Alphonse Daudet

Il est le précédent, dans ma liste des quinze… Une liste pas vraiment rangée, aléatoire, fonction de la façon dont chaque auteur s’imposait à ma mémoire lorsque j’ai relevé le défi de Mélanaï.

Pourquoi lui ?

Peut-être parce qu’il m’a fait franchir une autre étape dans ma façon de lire.

J’étais à l’école primaire quand je l’ai découvert. On m’avait fait apprendre « La petite chèvre de Monsieur Seguin ». Les enseignants n’avaient pas peur de donner des textes longs en « récitation ».

Moi, pour m’en imprégner, j’écoute Fernandel… en boucle, sur le tourne-disque des parents.

L’opération est périlleuse. Il ne faut pas rayer le précieux microsillon et l’on déplace le bras de lecture à la main.

L’ai-je récitée à l’école avec les intonations si particulières de l’acteur ?

Je ne sais. Je découvrais qu’une histoire pouvait être jouée, pouvait être dite en y mettant le ton.

J’apprenais que la voix était cachée dans un texte, que c’était la ponctuation qui en réglait les silences, les modulations.

Je connaissais les points. Je découvrais les virgules, les guillemets, tous ces petits signes qui obligent à poser la voix ou à la laisser en suspens.

C’était comme un nouveau solfège… Dans un autre domaine.

Il ne fallait pas oublier les accents, insister sur un mot plutôt qu’un autre… Tout un art !

La poésie envahissait ce que j’appelais prose…

Je ne sais pas ce que garderont nos enfants des grands textes littéraires, mais je sais que certains de ceux qui me viennent à l’esprit aujourd’hui sont avant tout des voix, des visages, vus plus tard, sur un poste de télévision en noir et blanc…

(Le Petit Théâtre de la Jeunesse de Claude Santelli m’a laissé des souvenirs impérissables.)

Le Petit Chose, je l’ai lu et je l’ai vu aussi dans sa version cinématographique avec de grands acteurs d’alors, oubliés – ou presque – aujourd’hui : Arletty, Fernand Charpin, Jean Tissier… avec Robert Lynen dans le rôle de Daniel Eysette.

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Je vous l’ai déjà présenté, c’était le 3 novembre 2007.

Il me restera à vous parler de Maître Cornille, de son moulin, des messes basses du curé de Cucugnan, de la mule du pape… de tous les personnages qui m’ont fait grandir, moi aussi, après m’avoir fait rire ou pleurer, lorsque je lisais, comme beaucoup d’entre vous, les Lettres de mon moulin.

104 réponses à “Alphonse Daudet

  1. alors là, oui, ça fleure bon l’enfance, les récitations et cette fameuse intonation, avec laquelle j’ai tout de suite aimé jouer ….

    merci chère kichotinne, c’est si loin tous ses souvenirs …;

  2. hihi!! oui la récitation de la chèvre de Mr Seguin !! nous avons dû la mimer à notre fils ainé pour qu’il parvienne à se la mettre dans la tête » la barbichette, la grande houpelande, les sabots noirs et luisants » il s’en souvient encore 15 ans plus tard!!  j’ai regardé le petit théâtre de la jeunesse, j’avais adoré la version de « l’auberge de l’ange gardien »…

    Quelle horreur,il n’existe plus de telles émissions pour les petits ! remarque pour les grands il n’y a pas grand chose aux heures normales !! il n’y a que meurtres en séries, à croire que ce sera la culture de demain !!    dernière bizz Bisou pour cette nuit… il me reste une journée de labeur encore demain…. faut que néon soit encore un peu lumineux

    • Quel bonheur ! J’avais adoré aussi cette version. C’st fou !

      Il faudrait les ressortir, je pense… C’était une bonne façon de leur faire connaître la littérature tout en les amusant.

      J’espère qu’ils auront autre chose en tête que les crimes en série…

      Passe une belle journée, Tricôtine. Merci.

  3. Ah tu me fais très plaisir en évoquant Daudet, souvent oublié.
    J’avais appris « l’installation au moulin » et il m’arrive de temps en temps de me la réciter, pour moi. Un jour je l’ai récité à haute voix devant le moulin même de Daudet alors que j’étais avec ma famille et des amis, c’était un « moment particulier » comme je les aime, un moment que l’on ne peut jamais oublier.
    Ce sont les lapins qui ont été étonnés…

  4. « Le petit chose » de Daudet comme « sans famille » d’Hector Malot, deux livres assez proches m’ont beaucoup fait pleurer… et j’ai plus ri que pleurer avec Les lettres de mon Moulin sauf dans la chèvre de Monsieur Seguin… Bisous Quichottine

    • Encore un auteur que j’ai oublié ! Hector Malot m’a aussi beaucoup fait pleurer !

      Il y avait de tout dans Les lettres de mon moulin… J’avais aussi pleuré avec celui de Maître Cornille… 

      Il faudra que je relise…

      Bisous et bonne journée, Martine.

  5. Des incontournables …

    Je me dépêche pendant que l’ordi tient le coup.
    Bonne fin de semaine ! Bisoux
     
    dom

  6. Tu me fais faire un retour en arrière. Au séminaire, nous commencions les repas en silance. A un bout de la salle, il y avait une chaire, et les élèves  chacun son tour, faisait la lecture, et c’est là aussi que j’ai appris la ponctuation. Si tu te trompais et ne respectais pas le temps, le supérieur agitait sa sonnette et t’en faisait le reproche.

    C’était une vraie corvée, lorsque c’était mon tour. J’étais heureux quand le « boss » disait » Deo gratias » ce qui autorisait les élèves à parler…..

    Le lecteur mangeait avec les élèves qui servaient après tous les autres.

    Belle journée avec bises.

    • C’était le cas dans beaucoup d’internats, je pense.

      Vous deviez avoir très faim quand vous passiez à table…

      Merci pour ce partage de souvenirs, Patriarch.

      Bises et bonne journée à vous deux.

  7. bah tiens le moulin de jemmapes des lapins ne pouvait pas te laisser indifférente.

    moi c’est le sous préfet aux champs…

  8.  ce sont des livres précieux qu’il faut garder en mémoire et qu’il faut faire connaître aux jeunes lecteurs, même s’ils ne sont plus à la mode..que de bons souvenirs ils nous laissent!

  9. la petite chèvre de mr seguin

    alors toi aussi ??

    sur l’estrade, avec intonation ??

    sourire tendre

  10. Ce qui est formidable c’est de lire les grands textes à voix haute : Daudet, Maupassant et les 13 autres …

    * D’ailleurs pour connaîtrela valeur d’un texte, lis-le à voix haute. S’il est mauvais tu vas t’en apercevoir tout de suite.

    • Là, je suis d’accord… si un texte « accroche » à la lecture, c’est qu’il lui manque quelque chose.

      Merci pour ce partage, Liza.

  11. Chez Daudet je dois dire que ce sont les « Contes du lundi  » mes préfèrés. à l’Hôpital où j’ai travaillé j’ai animé des Ateliers d’Entretien de la mémoire, en association avec le collège qui avait préparé de petits sketches, les personnes agées avaient aussi fait un voyage au Moulin de Daudet et pendant 15 jours toute l’imagerie provençale avait ensolleilé l’EHPAD c’est un bon souvenir avec de la joie chez les jeunes et les anciens.

    Merci pour ce rappel, avant Noël il est toujours bon de relire les 3 messes basses et le Curé de Cucugnan, mais l’Elixir du Rvd Père Gaucher convient bien aussi à mes goûts pour les bonnes choses sans en abuser bien sûr, puisque l’actualité est au raisonnable et à la mesure!

    • Sourire en te lisant… C’est vrai que ces textes ont ensoleillé mes soirées.

      Ils sont tous à savourer avec bonheur à la veillée.

      L’ennuyeux, c’est qu’il n’y a plus forcément de veillées en famille, c’est grand dommage.

      Merci pour ce partage de souvenirs, Pierre.

  12. Tu parles de la chèvre de M. Seguin et je vois mon compagnon raconter cette histoire à ma fille de 3 ans il y a quelque temps déjà : nous sommes dans le sud de la France, dans une grande maison de vacances un peu impressionnante, le mistral souffle très fort. Que d’émotions pour ma petite au récit de la chèvre combattant toute la nuit et abdiquant, épuisée, au petit matin! J’ai vraiment redécouvert Daudet ce jour-là et tu m’as très agréablement ramenée à ce souvenir.

  13. je comprends que ce soit des souvenirs inoubliables.

    très beau.

    bonne journée

    clem

  14. Et tous ces lieux qui sont autant de pélerinages, Le moulin de Daudet, Cucugnan dans les PO….tous ces textes nous reviennent en mémoire et avec nos yeux d’enfants.

    Gros bisous et bonne journée

  15. Cette petite chèvre qui a fait pleurer tant d’enfants Quichottine…

    Même à la maternouille je contais l’histoire tout en y mettant un ton rassurant vers la fin…

    Les enfants ont encore besoin de ces textes qui nous ont imprégnés et, si petits qu’ils soient, ils comprennent fort bien la poésie des mots, des silences, de la ponctuation orale (qui hélas ne transparaît pas asez à mon goût à l’écrit)…

    Belle journé. BISOUS.

    • Le ton rassurant… ça, c’était vraiment bien. Sinon, il y avait de quoi faire des cauchemars.

      À l’écrit, il m’arrive souvent d’avoir envie de rajouter des virgules ou des sauts à la ligne… Mais c’est ainsi.

      Merci pour ce partage, Marité. Passe une bonne journée.

  16. Que de souvenirs ce Daudet, attachants personnages qui nous ont fait apprécier l’apprentissage de la lecture et les récitation. Pour moi, ce sont des souvenirs particuliers. Passe une belle fin de journée! Bises

    • Merci pour ces mots, Snow.

      J’espère que ces « souvenirs particuliers » ne sont pas désagréables…

      Belle fin de journée à toi aussi.

  17. Encore pour moi un très beau souvenir

    Les oranges…

    Pour les trois quarts des Parisiens, ce fruit cueilli au loin, banal dans sa rondeur, où l’arbre n’a rien laissé qu’une mince attache verte, tient de la sucrerie, de la confiserie. Le papier de soie qui l’entoure, les fêtes qu’il accompagne, contribuent à cette impression. Aux approches de janvier surtout, les milliers d’oranges disséminées par les rues, toutes ces écorces traînant dans la boue du ruisseau, font songer à quelque arbre de Noël gigantesque qui secouerait sur Paris ses branches chargées de fruits factices. Pas un coin où on ne les rencontre. À la vitrine claire des étalages, choisies et parées ; à la porte des prisons et des hospices, parmi les paquets de biscuits, les tas de pommes ; devant l’entrée des bals, des spectacles du dimanche.

    Amitiés, Flo

  18. Grand sourire…

    J’ai commencé ce « tag » à ma façon tu t’en doutes…dès que j’ai le temps…

    Bisous

  19. Cela fait bien longtemps à présent que j’ai lu et aimé Les lettres de Mon Moulin… 

    Je ne sais pas si les jeunes lisent ces textes encore aujourd’hui, bien des choses ont changé à l’école, sans doute, j’ai aimé les institutrices d’autrefois, à présent j’ai des doutes parfois, j’ai entendu récemment des déclarations bien curieuses… comme , on ne peut pas bien travailler , on n’est pas assez équipé, autrefois un livre suffisait à tenir une classe en éveil…Je sais, je vais passer pour une rétrograde !

    • Tu as raison, un livre suffisait autrefois… mais les jeunes n’avaient pas à disposition chez eux tant de choses, tant de jeux.

      Tout a changé, tu vois. Les livres étaient pour moi mon seul moment de rêve, mon refuge, ma porte de sortie d’un monde qui n’était pas toujours très rose.

      Aujourd’hui, ils voyagent sur des écrans, sortent à pas d’heure dans la rue, fument, se droguent, même à dix ans parfois… Ils ne savent plus vraiment ce qui est bien ou mal.

      Bien évidemment, tout cela est très noir… et j’espère qu’il y a encore des enfants qui savent que la vie est autre…

      Non, tu n’est pas rétrograde. Je ne crois pas. Mais tu gardes en mémoire l’enfant que tu étais, celle qui savait écouter sans zapper.

  20. Chère Quichottine, ce que tu dis de la lecture à haute voix ou de la récitation est extraordinaire de clairvoyance et de sensibilité. Tu as raison, la ponctuation est un peu le solfège de mots. Comme j’aime cette idée… C’est magnifique…

    J’ai beaucoup aimé aussi « Les lettres de mon moulin » et je me dis souvent que je devrais les relire.

    Merci pour ce beau partage. Bisous

    • Je les relirai avant d’en reparler. C’est une lecture très ancienne pour moi.

      Merci à toi pour ces compliments que tu me fais.

      Passe une belle journée. Bisous.

  21. salut

    qui ne le connait pas

    Dès l’école primaire on nous en parlait et nous faisait lire

    bonne soirée

  22. Celui-là je l’aime beaucoup je l’ai lu, je l’ai vu en film et j’ai même visité son moulin.Merci pour ce partage,

  23. oh oui des souvenirs,

    une reminescence ..

    soudain

    « la chèvre de monsieur Seguin »

    qui me paraissait pourtant si loin

    avec toi revient !

    et les lettres de mon moulin..

    bonne soirée

    bisous

    christelle

  24. « Les lettres de mon moulin » ,je ne me lasse pas de les relire ; j’aimerais que me petits- enfants découvrent et aiment tous ces grands auteurs ..

    La chèvre de Mr Seguin : on apprenait vraiment par coeur  à tel pont qu’on s’en souvient encore!

    Je te souhaite une bonne soirée

  25. Je connais cette version avec Fernandel..La voix est terrifiante qd à la fin , elle crie « reviens, reviens »….Bises  VITA

  26. Pour moi qui suit provençale, Daudet est un conteur merveilleux et en plus avec les voix de Fernandel , Raimu …..qui savaient dire un texte avec beaucoup de conviction , de mystère, de vie . Une oeuvre qui ne vieillira jamais. Belle soirée, bisous Quichottine

    • Elle ne vieillira que si nous n’en parlons plus sous pretexte que beaucoup les connaissent…

      Merci pour ce partage, Andrée.

      Bisous et belle soirée à toi aussi.

  27. Bonsoir Quichottine… Les bancs d’école de notre enfance nous ont marqué par leurs découvertes littéraires, la chèvre de Mr S bien sûr, le curé de Cucugnan nous l’avons monté en pièce de théâtre… et d’autres ! Comment oublier… Never !  Je te souhaite la bonne lecture du soir Quichottine…. Amicalement de jill 

    • Merci, Jill.

      Les pièces de théâtre montées à l’école sont pour moi de bons souvenirs…

      Je suis contente de voir que je ne suis pas la seule à le penser.

      Bonne fin de journée à toi.

  28. Coucou rapide …
    Bon week-end ! Bisoux

  29. Ah, là tu fais remonter beaucoup de souvenir d’enfance. Bonne journée.

  30. Merci ma Quichott’, mais toi aussi tu en fais partie, je sais nous vivions dans un autre monde, moi j’ai eu de la chance de tomber dans une vraie famille, même si il y a toujours des anicroches et c’est normal, c’est à l’image de la vie,  nous étions cinq, on ne nous passait pas toutes nos fantaisies,  mais je suis bien triste pour eux qui auront du mal à discerner les vraies valeurs !

    • Merci pour ces souvenirs, Marine.

      Je crois aussi que les enfants d’aujourd’hui ne peuvent pas comprendre que ça ne nous empêchait pas d’être heureux.

      Passe une belle journée. Je t’embrasse fort.

  31. Claude Santelli ! Je le revois, et c’était un de mes rendez-vous immanquables …

    Un bonheur que je pourrais inscrire dans l’ébauche chez Roland … Peut-être aussi parce que c’était un des moments où la télévision nous  » appartenait « , à ma soeur et à moi  …

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Th%C3%A9%C3%A2tre_de_la_jeunesse

    Mais, je ne me souviens pas de tous, ni du Don Quichotte de Maurice Cravenne …

    Désolée pour Alphonse Daudet, évincé par d’autres souvenirs …  

    Bonne fin de journée, Quichottine.

    • Je ne me souviens pas non plus du Don Quichotte. Je n’ai pas dû le voir… ou alors à un moment où il était sans doute un peu moins « important » pour moi.

      Ne sois pas désolée… J’adore quand tu partages des souvenirs… Chez Roland ou ailleurs.

      Douce fin d’une autre journée à toi.

  32. son las lecturas de mi juventud!!! vaya recuerdos…

    besos querida señora

    tilk

  33. Je partage complètement tes propos. J’ai grandi aussi en regardant les émissions pour la jeunesse en noir et blanc, apprenant des poèmes en récitation et dévorant tous les livres du bibliobus… Bisous

  34. Daudet ? Une histoire d’amour qui dure depuis mon enfance ! D’accord, je lui en ai terriblement voulu de n’avoir pas laissé la moindre chance à la petite chèvre de Monsieur Seguin. Mais il m’a tellement ravie avec ses autres livres, et surtout fait rire avec les Lettres de mon moulin, que c’est pardonné depuis longtemps !

    • Sourire en te lisant… Il y a ainsi des auteurs qui nous touchent tellement profondément que nous pensons à eux comme des amis que nous pourrions pardonner… C’est extra.

  35. un petit coucou en passant .Il y a quelques temps je passais plus souvent. Bonne soirée boubou

  36. je te tartarine un bisous ni cucu ni gnagnan pour te souhaiter une belle soirée…

    que de bons souvenirs ici aussi :o))

  37. hem, je relis mes tarasconneries… c’est sûr parfois on se demande où mes noèmes m’emmènent…

  38. Ah ! la scène de la cruche. Tous les parents qui ont tendance à ne pas faire confiance à leur progéniture devrait la lire. Et les enfants aussi, pour qu’ils se sentent moins seuls.

  39. Bonjour Quichottine

    Je suis revenu sur tes billets bien plus en arrière que celui ci, au milieu du mois de novembre, sans laisser de traces sur les premiers.  Les deux blessures que j’y ai trouvé m’ont rendu silencieux, et j’ai préféré laisser un peu de place entre la dernière et mon premier commentaire.  Revenir te dire bonjour lorsque tu combats le loup de Daudet avec Blanchette  et cette intonation est plus convenable.    Daudet, c’est la Provence fleurie pour parisien qui marche sur les touffes de thym et s’en émerveille, qui sait conter presque sans émouvoir et qui aligne les jolies pages parfumées lisses commes des draps repassés.   Daudet, c’est la Provence des Papes, celle qui porte costume et joue du galoubet et danse en Avignon.  C’est l’image que veut donner d’elle même une Provence pudique qui ne se révèle guère.    Tu as cité Pagnol dans ta liste et sans doute en parlera bientôt. Je l’ai aussi en livre de chevet, ce marseillais. Sous le rire et l’accent qui chante perce aussi  le drame, les travers de l’âme, le malheur qui ne se dit pas et se cache. Un troisième volet nait sous la plume du modeste Giono, plus âpre, plus près des petites gens qui composent le terroir profond des villages.   Et pour paraphraser un dire célèbre, il faut un tiers de Daudet, un tiers de Pagnol, un tiers de Giono et un grand tiers de Mistral pour peindre ce coin de terre où mes ancêtres ont planté leurs racines.

    Le grillon qui reviendra tantôt.

    • Merci pour ces mots, Christian.

      J’aime bien quand tu compares ses pages à des draps bien repassés. C’est vrai que c’est un peu vrai. Une Provence qui se cache et qui s’offre pourtant, malgré tout, sur ses pages.

      J’avais été émue, très, par Maître Cornille, et je le suis toujours quand je pense à sa vie, ce « paraître » qui l’empêchait de sombrer tout à fait mais qui lui a fait « sacrifier » Vivette.

      On peut en rire, c’est vrai, ou trouver que ce côté un peu factice est répréhensible, mais finalement, il émeut, et la morale est sauve qui donne à ce meunier une belle fin de vie grâce à la solidarité de tout un village.

      Il faudrait que je relise tous les autres, mais je dois dire que celui-ci est peut-être mon préféré… et pas à cause du moulin !

      Je m’en veux un peu de n’avoir pas cité Giono, je le connais moins bien, et je l’ai « su » plus tard. J’étais déjà adulte quand je l’ai rencontré.

      J’ai tant aimé son Homme qui plantait des arbres… j’aurais dû en parler. Mais je l’ai déjà fait dans la quichottineraie. Tu te souviens ?

      http://quichottine.over-blog.com/article-et-si-46496964.html

      Il faut les trois, sans aucun doute… et il faut aussi avoir cheminé là-bas, sur les plateaux couverts de lavande, avoir vu les amandiers en fleurs et les oliviers prometteurs, avoir écouté les cigales pour ressentir toutes les pages, comme autant de moments passés près d’eux.

      Je n’étais jamais allée en Provence… J’y suis allée très récemment, et j’ai aimé ce que des amis m’ont montré. C’est très peu au regard de tout ce que j’avais à découvrir.

  40. Ce sont les lapins qui ont été étonnés !… Depuis si longtemps qu’ils voyaient la porte du moulin fermée, les murs et la plate-forme envahis par les herbes, ils avaient fini par croire que la race des meuniers était éteinte, et, trouvant la place bonne, ils en avaient fait quelque chose comme un quartier général, un centre d’opérations stratégiques : le moulin de Jemmapes des lapins… La nuit de mon arrivée, il y en avait bien, sans mentir, une vingtaine assis en rond sur la plate-forme, en train de se chauffer les pattes à un rayon de lune… Le temps d’entrouvrir une lucarne, frrt !
    voilà le bivouac en déroute, et tous ces petits derrières blancs qui détalent, la queue en l’air, dans le fourré.
    J’espère bien qu’ils reviendront.

    Ce passage là, combien de fois l’ai-je récité ? La 1ère fois , j’étais très jeune et je me souviens encore de mon étonnement au passage des « derrières blancs » qui détalent!

    • Merci d’avoir complété le commentaire de Chriss…

      C’est vrai que tous ces textes nous reviennent à l’esprit avec les étonnements d’alors.

      Passe une belle journée.

  41. jean-marie

    bonsoir, chère Quichottine,
    que de souvenirs tu réveilles en ma mémoire
    Daudet, lui aussi aurait pu paraître dans ma liste… mais il n’en fallait que 15
    j’adore le Petit Chose… les Lettres de mon Moulin…
    pour moi,  il y a aussi les Contes du lundi et il y a Tartarin, grotesque Don Quichotte à l’envers… excuse cette « comparaison » sacrilège
    ce que tu nous de ta première lecture de Daudet est trés touchant…
    bonne soirée à toi
    bises amicales
    jean-marie

    • J’ai lu les Contes du lundi… je n’ai pas encore lu Tartarin de Tarascon en version intégrale, ça ne saurait tarder…

      Je n’ai rien à excuser.

      Passe une belle journée, Jean-Marie. Merci pour ce partage.

  42. Ah ma Quichottine, avec alphonse Daudet, que de souvenirs de textes des lettres de mon moulin appris à l’école. Comme cela fait du bien de se souvenir. Bises et bon vendredi

  43. Oo° Kri °oO

    puisque tu parles de Daudet … tu te souviens que je t’ai mis en comm quelques mots sur  » Tartarin de Tarascon  » qui avait des similitudes avec Don Quichotte et Pança?

    Je te maile à ce sujet …

    Bon vendredi

  44. patdelapointe

    j’avais bien compris que c’était à cause de son moulin…….

  45. Le registre de monsieur Daudet n ‘est que du bonheur !!!!nos enfants ne lisent plus vraiment ce grand homme et c’est bien dommage

    bises Quichottine

  46. belgique-chine

    bonjour quichottine, je viens de rentré, comme j’ai pas mal de com, je passe de suite te remercié de ton passage.

    bonne journée

  47. c’est vraiment une tout autre époque Quichottine, nous lisions de vrais textes litéraires à cette époque; aujourd’hui, les parents sont heureux quand leurs enfants lisent des livres aussi insipides que twighlight

    bises Quichottine

    • Je pense qu’on leur a trop dit qu’il était juste important de lire et que peu importait le contenu.

      Dommage…

      Biss à toi aussi. Passe une bonne journée malgré tout.

  48. J’ai eu la chance d’avoir eu des parents qui m’ont gâté et qui à chaque occasion m’offraient des livres. Parmi eux Daudet fut sans doute un de ces auteurs qui ont le plus marqué ma jeunesse. Rien d’original en cela, car tous les écoliers l’ont aimé. Pourtant, parce que Daudet avait séjourné et voyagé en Algérie je pense avoir eu plus d’affinité et de sensibilité en lisant bien de ses textes. Ensemble nous avions vu, quoique à des dizaines d’années d’écart, presque les mêmes paysages, sentis les mêmes odeurs, et souffert de la même chaleur. J’habitais le quartier de Mustapha, un peu sur les hauts d’Alger, où Tartarin prit un bourricot pour un Lion…  Les pages des Contes du Lundi et autres immortelles oeuvres étaient collées de la confiture de mes tartines, car je ne pouvais jamais lire sans jouir de ces deux délices inséparables qui étaient dans ma solitude, et la lecture et la satisfaction du palais. Encore aujourd’hui, je me rappelle en souriant, de ces mots à l’occasion de n’importe laquelle de mes visites :
     « Tu entreras sans frapper, la porte est toujours ouverte, et, en entrant, tu crieras bien fort: » Bonjour braves gens ! Je suis l’ami de Maurice.. » (Les Vieux).
    Pour en savoir plus sur Daudet dans mon pays de naissance:
    http://www.alger-roi.net/Alger/litterature/textes/25_daudet_algerie_algerianiste40.htm

    Merci Quichottine pour votre évocation des lectures de Daudet ..

    • Merci à vous pour ce partage de souvenirs et de savoirs.

      La porte est ouverte, il suffit d’y entrer.

      Passez une belle journée.

  49. Chère Quichottine, je passe en coup de vent pour t’embrasser fort ! ! ! A bientôt.

  50. bonsoir

    Moi, c’est à travers Jean De Lafontaine que j’ai su à quel point j’aimais jouer avec les mots. Comme quoi, l’école, ça a du bon parfois !

    bonne soirée

    arielle

  51. belgique-chine

    bonjour quichottine, malheureusement mes photos ont du mal a rendre la réalité, de la férie, en plus il ont installer des km de pot de fleur, route, avenue, toute la ville a éte repeinte

    bonne journée

  52. Olala, j’ai du retard. Alphonse Daudet… Qui ne s’en souvient pas… Et tu as raisonpour les enseignants… Ah l’intonation…. l’importance de la ponctuation… Et pourtant, maintenant quand j’écris, parfois je n’en mets pas: à chacun de jouer sa partition comme il l’entends…

    • Je suis d’accord… il y a des textes qui laissent une grande part à l’interprétation, comme sur certaines partitions aujourd’hui, en musique.

      La poésie permet de nuancer, seulement par des majuscules ou des passages à la ligne, des espaces sur la page.

      Sourire… Tu as déjà tout compris !