plaise.
      C’est vrai, on peut se remettre en question.
      Passez une douce journée.

  7. Que c’est émouvant cette conversation entre ce petit enfant (très intelligent) et Quichottine ! Comme doivent l’être sans doute aussi les lettres au grand-père
    Bisous et bonne journée

    • Peut-être… mon tout petit-fils n’a pas encore l’âge de lire tout seul, mais les livres l’intéressent déjà.

  8. Coucou Quichottine
    C’est une très belle page, très émouvante ! Et j’aime cette façon originale de nous parler du livre d’Adamante… Merci Quichottine Bisous

  9. Que dire Quichottine ? Je suis émue. Ce petit Clément est un merveilleux lecteur. Que d’images de tendresse dans votre dialogue ! Et puis citer Saint Ex. après ces quelques vers, c’est… désolée je ne trouve pas les mots qui jaillissent à l’intérieur de moi, c’est trop fort.
    Tu sais, je garde moi aussi un excellent souvenir de notre rencontre, et je suis admirative de tout ce que tu fais, tant dans l’écriture que dans ton investissement auprès de « petits Cléments » gravement malades. Merci Quichottine.

  10. Comme toujours tu sais nous prendre par la main pour nous faire découvrir tes coups de coeur . J’aime beaucoup ce dialogue avec Clément et la façon dont la trame de ce livre se précise .
    Bonne soirée Quichottine
    Bises

  11. J’aime beaucoup ce dialogue avec Clément qui perçoit à travers les mots , des images . Surement un livre émouvant qui rend une bel hommage à un être aimé qui a marqué sa vie.
    Ce livre me plait beaucoup , je le retiens.
    Belle soirée, bises Quichottine

  12. Ta façon de présenter ce livre est très originale, il est intelligent ce petit garçon, sans nul doute il ouvrira un cahier. Les grands parents sont du bonheur pour les enfants, j’ai eu la chance de connaître les miens et même les arrières, et mon arrière grand mère était une merveilleuse conteuse.
    Très belle journée

  13. J’aime beaucoup ce dialogue entre la bibliothécaire (toi donc…) et ce petit Clément qui à partir d’un seul mot est capable de créer toute une histoire et de voir des images comme seuls les enfants savent le faire. Je vois que ce livre t’a ému et c’est une idée magnifique de nous le présenter ainsi. Mais c’est aussi une belle idée que celle d’écrire à un de nos ancêtres qu’on n’a pas connu (ou trop peu connu) car quoi que nous en pensions, même inconnu, sa présence a participé à ce que nous sommes devenus aujourd’hui, j’aime le croire. Merci pour ce partage. Bisous et une douce journée

  14. c’est tellement innocent un enfant, c’est pour cela qu’il faut garder son âme de gamine le plus longtemps possible ….c’est vrai que parfois quand on lit un bon bouquin et que l’histoire devient un film, on est très déçu par les personnages ou même par le scénario; je n’ai pas aimé Harry Potter en livre mais j’adore les films bises

  15. C’est tellement merveilleux lorsque l’on peut écrire de si beaux souvenirs d’enfance, ceux qui nous ont construit et nous fortifient encore aujourd’hui dans les moments difficiles de la vie !
    Merci Quichottine de nous faire voyager vers ce beau coup de coeur .

  16. Salut

    Il fait beau , ça sent le printemps.

    Les oiseaux piaillent dur dans les haies.

    Demain je suis à l’hosto alors je ne passerais pas sur les blogs.
    Bonne semaine

  17. C’est émouvant le ressenti de ce petit garçon envers son grand-père. Une manière de le remercier pour tout ce qu’il lui a apporté.
    J’ai, un jour, fait un topo de la vie de ma grand-mère qui a beaucoup fait pour le village en tant que maire. C’est le conseil Général de l’Aisne qui m’avait proposé de l’écrire pour mettre en valeur les femmes importantes du département. Plusieurs expos ont eu lieu avec des grands posters explicatifs. Pour moi aussi, ma grand-mère m’a beaucoup apporté. Elle m’a appris à conduire, me conduisait à l’arrêt de car pour le collège, m’emmenait partout avec elle ,…
    Merci pour nous faire ainsi voyager !
    Bises et douce fin de soirée Quichottine !

  18. Une très belle présentation de ce livre .
    Ceux qui ont connu leurs grands-parents ont eu de la chance.

    cela leur fait de beaux souvenirs .
    Je n’ai connu qu’un grand-mère quelques courtes années.
    Bisous
    J’ai toujours des problèmes avec internet

  19. J’ai adoré ce dialogue entre toi et l’enfant pour nous présenter ce livre!
    Tes mots de conteuse me donne envie de tourner les pages de « Romano »…
    Merci
    ***
    je suis revenue de mon escapade et commence à penser sérieusement au recueil « Horizons »

  20. Désolée de mettre ici un commentaire qui n’a rien à voir. J’ai voulu mettre un com sur les anthologies, cela me répond ceci:  » Le jeton CSRF est invalide. Veuillez renvoyer le formulaire. »
    Voilà mon commentaire:
    « Je ne sais si je participerai….
    J’ai l’impression d’être stérile en mots et en images………… »

    Adichat

  21. Bonjour à toi Quichottine, Clément est un petit garçon réfléchi et qui songe au « Petit prince  » saint Exupéry avec la délectation des mots qui s’inscrivent de fort gracieuse manière au cours de ton récit .Romano ou l’art d’être grand père en mode Victor Hugo !

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