Henri Gervex

Au musée d’Orsay, un nouveau conservateur imposait peu à peu son empreinte. Les salles s’organisaient, invitant les visiteurs à le redécouvrir.

 

J’étais un peu perdue, dans des lieux qui bien que familiers me semblaient différents.

 

Je cherchais « mes tableaux »… fébrilement.

 

Imaginez ce que vous ressentiriez si, en votre absence, l’un de vos proches s’amusait à tout changer de place ? C’était un peu les sentiments qui m’animaient.

 

Où étaient mes Raboteurs de parquet ? L’espace « Caillebotte » resta muet. Je parcourais les salles, un pincement au cœur. Un si grand tableau n’avait pas pu disparaître au fond d’un couloir sombre ? Impossible !

 

C’est alors que je m’arrêtais dans ma course…

 

Il était là !

 

– Le tableau que tu cherchais ?

 

Non, Rolla.

 

Dans une grande pièce, entouré d’autres tableaux, de ceux qualifiés de « mondanités » ou de « peintures de salon » par les responsables du musée.

 

Impossible de ne pas le voir, impossible de ne pas s’approcher juste un peu, pas trop, parce que la toile est grande. Impossible de ne pas l’écouter…

 

C’est d’abord une grande tache claire, lumineuse.

 

J’avais franchi la porte, il me faisait face. Il m’appelait.

 

Je ne savais rien de Rolla, du poème de Musset. J’ignorais tout d’Henri Gervex. J’aurais aimé pouvoir garder un souvenir de ce tableau. Le regarder à ma façon à moi, même maladroite.

 

Je l’ai contemplé longuement, très longtemps. Je savais que mes invités parcouraient le musée à leur rythme, nous nous étions donné rendez-vous à l’entrée aux environs de 12h30… J’avais le temps.

 

Je n’ai pas regardé ma montre… je les ai écoutés, tous les deux, et je me suis répété longtemps « Rolla, Gervex » pour me souvenir.

 

– Tu aurais pu le noter… Non ?

 

J’aurais pu. Mais je voulais être sûre que c était bien « ma » toile du jour. Si j’avais oublié, ça aurait été la preuve qu’il ne comptait pas vraiment. En rentrant, j’ai cherché, j’ai trouvé une reproduction de ce tableau sur Wikipedia.

 

Si vous saviez combien j’étais contente !

 

– Tu peux donc nous montrer Rolla ?

 

Oui. Voilà le tableau…

 

 

Henri Gervex, Rolla, 1878

Henri Gervex (1852-1929)

Rolla, 1878 (Huile sur toile, 1,75m x 2,20m)

Musée d’Orsay depuis 2010 (Image Wikipedia)

 

 

Rolla, ce n’est pas elle, c’est lui… Elle, elle s’appelle Marie, dans le poème, alors redonnons-lui ce si joli prénom.

 

J’ai une chanson dans la tête.

 

Elle était jeune et belle, comme de bien entendu

Il eut l’béguin pour elle, comme de bien entendu

Elle était demoiselle, comme de bien entendu

Il se débrouilla pour qu’elle ne le soit plus, comme de bien entendu !

 

Jean BOYER / Georges VAN PARYS (1939)

 

Marie a quinze ans, l’âge de tous les possibles, elle travaille chez madame Rose, modiste de son état.

Lui, c’est Rolla, il est un peu poète, un peu artiste et très, très, très charmant.

 

Il l’a croisée sur le boulevard, un samedi.

Il l’a suivie, sans se faire voir. Jusqu’à connaître tout de ses habitudes.

Et puis, un jour, il a ramassé au parc un mouchoir qu’elle avait laissé tomber.

 

Coïncidence ? Je ne sais.

 

Ils se sont parlé, se sont dit des « mondanités », elle était toute émue de voir quelqu’un s’intéresser à elle… Un « Monsieur », c’était certain. Il était très sage, l’entourait de ces attentions qu’elle croyait réservées aux « Dames ».

 

Il l’a conduite au concert… aux Tuileries. Là-bas, tout le monde la regardait, elle rougissait un peu, il trouvait cela très troublant.

 

Il lui avait offert un collier de perles… Il faisait un si bel effet sur son décolleté qu’elle n’avait pas su refuser.

 

Il l’a invitée à dîner, ce n’était pas dans un estaminet. Les serveurs pourvoyaient à leur moindre désir en les traitant comme des princes voyageant incognito.

 

Elle était grise… mais heureuse, tellement !

 

Qu’auriez-vous fait, à quinze ans ?

 

Lorsqu’elle est montée dans sa chambre d’hôtel et qu’il l’a prise dans ses bras, elle s’est laissé faire… Il était si beau, et ses paroles si tendres !

 

On lui avait bien dit, pourtant, de ne pas parler aux inconnus… mais l’était-il vraiment ? Ils avaient tant marché ensemble, tant vu des lumières parisiennes !

 

Tout était à la fois surprenant… et loin d’être désagréable. Il l’avait rendue heureuse et elle s’était endormie, nue, dans la lumière fragile de leur lampe de chevet. Elle dormait encore, si belle, épanouie comme une rose sous les premiers rayons du soleil matinal, fragile comme elle aussi.

 

Qu’importeraient la robe froissée et le cordon brisé de son corset ?

 

Ses rêves la berçaient encore malgré le jour grandissant.

 

Lui… approchez un peu, il s’est mis en retrait. Il s’est penché à la fenêtre pour écouter les nouvelles que le petit vendeur de journaux apporte comme toujours au réveil.

 

Ensuite, il s’est tourné vers elle… L’aime-t-il vraiment ? Il est comme le chasseur après l’affût. Une belle, une très belle jeune fille qu’il a réussi à séduire. Il est satisfait, mais inquiet.

 

C’est la première fois qu’il trouve autant de candeur dans celle qui a conquise. C’était tout à fait charmant… mais il a un peu honte de lui avoir menti. C’est la première fois qu’il se sent aussi coupable. On pourrait croire à un remord.

 

‘Tu m’aimes, dis, tu m’aimes ? » lui disait-elle tandis qu’elle perdait ses vêtements un à un… tandis qu’il lui volait sa fraîcheur.

 

Il l’avait bâillonnée de ses lèvres. Il avait senti son cœur battre comme celui d’un petit oiseau apeuré.

 

« M’aim
eras-tu encore après…? »

C’était cette phrase-là qu’il craignait. L’aimerait-il encore assez pour une seconde, pour une troisième fois ?

 

Il hésite… Il devrait disparaître, là, sans plus chercher à la revoir.

 

Que sera-t-elle demain… que sera-t-il, lui ?

 

Un peu plus loin, Paris, la Seine, les beaux quartiers et la brume matinale qui recouvre d’un voile pudique les rêves brisés des amants d’une unique nuit.

 

106 réponses à “Henri Gervex

  1. eh oui, une histoire sans cesse recommencée, bien racontée…

  2. Tomber amoureuse d’un tableau de  lumière  et chavirer pour une nuit sans suite, quel beau voyage ! Merci

  3. Merveilleuse huile d’Henri Gervex. Quand au poème d’Alfred de Musset, je ne m’en souvenais plus. J’ai rêvé avec toi en lisant ton billet Quichottine. Elle est belle cette « Marie » attendant son « Rolla » sur la couche du plaisir. Bonne nuit ma Quichoittine. Bon mardi également. Bises

    • Je crois bien que je n’avais jamais lu ce poème auparavant.

      Je suis heureuse que mon histoire t’ait plu.

      Merci, Zaza. Passe une belle journée… et pardon de t’avoir répondu aussi tardivement.

  4. C’est beau, mais c’est triste, ton histoire …

    Le tableau est superbe !

    Bon mardi ! Bisoux.

      
     

    • On pourrait la terminer autrement… mais je ne sais pas pourquoi, c’est cette histoire-là qu’il m’a racontée.

      Je suis heureuse que le tableau te plaise.

      Passe une belle journée, Dom. Bisous.

  5. Le tableau est magnifique !!! l’histoire…..une histoire de chaque jour, malheureusement !!

     

    Bonne journée avec bises

  6. Il y a une lumière dana ce tableau pour une rencontre toute aussi lumineuse. Une belle histoire d’un soir. Bises Quichottine

  7. Bonjour Quichottine,

    Une visite dans un musée, c’est toujours comme rajeunir ses pensées.J’ai découvert grace à vous ce poème-fleuve de Musset, un peu trop mélodramatique à mon gout !. Quant au tableau  d’Henri Gervex, c’est un peu comme un viol à l’étalage. Mais ainsi que dans les bonnes histoires morales (?) à la fin cependant le méchant s’est puni. Mais quelle sera la vie de cette enfant de quinze ans ? . Nous ne le saurons jamais.

    • Musset écrit souvent des poèmes trop longs que j’abrège volontiers dans mes souvenirs.

      J’ignore si mon histoire a traduit le tableau, je sais seulement que c’est ce que l’image m’a inspiré.

      La vie des jeunes femmes de l’époque était considérée comme « perdue » lorsqu’elles se donnaient « hors mariage »… Elle est perdue, mais je ne voulais pas écrire du Zola.

       

      Merci pour votre présence aujourd’hui. Passez une bonne journée.

  8. Comment ça elle avait 15 ans ? Mais c’est du détournement de mineure ….

    • Lorsqu’il a peint ce tableau, la majorité sexuelle était fixée à treize ans (loi du 13 mai 1863). Jusqu’à ce moment-là, une fille était « adulte » à 11 ans…

  9. Encore un de ces billets où tu excelles, celui-ci est particulièrement réussi. Il faut dire que le tableau d’Henri Gervex est beaucoup plus évocateur que n’importe quelle « oeuvre contemporaine ». J’en profite pour dire : vive le figuratif, barbouilleurs de couleurs essayez de faire aussi bien avant d’oser vous prétendre artistes peintres.

     

    • Merci pour ces compliments, Olivier.

       

      Certains tableaux non figuratifs me plaisent aussi.

      Je me refuse à mettre tous les peintres dans le même tiroir. Je sais qu’il y a des toiles qui m’émeuvent et d’autres pas.

  10. Ce tableau est magique mais pour ce moment de bonheur combien de nuits sans sommeil pour cette petite Marie de 15 ans.

    Je t’embrasse très fort ma douce amie.

    Ps: ton billet m’a émue. Après l’avoir lu je suis repartie me promettant de revenir. Arrivée chez Trinity j’ai lu son billet, commenté mais je pensais à toi et pas réveillée du tout ai écrit un commentaire que je te destinais. Elle va bien se demander si je ne suis pas déboussolée. Non, juste trop émue par ton billet…

     

    • Sans doute beaucoup… sauf si d’autres réussissent à récrire son histoire.

      Ne t’en fais pas, je suis sûre que tu as aussi expliqué à Trinity.

      Bisous tout plein, ma Sophie.

       

  11. Je ne connaissais pas ce peintre

    Comment ne pas rêver devant un si beau tableau?

    Et j’aime la façon dont tu racontes leur histoire

  12. Chère Quichottine, voilà encore une belle histoire et un bien beau tableau, j’aime cette lumière attirante. Rolla a rencontré une bien jolie Marie.

    Le Musée d’Orsay est l’un de ceux que je n’ai jamais visité, à faire.

    J’ai un faible pour le Musée Rodin, j’adore les sculptures. Bisous et merci

    • Si tu ne l’as jamais visité, et que tu en aies l’opportunité, n’hésite pas… Il est splendide ! Et, comme tu aimes les sculptures, tu en trouveras certainement à ton goût.

      J’ai de bons souvenirs du Musée Rodin.

      Merci pour ce partage. Bisous.

  13. patricia11

    Tu as imaginée l’histoire Quichotinne , ou est-ce une aventure réelle ? Je suis étonnée par tant d’infinis détais sur une toile finalement pas si grande que celà.

    • Le tableau m’a parlé, comme souvent. J’ai raconté ce que j’ai éprouvé en le regardant.

      Comme je le dis dans l’article, Gervex l’a peint comme illustration d’une partie d’un poème de Musset.

      Je n’avais pas envie qu’il meure.

       

      La toile est quand même très grande…

  14. Tu es une merveilleuse conteuse d’histoire, si un jour je vais visiter ce musée, il faudra que ce soi avec toi.Merci pour ce bon moment.

    • J’aimerais te rencontrer, tu le sais… Alors, tu visiteras le musée à ton rythme, et ensuite tu me montreras les tableaux qui te plaisent.

       

      Je te raconterai ce qu’ils me disent.

      Merci pour ta présence fidèle, Solange.

  15. Quand l’émotion est là que ce soit pour cette chanson que je connais si bien ou pour le tableau, je me tais.

    Juste quelques larmes…

     

    Je t’embrasse

     

     

  16. je tombe sous le charme de ce tableau …bise viviane

  17. Quand tu revisites un tableau, une image, Quichottine, c’est un  » nouveau monde « , une histoire qui s’ouvre, et me voilà séduite …

    Dans le tableau de Gervex, les draps, les étoffes, leurs froissements, la lumière et ces reflets moirés, tout cela avait (avant de t’écouter) pris le pas sur l’histoire de Jacque et de Marie …  

    Bonne soirée. Bisous, Quichottine.

    • Tout m’avait plu.. c’est fou ce que ce tableau m’a émue !

       

      Merci pour tes mots, Midolu. Je suis contente que tu sois là aujourd’hui.

      Passe une bonne journée.

  18. magnifique mise en page – Les vacances sont terminées, je commence ma visite par ces quelques mots car je voudrais saluer toutes les amies, mais ensuite je serais plus sérieuse je laisserais mes yeux se promener sur ton article (et de plus je fais un copier/coller) bisous d’amitié Mamy ANNICK

  19. Tes mots sont aussi beaux que le tableau… Rolla regarde la jeune fille abandonnée à la façon du toréro qui vient d’abattre le taureau. J’exagèr epeut-être un peu mais je n’aime pas ce regard de tombeur. J’imagine les rêves candides de Marie, sa prureté et sa naïveté, sa déception aussi lorsque Rolla (qui me rappelle Bel-Ami de Maupassant ») aura disparu à son réveil… Bisous

    • Merci pour tes mots… Je crois que nous avons un peu le même regard sur Rolla.

      … et merci pour ce retour à Maupassant auquel d’autres ont songé.

       

      Je suis contente que mon histoire t’ait plu.

  20. je suis allée lire le très long poème   que je ne connaissais pas du tout; c’est une vraie tragédie   avec en plus toutes ces réflexions sur la religion , l’hypocrisie du monde , etc…

    Ton histoire est plus gaie et romantique même si la fin est aussi cruelle!

    Ce tablau est tès beau , quelle grâce et quelle justesse des traits

    Bisous

    • Le poème de Musset est à lire, je pense, même s’il est difficile et traîne un peu en longueur.

      Je ne le connaissais pas non plus.

       

      … J’ai préféré raconter le tableau plutôt que le poème. Tu ne peux pas savoir, mais, dans la réalité de la salle, au Musée, il est tout à fait splendide !

      Bisous pour toi auss, Fanfan. Merci.

  21. Sans aucune hésitation, je préfère ta prose au lyrisme de Musset, tout en pensant que ses réflexions sur la religion sont terriblement d’actualité.Pour le tableau, je rejoins la cohorte des admirateurs. Mais chut ! Fermons la fenêtre et laissons les volets clos…

    • Malheureusement, je suis d’accord avec toi… c’est terrible de penser que ces réflexions sont si actuelles !

       

      … merci pour ton appréciation de « mon » tableau.

      Je t’embrasse, Galet, je suis contente que tu sois là.

  22. J’aime beaucoup ce tableau, je le trouve plein de tendresse et d’innocence non feinte!
    J’aime la façon dont tu en parles!
    Je te souhaite de passer une bonne soirée.
    Un bisou amical
    Viviane.

  23. J’ai effacé les deux dernières lignes … pour continuer l’histoire à ma manière Quichottine, comme un conte !! J’aime les histoires qui se terminent bien !!
    … je passe à la page suivante !! A tout de suite !

    • J’aime aussi les histoires qui se terminent bien… mais je ne sais pourquoi, celle-ci ne le pouvait pas.

      J’attends la suite de « ton » histoire à toi.

      Bisous, Christine, et grand merci pour ta présence.

  24. Quel joli tableau.
    J’ai bien aimé cette histoire Quichottine, elle est un peu jeune tout de même pour connaître le grand amour.

  25. Le tableau est splendide mais

    comment a-t-il pu, elle n’avait que 15 ans !!!

    Très joliment raconté Quichottine

    Gros bisous

    • Tu sais… les filles étaient censées avoir atteint la maturité sexuelleà 13 ans…

      Pas de détournement de mineure, en l’occurence, si l’on replace le tableau dans son époque.

       

      Je suis contente que ce tableau t’ait plu.

      Gros bisous.

  26. Crosi-tu qu’il a hésité longtemps, il a fui sans doute la belle odalisque avec juste un soupir de culpabilité !

    Bon, moi si je faisais des poèmes aussi longs crois-tu qu’on me lirait jusqu’au bout , bon d’accord je ne suis pas Musset !

    Bisous Quichottine

    • Des poèmes aussi longs ne seraient plus lus, c’est certain.

      Dans les concours, ce sont souvent les textes les plus cours qui sont pébicités.

      Je crois que plus personne n’a le temps.

       

      Je pense qu’il n’a pas dû hésiter longtemps.

      Bisous, Zoupie. Merci pour ce partage.

  27. Bonjour Quichottine,

    Je ne me lasse pas de tes « folies »parisiennes, à force de t’entendre parler de Caillebotte et des raboteurs de parquets le chanson de Cabrel me court dans la tête comme un leitmotiv :

    « Quelquechose vient de tomber

    Sur les lames de ton plancher…. » pauvre Caillebotte et pauvre Rolla ce qui est tombé n’a pu faire de bruit cette nuit là , jupons et dentelles. Ce tableau me rappele toujours « Le verrou » de Fragonard. Avant, après, d’autres temps, d’autres moeurs mais c’est toujours Paris.

    Quand j’habitais Paris, j’aimais aller au centre Pompidou, j’ai un faible pour Kandinsky.

    merci pour ces visites commentées.

    • Le verrou… Un tableau que j’aime bien aussi !

       

      J’aime bien Kandinski… Mais je n’ai pas vraiment aimé la visite que j’ai faite ces jours-ci au Centre Pompidou.

       

      Merci pour ces mots et ce partage. Passe une belle journée.

  28. ce tableau est sublime, et ton histoire si banalement triste, et si nos amants conjuraient le sort des hstoires d’amour dramatiques, et si ce bel homme était enfin ému, transpercé jusqu’en son coeur par si belle candeur ?

    merci pour cette si jolie découverte, j’irai le voir , en vrai, dés que possible …

    • Eh oui… C’est plus souvent ainsi que ça termine. Je pense que quelque part, des années de littérature et de cinéma m’ont influencée.

      J’espère de tout cœur que tu pourras voir le tableau en vrai, il est splendide !

       

      Passe une bonne journée, Isabelle. Merci.

  29.  Attention cependant à ne pas confondre la notion  de majorité sexuelle (très complexe)  qui  n’empêche pas ( même au 19e siècle) les procès intentés  par les parents pour « détournement de mineur(e). Il ne s’agit pas d’une majorité à proprement parler mais de dispositions légales cherchant à donner des droits à la personne mineure. Souvenons-nous du procès de Gabrielle Russier .

     

    • Je me souviens très bien de ce procès… et du film aussi, qui m’a beaucoup marquée.

       

      Tu as raison, tout cela est bien complexe. J’ai cherché mais n’ai pas trouvé l’historique convenable.

  30. Il y a longtemps que je ne suis pas retournée à Paris, la plus belle ville du monde…

    Tu m’as donné envie d’y retourner et je n’oublierai pas ce musée. Bon week-end. Bises

  31. oh que c’est beau, que c’est bon

    et Rolla, quelle merveille!

    je me disais qu’avec ces lois à la con, des tas d’artistes ont crevé de fin jadis, et non des moindres, mais qu’aujourd’hui encore on peut amplement faire diffusion de leurs oeuvres (pour une bonne part) mais qu’en revanche, il devient plus difficile de promouvoir l’art contemporain sous toutes ces formes (certes théoriquement pour que leurs créateurs ne meurent pas de faim, mais pas que, et on envisage bien tous les intérêts connexes de quelques profiteurs là aussi, protégés par la loi) mais comment faire la différence entre la promotion d’art et l’exploitation illégitime et la spoliation…

    encore une fois, il n’est pas assez de nuances et on jette le bébé avec l’eau du bain…

    on n’a pas fini d’en reparler

    gros bisous, aujourd’hui encore je dois faire court…

    mais non, je ne vais pas céder à la tentation de trépigner d’impatience, je reviendrai lire calmement, demain ou après demain…. tout ce que je vois défiler ici et à quoi je n’accède pas encore…

    oui, oui, je suis gourmande!! tu m’as démasquée…

    à très vite

     

    • Je suis d’accord… Je trouve dommage certains excès, mais nous n’y pouvons rien.

       

      Tu viens quand tu veux/peux… Cela me fait plaisir.

      Merci, Mamalilou.

      Passe une belle soirée. Gros bisous.

  32. Je reviens chez toi après avoir suivi ton lien chez Nat. J’aime quand des billets se répondent, se complètent, se diffèrent. Et vous me redonnez toutes les deux l’envie de le revoir au musée.
    Kiss

  33. Bonsoir, je n’ai jamais vue ce tableau a Orsay , il est très saisissant .
    Ce réalisme de l’époque me fais penser a un roman de Tolstoi, Resurrection.
    L’histoire d’une jeune fille simple, Katioucha Maslova, séduite et abandonnée
    par le noble Nekhlioudov…..
    Merci pour cette découverte.
    Chris

    • Merci pour cette piste de lecture… Je n’ai pas lu ce roman.

      Ce tabeau a été accroché récemment, tu le verrais, tu en serais sans nul doute émerveillé. Il a une luminosité fantastique. Il éclaire toute la salle où il se tient.

       

      Passe une belle journée.

  34. Coucou Quichottine,

    Cette toile me dit vaguement quelque chose. Merci de l’avoir mise en lumière. Elle est magnifique dans la lumière de ce matin pas comme le autres. Une belle qui n’a pas su dire non. Un Don Juan qui va partir chasser ailleurs car cette jolie colombe n’a plus de secrets pour lui…  Histoire banale mais que tu as sublimée par la magie de tes mots. Merci  chère conteuse. Un régal de plus.

    Bonne journée à toi

    Martine

    • Comme c’est gentil d’être remontée dans mes allées pendant mon absence !

      Merci, Martine.

      Je suis contente que ce texte te plaise.

      Passe une bonne soirée.

  35. SONYA 972

    mais quel tableaux

    je dirai sublimeeeeeee

    j’ai trop aimé

    ah wiiiiiiiiii

    je te fais de gros bisous

  36. Quelle « heureuse » époque, qui permettait d’inviter une jeune fille de 15 ans à l’Opéra, et plus si affinités, et de lui lier le cou de perles …..

    • Il n’y avait pas de véritable enfance… je ne suis pas sûre que j’aurais aimé vivre cette époque-là.

       

      Mais c’est sans doute parce que je suis une femme.

  37. patdelapointe

    oh ! le coquain…il l’a sauté avant ou aprés l’avoir peinte ?

  38. canelle56

    Une vraie petite merveille ce tableau , je ne connaissais pas ce peintre , mais dans ce tableau quel foisonnement de détails , quelle minutie ..j’aime beaucoup

    Quant à la reflexion que tu lui donnes j’imagine bien qu’un tel sentiment puisse traverser un homme devant tant de candeur et de beauté naïve et l’envie de partir n’en ai surement que plus forte

    merci pour ce partage en douceur

    bises Quichottine

  39. Oo° Kri °oO

    Georges van Parys… ca me dit quelque chose…Mince!! mon prof d’anatomie qui m’a fait tant suer!! …heu ca doit pas être le même

    Très joli tableau!

    Celui qui m’a le plus frappée, certainement par son audace, est l’Origine du Monde de Courbet

    • Sourire devant ton commentaire… Merci, Kri, pour ce partage.

      Kinou avait mis ce tableau de Courbet dans l’article qu’elle a consacré à ce peintre. Je sais que ce qui me surprend toujours quand je vais au Musée d’Orsay, c’est de voir la foule de touristes qui s’y presse.

      L’origine du monde a presque plus de visiteurs que La Joconde au Louvre ! (Je sais, j’exagère un peu…)

       

      … Je crois qu’il fallait oser le peindre et l’exposer.

  40. comme tu as bien raconté cette histoire de belle épanouie comme dans la chanson des trois petites notes de musique. J’ai pensé aussi à la chanson de Gervaise que j’ai fait découvrir cet été à ma petite fille qui lisait l’assomoir. C’est drôle, je n’aime pas du tout ce genre de tableau, sans doute parce que mon père souffrait de donjuannisme et qu’il nous a fait beaucoup de mal. Certaines femmes sont si fragiles et ne savent rien voir aujourd’hui encore malgré tout ce qu’elles savent!!

    Le tableau que je cherchais moi désespérément lorsque je suis je suis retournée à Orsay, c’était un immense tebleau de Rosa Bonheur avec des boeufs au labour, sans doute une autre manière pour l’homme de se dire qu’il est maître de creuser ses sillons et de laisser sa trace!!

    bises tout plein

    je ne réponds plus au coms, je suis loin  de tout en ce moment, juste envie de peindre et de me reposer!

    • Je crois que chacun projette beaucoup de son vécu dans les œuvres d’art qu’il rencontre.

       

      Ce tableau, enfin, s’il s’agit bien de celui auquel tu penses, n’était pas là quand j’y suis passée.

      J’espère qu’il est bien revenu de Chine où il était parti pour une exposition en 2008.

       

      Je comprends que tu te sois éloignée de la Toile.

      Prends soin de toi et profite de ce que les jours peuvent t’offrir de beauté et de calme.

      Je t’embrasse fort.

  41. Hélène,

    Un tableau à la fois candide et un peu sordide, comme un conte de Maupassant, et que tu fais revivre, là, sous nos yeux…

    Merci pour tout, Quichottine chère. 🙂

  42. KERFON LE CELTE

     

    Effectivement, comme toi, faute d’avoir l’espérance de trouver le modèle « elle-même », je me serais immédiatement mis à la recherche du tableau donneur d’impressions d’un moment de  bonheur.

    Décidément, elle me plaît bien cette Rosa cueillir…

    BISES QUICHOTTINE

    KLC

  43. Magnifique. En regardant de plus près, oui, oui, approche-toi bien, Rolla me fait penser à Don Quichotte. Qu’importe, ils sont beaux tous les deux.

    Un tableau, une histoire, merci Dame Quichottine. Tout cela m’a beaucoup manqué.

    Douces pensées.

  44. C’est une belle histoire, mais naturellement les princes de l’époque n’épousaient pas les bergères…

    Merci de cette tendresse d’une nuit Quichottine.

    Bisois pour toi

  45. Un séducteur chevronné, une jeune fille naïve et romanesque …..

    Eternel duo, qui parfois (?) aboutit au drame.

    Magistrale illustration quichottinesque de ce tableau !!!!

    Bisous ma Quich’ et bonne fin de journée

     

    • Merci pour ces compliments, Clo. Tu sas combien j’aime donner des histoires à certaines images, alors, je suis vraiment heureuse qu’elle t’ait plu.

      Bisous et bonne fin de journée à toi aussi.

  46. Un éblouissement…..Pour lui, pour elle et pour moi…Merci, merci pour le tableau…Dommage que l’histoire soit un peu triste. Bises   VITA

    • Cette histoire-là ne pouvait pas être vraiment gaie.

      Dans le poème de Musset, Rolla se suicide. Je ne voulais pas qu’il meure.

       

      Merci pour ta présence, Vita.

  47. SONYA 972

    je te remercie c’est super sympa 

    ta présence à mes côté en ce jour spécial

    pleins de 

  48. Charles Daney

    Le poème, ce n’est pas Rolla, c’est Quichottine.

  49. Rolla n’ose plus regarder par la fenêtre tellement il a peur de perdre Marie 😉 Une oeuvre tout en candeur et pudeur .

    Bonne soirée Quichottine

    Bisous

    • Une plus jolie fin que la mienne ! Merci, Urban.

       

      Je suis d’accord avec toi pour la candeur et la pudeur… C’est ce qui m’a frappée.

      Bonne journée à toi. Bisous.

  50. ♥ Trinity ♥

    Absolument magnifique ce tableau !!!!

    Puis comment résister à un homme charmant lorqu’on a 15 ans et que l’innocence est encore tellement présente ???

    Puis même après 15 ans, le charme reste le charme,et parfois…..

    Plein de tendresse ton billet, j’aime beaucoup

    Bises

    Trinity

    • Tu as tout à fait raison… il y a de grands charmeurs dans la gent masculine.

       

      Je suis heureuse que mon histoire t’ait plu. Merci pour ta présence, Trinity.

  51. Elle était belle, fraîche et naïve.

    Une chose seule peut être retenue sans regret, même si les larmes ensuite la laisse dans l’oubli: il l’a rendue heureuse.

    Quelques jours, une heure, une minute et c’est un souvenir unique pour toute la vie.

    • J’en suis certaine.

      Le poème de Musset était différent. Mais je ne le connaissais pas quand le tableau m’a parlé…

      Tu ne peux pas savoir quel effet il m’a fait quand je suis entrée dans la pièce du Musée. Comme un aimant !

       

      Je crois que de cela aussi je vais me souvenir.

      Merci pour tes mots.

  52. insouciance de la jeunesse ou tout est permis

    regrets et culpabilité aux aurores face a cette naive beauté

    mensonges et amour impulsif

    pour sombrer définitivement dans les ténèbres

    merveilleuse toile qui ne m’a pas laissée indifférente non plus

    http://www.revedebonheur.com/article-henri-gervex-rolla-d-apres-le-poeme-d-alfred-de-musset-60656554-comments.html

    • C’est un tableau magnifique !

      J’ai adoré, tu sais ? Il m’a absolument subjuguée alors que j’entrais dans la salle où il est exposé au Musée d’Orsay.

       

      Merci pour le lien déposé ici.

       

      Ton article est superbe !

      Passe une belle journée, Nat.