Silence

Partir…

Peut-on décider un jour de partir en voyage, de s’en aller très loin, sans même espérer revenir ?

Je ne sais pas.

Je me dis seulement que ceux qui partent ainsi n’ont pas d’attache, pas d’envie même d’en créer.

Ils se sont laissé happer par le silence.

© Anne A.

© Anne A.

20 réponses à “Silence

  1. Je ne sais pas.
    Se faire happer par le silence, c’est mourir.
    Partir, c’est autre chose, et je crois que lorsqu’on est attaché à des proches, qu’ils soient de la famille ou des amis, on ne peut leur faire cette peine.
    A moins qu’on ait besoin de faire le vide en soi, un besoin de reposoir, de couvent, de retraite… mais cela ne peut durer.

    Je réfléchis avec tes mots de là où je suis.
    Partir, oui, mais tout mon monde saurait que je pars et que je ne suis pas en danger.

    Je t’embrasse tendrement.

    • Je crois que le silence n’est pas obligatoirement la mort, dans le sens physique du terme.

      Mais c’est la mort de l’être, en ce que sa richesse réside dans l’échange.

      Celui qui s’enferme dans le silence perd une partie de lui-même, je le crois.

      Faire une retraite, c’est autre chose. On n’est pas totalement silencieux.

      Merci pour tes mots, Polly, de là où tu étais ils m’ont fait du bien.
      Je t’embrasse tendrement.

  2. Ceux qui partent savent qu’on est partout étranger, et ils partent pour savoir qui ils sont et comment ils aiment…
    Très beau, Quichottine…

    • « Qui ils sont et comment ils aiment »

      Je crois que nous ne savons jamais qui nous sommes vraiment…
      Partir pour savoir comment nous aimons… Oui, sans aucun doute. Pour savoir si ceux que nous croyons aimer nous manqueront.

      Les aimons-nous vraiment ?

      Merci, Marlou.

  3. J’aime particulièrement les mots de Petite Elfe, ils sont tellement vrais.
    Partir, moi? Je n’y pense pas.
     Sans doute trop lasse pour entreprendre un long chemin.
     Partir un balade en forêt, oui, cela je veux bien.
    Et puis je suis une sédentaire. Je m’installe et je rêve mais non, je n’ai pas envie de partir.
    Bien qu’un petit tour là-haut dans ton paysage de neige soit tentant. Juste pour un aller-retour!
    Je t’embrasse fort .
    Dame Sophie.

    • Je ne m’étonne pas de ta réponse.

      Un aller-retour dan les montagnes… oui, aussi.

      Tu sais, je crois qu’on peut avoir envie d’un ailleurs différent, mais, où que nous allions, nous avons un compagnon invisible mais tenace : le « moi » que nous aimerions fuir.

      Celui qui part ne fait que déplacer le problème.

      Je t’embrasse fort, Sophie.
      Prends soin de toi.

  4. Pas toujours, il y a des gens qui ne peuvent demeurer sur place…

    • Il y a ceux qui refuseront toujours la moindre attache, la moindre responsabilité, par peur de perdre leur liberté.

      Mais, cette liberté, n’est-elle pas trop cher payée ?

  5. Se laisser happer par le silence, oui!! mais dire « pas d’attache »? non! Effectivement, certains font le « grand saut », quittent tout, et laissent derrière eux tant de peines et de souffrances, comment comprendre cela, mais heureusement ces cas là sont rares. Par contre, se laisser happer par le silence, aller le chercher et le rechercher, vivre à yeur, sans pour cela couper tous les ponts mais se retrouver soi pour mieux retrouver ceux que l’on aime….

    • Je ne sais pas Anne.

      Je comprends tes mots pourtant.

      Un silence voulu pour se retrouver soi, pour faire le point… Mais dans ce cas, tu sais que tu vas revenir, même si tu ne sais pas quand.

      Je crois…

  6. Tu n’as jamais eu envie de partir , loin , loin de tout , loin des tient. étouffé par le quotidien. besoin de respirer ? besoin de te retrouver seule ? je sais que certain ne supporte plus ce quotidien .ça ne veut pas forcément dire qu’ils n’ont personne, ou qu’ils ne veulent lier aucun lien. ça veut peut être dire que c’est une question de survie ^_^ j’avais vu une émission sur une personne qui avait tout quitté. anonyme le témoignage, pour pas qu’on la reconnaisse. elle expliquait bien ce geste 😉

    • Si, souvent… Mais je ne l’ai pas fait.

      Je crois que ce sont ceux que j’aime qui m’en ont empêchée.
      Le quotidien est étouffant, surtout lorsqu’il est silence.
      Mais c’est celui que je me suis donné.

      J’essaie de le transformer.

  7. Petite Elfe

    Ils partent pour savoir si on va essayer de les retenir… ou s’ils sont partis, pour voir si quelqu’un va aller à leur recherche…. C’est une façon de s’assurer qu’ils sont aimés….

    • Tu me rejoins dans ma réponse à Marlou.

      Je crois que c’est souvent cela, même quand nous ne voulons pas l’avouer.

      Merci, Petite Elfe.

  8. hum… et …ta photo est sublime!! sourire

    • Elle n’est pas de moi… Elle est de mon amie Anne, qui fait de si belles photos de ses montagnes, là-bas, dans les Alpes de Hautes Provence.

      C’est vrai que je ne l’ai pas écrit. Je vais retoucher mon article. Son nom est dans l’adresse de la photo, mais ça ne suffit pas.

      Merci pour elle.

  9. « Je crois que ce sont ceux que j’aime qui m’en ont empêchée. » Je crois surtout que c’est nous qui nous nous en empechons pour ceux que nous aimons….

  10. j’erre depuis de longues minutes de longs quarts d’heure………….. je me suis perdue, j’ai fait une rencontre qui m’ a émue aux larmes, qui m’a laissé la gorge serrée, je n’ai pas laissé trace de mon passage, il est des endroits dont on apprend l’existence, mais dont on ne peut pas parler, où l’on ne peut pas parler……..
    et partir, oui, on peut, très loin, sans savoir si l’on reviendra. un besoin viscéral de vivre par soi même , pour soi-même, cela  devient une nécessité vitale de distendre les attaches, de sortir de la bulle où l’on se sent étouffer. partir comme pour des vacances dont on ne connait pas la date de retour, et de loin en loin, dire « ne vous inquiétez pas, je vais bien : JE VIS » et on a envie de conclure en rajoutant ce petit mot qui en dit si long : » enfin, » et on n’ose pas…………..
    bises nocturnambules

    • Il y a des mots qui n’ont pas besoin d’autres mots… et les tiens me montrent – si c’était nécessaire – ta délicatesse. Merci pour cette émotion partagée, ici, plutôt que là-bas.

      Merci pour ces autres mots, ceux qui montrent que nous partageons beaucoup toi et moi.

      Je t’embrasse fort, Croc. Très fort.