Louis Ferdinand Céline (par D. Le Boucher)

Aujourd’hui, dimanche… la bibliothécaire se repose…

Elle a laissé sa page à Dominique… l’écrivaine des Diables bleus, celle qui passe de temps à autre déposer de longs commentaires qui mériteraient une première page…

La une, aujourd’hui, je la lui donne encore, à Dominique Le Boucher.

Je la laisse, telle qu’elle s’est exprimée, là, sous mon billet consacré à Louis Ferdinand Céline, à son Voyage au bout de la nuit.

Céline est un écrivain controversé… on lui reproche beaucoup de choses. Moi, j’ai dit que je ne le connaissais pas. Alors, Dominique a pris avec elle de quoi écrire pendant qu’elle était en vacances, et elle m’a envoyé une lettre dès son retour.

Je ne garde rien pour moi… je vous montre. J’ai ajouté les couvertures et les références des livres dont elle parle, pour illustrer ses mots, mais je n’ai rien modifié, pas la moindre virgule, la moindre mise en gras qui aurait pu modifier ses pensées.

Je suis comme ça, je vous laisse avec elle, seulement aujourd’hui.

Si vous n’êtes pas satisfaits de la décision que j’ai prise, vous pouvez toujours poster vos remarques dans le bureau des réclamations. Je vous rappelle qu’il a été créé pour ça.

Passez un bon dimanche… ensoleillé si possible !


Louis-Ferdinand Céline  » Au commencement était l’émotion «  

Epinay, jeudi, 1er mai 2008

Dire ce que Céline ma apporté à moi qui écris et qui ai décidé un jour d’en faire un métier en revendiquant le côté tellement artisanal de ce job qui n’a rien de quelque chose d’intello coupé du réel ou quoi… et qui a tout du graveur d’eaux-fortes avec son burin sa pointe-sèche et son moindre détail près c’est dire d’abord que l’écriture qui a l’air d’être l’art le plus abstrait c’est pour moi l’art le plus sensible sensuel et émotif qui soit…

Et donc en disant ça au départ de ces quelques lignes qui n’sont rien  qu’une façon parmi des milliers de se frotter à Céline vu que des bouquins sur lui y en a des kilomètres c’est pour moi faire référence aux deux écrivains autour desquels je tourne en aboyant comme un chien foi ouaouf ! ouaouf !… Céline et Bukowski… Cette petite bafouille au sujet d’une des multiples facettes de Céline n’a rien d’exhaustif j’aurais pu écrire des tas d’autres choses je l’ai fait je le ferai… là ça s’est présenté comme ça et peut-être que ce bout de mon expérience peut vous intéresser… peut-être ou peut-être pas…

Pour celles et ceux qui ont envie de retrouver des extraits des bouquins un résumé biobibliographique des commentaires pas bêtes du tout pour mieux connaître le bonhomme et des photos vous pouvez vous procurer à pas cher le livre Découverte Gallimard n°407  » Céline ‘ Ça a débuté comme ça  » de Pascal Fouché qui est vraiment sympath et pas redoutable du tout à lire…

Autre petit bouquin que j’adore et qui fait le tour d’un des aspects de Céline facile à aborder tendre et malicieux c’est celui qui raconte l’épopée incroyable du chat Bébert accompagnant Céline et sa femme Lucette ainsi que l’acteur Le Vigan à l’intérieur de la superbe et pourrie musette que Céline va garder durant toute son Odyssée en Allemagne et au Danemark pendue sur la poitrine : Bébert le chat de Louis-Ferdinand Céline de Frédéric Vitoux aux Cahiers Rouges de Grasset 1976.

 » Témoin fidèle et rédempteur, ce gros chat de gouttière tigré deviendra aussi un héros de romans, puisqu’il apparaît dans Féerie pour une autre fois, Normance et surtout après sa mort dans D’un château l’autre, Nord, et Rigodon.  » A peine un an après le retour à Meudon où Céline finit sa vie humaine mais pas sa vie littéraire à laquelle Bébert donne l’image de l’amour qu’il portait aux animaux leur dédicaçant d’ailleurs Féerie pour une autre fois ce compagnon fabuleux dont la présence ainsi que celle de sa femme Lucette a soutenu l’écrivain dans sa cellule de la prison de la Vestre Fanegsel danoise va mourir de fatigue et de maladie.

C’est à partir de là qu’il devient ce que F .Vitoux appelle un  » Chat de papier  » le double silencieux qui n’existe qu’à travers tous ces voyages ces errances car l’œuvre de Céline c’est sa vie tragiquement épiquement somptueusement mise en musique en rythmes en mots en conteries…

Pour celles et ceux qui aimeraient en découvrir d’autres fragments ou se plonger à fons dans une des œuvres essentielles du 20ème siècle moi je conseillerais la  » trilogie  » de l’épopée allemande et danoise D’un château l’autre, Nord, Rigodon tous en L de Poche et pour connaître l’homme ses amours ses rêves ses

voyages ses aventures et ses rencontres il y a la bio du même Frédéric Vitoux La vie de Céline Ed. Grasset mais aussi en L de Poche…

Enfin l’ami Louis et moi on vous a raconté dans notre blog des Cahiers des Diables bleus notre  » Voyage à Meudon  » et la balade qui nous a trop émus bouleversés touchés au Cimetière du Haut Meudon où un des plus grands écrivains du 20ème siècle est enterré entre le ciel de la banlieue qu’il aimait et les boucles de la Seine qu’il regardait depuis sa maison de la Route des Gardes sous une simple dalle de granit où Lucette sa femme a fait graver un trois mâts ce que Céline le Breton avide d’océan qui retournait chaque année à Saint-Malo aurait aimé c’est sûr…

Dans ce petit cimetière où la ville et les habitants de Meudon ont bien voulu de lui Céline dérive tel un bateau ivre sans la moindre plaque à l’entrée… on a pensé Louis et moi que c’était pour éviter ce qui est arrivé à la tombe de sa mère Marguerite Guilloux morte avant qu’il ait pu la revoir alors qu’il était au Danemark et inhumée au Père-Lachaise que de méchants cons ont grattée pour en effacer le nom et la trace…

Mais Céline n’est pas seul car dans le cimetière du Haut-Meudon des tribus de chats vagabonds gras hirsutes et aussi ensorcelés et fidèles que Bébert viennent régulièrement lui rendre visite et jouer parmi les allées désertes tandis que quelques
errants humains Indiens fouillant les plages d’océan de leurs pas de fantômes tendres et hagards simples poètes du quotidien songeant à l’enfant du Passage Choiseul qui rêvait d’autres horizons que celui de cette  » cloche à gaz  » et qui leur a offert la plus grande cérémonie humaine de ces temps avec grandeur et générosité apportent chaque été aux premiers jours de juillet des cailloux ronds et doux qu’ils déposent là comme des signes de reconnaissance… Et chacun sait bien que dans la langue celte ces cailloux posés sur une tombent signifient : tu es vivant…

Céline c’est d’abord une voix sur France-Culture qui lit le début de Voyage et là je tombe en arrêt c’est qui cette voix douce et terrible avec la diction et l’accent des Faubourgs celle d’Arletty sa grande amie elle aussi née à  » Courbevoie Seine  » ?… Cette voix qui dit un texte que je ne connais pas et qui m’explose tout d’suite avant que je l’entende par un autre de ses grands poteaux Michel Simon :  » t’es rien con Ferdinand !…  » Cette voix de la banlieue déjà encore toujours…

Et voilà je suis rentrée dans l’écriture de Céline par ce qui me touche le plus dans l’écriture en général ce qu’il appelle  » sa petite musique  » par l’oralité moi qui m’inspire du travail des conteurs africains des diseurs je suis tombée sans rien en connaître à l’époque sur le plus grand et le plus fou des metteurs en mots de la langue orale… Céline… Loui‑Ferdinand… Ferdine… le Docteur Destouches… chez lui tout va me percuter plein vol et c’est par lui que l’écriture m’arrive comme un cadeau asréroïde à grande vitesse qui m’éclate entre les pattes…  » Au commencement était le verbe… non… au commencement était l’émotion… « 

Comment dire mieux quand ce ressenti-là est si fort si violent que seule la création permet de vivre dans cette démesure… comment dire mieux quand il y en a tant et tant qui vous tartinent du verbe sans émotion et qu’avec Céline j’apprends vite fait qu’en deux ou trois mots simples on peut tout  » miraginer  » :  » La Seine a gelé cette année-là. Je suis né en mai. C’est moi le printemps.  »  Ça c’est dans Mort à crédit le second livre de Céline en partie censuré pour obscénité et dont la préface je vous en ai déjà causé est d’une beauté redoutable délicate une finesse à mourir…

Céline c’est d’abord l’enfant de Courbevoie né Rampe du Pont à laquelle il tient très fort et qui va faire de lui le médecin de la banlieue celui qui durant les périodes de sa vie où il ne voyage pas d’aventure en mésaventure soigne les gens pauvres ces gens du peuple dont il refusera toujours même quand il aurait eu besoin d’accepter de se faire payer… Ouais… Céline c’est avant tout le Docteur Destouches celui du dispensaire de Clichy entre autre pour qui la vocation de soigner et de venir en aide aux humains comme ça  » parce que je me disais que s’ils avaient moins mal alors ils seraient peut-être moins méchants…  » est bien plus essentielle que la littérature…

Le Docteur Destouches dont les premières études et l’intérêt obstiné qui le mèneront à passer sa thèse sur La vie et l’œuvre de Philippe Ignace Semmelweis tournant autour de la mortalité des femmes en couches liée au manque d’hygiène se retrouvent ensuite dans sa façon de soigner les gens en se mettant à leur portée et en leur prodiguant des conseils simples effaré qu’il était devant la misère la saleté l’ignorance dans lesquelles on laissait volontiers vivre une population d’ouvriers et de petits employés après la première guerre… Il aura pour ceux qu’il visite constance dévouement et compassion dont ils ont été nombreux à témoigner…

Un des derniers articles médical de Céline qui s’attachera à soigner ceux qui l’entourent quels qu’ils soient où qu’il se trouve dans les situations les plus ahurissantes où il se met lui-même souvent comme c’est le cas au Château de Siegmaringen quand il est mêlé à la clique du gouvernement Pétain en fuite et sans porter de jugement sur ses patients… ce dernier article est une enquête sur le chômage qui lui a été commandée par la SDN : Pour tuer le chômage, tueront-ils les chômeurs ?… Cette énumération de petits faits me semble bien plus parlante et il y en a plein d’autres que de grandes considérations distinguées sur qui était l’homme…

Partout où il ira comme au cours de son périple en Afrique en 1916 Céline se sentira pris par le désir de soigner et il n’hésitera pas à acheter de sa poche lui qu’on taxe de rapia fini médicaments seringues aiguilles… et ce dont ne se ventent pas non plus les hauts parleurs de ce pays fort colonial qu’était la France de ces temps-là c’est ce passage de Voyage où il leur balance en pleine poire la façon infecte dont ils paient le travail des Nègres et des Négresses avec un bon coup de pied au cul… Céline le raciste n’est-ce pas ?…

Fascinant Docteur Destouches et fascinant Céline ce Breton qui ne rêve que de ports de bateaux d’embarquements et de  » Voyages  » qui ne peut vivre sans partir bouger expérimenter s’émouvoir et surtout ce qui va hanter toute sa vie se battre contre avec face à la mort… Toutes choses dont on ne nous cause jamais alors que de l’antisémitisme de Céline alors là… quelle bonne conscience générale on se fait depuis 60 piges vis-à-vis des Palestiniens avec ça par exemple ! Cent mille ragoûts cent mille soupes cent mille potions magiques ouais…

L’antisémitisme de Céline qu’on nous foute enfin la paix avec ça qu’on nous lâche les baskets dans ce pays où le racisme ordinaire sévit à tous les coins de rues dans toutes les cités de banlieue sans déranger personne et où on pourrait croire qu’on a tondu à la libération assez de femmes ayant été dénoncées par de braves gens tout aussi braves que ceux qui dénoncent les gamins des cités aujourd’hui mais elles ça n’était pas pour avoir volé un sac de bonbons c’était pour avoir couché avec l’occupant… mais non ! on en a pas assez de cette morale-là faut encore et encore…

Toute l’existence de Céline l’homme et l’écrivain s’est nouée à 20 piges quand il a vu comme il le raconte dans Voyage défiler un régiment juste avant la déclaration de guerre en 1914 et que lui Ferdinand Ferdine Bardamu s’est précipité s’engager au 12ème cuirassiers à Rambouillet alors qu’il est encore complètement  » puceau de la vie  » et que la grande boucherie vient de s’annoncer… Cette première aventure va dinner d’ailleurs le texte fabuleux de Casse-pipe illustré avant Voyage et Mort à crédit par les dessins extra terrestres de Tardi… un texte où on voit apparaître le spectre de ce qui ne cessera pas de poursuivre Céline et qui est la clef de tout : la folie guerrière haineuse meurtrière des hommes et son désir à lui de l’empêcher à tout prix alors même qu’il est pris à l’intérieur du désastre de l’immonde de l’impensable…

Un p’tit extrait des Carnets du cuirassier Destouches publiés en 1952 chez Gallimard et rédigés en 1913 où on lit le désarroi d’un jeune garçon et cette sensibilité si contradictoire et farouche…

Au cours des élèves brigadiers pris en grippe par un jeune officier plein de sang, en butte aux sa
rcasmes d’un sous-off abruti, ayant une peur innée du cheval, je ne fis pas long feu, et je commençais sérieusement à envisager la désretion qui devenait la seule échappatoire de ce calvaire.

Que de fois je suis remonté du pansage et tout seul sur mon lit, pris d’un immense désespoir, j’ai malgré mes dix-sept ans pleuré comme une première communiante (…)

Dès le début de Voyage son grand récit épique de la guerre et de la mort Céline reprend cette idée qui l’obsède de la barbarie et de la méchanceté humaine qui lui tombent dessus et de cette folie du plaisir de s’étriper qu’il veut fuir de toutes ses forces cette peur horrible de la boucherie qu’aucune personne qui n’a approché la mort de cette façon-là ne peut piger…

La guerre en somme c’était tout ce qu’on ne comprenait pas. Ça ne pouvait que continuer. (…) ‘Dans une histoire pareille, il n’y a rien à faire, il n’y a qu’à foutre le camp ‘, que je me disais, après tout… Au-dessus de nos têtes, à deux millimètres peut-être des tempes, venaient vibrer l’un derrière l’autre ces longs fils d’acier tentants que tracent les balles qui veulent vous tuer, dans l’air chaud d’été.

Jamais je ne m’étais senti aussi inutile parmi toutes ces balles et les lumières de ce soleil. Une immense universelle moquerie.

Je n’avais que vingt ans d’âge à ce moment-là (…) Je me pensais aussi ( derrière un arbre ) que j’aurais bien voulu le voir ici moi le Déroulède dont on m’avait tant parlé, m’expliquer comment qu’il faisait, lui, quand il prenait une balle en plein bidon. (…)

On est puceau de l’Horreur comme on l’est de la volupté. Comment aurais-je pu me douter moi de cette horreur en quittant la place Clichy ? Qui aurait pu prévoir avant d’entrer vraiment dans la guerre, tout ce que contenait la sale âme héroïque et fainéante des hommes ? (…) C’est que je ne connaissais pas encore les hommes. Je ne croirai plus jamais à ce qu’ils disent, à ce qu’ils pensent. C’est des hommes et d’eux seulement qu’il faut avoir peur, toujours. (…)

Et puisque les événements prenaient ce tour, désespéré, je me décidais à risquer le tout pour le tout, à tenter la dernière démarche, la suprême, essayer, moi, tout seul, d’arrêter la guerre ! Au moins dans ce coin-là où j’étais.

Et voilà tout est dit… y’a rien à ajouter ni pour Céline ni pour moi… Céline tout au long de sa vie restera marqué tatoué blessé en plus de sa blessure physique au bras par ce refus absolu de la mort guerrière stupide imposée par d’autres et il fera tout y compris ses pamphlets que d’ailleurs ceux qui en causent n’ont pas lus vu qu’ils sont interdits à la publication y compris ses partis pris les plus fous ses départs multiples ses vagabondages ses délires ses haines pour l’empêcher puis pour la fuir pris dans la folie de ces images de boucherie que presqu’encore enfant il reçoit en plein corps en pleine âme…

La mort quand on est très jeune et bourré du désir passionné de la vie elle ouvre une cassure infinie dans laquelle seule la création peut-être permet de ne pas être complètement aliéné… que ceux qui ne s’y sont pas frotté se taisent enfin… Je connais je l’ai vécu autrement agitée comme un pantin ivre dingue par d’autres ficelles très destructrices celles de la family-life dont je ne vous causerai pas et à 17 berges j’avais la même horreur que Céline des militaires bornés de toutes les armées du monde des machines à tuer de la puissance des Etats et des peuples belliqueux menés par leur nationalisme bâtard… Y aurait tant à dire…

A 17 piges tous mes copains étaient insoumis au service militaire et à l’époque ça n’était pas une plaisanterie… les tribunaux militaires des forces armées les TPFA leur collaient trois ans fermes et on allait aux procès avec nos pancartes : Insoumission totale civile et militaire ! C’était un temps où on se ramenait la nuit avec des parpaings et du ciment prompt pour murer la porte du tribunal militaire où un poteau devait passer en jugement le lendemain… Les geôles de l’armée faut voir ! Céline était antimilitariste anarchiste et nomade sans pays sans Etat sans nation et qu’est-ce qu’il avait raison alors !

Tous ses bouquins racontent ça avec cette merveille de style qu’il a créé cette passion de vie libre sans dieu sans maîtres sans doctrines sans interdits sans hontes en expérimentant toutes les émotions possibles et en essayant de se protéger de la cruauté des hommes de leur méchanceté originelle de leur goût pour la guerre la puissance et le sang…

Lire Céline lire Bukowski c’est apprendre avant tout comme le dit Jacques Vergès dans le film de Barbet Schroeder L’avocat de la terreur que s’il y a un parti à prendre ce sera toujours celui de l’homme seul contre le groupe la masse l’Etat quel qu’il soit… C’est au fond infâme de cette solitude-là que la création frémit se rassemble bondit comme la toute petite farouche de lumière et qu’elle nous conduit à notre dignité humaine à travers les aboiements sauvages des chiens de la nuit… ouaouf !… ouaouf !…


L’AVOCAT DE LA TERREUR
envoyé par LosangeWeb

 

Dominique Le Boucher
[Commentaire publié dans la bibliothèque de Quichottine
le 6 mai 2008 à 00:16:46]

 

 


Pour en savoir davantage sur ce film : Ici (clic)

Il est évident que je répondrai à cette lettre, mais je voulais vous la montrer, pour que vous aussi, ceux que ça intéresse, puissiez réagir à ces mots qui sont ceux d’un écrivain racontant un autre écrivain.

La parole est à vous…

70 réponses à “Louis Ferdinand Céline (par D. Le Boucher)

  1. NON ET NON  j’aimais je ne fouterais la paix sur l’antisémitisme et jamais je ne soutiendrais israel contre les palestiniens et je combat le racisme partout ou il se trouve
    et c’est pas parce que on est le meilleur ecrivains du monde
    qu’on a la droit d’écrire « bagatelle » pour un massacre pour un génocide je regrette moi aussi je suis du coté des hommes contre l’étatisme oppresseur …mais ce sont des hommes et des femmes qui ont ete broyés par le nazisme et dont bcp de bretons qui n’ont jamais pu revoir la mer…
    amitié
    excusez moi pour le ton mais

  2. Difficile de trouver quelque chose de plus à dire dans ce tableau…
    Quand j’étais môme, je l’espérais sans le connaître, puis je l’ai trouvé au hasard d’une bibliothèque, sans le comprendre. Je l’ai relu plus tard…
    Roger Nimier a dit un truc très beau sur lui : « Le diable et le bon Dieu se disputent très fort à son sujet. » Je crois que ça continue…
    Son errance solitaire à travers la nuit est de très loin le plus grand cri qu’un être humain pouvait pousser.
    Je l’entends encore… chaque jour.

  3. De Céline à Bukowski .. Pourquoi pas ? De Céline à Vergès … Curieux voyage (au bout de la nuit) …
    Céline est un grand écrivain, le plus grand sans doute du 20e siècle … Quand à l’homme, il y a des zones d’ombre, dès le début,on les devine nouées dans  cette enfance misérable de « Mort à crédit » …  
    Je n’ai jamais compris pourquoi Céline était un écrivain que l’on imposait dans les lycées .. Pour aimer et comprendre Céline il faut avoir du vécu … Trop jeune on ne peut avoir que du dégoût … Il me semble que c’est une erreur pédaogique .. Mais peu importe, si la curiosité de le relire ous revient plus tard et aide à éclairer la nuit d’un homme, des hommes …
    Bon repos à la bibliothécaire .
    LIZAGRECE

  4. Pour respecter la « discrétion » et la sensibilité de Céline mais aussi la beauté du texte qui nous est livré, je ne prendrai pas la « parole », je l’emprunterai simplement pour mieux la rendre à celles et ceux qui me suivront. Céline ce public inconnu, comme je l’avais déjà écrit dans ton précédent article, je ne connaissais que très peu F. Céline si ce n’est qu’il était auteur et un peu journaliste. L’article (profession de Foi) que tu viens de nous donner me le fait découvrir et l’éclaire sous toutes les facettes.
    C’est vrai qu’il ne faisait pas bon critiquer la guerre car c’était se mettre au banc des parias, des associaux, de ceux « qui n’ont rien compris »… Longue vie à toi F. Céline et pleins de petits cailloux ronds sur ta tombe.
    Et bon dimanche à toi Quichottine

  5. Je crois que ce texte mérite que je m’y replonge … J’en ai lu une partie mais il est très long et j’ai peu de temps … Doux dimanche Quichottine ! Gros bisous …

    PS : la douceur, la gentillesse, l’attention existent aussi … Heureusement !!! 😉

    • Merci pour ta réponse à ma question… 🙂

      En ce qui concerne le texte de Dominique, je sais qu’il est bien long…

      Doux dimanche à toi aussi.

  6. Céline, c’est aussi le plaisir des mots: des petits, des grands, et des gros et le courage de les utiliser, après lui tout a changé

  7. Beaucoup, parlent avec le coeur…aussi bien de la mort qui est vrai est une cassure, que de la vie qui blesse et fait mal, en laissant des cicatrices indélébiles.
    Je t’embrasse tendrement
    Amitiés, Flo

  8. Avant de condamner un homme, il faut penser très fort :

    « Nous sommes TOUS un éventuel bourreau… »

    Une vision manichéenne du monde, avec d’un côté les bons et de l’autre les méchants, d’un côté le blanc et de l’autre le noir, serait une vision simpliste et …

    si arrangeante…

    Céline est en grisé, grisé à l’infini.

    Je ne suis pas raciste, pas anti-sémite, pas féministe, pas anti ni pro. Je crois en la vie et en l’Humanité.

    Céline, en Pléiade, fait partie des mes rochers, rangés dans ma table de nuit.

    A ceux qui le vomissent, je leur demande d’y penser très fort : nous sommes tous victimes et bourreaux…

  9. J’ai commencé, il y a bien longtemps Voyage au bout… j’ai lu une page puis deux pages puis j’ai refermé le gros livre. J’étais peut-être trop jeune, pas assez formé pour ce genre de littérature, que sais-je ? Dominique, par cet article démystifie l’écrivain, alors peut-être vais-je retenter une lecture. Mais pour aborder dans les meilleures condition son oeuvre quel ouvrage dois-je lire en premier ? J’avoue que « Voyage au bout de la nuit » me fait toujours peur !
    Merci pour ce superbe article. Bises

  10. Merci de nous decouvrir ainsi l’ame d’un homme admirable

  11. Dominique Le Boucher

    Bonsoir,

    Tout d’abord tu m’excuseras de ma réponse en différé d’autant plus différé que je vais la rédiger en deux fois… Ces quelques mots ce soir pour te remercier du travail formidable de mise en page que tu as fait à partir de cet article que j’ai écrit aussi long car tu t’en doutes j’ai eu l’intention non pas de  » défendre  » Céline ce qui serait très drôle hi hi hi ! vu qu’il n’a certes pas besoin d’être défendu par qui que ce soit et encore moins par une écrivaillonne dans mon genre mais de faire de manière pro et consciente ce que j’estime être mon job d’écrivaine : communiquer ce que je sais à celles et ceux qui ont envie de découvrir une écriture une sensibilité une âme de créateur…
    Ta mise en page avec les couvertures des bouquins de Céline et l’ensemble de l’article tel qu’il est paru sur la première page de ton blog ( là encore merci pour ça c’est une chance quand on écrit d’être publié je ne le sais que trop ! ) donne à ce texte une autre force et ça me fait insister une fois encore sur la richesse d’un travail en commun qui se trouve être si rare dans notre univers très personnalisé… Ce qui ne veut pas dire bien entendu que mon intention soit de t’envoyer ce genre d’article fréquemment, que tes visiteuses et visiteurs se rassurent, il n’y a aucune tentative d’invasion de ma part et d’ailleurs tu n’y souscrirais pas !
    Notre collaboration sur ce texte a donné un résultat immédiat que je tenais à te communiquer rapidement. Le responsable d’un site sur Céline qui est très bien fait et passionnant à parcourir Marc Laudelout a lu l’article et il me propose de le publier sur son site à partir de l’été car il a l’intention de créer un nouvel espace intitulé :  » Céline sur la toile « . Tu imagines que je suis ravie de voir ce texte devenir lui aussi un voyageur et partir à la rencontre d’autres nomades dont nous ignorons tout… sûr que c’est le p’tit génie des mots qui a manigancé ça à notre insu !
    Voici l’adresse du site pour toi et pour celles et ceux qui ont accepté de causer avec nous de Céline sur ton blog et qui pourront ainsi y faire un tour ça en vaut la peine c’est un site vraiment facile d’accès et très agréable à parcourir : 

    http://louisferdinandceline.free.fr 
    Te dire aussi qu’en écrivant cet article je n’ai pas songé réellement à des réactions de la part des lectrices et des lecteurs de ces lignes vu qu’il me semblait juste faire là mon travail d’écrivaine dans la cité ce qui à mes yeux donne du sens à l’écriture et à mon existence par le fait… Etant donné que j’ai choisi d’être créatrice et c’est tout il me semble que donner un peu de mon savoir acquis au fil des lectures critiques et de mes papiers de critique littéraire aux gens c’est ainsi que l’exprimait P.Bourdieu lors d’un de ses passages dans la cité du Val Fourré simplement faire mon boulot…
    Les réactions que j’ai pu lire m’ont touchée et intéressée et le seul fait d’avoir provoqué cet échange entre vous toutes et tous me suffirait tant je crois que c’est au créateur de poser les questions et surtout les  » bonnes  » c’est-à-dire celles qu’on ne pose pas car elles dérangent et qu’elles font bouger des lignes habituelles mais pas d’apporter des réponses ça non !
    Pourtant comme tu le suggères je vais répondre globalement et singulièrement à ce que j’ai lu mais ça me demandera un peu de temps même si cette réponse ne sera pas aussi longue que le texte c’est promis ! J’ai été visiter les blogs des personnes qui ont écrit à partir de l’article afin de mieux les connaître et ce que j’ai découvert m’a encore une fois passionnée… que nos différences se rejoignent un instant par la traversée d’une écriture comme celle de Céline prouve combien il est allé au large de ce qui peut se communiquer… un grand bateau ivre vraiment ! Merci de votre patience et de vos lectures multiples et fraternelles…
    En ce qui concerne ta présence à la Fac de Cergy demain j’aurais été ravie de t’y rencontrer pour dialoguer de vive parole bien sûr mais je n’ai été prévenue de rien donc je n’y serai pas… j’ignore totalement de quoi il s’agit ce qui me vaudra quelques heures de sommeil en plus et puis mis à part les rencontres toujours magiques qu’on fait à ces occasions-là je ne suis pas trop conférences ou choses du même genre tu vois ?
    A très bientôt pour la suite de tout ça. Bonne journée. Dominique 

    • Bonsoir, Dominique.

      Je n’ai rien à excuser… je sais que, comme tous ceux d’entre nous qui travaillent et mènent de front une activité professionnelle exigeante, une vie personnelle et un blog, absolument magnifique, tu manques de temps…

      Je te remercie pour celui que tu me consacres.

      Ton commentaire était un « vrai » billet, et, tu m’avais permis d’en faire ce que je voulais. Je trouve que tu as mis tout ton coeur dans cet article et qu’il était bon que d’autres que moi en profitent.

      Pour ce qui est de m’envahir… tu me fais rire ! Il n’y a aucune chance ! Mais j’apprécie nos échanges…

      Je connais le site dont tu parles. Mais c’est vrai que je ne l’avais pas donné en lien… Merci de l’avoir fait.

      Il est bon que ton texte « voyage »… C’est ce que je voulais.

      Pour la journée sur l’esclavage dont je te parlais chez toi, c’était l’occasion de nous rencontrer, sans plus. Ce sera pour une autre fois !

      Merci encore pour tes mots, Dominique. Je suppose que le prochain te permettra de répondre à ceux qui ont commenté ton article.

      A très bientôt… Bonne journée à toi aussi

  12. Dominique Le Boucher

    Céline blues

     

    Vendredi, 23 mai 2008

     

    Après avoir lu avec beaucoup de plaisir et d’étonnement les réactions que celles et ceux qui sont passés lire l’article que j’ai écrit pour causer un peu de Céline avec la légèreté et l’enthousiasme qu’il suscite toujours chez moi au fil de ces années de lectures de ses romans de sa correspondance complètement délirante et énorme ( des centaines de lettres à sa femme Lucette d’abord à son avocat danois maître Mikkelsen à son ami américain Milton Hindus à sa secrétaire et amie Marie Canavaggia et à tant d’autres… ) de l’histoire de sa vie ou plutôt de ses vies multiples et qui m’éblouissent… je me devais de vous répondre bien que mon ressenti c’est que ceux qui écrivent ne sont pas là pour donner des réponses mais pour poser les questions ou les faire surgir et plus les questions dérangent mieux c’est…

    Dire d’abord que si j’ai écrit cet article ça n’est pas comme je l’ai lu je crois sous la plume de Nymphéa pour “ défendre ” Céline vu qu’évidemment il n’a pas du tout besoin de moi et qu’en dépit des radoteurs crasseux qui n’ont pas cessé et ne cessent pas vu qu’ils n’ont rien à proposer de créatif et de vivant d’en faire le parfait bouc l’écrivain qui est sorti de la prison danoise de la Vestre Faengsel comme un total inconnu et qui a posé sa musette avec le chat Bébert en compagnie de sa femme Lucette dans la cave de la maison Maïtou à Meudon en 1951 n’a mis que trois ou quatre ans à redevenir un des plus grands créateurs et comme il s’appelait lui-même un styliste sans rival possible…Et ça fait bien marrer de voir comme c’est toujours les journaleux baveux venir en troupeaux à Meudon faire “ causer ” l’écrivain sulfureux qui leur en a donné pour leur pognon…

    D’ailleurs personne ne s’y est trompé au fait que c’était là une écriture unique qui allait tout remettre en cause de la dite “ littérature classique française ” qui nous casse les noix depuis des siècles avec ses interdits d’inventer notre langue ah mais ! Non Personne et ça c’est pour répondre aux emmerdeurs que même la maison Gallimard qui est c’est notoire de confession israélite comme on dit a sauté sur l’occase de publier le Céline jusqu’à son ultime souffle du début juillet 1961… Probable qu’ils l’ont fait par bonté d’âme et grand esprit de générosité comme c’est le cas des éditeurs vis-à-vis de leurs écrivains n’est-ce pas ? Hum ! me demande ce qu’en pensent Chris et PB-R par exemple…    

    Mais pour ce qui est de la souffrance dont parle Nymphéa dans son com c’est sûr qu’on ne peut se sentir proche de ce qu’écrit Céline et que j’ai un peu cité dans les extraits de Voyage au bout de la nuit ou du moins tellement proche que si on a une sensibilité qui résonne aussi et peut-être avec une intensité terrible à la solitude de celui qui ne peut faire partie d’aucune société parce qu’elles suggèrent toutes la même imposture et qu’on a que les armes de nos mots pour lutter contre ça… Lutter contre l’imbécillité des hommes qui donnent aux Etats le droit de les envoyer à la boucherie… contre leur aveuglement à ne pas voir ceux qui les dominent qui les asservissent pour le seul plaisir et la démence de devenir les maîtres du monde… Oui c’est ça une souffrance qui serait cosmique géante en sorte que… c’est une folie quoi à mon sens…

    Le créateur si c’est un vrai c’est un visionnaire du temps et de l’espace et justement pas un de ces gugusses effondrés ratatinés sur leur “ ego ” je mets entre guillemets vu que ce mot-là m’a toujours épatée… C’est tout le contraire un créateur c’est quelqu’un qui se doit d’avoir “ une culture ” et une vision infinies d’ailleurs ceux qu’on rencontre et qui ne sont pas des bouffons portent ça en eux mais ils ne la ramènent pas forcément pour autant… Comme ça qu’il peut oser tenter de changer les choses qui sont statiques et boulonnées sur place depuis des temps le créateur vu que l’humain a peur de tout ce qui bouge c’est couru et moi comme PB‑R j’ai attendu aussi avec avidité qu’un type comme ça existe mais je l’ai découvert tard très très tard… Ma façon de bourlinguer dans les savoirs c’est expérimental mais ça arrive quand c’est le bon moment peut-être…

    Oui c’est vrai Céline a tout changé dans notre façon d’écrire et d’oser tout alors c’est pour ça que c’est bizarre ce qui se vend aujourd’hui comme prose vous ne trouvez pas ? Céline c’est comme Léo l’anar avec toutes leurs différences mais moi c’est ça qui me plaît bien dans ce genre de personnes-là vu que c’est aussi ma façon d’envisager le monde et c’est &eacute
    ;galement celle de Vergès j’insiste même si ça n’a encore rien à voir… Un autre bouquin à lire : L’empire de la honte de Jean Ziegler rapporteur de l’ONU pour la politique alimentaire dans le monde et vous verrez où elle se situe la terreur… Non ça ne nous éloigne pas de Céline vu que l’aspect que j’ai évoqué dans mon paplar c’est d’abord celui du médecin et de l’homme dans son rôle social et qu’on en parle peu et pour des tas de raisons…

    Refuser d’entrer dans tous les clichés avec lesquels on nous rebat les oreilles au quotidien et y a des milliards d’euros de dépensés en politique de com pour faire passer les bonnes pensées aujourd’hui tout comme à l’époque de Céline on a cassé l’internationale pacifiste des travailleurs qui se constituait pour refuser la guerre en Allemagne et en France c’est ça d’abord être anar… Oui c’est refuser la bêtise et comme le dit Deleuze se poser les bonnes questions celles qu’on ne pose jamais : à qui profite la guerre ? Qui en tire des gains à chaque fois et qui y est anéanti à chaque fois ? Céline “ Le bon dieu et le diable ” comme le suggère Nymphéa ? Sais pas… Pour moi il est totalement ailleurs Céline comme Artaud ou Michaux ou Bukowski ou Burroughs ou Rimbaud d’ailleurs la comparaison est bonne… Rimbe partant pour Harrar et balançant derrière lui la poésie et la révolte pour aller faire du commerce ! Y a de quoi radoter là aussi…

    Tout à fait d’accord en revanche avec la citation “ … toujours curieux des Hommes et modestement citoyen de ce monde malade… ” alors là oui et oui ouaouf ! ouaouf ! c’est tout à fait ça… Une curiosité insatiable des Hommes et de leur folie et de leur étrangeté de leur dignité aussi et c’est bien Hommes avec un “ H ” qui désigne les gens simples que Céline aimait et qu’il soignait volontiers sans juger leur manque de “ connaissances ” justement qui parfois les rend si vulnérables… monde malade c’est peu dire monde dément et irréparablement foutu ! Voyage au bout de la nuit c’est tout ça… ça ne vous dit rien ce titre ? Céline n’a pas arrêté de voyager de bourlinguer de s’embarquer sauf à la fin à Meudon là il pouvait plus… Il voulait voir comme on veut tous ce qu’y a au bout de la nuit et probable qu’il a vu dans sa prison danoise qu’au bout y a… rien de pire que l’humain inhumain à fond et voilà !

    “ … nous sommes tous un éventuel bourreau ” alors là je sais pas c’est trop moral pour moi comme proposition ça… Lire F.Fanon pour l’histoire du bourreau et de la victime forcé on est un peu les deux quand on accepte de jouer le rôle et le mieux c’est de ne pas mettre le doigt dans le mic-mac de la culpabilité et du jugement des autres… De toute façon la première chose à savoir c’est que quand on écrit on joue avec les mots on jongle on “ miragine ” et qu’on est seul à savoir et encore ! ce qu’on a dans le ventre durant toutes ces heures-là d’épuisement d’éreintement que personne se doute… Et comme dit Chris l’écrivain est totalement absolument foutûment libre d’exprimer ce qu’il a envie du moment qu’il le fait avec “ sa peau sur la table ” ( ça c’est pas Chris c’est Céline ) et avec du style ! sinon il devient quoi ? un laquais une girouette des bien pensants selon le temps et la mode…

    Et que ceux qui ne veulent pas lire ne lisent pas on s’en fout bien ils sont libres eux aussi ouaouf ! ouaouf ! c’est dit… Voilà en gros et pour ce qui est d’étudier Céline au lycée alors là moi qui vous cause j’ai 52 balais dans trois mois et jamais de la vie j’ai lu une ligne de Céline au bahut et j’étais dans une section littéraire après 68 alors… pas plus étudié Gide d’ailleurs ni Genêt… A l’époque je découvrais L’homme révolté de Camus moi-même ainsi que Caligula et Les Justes je vous les conseille on en cause pas mais ce sont les meilleurs Camus… Pour débuter dans la lecture de Céline comme le demande Ruegy moi je conseillerais de se plonger dans D’un château l’autre et de lire les trois qui vont ensemble : Nord et Rigodon qui racontent l’épopée en Allemagne et au Danemark c’est fascinant et par moments tellement drôle ! Et c’est là que le chat Bébert entre vraiment en scène !

    Je vous ai répondu sur la longueur encore mille excuses sais pas faire autrement c’est navrant ! Pardon pour celles et ceux que je n’ai pas cités je fais ça de tête mais j’ai voyagé sur les blogs de tout le monde avant de répondre et j’ai été un peu éblouie : vous êtes vraiment très étonnants et vous avez-vous aussi le monde en partage c’est extra ! Et merci à Alphoméga pour les petits cailloux blancs… Céline est plus vivant que jamais on y veille et les matous du cimetière du Haut-Meudon qui viennent lui rendre visite aussi…

    Alors on continue ? Dominique

    • Si tu le permets, je mettrai ton commentaire à nouveau dans un article pour que ceux qui ne sont pas toujours dans l’attente des réponses puissent le voir plus facilement.

      … A moins que je les informe de ta réponse autrement… il faut que je réfléchisse !

      Merci d’être là et d’avoir répondu, comme je le désirais, à ceux qui avaient commenté ton billet.

      … On continue, bien sûr ! Dès mon retour…

  13. Dominique Le Boucher

    Bonsoir,

    Et d’abord merci de ton commentaire à ma réponse sur notre blog des Cahiers qui m’a donné l’occasion de relire quelques poèmes vu que c’est l’été et que j’ai décidé même si l’écriture n’attend pas de prendre du bon temps en y allant léger léger… et que tu parlais de ce qui me pose toujours problème : écrire c’est souvent un acte violent ou du moins ça l’a été dans le passé alors comment ne pas envoyer la violence que je trimballe en moi à l’autre qui me lit qui voyage en moi sans savoir ?…
    Bon sûr que ça remue trop de choses à la fois ce truc-là posé comme ça pour qu’on en cause au creux de cette douceur nocturne dans ces moments où on devrait se laisser aller à nos rêveries vertes comme les petites vagues absinthe de l’océan… Pour t’esquisser une réponse vite fait à ce que tu suggères c’est mieux je crois de donner des exemples avec les mots que d’argumenter dans le vide…
    Y a quelques années j’ai vécu une des expériences les plus hard je crois alors que j’en ai fait quelques autres assez raides aussi mais là… je dois dire que ça a été fondateur pour moi… Je me suis fait frapper par un mec avec lequel je vivais à plusieurs reprises très violemment…
    Bon… rien de très unique ni original quand on sait combien de femmes sont dans ce cas aujourd’hui ni plus ni moins qu’hier. Moi j’n’aurais jamais imaginé que ça puisse m’arriver pas plus que mon absence de réaction « violente » en réponse… La réaction violente elle a été tournée… contre moi…
    Il m’a fallu des années pour arriver à finaliser un récit en prose pas publié sauf en revue qui raconte la scène mais de manière complètement détournée comme un conte… Pas pu le faire dans un texte plus réel plus vrai avec des mots  » violents  » liés à cette épouvante-là…
    Sauf que comme toujours quand j’écris j’écris d’abord des poèmes. C’est-à-dire que tout est poème pour moi et ça devient une sorte de  » prose  » après mais les images naissent dans de l’écriture poétique pas dans du récit… Donc je n’arrête jamais de pondre n’importe comment et n’importe où des bouts de choses enfin des p’tits poèmes en fragments si tu veux…
    Et après cette histoire qui m’a retourné la peau j’ai écrit des textes réunis dans un recueil que j’ai intitulé  » Au bord d’elles  » qui parle de toutes les formes de violences faites aux femmes qui me sont venues sous la paluche à ce moment-là…
    Et le dernier du recueil qui n’a rien à voir directement avec cette scène est pourtant complètement tiré d’elle.
    Il parle des femmes qui ont tué un homme ou de ce genre de geste de « vengeance  » et qui sont en prison car les prisons de femmes c’est l’horreur de l’horreur… Si tu lis ce poème tu n’y vois rien de l’histoire dont je te parle.
    C’est pour rebondir sur ce que tu disais : exprimer en quelques mots la violence et l’insensé à travers un petit texte et en même temps vouloir qu’il soit  » beau  » c’est peut-être ça au fond tout le génie fabuleux de la création ?
    En peinture je songe bien sûr au dessin de Vincent  » Sorrow « … J’imagine que tu connais l’histoire de Sien la femme qu’il a choisie pour modèle de ce dessin terrible et si démistificateur de la violence sociale et morale de son temps qui est aussi le nôtre… Ce dessin extrêmemnt dépouillé en dit plus qu’un grand discours sur la prostitution… Bon voici le poème en question.

    Mains armées

    Mercredi, 1er août 2001

    Ongles carmin Fine lame d’acier

    Sur gaine de cuir des griffes qui crissent

    Attention douceur entre les doigts glisse

    Intérieur rouillé Parois lacérées

    Une chambre cerise ou bien mitarde

    Cruauté manucure les poignets

    Institue de beauté pour léoparde

    Passé se délie Tout le désespoir

    Est permis Traquer d’un coup de vernis

    Les menottes Les rêves qui se barrent

    Fureur féline maquille à crédit

     

    Ongles carmin sur bouche revolver

    Sanglante guêpière où on s’est fourrées

    Rose perle garance lilas mauve

    Réséda Tout s’est si bien combiné

    De la belle à la bête et puis fourrière

    Corps laqués de miel Nos amours de peau

    Poinçonnées dans le dos saines et sauves

    Amante écartelée Vagin pavot

    Sexe vermeil coincé entre les mains

    Des bourreaux fournisseurs de bétaillères

    Paillettes de sperme sur lèvres fauves

     

    Ongles carmin Des sillons sur nos cous

    Putains guerrières Gitanes bleues Sœurs

    Allumeuses d’anges ou ravisseuses

    D’oranges Empoisonneuses Guépardes

    Oiseleuses avec crânes cailloux

    Lisses Fines lames qui se hasardent

    A vous tailler rouges des doigts tueurs

    Gardes-à-nous femmes pénitencières

    Ongles carmin déchireront les champs

    Offerts aux dresseurs de pavots en fleurs

    Corps ouverts nous ne tirerons qu’un coup.

    Je ne suis pas sûre d’avoir répondu juste ni exploré le sujet très loin mais comme tu vois c’est l’été et on peut prendre du temps un peu plus pour causer de ce qui nous touche tant… enfin moi ça me va bien. Alors on continue ? Dominique

    • Je te lis… je reste muette. Je relis.

      Je crois que lorsque l’on vit des choses aussi violentes, il faut du temps pour pouvoir les traduire, pour pouvoir se libérer. En te lisant, je pensais au livre de Seprun… « L’écriture ou la vie« , même si ça n’a pas vraiment de rapport quant au sujet évoqué. Vivre, revivre peut-être grâce aux mots que l’on écrit, ceux qui arrivent à dire, même par voie détournée ce que l’on a vécu.

      Le dessin dont tu parles, je pense que c’est celui-ci…

      Je ne dirai rien sur ton poème… tu sais que le plus souvent, je reste silencieuse devant les mots lorsqu’ils sont aussi forts.

      Mais je sais que ceux qui le liront ne pourront pas y rester insensibles…

      Bien sûr que nous continuons !

  14. Céline, c’est aussi le plaisir des mots: des petits, des grands, et des gros et le courage de les utiliser, après lui tout a changé

  15. Dominique Le Boucher

    Bonsoir,

    Tout d’abord tu m’excuseras de ma réponse en différé d’autant plus différé que je vais la rédiger en deux fois… Ces quelques mots ce soir pour te remercier du travail formidable de mise en page que tu as fait à partir de cet article que j’ai écrit aussi long car tu t’en doutes j’ai eu l’intention non pas de  » défendre  » Céline ce qui serait très drôle hi hi hi ! vu qu’il n’a certes pas besoin d’être défendu par qui que ce soit et encore moins par une écrivaillonne dans mon genre mais de faire de manière pro et consciente ce que j’estime être mon job d’écrivaine : communiquer ce que je sais à celles et ceux qui ont envie de découvrir une écriture une sensibilité une âme de créateur…
    Ta mise en page avec les couvertures des bouquins de Céline et l’ensemble de l’article tel qu’il est paru sur la première page de ton blog ( là encore merci pour ça c’est une chance quand on écrit d’être publié je ne le sais que trop ! ) donne à ce texte une autre force et ça me fait insister une fois encore sur la richesse d’un travail en commun qui se trouve être si rare dans notre univers très personnalisé… Ce qui ne veut pas dire bien entendu que mon intention soit de t’envoyer ce genre d’article fréquemment, que tes visiteuses et visiteurs se rassurent, il n’y a aucune tentative d’invasion de ma part et d’ailleurs tu n’y souscrirais pas !
    Notre collaboration sur ce texte a donné un résultat immédiat que je tenais à te communiquer rapidement. Le responsable d’un site sur Céline qui est très bien fait et passionnant à parcourir Marc Laudelout a lu l’article et il me propose de le publier sur son site à partir de l’été car il a l’intention de créer un nouvel espace intitulé :  » Céline sur la toile « . Tu imagines que je suis ravie de voir ce texte devenir lui aussi un voyageur et partir à la rencontre d’autres nomades dont nous ignorons tout… sûr que c’est le p’tit génie des mots qui a manigancé ça à notre insu !
    Voici l’adresse du site pour toi et pour celles et ceux qui ont accepté de causer avec nous de Céline sur ton blog et qui pourront ainsi y faire un tour ça en vaut la peine c’est un site vraiment facile d’accès et très agréable à parcourir : 

    http://louisferdinandceline.free.fr 
    Te dire aussi qu’en écrivant cet article je n’ai pas songé réellement à des réactions de la part des lectrices et des lecteurs de ces lignes vu qu’il me semblait juste faire là mon travail d’écrivaine dans la cité ce qui à mes yeux donne du sens à l’écriture et à mon existence par le fait… Etant donné que j’ai choisi d’être créatrice et c’est tout il me semble que donner un peu de mon savoir acquis au fil des lectures critiques et de mes papiers de critique littéraire aux gens c’est ainsi que l’exprimait P.Bourdieu lors d’un de ses passages dans la cité du Val Fourré simplement faire mon boulot…
    Les réactions que j’ai pu lire m’ont touchée et intéressée et le seul fait d’avoir provoqué cet échange entre vous toutes et tous me suffirait tant je crois que c’est au créateur de poser les questions et surtout les  » bonnes  » c’est-à-dire celles qu’on ne pose pas car elles dérangent et qu’elles font bouger des lignes habituelles mais pas d’apporter des réponses ça non !
    Pourtant comme tu le suggères je vais répondre globalement et singulièrement à ce que j’ai lu mais ça me demandera un peu de temps même si cette réponse ne sera pas aussi longue que le texte c’est promis ! J’ai été visiter les blogs des personnes qui ont écrit à partir de l’article afin de mieux les connaître et ce que j’ai découvert m’a encore une fois passionnée… que nos différences se rejoignent un instant par la traversée d’une écriture comme celle de Céline prouve combien il est allé au large de ce qui peut se communiquer… un grand bateau ivre vraiment ! Merci de votre patience et de vos lectures multiples et fraternelles…
    En ce qui concerne ta présence à la Fac de Cergy demain j’aurais été ravie de t’y rencontrer pour dialoguer de vive parole bien sûr mais je n’ai été prévenue de rien donc je n’y serai pas… j’ignore totalement de quoi il s’agit ce qui me vaudra quelques heures de sommeil en plus et puis mis à part les rencontres toujours magiques qu’on fait à ces occasions-là je ne suis pas trop conférences ou choses du même genre tu vois ?
    A très bientôt pour la suite de tout ça. Bonne journée. Dominique 

  16. Dominique Le Boucher

    Céline blues

     

    Vendredi, 23 mai 2008

     

    Après avoir lu avec beaucoup de plaisir et d’étonnement les réactions que celles et ceux qui sont passés lire l’article que j’ai écrit pour causer un peu de Céline avec la légèreté et l’enthousiasme qu’il suscite toujours chez moi au fil de ces années de lectures de ses romans de sa correspondance complètement délirante et énorme ( des centaines de lettres à sa femme Lucette d’abord à son avocat danois maître Mikkelsen à son ami américain Milton Hindus à sa secrétaire et amie Marie Canavaggia et à tant d’autres… ) de l’histoire de sa vie ou plutôt de ses vies multiples et qui m’éblouissent… je me devais de vous répondre bien que mon ressenti c’est que ceux qui écrivent ne sont pas là pour donner des réponses mais pour poser les questions ou les faire surgir et plus les questions dérangent mieux c’est…

    Dire d’abord que si j’ai écrit cet article ça n’est pas comme je l’ai lu je crois sous la plume de Nymphéa pour “ défendre ” Céline vu qu’évidemment il n’a pas du tout besoin de moi et qu’en dépit des radoteurs crasseux qui n’ont pas cessé et ne cessent pas vu qu’ils n’ont rien à proposer de créatif et de vivant d’en faire le parfait bouc l’écrivain qui est sorti de la prison danoise de la Vestre Faengsel comme un total inconnu et qui a posé sa musette avec le chat Bébert en compagnie de sa femme Lucette dans la cave de la maison Maïtou à Meudon en 1951 n’a mis que trois ou quatre ans à redevenir un des plus grands créateurs et comme il s’appelait lui-même un styliste sans rival possible…Et ça fait bien marrer de voir comme c’est toujours les journaleux baveux venir en troupeaux à Meudon faire “ causer ” l’écrivain sulfureux qui leur en a donné pour leur pognon…

    D’ailleurs personne ne s’y est trompé au fait que c’était là une écriture unique qui allait tout remettre en cause de la dite “ littérature classique française ” qui nous casse les noix depuis des siècles avec ses interdits d’inventer notre langue ah mais ! Non Personne et ça c’est pour répondre aux emmerdeurs que même la maison Gallimard qui est c’est notoire de confession israélite comme on dit a sauté sur l’occase de publier le Céline jusqu’à son ultime souffle du début juillet 1961… Probable qu’ils l’ont fait par bonté d’âme et grand esprit de générosité comme c’est le cas des éditeurs vis-à-vis de leurs écrivains n’est-ce pas ? Hum ! me demande ce qu’en pensent Chris et PB-R par exemple…    

    Mais pour ce qui est de la souffrance dont parle Nymphéa dans son com c’est sûr qu’on ne peut se sentir proche de ce qu’écrit Céline et que j’ai un peu cité dans les extraits de Voyage au bout de la nuit ou du moins tellement proche que si on a une sensibilité qui résonne aussi et peut-être avec une intensité terrible à la solitude de celui qui ne peut faire partie d’aucune société parce qu’elles suggèrent toutes la même imposture et qu’on a que les armes de nos mots pour lutter contre ça… Lutter contre l’imbécillité des hommes qui donnent aux Etats le droit de les envoyer à la boucherie… contre leur aveuglement à ne pas voir ceux qui les dominent qui les asservissent pour le seul plaisir et la démence de devenir les maîtres du monde… Oui c’est ça une souffrance qui serait cosmique géante en sorte que… c’est une folie quoi à mon sens…

    Le créateur si c’est un vrai c’est un visionnaire du temps et de l’espace et justement pas un de ces gugusses effondrés ratatinés sur leur “ ego ” je mets entre guillemets vu que ce mot-là m’a toujours épatée… C’est tout le contraire un créateur c’est quelqu’un qui se doit d’avoir “ une culture ” et une vision infinies d’ailleurs ceux qu’on rencontre et qui ne sont pas des bouffons portent ça en eux mais ils ne la ramènent pas forcément pour autant… Comme ça qu’il peut oser tenter de changer les choses qui sont statiques et boulonnées sur place depuis des temps le créateur vu que l’humain a peur de tout ce qui bouge c’est couru et moi comme PB‑R j’ai attendu aussi avec avidité qu’un type comme ça existe mais je l’ai découvert tard très très tard… Ma façon de bourlinguer dans les savoirs c’est expérimental mais ça arrive quand c’est le bon moment peut-être…

    Oui c’est vrai Céline a tout changé dans notre façon d’écrire et d’oser tout alors c’est pour ça que c’est bizarre ce qui se vend aujourd’hui comme prose vous ne trouvez pas ? Céline c’est comme Léo l’anar avec toutes leurs différences mais moi c’est ça qui me plaît bien dans ce genre de personnes-là vu que c’est aussi ma façon d’envisager le monde et c’est &eacute
    ;galement celle de Vergès j’insiste même si ça n’a encore rien à voir… Un autre bouquin à lire : L’empire de la honte de Jean Ziegler rapporteur de l’ONU pour la politique alimentaire dans le monde et vous verrez où elle se situe la terreur… Non ça ne nous éloigne pas de Céline vu que l’aspect que j’ai évoqué dans mon paplar c’est d’abord celui du médecin et de l’homme dans son rôle social et qu’on en parle peu et pour des tas de raisons…

    Refuser d’entrer dans tous les clichés avec lesquels on nous rebat les oreilles au quotidien et y a des milliards d’euros de dépensés en politique de com pour faire passer les bonnes pensées aujourd’hui tout comme à l’époque de Céline on a cassé l’internationale pacifiste des travailleurs qui se constituait pour refuser la guerre en Allemagne et en France c’est ça d’abord être anar… Oui c’est refuser la bêtise et comme le dit Deleuze se poser les bonnes questions celles qu’on ne pose jamais : à qui profite la guerre ? Qui en tire des gains à chaque fois et qui y est anéanti à chaque fois ? Céline “ Le bon dieu et le diable ” comme le suggère Nymphéa ? Sais pas… Pour moi il est totalement ailleurs Céline comme Artaud ou Michaux ou Bukowski ou Burroughs ou Rimbaud d’ailleurs la comparaison est bonne… Rimbe partant pour Harrar et balançant derrière lui la poésie et la révolte pour aller faire du commerce ! Y a de quoi radoter là aussi…

    Tout à fait d’accord en revanche avec la citation “ … toujours curieux des Hommes et modestement citoyen de ce monde malade… ” alors là oui et oui ouaouf ! ouaouf ! c’est tout à fait ça… Une curiosité insatiable des Hommes et de leur folie et de leur étrangeté de leur dignité aussi et c’est bien Hommes avec un “ H ” qui désigne les gens simples que Céline aimait et qu’il soignait volontiers sans juger leur manque de “ connaissances ” justement qui parfois les rend si vulnérables… monde malade c’est peu dire monde dément et irréparablement foutu ! Voyage au bout de la nuit c’est tout ça… ça ne vous dit rien ce titre ? Céline n’a pas arrêté de voyager de bourlinguer de s’embarquer sauf à la fin à Meudon là il pouvait plus… Il voulait voir comme on veut tous ce qu’y a au bout de la nuit et probable qu’il a vu dans sa prison danoise qu’au bout y a… rien de pire que l’humain inhumain à fond et voilà !

    “ … nous sommes tous un éventuel bourreau ” alors là je sais pas c’est trop moral pour moi comme proposition ça… Lire F.Fanon pour l’histoire du bourreau et de la victime forcé on est un peu les deux quand on accepte de jouer le rôle et le mieux c’est de ne pas mettre le doigt dans le mic-mac de la culpabilité et du jugement des autres… De toute façon la première chose à savoir c’est que quand on écrit on joue avec les mots on jongle on “ miragine ” et qu’on est seul à savoir et encore ! ce qu’on a dans le ventre durant toutes ces heures-là d’épuisement d’éreintement que personne se doute… Et comme dit Chris l’écrivain est totalement absolument foutûment libre d’exprimer ce qu’il a envie du moment qu’il le fait avec “ sa peau sur la table ” ( ça c’est pas Chris c’est Céline ) et avec du style ! sinon il devient quoi ? un laquais une girouette des bien pensants selon le temps et la mode…

    Et que ceux qui ne veulent pas lire ne lisent pas on s’en fout bien ils sont libres eux aussi ouaouf ! ouaouf ! c’est dit… Voilà en gros et pour ce qui est d’étudier Céline au lycée alors là moi qui vous cause j’ai 52 balais dans trois mois et jamais de la vie j’ai lu une ligne de Céline au bahut et j’étais dans une section littéraire après 68 alors… pas plus étudié Gide d’ailleurs ni Genêt… A l’époque je découvrais L’homme révolté de Camus moi-même ainsi que Caligula et Les Justes je vous les conseille on en cause pas mais ce sont les meilleurs Camus… Pour débuter dans la lecture de Céline comme le demande Ruegy moi je conseillerais de se plonger dans D’un château l’autre et de lire les trois qui vont ensemble : Nord et Rigodon qui racontent l’épopée en Allemagne et au Danemark c’est fascinant et par moments tellement drôle ! Et c’est là que le chat Bébert entre vraiment en scène !

    Je vous ai répondu sur la longueur encore mille excuses sais pas faire autrement c’est navrant ! Pardon pour celles et ceux que je n’ai pas cités je fais ça de tête mais j’ai voyagé sur les blogs de tout le monde avant de répondre et j’ai été un peu éblouie : vous êtes vraiment très étonnants et vous avez-vous aussi le monde en partage c’est extra ! Et merci à Alphoméga pour les petits cailloux blancs… Céline est plus vivant que jamais on y veille et les matous du cimetière du Haut-Meudon qui viennent lui rendre visite aussi…

    Alors on continue ? Dominique

  17. Dominique Le Boucher

    Bonsoir,

    Et d’abord merci de ton commentaire à ma réponse sur notre blog des Cahiers qui m’a donné l’occasion de relire quelques poèmes vu que c’est l’été et que j’ai décidé même si l’écriture n’attend pas de prendre du bon temps en y allant léger léger… et que tu parlais de ce qui me pose toujours problème : écrire c’est souvent un acte violent ou du moins ça l’a été dans le passé alors comment ne pas envoyer la violence que je trimballe en moi à l’autre qui me lit qui voyage en moi sans savoir ?…
    Bon sûr que ça remue trop de choses à la fois ce truc-là posé comme ça pour qu’on en cause au creux de cette douceur nocturne dans ces moments où on devrait se laisser aller à nos rêveries vertes comme les petites vagues absinthe de l’océan… Pour t’esquisser une réponse vite fait à ce que tu suggères c’est mieux je crois de donner des exemples avec les mots que d’argumenter dans le vide…
    Y a quelques années j’ai vécu une des expériences les plus hard je crois alors que j’en ai fait quelques autres assez raides aussi mais là… je dois dire que ça a été fondateur pour moi… Je me suis fait frapper par un mec avec lequel je vivais à plusieurs reprises très violemment…
    Bon… rien de très unique ni original quand on sait combien de femmes sont dans ce cas aujourd’hui ni plus ni moins qu’hier. Moi j’n’aurais jamais imaginé que ça puisse m’arriver pas plus que mon absence de réaction « violente » en réponse… La réaction violente elle a été tournée… contre moi…
    Il m’a fallu des années pour arriver à finaliser un récit en prose pas publié sauf en revue qui raconte la scène mais de manière complètement détournée comme un conte… Pas pu le faire dans un texte plus réel plus vrai avec des mots  » violents  » liés à cette épouvante-là…
    Sauf que comme toujours quand j’écris j’écris d’abord des poèmes. C’est-à-dire que tout est poème pour moi et ça devient une sorte de  » prose  » après mais les images naissent dans de l’écriture poétique pas dans du récit… Donc je n’arrête jamais de pondre n’importe comment et n’importe où des bouts de choses enfin des p’tits poèmes en fragments si tu veux…
    Et après cette histoire qui m’a retourné la peau j’ai écrit des textes réunis dans un recueil que j’ai intitulé  » Au bord d’elles  » qui parle de toutes les formes de violences faites aux femmes qui me sont venues sous la paluche à ce moment-là…
    Et le dernier du recueil qui n’a rien à voir directement avec cette scène est pourtant complètement tiré d’elle.
    Il parle des femmes qui ont tué un homme ou de ce genre de geste de « vengeance  » et qui sont en prison car les prisons de femmes c’est l’horreur de l’horreur… Si tu lis ce poème tu n’y vois rien de l’histoire dont je te parle.
    C’est pour rebondir sur ce que tu disais : exprimer en quelques mots la violence et l’insensé à travers un petit texte et en même temps vouloir qu’il soit  » beau  » c’est peut-être ça au fond tout le génie fabuleux de la création ?
    En peinture je songe bien sûr au dessin de Vincent  » Sorrow « … J’imagine que tu connais l’histoire de Sien la femme qu’il a choisie pour modèle de ce dessin terrible et si démistificateur de la violence sociale et morale de son temps qui est aussi le nôtre… Ce dessin extrêmemnt dépouillé en dit plus qu’un grand discours sur la prostitution… Bon voici le poème en question.

    Mains armées

    Mercredi, 1er août 2001

    Ongles carmin Fine lame d’acier

    Sur gaine de cuir des griffes qui crissent

    Attention douceur entre les doigts glisse

    Intérieur rouillé Parois lacérées

    Une chambre cerise ou bien mitarde

    Cruauté manucure les poignets

    Institue de beauté pour léoparde

    Passé se délie Tout le désespoir

    Est permis Traquer d’un coup de vernis

    Les menottes Les rêves qui se barrent

    Fureur féline maquille à crédit

     

    Ongles carmin sur bouche revolver

    Sanglante guêpière où on s’est fourrées

    Rose perle garance lilas mauve

    Réséda Tout s’est si bien combiné

    De la belle à la bête et puis fourrière

    Corps laqués de miel Nos amours de peau

    Poinçonnées dans le dos saines et sauves

    Amante écartelée Vagin pavot

    Sexe vermeil coincé entre les mains

    Des bourreaux fournisseurs de bétaillères

    Paillettes de sperme sur lèvres fauves

     

    Ongles carmin Des sillons sur nos cous

    Putains guerrières Gitanes bleues Sœurs

    Allumeuses d’anges ou ravisseuses

    D’oranges Empoisonneuses Guépardes

    Oiseleuses avec crânes cailloux

    Lisses Fines lames qui se hasardent

    A vous tailler rouges des doigts tueurs

    Gardes-à-nous femmes pénitencières

    Ongles carmin déchireront les champs

    Offerts aux dresseurs de pavots en fleurs

    Corps ouverts nous ne tirerons qu’un coup.

    Je ne suis pas sûre d’avoir répondu juste ni exploré le sujet très loin mais comme tu vois c’est l’été et on peut prendre du temps un peu plus pour causer de ce qui nous touche tant… enfin moi ça me va bien. Alors on continue ? Dominique

  18. Céline, c’est aussi le plaisir des mots: des petits, des grands, et des gros et le courage de les utiliser, après lui tout a changé

  19. Dominique Le Boucher

    Bonsoir,

    Tout d’abord tu m’excuseras de ma réponse en différé d’autant plus différé que je vais la rédiger en deux fois… Ces quelques mots ce soir pour te remercier du travail formidable de mise en page que tu as fait à partir de cet article que j’ai écrit aussi long car tu t’en doutes j’ai eu l’intention non pas de  » défendre  » Céline ce qui serait très drôle hi hi hi ! vu qu’il n’a certes pas besoin d’être défendu par qui que ce soit et encore moins par une écrivaillonne dans mon genre mais de faire de manière pro et consciente ce que j’estime être mon job d’écrivaine : communiquer ce que je sais à celles et ceux qui ont envie de découvrir une écriture une sensibilité une âme de créateur…
    Ta mise en page avec les couvertures des bouquins de Céline et l’ensemble de l’article tel qu’il est paru sur la première page de ton blog ( là encore merci pour ça c’est une chance quand on écrit d’être publié je ne le sais que trop ! ) donne à ce texte une autre force et ça me fait insister une fois encore sur la richesse d’un travail en commun qui se trouve être si rare dans notre univers très personnalisé… Ce qui ne veut pas dire bien entendu que mon intention soit de t’envoyer ce genre d’article fréquemment, que tes visiteuses et visiteurs se rassurent, il n’y a aucune tentative d’invasion de ma part et d’ailleurs tu n’y souscrirais pas !
    Notre collaboration sur ce texte a donné un résultat immédiat que je tenais à te communiquer rapidement. Le responsable d’un site sur Céline qui est très bien fait et passionnant à parcourir Marc Laudelout a lu l’article et il me propose de le publier sur son site à partir de l’été car il a l’intention de créer un nouvel espace intitulé :  » Céline sur la toile « . Tu imagines que je suis ravie de voir ce texte devenir lui aussi un voyageur et partir à la rencontre d’autres nomades dont nous ignorons tout… sûr que c’est le p’tit génie des mots qui a manigancé ça à notre insu !
    Voici l’adresse du site pour toi et pour celles et ceux qui ont accepté de causer avec nous de Céline sur ton blog et qui pourront ainsi y faire un tour ça en vaut la peine c’est un site vraiment facile d’accès et très agréable à parcourir : 

    http://louisferdinandceline.free.fr 
    Te dire aussi qu’en écrivant cet article je n’ai pas songé réellement à des réactions de la part des lectrices et des lecteurs de ces lignes vu qu’il me semblait juste faire là mon travail d’écrivaine dans la cité ce qui à mes yeux donne du sens à l’écriture et à mon existence par le fait… Etant donné que j’ai choisi d’être créatrice et c’est tout il me semble que donner un peu de mon savoir acquis au fil des lectures critiques et de mes papiers de critique littéraire aux gens c’est ainsi que l’exprimait P.Bourdieu lors d’un de ses passages dans la cité du Val Fourré simplement faire mon boulot…
    Les réactions que j’ai pu lire m’ont touchée et intéressée et le seul fait d’avoir provoqué cet échange entre vous toutes et tous me suffirait tant je crois que c’est au créateur de poser les questions et surtout les  » bonnes  » c’est-à-dire celles qu’on ne pose pas car elles dérangent et qu’elles font bouger des lignes habituelles mais pas d’apporter des réponses ça non !
    Pourtant comme tu le suggères je vais répondre globalement et singulièrement à ce que j’ai lu mais ça me demandera un peu de temps même si cette réponse ne sera pas aussi longue que le texte c’est promis ! J’ai été visiter les blogs des personnes qui ont écrit à partir de l’article afin de mieux les connaître et ce que j’ai découvert m’a encore une fois passionnée… que nos différences se rejoignent un instant par la traversée d’une écriture comme celle de Céline prouve combien il est allé au large de ce qui peut se communiquer… un grand bateau ivre vraiment ! Merci de votre patience et de vos lectures multiples et fraternelles…
    En ce qui concerne ta présence à la Fac de Cergy demain j’aurais été ravie de t’y rencontrer pour dialoguer de vive parole bien sûr mais je n’ai été prévenue de rien donc je n’y serai pas… j’ignore totalement de quoi il s’agit ce qui me vaudra quelques heures de sommeil en plus et puis mis à part les rencontres toujours magiques qu’on fait à ces occasions-là je ne suis pas trop conférences ou choses du même genre tu vois ?
    A très bientôt pour la suite de tout ça. Bonne journée. Dominique 

  20. Dominique Le Boucher

    Céline blues

     

    Vendredi, 23 mai 2008

     

    Après avoir lu avec beaucoup de plaisir et d’étonnement les réactions que celles et ceux qui sont passés lire l’article que j’ai écrit pour causer un peu de Céline avec la légèreté et l’enthousiasme qu’il suscite toujours chez moi au fil de ces années de lectures de ses romans de sa correspondance complètement délirante et énorme ( des centaines de lettres à sa femme Lucette d’abord à son avocat danois maître Mikkelsen à son ami américain Milton Hindus à sa secrétaire et amie Marie Canavaggia et à tant d’autres… ) de l’histoire de sa vie ou plutôt de ses vies multiples et qui m’éblouissent… je me devais de vous répondre bien que mon ressenti c’est que ceux qui écrivent ne sont pas là pour donner des réponses mais pour poser les questions ou les faire surgir et plus les questions dérangent mieux c’est…

    Dire d’abord que si j’ai écrit cet article ça n’est pas comme je l’ai lu je crois sous la plume de Nymphéa pour “ défendre ” Céline vu qu’évidemment il n’a pas du tout besoin de moi et qu’en dépit des radoteurs crasseux qui n’ont pas cessé et ne cessent pas vu qu’ils n’ont rien à proposer de créatif et de vivant d’en faire le parfait bouc l’écrivain qui est sorti de la prison danoise de la Vestre Faengsel comme un total inconnu et qui a posé sa musette avec le chat Bébert en compagnie de sa femme Lucette dans la cave de la maison Maïtou à Meudon en 1951 n’a mis que trois ou quatre ans à redevenir un des plus grands créateurs et comme il s’appelait lui-même un styliste sans rival possible…Et ça fait bien marrer de voir comme c’est toujours les journaleux baveux venir en troupeaux à Meudon faire “ causer ” l’écrivain sulfureux qui leur en a donné pour leur pognon…

    D’ailleurs personne ne s’y est trompé au fait que c’était là une écriture unique qui allait tout remettre en cause de la dite “ littérature classique française ” qui nous casse les noix depuis des siècles avec ses interdits d’inventer notre langue ah mais ! Non Personne et ça c’est pour répondre aux emmerdeurs que même la maison Gallimard qui est c’est notoire de confession israélite comme on dit a sauté sur l’occase de publier le Céline jusqu’à son ultime souffle du début juillet 1961… Probable qu’ils l’ont fait par bonté d’âme et grand esprit de générosité comme c’est le cas des éditeurs vis-à-vis de leurs écrivains n’est-ce pas ? Hum ! me demande ce qu’en pensent Chris et PB-R par exemple…    

    Mais pour ce qui est de la souffrance dont parle Nymphéa dans son com c’est sûr qu’on ne peut se sentir proche de ce qu’écrit Céline et que j’ai un peu cité dans les extraits de Voyage au bout de la nuit ou du moins tellement proche que si on a une sensibilité qui résonne aussi et peut-être avec une intensité terrible à la solitude de celui qui ne peut faire partie d’aucune société parce qu’elles suggèrent toutes la même imposture et qu’on a que les armes de nos mots pour lutter contre ça… Lutter contre l’imbécillité des hommes qui donnent aux Etats le droit de les envoyer à la boucherie… contre leur aveuglement à ne pas voir ceux qui les dominent qui les asservissent pour le seul plaisir et la démence de devenir les maîtres du monde… Oui c’est ça une souffrance qui serait cosmique géante en sorte que… c’est une folie quoi à mon sens…

    Le créateur si c’est un vrai c’est un visionnaire du temps et de l’espace et justement pas un de ces gugusses effondrés ratatinés sur leur “ ego ” je mets entre guillemets vu que ce mot-là m’a toujours épatée… C’est tout le contraire un créateur c’est quelqu’un qui se doit d’avoir “ une culture ” et une vision infinies d’ailleurs ceux qu’on rencontre et qui ne sont pas des bouffons portent ça en eux mais ils ne la ramènent pas forcément pour autant… Comme ça qu’il peut oser tenter de changer les choses qui sont statiques et boulonnées sur place depuis des temps le créateur vu que l’humain a peur de tout ce qui bouge c’est couru et moi comme PB‑R j’ai attendu aussi avec avidité qu’un type comme ça existe mais je l’ai découvert tard très très tard… Ma façon de bourlinguer dans les savoirs c’est expérimental mais ça arrive quand c’est le bon moment peut-être…

    Oui c’est vrai Céline a tout changé dans notre façon d’écrire et d’oser tout alors c’est pour ça que c’est bizarre ce qui se vend aujourd’hui comme prose vous ne trouvez pas ? Céline c’est comme Léo l’anar avec toutes leurs différences mais moi c’est ça qui me plaît bien dans ce genre de personnes-là vu que c’est aussi ma façon d’envisager le monde et c’est &eacute
    ;galement celle de Vergès j’insiste même si ça n’a encore rien à voir… Un autre bouquin à lire : L’empire de la honte de Jean Ziegler rapporteur de l’ONU pour la politique alimentaire dans le monde et vous verrez où elle se situe la terreur… Non ça ne nous éloigne pas de Céline vu que l’aspect que j’ai évoqué dans mon paplar c’est d’abord celui du médecin et de l’homme dans son rôle social et qu’on en parle peu et pour des tas de raisons…

    Refuser d’entrer dans tous les clichés avec lesquels on nous rebat les oreilles au quotidien et y a des milliards d’euros de dépensés en politique de com pour faire passer les bonnes pensées aujourd’hui tout comme à l’époque de Céline on a cassé l’internationale pacifiste des travailleurs qui se constituait pour refuser la guerre en Allemagne et en France c’est ça d’abord être anar… Oui c’est refuser la bêtise et comme le dit Deleuze se poser les bonnes questions celles qu’on ne pose jamais : à qui profite la guerre ? Qui en tire des gains à chaque fois et qui y est anéanti à chaque fois ? Céline “ Le bon dieu et le diable ” comme le suggère Nymphéa ? Sais pas… Pour moi il est totalement ailleurs Céline comme Artaud ou Michaux ou Bukowski ou Burroughs ou Rimbaud d’ailleurs la comparaison est bonne… Rimbe partant pour Harrar et balançant derrière lui la poésie et la révolte pour aller faire du commerce ! Y a de quoi radoter là aussi…

    Tout à fait d’accord en revanche avec la citation “ … toujours curieux des Hommes et modestement citoyen de ce monde malade… ” alors là oui et oui ouaouf ! ouaouf ! c’est tout à fait ça… Une curiosité insatiable des Hommes et de leur folie et de leur étrangeté de leur dignité aussi et c’est bien Hommes avec un “ H ” qui désigne les gens simples que Céline aimait et qu’il soignait volontiers sans juger leur manque de “ connaissances ” justement qui parfois les rend si vulnérables… monde malade c’est peu dire monde dément et irréparablement foutu ! Voyage au bout de la nuit c’est tout ça… ça ne vous dit rien ce titre ? Céline n’a pas arrêté de voyager de bourlinguer de s’embarquer sauf à la fin à Meudon là il pouvait plus… Il voulait voir comme on veut tous ce qu’y a au bout de la nuit et probable qu’il a vu dans sa prison danoise qu’au bout y a… rien de pire que l’humain inhumain à fond et voilà !

    “ … nous sommes tous un éventuel bourreau ” alors là je sais pas c’est trop moral pour moi comme proposition ça… Lire F.Fanon pour l’histoire du bourreau et de la victime forcé on est un peu les deux quand on accepte de jouer le rôle et le mieux c’est de ne pas mettre le doigt dans le mic-mac de la culpabilité et du jugement des autres… De toute façon la première chose à savoir c’est que quand on écrit on joue avec les mots on jongle on “ miragine ” et qu’on est seul à savoir et encore ! ce qu’on a dans le ventre durant toutes ces heures-là d’épuisement d’éreintement que personne se doute… Et comme dit Chris l’écrivain est totalement absolument foutûment libre d’exprimer ce qu’il a envie du moment qu’il le fait avec “ sa peau sur la table ” ( ça c’est pas Chris c’est Céline ) et avec du style ! sinon il devient quoi ? un laquais une girouette des bien pensants selon le temps et la mode…

    Et que ceux qui ne veulent pas lire ne lisent pas on s’en fout bien ils sont libres eux aussi ouaouf ! ouaouf ! c’est dit… Voilà en gros et pour ce qui est d’étudier Céline au lycée alors là moi qui vous cause j’ai 52 balais dans trois mois et jamais de la vie j’ai lu une ligne de Céline au bahut et j’étais dans une section littéraire après 68 alors… pas plus étudié Gide d’ailleurs ni Genêt… A l’époque je découvrais L’homme révolté de Camus moi-même ainsi que Caligula et Les Justes je vous les conseille on en cause pas mais ce sont les meilleurs Camus… Pour débuter dans la lecture de Céline comme le demande Ruegy moi je conseillerais de se plonger dans D’un château l’autre et de lire les trois qui vont ensemble : Nord et Rigodon qui racontent l’épopée en Allemagne et au Danemark c’est fascinant et par moments tellement drôle ! Et c’est là que le chat Bébert entre vraiment en scène !

    Je vous ai répondu sur la longueur encore mille excuses sais pas faire autrement c’est navrant ! Pardon pour celles et ceux que je n’ai pas cités je fais ça de tête mais j’ai voyagé sur les blogs de tout le monde avant de répondre et j’ai été un peu éblouie : vous êtes vraiment très étonnants et vous avez-vous aussi le monde en partage c’est extra ! Et merci à Alphoméga pour les petits cailloux blancs… Céline est plus vivant que jamais on y veille et les matous du cimetière du Haut-Meudon qui viennent lui rendre visite aussi…

    Alors on continue ? Dominique

  21. Dominique Le Boucher

    Bonsoir,

    Et d’abord merci de ton commentaire à ma réponse sur notre blog des Cahiers qui m’a donné l’occasion de relire quelques poèmes vu que c’est l’été et que j’ai décidé même si l’écriture n’attend pas de prendre du bon temps en y allant léger léger… et que tu parlais de ce qui me pose toujours problème : écrire c’est souvent un acte violent ou du moins ça l’a été dans le passé alors comment ne pas envoyer la violence que je trimballe en moi à l’autre qui me lit qui voyage en moi sans savoir ?…
    Bon sûr que ça remue trop de choses à la fois ce truc-là posé comme ça pour qu’on en cause au creux de cette douceur nocturne dans ces moments où on devrait se laisser aller à nos rêveries vertes comme les petites vagues absinthe de l’océan… Pour t’esquisser une réponse vite fait à ce que tu suggères c’est mieux je crois de donner des exemples avec les mots que d’argumenter dans le vide…
    Y a quelques années j’ai vécu une des expériences les plus hard je crois alors que j’en ai fait quelques autres assez raides aussi mais là… je dois dire que ça a été fondateur pour moi… Je me suis fait frapper par un mec avec lequel je vivais à plusieurs reprises très violemment…
    Bon… rien de très unique ni original quand on sait combien de femmes sont dans ce cas aujourd’hui ni plus ni moins qu’hier. Moi j’n’aurais jamais imaginé que ça puisse m’arriver pas plus que mon absence de réaction « violente » en réponse… La réaction violente elle a été tournée… contre moi…
    Il m’a fallu des années pour arriver à finaliser un récit en prose pas publié sauf en revue qui raconte la scène mais de manière complètement détournée comme un conte… Pas pu le faire dans un texte plus réel plus vrai avec des mots  » violents  » liés à cette épouvante-là…
    Sauf que comme toujours quand j’écris j’écris d’abord des poèmes. C’est-à-dire que tout est poème pour moi et ça devient une sorte de  » prose  » après mais les images naissent dans de l’écriture poétique pas dans du récit… Donc je n’arrête jamais de pondre n’importe comment et n’importe où des bouts de choses enfin des p’tits poèmes en fragments si tu veux…
    Et après cette histoire qui m’a retourné la peau j’ai écrit des textes réunis dans un recueil que j’ai intitulé  » Au bord d’elles  » qui parle de toutes les formes de violences faites aux femmes qui me sont venues sous la paluche à ce moment-là…
    Et le dernier du recueil qui n’a rien à voir directement avec cette scène est pourtant complètement tiré d’elle.
    Il parle des femmes qui ont tué un homme ou de ce genre de geste de « vengeance  » et qui sont en prison car les prisons de femmes c’est l’horreur de l’horreur… Si tu lis ce poème tu n’y vois rien de l’histoire dont je te parle.
    C’est pour rebondir sur ce que tu disais : exprimer en quelques mots la violence et l’insensé à travers un petit texte et en même temps vouloir qu’il soit  » beau  » c’est peut-être ça au fond tout le génie fabuleux de la création ?
    En peinture je songe bien sûr au dessin de Vincent  » Sorrow « … J’imagine que tu connais l’histoire de Sien la femme qu’il a choisie pour modèle de ce dessin terrible et si démistificateur de la violence sociale et morale de son temps qui est aussi le nôtre… Ce dessin extrêmemnt dépouillé en dit plus qu’un grand discours sur la prostitution… Bon voici le poème en question.

    Mains armées

    Mercredi, 1er août 2001

    Ongles carmin Fine lame d’acier

    Sur gaine de cuir des griffes qui crissent

    Attention douceur entre les doigts glisse

    Intérieur rouillé Parois lacérées

    Une chambre cerise ou bien mitarde

    Cruauté manucure les poignets

    Institue de beauté pour léoparde

    Passé se délie Tout le désespoir

    Est permis Traquer d’un coup de vernis

    Les menottes Les rêves qui se barrent

    Fureur féline maquille à crédit

     

    Ongles carmin sur bouche revolver

    Sanglante guêpière où on s’est fourrées

    Rose perle garance lilas mauve

    Réséda Tout s’est si bien combiné

    De la belle à la bête et puis fourrière

    Corps laqués de miel Nos amours de peau

    Poinçonnées dans le dos saines et sauves

    Amante écartelée Vagin pavot

    Sexe vermeil coincé entre les mains

    Des bourreaux fournisseurs de bétaillères

    Paillettes de sperme sur lèvres fauves

     

    Ongles carmin Des sillons sur nos cous

    Putains guerrières Gitanes bleues Sœurs

    Allumeuses d’anges ou ravisseuses

    D’oranges Empoisonneuses Guépardes

    Oiseleuses avec crânes cailloux

    Lisses Fines lames qui se hasardent

    A vous tailler rouges des doigts tueurs

    Gardes-à-nous femmes pénitencières

    Ongles carmin déchireront les champs

    Offerts aux dresseurs de pavots en fleurs

    Corps ouverts nous ne tirerons qu’un coup.

    Je ne suis pas sûre d’avoir répondu juste ni exploré le sujet très loin mais comme tu vois c’est l’été et on peut prendre du temps un peu plus pour causer de ce qui nous touche tant… enfin moi ça me va bien. Alors on continue ? Dominique

  22. Céline, c’est aussi le plaisir des mots: des petits, des grands, et des gros et le courage de les utiliser, après lui tout a changé

  23. Dominique Le Boucher

    Bonsoir,

    Tout d’abord tu m’excuseras de ma réponse en différé d’autant plus différé que je vais la rédiger en deux fois… Ces quelques mots ce soir pour te remercier du travail formidable de mise en page que tu as fait à partir de cet article que j’ai écrit aussi long car tu t’en doutes j’ai eu l’intention non pas de  » défendre  » Céline ce qui serait très drôle hi hi hi ! vu qu’il n’a certes pas besoin d’être défendu par qui que ce soit et encore moins par une écrivaillonne dans mon genre mais de faire de manière pro et consciente ce que j’estime être mon job d’écrivaine : communiquer ce que je sais à celles et ceux qui ont envie de découvrir une écriture une sensibilité une âme de créateur…
    Ta mise en page avec les couvertures des bouquins de Céline et l’ensemble de l’article tel qu’il est paru sur la première page de ton blog ( là encore merci pour ça c’est une chance quand on écrit d’être publié je ne le sais que trop ! ) donne à ce texte une autre force et ça me fait insister une fois encore sur la richesse d’un travail en commun qui se trouve être si rare dans notre univers très personnalisé… Ce qui ne veut pas dire bien entendu que mon intention soit de t’envoyer ce genre d’article fréquemment, que tes visiteuses et visiteurs se rassurent, il n’y a aucune tentative d’invasion de ma part et d’ailleurs tu n’y souscrirais pas !
    Notre collaboration sur ce texte a donné un résultat immédiat que je tenais à te communiquer rapidement. Le responsable d’un site sur Céline qui est très bien fait et passionnant à parcourir Marc Laudelout a lu l’article et il me propose de le publier sur son site à partir de l’été car il a l’intention de créer un nouvel espace intitulé :  » Céline sur la toile « . Tu imagines que je suis ravie de voir ce texte devenir lui aussi un voyageur et partir à la rencontre d’autres nomades dont nous ignorons tout… sûr que c’est le p’tit génie des mots qui a manigancé ça à notre insu !
    Voici l’adresse du site pour toi et pour celles et ceux qui ont accepté de causer avec nous de Céline sur ton blog et qui pourront ainsi y faire un tour ça en vaut la peine c’est un site vraiment facile d’accès et très agréable à parcourir : 

    http://louisferdinandceline.free.fr 
    Te dire aussi qu’en écrivant cet article je n’ai pas songé réellement à des réactions de la part des lectrices et des lecteurs de ces lignes vu qu’il me semblait juste faire là mon travail d’écrivaine dans la cité ce qui à mes yeux donne du sens à l’écriture et à mon existence par le fait… Etant donné que j’ai choisi d’être créatrice et c’est tout il me semble que donner un peu de mon savoir acquis au fil des lectures critiques et de mes papiers de critique littéraire aux gens c’est ainsi que l’exprimait P.Bourdieu lors d’un de ses passages dans la cité du Val Fourré simplement faire mon boulot…
    Les réactions que j’ai pu lire m’ont touchée et intéressée et le seul fait d’avoir provoqué cet échange entre vous toutes et tous me suffirait tant je crois que c’est au créateur de poser les questions et surtout les  » bonnes  » c’est-à-dire celles qu’on ne pose pas car elles dérangent et qu’elles font bouger des lignes habituelles mais pas d’apporter des réponses ça non !
    Pourtant comme tu le suggères je vais répondre globalement et singulièrement à ce que j’ai lu mais ça me demandera un peu de temps même si cette réponse ne sera pas aussi longue que le texte c’est promis ! J’ai été visiter les blogs des personnes qui ont écrit à partir de l’article afin de mieux les connaître et ce que j’ai découvert m’a encore une fois passionnée… que nos différences se rejoignent un instant par la traversée d’une écriture comme celle de Céline prouve combien il est allé au large de ce qui peut se communiquer… un grand bateau ivre vraiment ! Merci de votre patience et de vos lectures multiples et fraternelles…
    En ce qui concerne ta présence à la Fac de Cergy demain j’aurais été ravie de t’y rencontrer pour dialoguer de vive parole bien sûr mais je n’ai été prévenue de rien donc je n’y serai pas… j’ignore totalement de quoi il s’agit ce qui me vaudra quelques heures de sommeil en plus et puis mis à part les rencontres toujours magiques qu’on fait à ces occasions-là je ne suis pas trop conférences ou choses du même genre tu vois ?
    A très bientôt pour la suite de tout ça. Bonne journée. Dominique 

  24. Dominique Le Boucher

    Céline blues

     

    Vendredi, 23 mai 2008

     

    Après avoir lu avec beaucoup de plaisir et d’étonnement les réactions que celles et ceux qui sont passés lire l’article que j’ai écrit pour causer un peu de Céline avec la légèreté et l’enthousiasme qu’il suscite toujours chez moi au fil de ces années de lectures de ses romans de sa correspondance complètement délirante et énorme ( des centaines de lettres à sa femme Lucette d’abord à son avocat danois maître Mikkelsen à son ami américain Milton Hindus à sa secrétaire et amie Marie Canavaggia et à tant d’autres… ) de l’histoire de sa vie ou plutôt de ses vies multiples et qui m’éblouissent… je me devais de vous répondre bien que mon ressenti c’est que ceux qui écrivent ne sont pas là pour donner des réponses mais pour poser les questions ou les faire surgir et plus les questions dérangent mieux c’est…

    Dire d’abord que si j’ai écrit cet article ça n’est pas comme je l’ai lu je crois sous la plume de Nymphéa pour “ défendre ” Céline vu qu’évidemment il n’a pas du tout besoin de moi et qu’en dépit des radoteurs crasseux qui n’ont pas cessé et ne cessent pas vu qu’ils n’ont rien à proposer de créatif et de vivant d’en faire le parfait bouc l’écrivain qui est sorti de la prison danoise de la Vestre Faengsel comme un total inconnu et qui a posé sa musette avec le chat Bébert en compagnie de sa femme Lucette dans la cave de la maison Maïtou à Meudon en 1951 n’a mis que trois ou quatre ans à redevenir un des plus grands créateurs et comme il s’appelait lui-même un styliste sans rival possible…Et ça fait bien marrer de voir comme c’est toujours les journaleux baveux venir en troupeaux à Meudon faire “ causer ” l’écrivain sulfureux qui leur en a donné pour leur pognon…

    D’ailleurs personne ne s’y est trompé au fait que c’était là une écriture unique qui allait tout remettre en cause de la dite “ littérature classique française ” qui nous casse les noix depuis des siècles avec ses interdits d’inventer notre langue ah mais ! Non Personne et ça c’est pour répondre aux emmerdeurs que même la maison Gallimard qui est c’est notoire de confession israélite comme on dit a sauté sur l’occase de publier le Céline jusqu’à son ultime souffle du début juillet 1961… Probable qu’ils l’ont fait par bonté d’âme et grand esprit de générosité comme c’est le cas des éditeurs vis-à-vis de leurs écrivains n’est-ce pas ? Hum ! me demande ce qu’en pensent Chris et PB-R par exemple…    

    Mais pour ce qui est de la souffrance dont parle Nymphéa dans son com c’est sûr qu’on ne peut se sentir proche de ce qu’écrit Céline et que j’ai un peu cité dans les extraits de Voyage au bout de la nuit ou du moins tellement proche que si on a une sensibilité qui résonne aussi et peut-être avec une intensité terrible à la solitude de celui qui ne peut faire partie d’aucune société parce qu’elles suggèrent toutes la même imposture et qu’on a que les armes de nos mots pour lutter contre ça… Lutter contre l’imbécillité des hommes qui donnent aux Etats le droit de les envoyer à la boucherie… contre leur aveuglement à ne pas voir ceux qui les dominent qui les asservissent pour le seul plaisir et la démence de devenir les maîtres du monde… Oui c’est ça une souffrance qui serait cosmique géante en sorte que… c’est une folie quoi à mon sens…

    Le créateur si c’est un vrai c’est un visionnaire du temps et de l’espace et justement pas un de ces gugusses effondrés ratatinés sur leur “ ego ” je mets entre guillemets vu que ce mot-là m’a toujours épatée… C’est tout le contraire un créateur c’est quelqu’un qui se doit d’avoir “ une culture ” et une vision infinies d’ailleurs ceux qu’on rencontre et qui ne sont pas des bouffons portent ça en eux mais ils ne la ramènent pas forcément pour autant… Comme ça qu’il peut oser tenter de changer les choses qui sont statiques et boulonnées sur place depuis des temps le créateur vu que l’humain a peur de tout ce qui bouge c’est couru et moi comme PB‑R j’ai attendu aussi avec avidité qu’un type comme ça existe mais je l’ai découvert tard très très tard… Ma façon de bourlinguer dans les savoirs c’est expérimental mais ça arrive quand c’est le bon moment peut-être…

    Oui c’est vrai Céline a tout changé dans notre façon d’écrire et d’oser tout alors c’est pour ça que c’est bizarre ce qui se vend aujourd’hui comme prose vous ne trouvez pas ? Céline c’est comme Léo l’anar avec toutes leurs différences mais moi c’est ça qui me plaît bien dans ce genre de personnes-là vu que c’est aussi ma façon d’envisager le monde et c’est &eacute
    ;galement celle de Vergès j’insiste même si ça n’a encore rien à voir… Un autre bouquin à lire : L’empire de la honte de Jean Ziegler rapporteur de l’ONU pour la politique alimentaire dans le monde et vous verrez où elle se situe la terreur… Non ça ne nous éloigne pas de Céline vu que l’aspect que j’ai évoqué dans mon paplar c’est d’abord celui du médecin et de l’homme dans son rôle social et qu’on en parle peu et pour des tas de raisons…

    Refuser d’entrer dans tous les clichés avec lesquels on nous rebat les oreilles au quotidien et y a des milliards d’euros de dépensés en politique de com pour faire passer les bonnes pensées aujourd’hui tout comme à l’époque de Céline on a cassé l’internationale pacifiste des travailleurs qui se constituait pour refuser la guerre en Allemagne et en France c’est ça d’abord être anar… Oui c’est refuser la bêtise et comme le dit Deleuze se poser les bonnes questions celles qu’on ne pose jamais : à qui profite la guerre ? Qui en tire des gains à chaque fois et qui y est anéanti à chaque fois ? Céline “ Le bon dieu et le diable ” comme le suggère Nymphéa ? Sais pas… Pour moi il est totalement ailleurs Céline comme Artaud ou Michaux ou Bukowski ou Burroughs ou Rimbaud d’ailleurs la comparaison est bonne… Rimbe partant pour Harrar et balançant derrière lui la poésie et la révolte pour aller faire du commerce ! Y a de quoi radoter là aussi…

    Tout à fait d’accord en revanche avec la citation “ … toujours curieux des Hommes et modestement citoyen de ce monde malade… ” alors là oui et oui ouaouf ! ouaouf ! c’est tout à fait ça… Une curiosité insatiable des Hommes et de leur folie et de leur étrangeté de leur dignité aussi et c’est bien Hommes avec un “ H ” qui désigne les gens simples que Céline aimait et qu’il soignait volontiers sans juger leur manque de “ connaissances ” justement qui parfois les rend si vulnérables… monde malade c’est peu dire monde dément et irréparablement foutu ! Voyage au bout de la nuit c’est tout ça… ça ne vous dit rien ce titre ? Céline n’a pas arrêté de voyager de bourlinguer de s’embarquer sauf à la fin à Meudon là il pouvait plus… Il voulait voir comme on veut tous ce qu’y a au bout de la nuit et probable qu’il a vu dans sa prison danoise qu’au bout y a… rien de pire que l’humain inhumain à fond et voilà !

    “ … nous sommes tous un éventuel bourreau ” alors là je sais pas c’est trop moral pour moi comme proposition ça… Lire F.Fanon pour l’histoire du bourreau et de la victime forcé on est un peu les deux quand on accepte de jouer le rôle et le mieux c’est de ne pas mettre le doigt dans le mic-mac de la culpabilité et du jugement des autres… De toute façon la première chose à savoir c’est que quand on écrit on joue avec les mots on jongle on “ miragine ” et qu’on est seul à savoir et encore ! ce qu’on a dans le ventre durant toutes ces heures-là d’épuisement d’éreintement que personne se doute… Et comme dit Chris l’écrivain est totalement absolument foutûment libre d’exprimer ce qu’il a envie du moment qu’il le fait avec “ sa peau sur la table ” ( ça c’est pas Chris c’est Céline ) et avec du style ! sinon il devient quoi ? un laquais une girouette des bien pensants selon le temps et la mode…

    Et que ceux qui ne veulent pas lire ne lisent pas on s’en fout bien ils sont libres eux aussi ouaouf ! ouaouf ! c’est dit… Voilà en gros et pour ce qui est d’étudier Céline au lycée alors là moi qui vous cause j’ai 52 balais dans trois mois et jamais de la vie j’ai lu une ligne de Céline au bahut et j’étais dans une section littéraire après 68 alors… pas plus étudié Gide d’ailleurs ni Genêt… A l’époque je découvrais L’homme révolté de Camus moi-même ainsi que Caligula et Les Justes je vous les conseille on en cause pas mais ce sont les meilleurs Camus… Pour débuter dans la lecture de Céline comme le demande Ruegy moi je conseillerais de se plonger dans D’un château l’autre et de lire les trois qui vont ensemble : Nord et Rigodon qui racontent l’épopée en Allemagne et au Danemark c’est fascinant et par moments tellement drôle ! Et c’est là que le chat Bébert entre vraiment en scène !

    Je vous ai répondu sur la longueur encore mille excuses sais pas faire autrement c’est navrant ! Pardon pour celles et ceux que je n’ai pas cités je fais ça de tête mais j’ai voyagé sur les blogs de tout le monde avant de répondre et j’ai été un peu éblouie : vous êtes vraiment très étonnants et vous avez-vous aussi le monde en partage c’est extra ! Et merci à Alphoméga pour les petits cailloux blancs… Céline est plus vivant que jamais on y veille et les matous du cimetière du Haut-Meudon qui viennent lui rendre visite aussi…

    Alors on continue ? Dominique

  25. Dominique Le Boucher

    Bonsoir,

    Et d’abord merci de ton commentaire à ma réponse sur notre blog des Cahiers qui m’a donné l’occasion de relire quelques poèmes vu que c’est l’été et que j’ai décidé même si l’écriture n’attend pas de prendre du bon temps en y allant léger léger… et que tu parlais de ce qui me pose toujours problème : écrire c’est souvent un acte violent ou du moins ça l’a été dans le passé alors comment ne pas envoyer la violence que je trimballe en moi à l’autre qui me lit qui voyage en moi sans savoir ?…
    Bon sûr que ça remue trop de choses à la fois ce truc-là posé comme ça pour qu’on en cause au creux de cette douceur nocturne dans ces moments où on devrait se laisser aller à nos rêveries vertes comme les petites vagues absinthe de l’océan… Pour t’esquisser une réponse vite fait à ce que tu suggères c’est mieux je crois de donner des exemples avec les mots que d’argumenter dans le vide…
    Y a quelques années j’ai vécu une des expériences les plus hard je crois alors que j’en ai fait quelques autres assez raides aussi mais là… je dois dire que ça a été fondateur pour moi… Je me suis fait frapper par un mec avec lequel je vivais à plusieurs reprises très violemment…
    Bon… rien de très unique ni original quand on sait combien de femmes sont dans ce cas aujourd’hui ni plus ni moins qu’hier. Moi j’n’aurais jamais imaginé que ça puisse m’arriver pas plus que mon absence de réaction « violente » en réponse… La réaction violente elle a été tournée… contre moi…
    Il m’a fallu des années pour arriver à finaliser un récit en prose pas publié sauf en revue qui raconte la scène mais de manière complètement détournée comme un conte… Pas pu le faire dans un texte plus réel plus vrai avec des mots  » violents  » liés à cette épouvante-là…
    Sauf que comme toujours quand j’écris j’écris d’abord des poèmes. C’est-à-dire que tout est poème pour moi et ça devient une sorte de  » prose  » après mais les images naissent dans de l’écriture poétique pas dans du récit… Donc je n’arrête jamais de pondre n’importe comment et n’importe où des bouts de choses enfin des p’tits poèmes en fragments si tu veux…
    Et après cette histoire qui m’a retourné la peau j’ai écrit des textes réunis dans un recueil que j’ai intitulé  » Au bord d’elles  » qui parle de toutes les formes de violences faites aux femmes qui me sont venues sous la paluche à ce moment-là…
    Et le dernier du recueil qui n’a rien à voir directement avec cette scène est pourtant complètement tiré d’elle.
    Il parle des femmes qui ont tué un homme ou de ce genre de geste de « vengeance  » et qui sont en prison car les prisons de femmes c’est l’horreur de l’horreur… Si tu lis ce poème tu n’y vois rien de l’histoire dont je te parle.
    C’est pour rebondir sur ce que tu disais : exprimer en quelques mots la violence et l’insensé à travers un petit texte et en même temps vouloir qu’il soit  » beau  » c’est peut-être ça au fond tout le génie fabuleux de la création ?
    En peinture je songe bien sûr au dessin de Vincent  » Sorrow « … J’imagine que tu connais l’histoire de Sien la femme qu’il a choisie pour modèle de ce dessin terrible et si démistificateur de la violence sociale et morale de son temps qui est aussi le nôtre… Ce dessin extrêmemnt dépouillé en dit plus qu’un grand discours sur la prostitution… Bon voici le poème en question.

    Mains armées

    Mercredi, 1er août 2001

    Ongles carmin Fine lame d’acier

    Sur gaine de cuir des griffes qui crissent

    Attention douceur entre les doigts glisse

    Intérieur rouillé Parois lacérées

    Une chambre cerise ou bien mitarde

    Cruauté manucure les poignets

    Institue de beauté pour léoparde

    Passé se délie Tout le désespoir

    Est permis Traquer d’un coup de vernis

    Les menottes Les rêves qui se barrent

    Fureur féline maquille à crédit

     

    Ongles carmin sur bouche revolver

    Sanglante guêpière où on s’est fourrées

    Rose perle garance lilas mauve

    Réséda Tout s’est si bien combiné

    De la belle à la bête et puis fourrière

    Corps laqués de miel Nos amours de peau

    Poinçonnées dans le dos saines et sauves

    Amante écartelée Vagin pavot

    Sexe vermeil coincé entre les mains

    Des bourreaux fournisseurs de bétaillères

    Paillettes de sperme sur lèvres fauves

     

    Ongles carmin Des sillons sur nos cous

    Putains guerrières Gitanes bleues Sœurs

    Allumeuses d’anges ou ravisseuses

    D’oranges Empoisonneuses Guépardes

    Oiseleuses avec crânes cailloux

    Lisses Fines lames qui se hasardent

    A vous tailler rouges des doigts tueurs

    Gardes-à-nous femmes pénitencières

    Ongles carmin déchireront les champs

    Offerts aux dresseurs de pavots en fleurs

    Corps ouverts nous ne tirerons qu’un coup.

    Je ne suis pas sûre d’avoir répondu juste ni exploré le sujet très loin mais comme tu vois c’est l’été et on peut prendre du temps un peu plus pour causer de ce qui nous touche tant… enfin moi ça me va bien. Alors on continue ? Dominique

  26. quichottine

    Bonsoir, Dominique.

    Comme tu le vois, j’ai mis ta longue lettre en première page.
    Je sais que tu l’as écrite pour me donner ta vision de ce grand écrivain que fut Céline.

    Je sais aussi que je n’aurais peut-être pas su dire tout ça, que je ne l’aurais sans doute pas dit.

    Ce que je crois, c’est que l’écriture romanesque a changé avec lui, comme l’écriture avait changé avec le Don Quichotte.

    Après, tu voulais que mes lecteurs réagissent à tes mots, je crois que certains le pourront.

    Moi, bien sûr, je te dirai aussi ce que j’en pense, un peu plus tard.

    Merci pour tes visites, merci pour ta participation à ces débats que nous avons eus sur l’écriture ou sur l’art.

    J’espère que tu pourras suivre ce qui se dira ici.

    À bientôt.

    Quichottine

    • À partir de ce commentaire, je ne ferai de réponse que si le commentaire ne concerne pas la lettre de Dominique. Pour les autres, je laisserai Dominique y répondre.

      Merci de votre patience.

  27. quichottine

    Bonsoir, Dominique.

    Comme tu le vois, j’ai mis ta longue lettre en première page.
    Je sais que tu l’as écrite pour me donner ta vision de ce grand écrivain que fut Céline.

    Je sais aussi que je n’aurais peut-être pas su dire tout ça, que je ne l’aurais sans doute pas dit.

    Ce que je crois, c’est que l’écriture romanesque a changé avec lui, comme l’écriture avait changé avec le Don Quichotte.

    Après, tu voulais que mes lecteurs réagissent à tes mots, je crois que certains le pourront.

    Moi, bien sûr, je te dirai aussi ce que j’en pense, un peu plus tard.

    Merci pour tes visites, merci pour ta participation à ces débats que nous avons eus sur l’écriture ou sur l’art.

    J’espère que tu pourras suivre ce qui se dira ici.

    À bientôt.

    Quichottine

  28. quichottine

    Bonsoir, Dominique.

    Comme tu le vois, j’ai mis ta longue lettre en première page.
    Je sais que tu l’as écrite pour me donner ta vision de ce grand écrivain que fut Céline.

    Je sais aussi que je n’aurais peut-être pas su dire tout ça, que je ne l’aurais sans doute pas dit.

    Ce que je crois, c’est que l’écriture romanesque a changé avec lui, comme l’écriture avait changé avec le Don Quichotte.

    Après, tu voulais que mes lecteurs réagissent à tes mots, je crois que certains le pourront.

    Moi, bien sûr, je te dirai aussi ce que j’en pense, un peu plus tard.

    Merci pour tes visites, merci pour ta participation à ces débats que nous avons eus sur l’écriture ou sur l’art.

    J’espère que tu pourras suivre ce qui se dira ici.

    À bientôt.

    Quichottine

  29. quichottine

    Bonsoir, Dominique.

    Comme tu le vois, j’ai mis ta longue lettre en première page.
    Je sais que tu l’as écrite pour me donner ta vision de ce grand écrivain que fut Céline.

    Je sais aussi que je n’aurais peut-être pas su dire tout ça, que je ne l’aurais sans doute pas dit.

    Ce que je crois, c’est que l’écriture romanesque a changé avec lui, comme l’écriture avait changé avec le Don Quichotte.

    Après, tu voulais que mes lecteurs réagissent à tes mots, je crois que certains le pourront.

    Moi, bien sûr, je te dirai aussi ce que j’en pense, un peu plus tard.

    Merci pour tes visites, merci pour ta participation à ces débats que nous avons eus sur l’écriture ou sur l’art.

    J’espère que tu pourras suivre ce qui se dira ici.

    À bientôt.

    Quichottine

  30. Merci, vraiment, à Dominique pour tant de détails que je ne connaissais pas.
    Mais y a – t -il besoin de tout savoir d’un GRAND écrivain pour l’adorer dès la première approche….à l’intuition seulement de mes 15 ans….

    Aucun GRAND de l’écriture ne peut etre accusé d’etre tendancieux….c’est simplement de la mesquinerie…

  31. Je reviendrai relire cette longue lettre plus posément.
    Bisous Quich’ et bon dimanche

  32. Bonne journée Quichottine et bon repos ce dimanche!!! bises.

  33. Bonne journée Quichottine et bon repos ce dimanche!!! bises.

  34. Bonne journée Quichottine et bon repos ce dimanche!!! bises.

  35. Bonne journée Quichottine et bon repos ce dimanche!!! bises.

  36. euh … c’est un interview ? Où sont les caméras ???? Bon, je ne sais que dire moi à ça ! Par contre je ne connaissais pas Céline (si ce n’est de nom !) Si ça ne t’ennuie pas, moi aussi je me repose, c’est dimanche, faut pas que je me triture les méninges un dimanche, c’est mauvais pour mon coeur … Je répondrais plus tard ! Non, tout compte fait … Les choix des uns et des autres sont parfois surprenants. Gros bisous

    • Tu me fais rire, Plume ! Il y avait la page blanche ou le bureau des réclamations pour dire tout ça… ;-)))

      Gros bisous à toi aussi

  37. J’admire la passion..la rage presque ..que vous mettez à le « défendre » …il faut avoir souffert et  être bien écorché  pour comprendre . Le bon »dieu » et le « diable » sont frères , c’est bien connu .Ce qui compte c’est avant tout ce qu’il a été …MERCI ..

  38. J’admire la passion..la rage presque ..que vous mettez à le « défendre » …il faut avoir souffert et  être bien écorché  pour comprendre . Le bon »dieu » et le « diable » sont frères , c’est bien connu .Ce qui compte c’est avant tout ce qu’il a été …MERCI ..

  39. J’admire la passion..la rage presque ..que vous mettez à le « défendre » …il faut avoir souffert et  être bien écorché  pour comprendre . Le bon »dieu » et le « diable » sont frères , c’est bien connu .Ce qui compte c’est avant tout ce qu’il a été …MERCI ..

  40. J’admire la passion..la rage presque ..que vous mettez à le « défendre » …il faut avoir souffert et  être bien écorché  pour comprendre . Le bon »dieu » et le « diable » sont frères , c’est bien connu .Ce qui compte c’est avant tout ce qu’il a été …MERCI ..

  41. eolina/korrigane

    Juste un petit bonsoir amical. A bientôt pour de nouvelles images et /ou aventures.

  42. Muad' Dib

    Coucou Quichottine, le défi que tu nous proposes de répondre à la lettre de Dominique Le Boucher est bien trop relevé pour moi.
    Je ne connais pas les livres de Céline et celui de Bukowski que j’ai essayé de lire il y a quelques années était d’un ennui si profond …
    Le plus gênant pour moi c’est peut être la citation empruntée à Jacques Vergès en guise de conclusion. Je la trouve beaucoup trop systématique surtout en ce qui concerne l’acte de création.
    Hitler était seul contre tous avant que le groupe, la masse, l’Etat se rallie à sa vision …
    Bonne soirée,

  43. Michka dit Le Pirate

    je te souhaite une belle soirée Quichotine

  44. Michka dit Le Pirate

    je te souhaite une belle soirée Quichotine

  45. Michka dit Le Pirate

    je te souhaite une belle soirée Quichotine

  46. Michka dit Le Pirate

    je te souhaite une belle soirée Quichotine

  47. « mort à crédit »…tu me donnes envie de le lire, connais pas !
    vais le chercher !

    bonne Bibliothèque et Quichotte encore !