Élisabeth Carle, D’honneur et d’eau fraîche

  C’est fou ce qu’en ce moment je peux hésiter… ça vous arrive à vous ?

Je suppose que oui. Les certitudes me fuient.

Continuer aujourd’hui le conte ? Il n’en est pas question… L’heure du conte, comme chacun sait, a été créée pour les enfants, petits et grands, de sept à soixante-dix-sept ans ! La journée des enfants, c’est le mercredi…

Ce sera le mercredi ici aussi !

Il va falloir attendre… Eh oui ! Sinon, je ne pourrais jamais ranger ce qu’il y a sur mon bureau !

J’y ai de nombreux livres, des livres à placer sur mes étagères. C’est difficile ! Il faudrait que j’y arrive pourtant, un jour ou l’autre. Il faudra que ma bibliothèque retrouve un peu de cohérence. Là, je lis dans tous les sens. Il n’y a que Don Quichotte qui garde le cap, tranquillement.


Don Quichotte
, pour moi, c’est à la fois mon livre de chevet et mon refuge, lorsque j’ai envie de penser à autre chose. Lui, il ne me quitte jamais. Il ne faut pas que je le range.

Aujourd’hui, j’ai choisi un livre que j’ai lu récemment, l’un de ceux que je dois ranger, je ne sais pas encore où…

Je vais vous en parler tout de même, après avoir beaucoup hésité.

Asseyez-vous, car même si ce ne doit pas être très long, il faut pouvoir être à l’aise, ne pas avoir envie de fuir.

Elle a  onze ans… à peine plus. Elle rentre en sixième. Mais, ce n’est pas n’importe où.

J’ai envie de vous raconter cet internat un peu « spécial » qui ne ressemble à aucun autre. J’ai envie de vous le faire découvrir,  à travers les yeux de cette petite fille qui s’accroche à sa  grand-mère comme un naufragé le ferait à sa bouée de sauvetage.

Élisabeth ne veut pas y aller, elle veut rester chez les siens… mais les siens ont décidé pour elle. Elle ira, là, dans cet internat qui fera d’elle en sept ans une « Demoiselle de France« .

Vous ne saviez pas qu’il y avait des jeunes filles qui avaient l’insigne honneur d’être formées, patiemment, à ce qui serait leur rôle, pouvoir représenter la France, en toute circonstance ?

Napoléon l’a voulu ainsi. Il a choisi les lieux, magnifiques, pour éduquer les filles de ses soldats, morts pour la France. Elles viennent de partout mais, d’où et de quelque milieu que ce soit, elles auront la même éducation, les mêmes privilèges, les mêmes obligations.

Sur le bandeau qui barre la couverture du livre, bleu marine comme l’uniforme qu’endossaient ces jeunes filles, il y a l’auteur, en gros plan… mais l’auteur qu’elle n’était pas encore lorsque, avec ses compagnes, elle posait pour la photo de classe.

Je crois que c’est cette image qui m’a attirée. L’uniforme bleu marine, la collerette de piqué blanc, la ceinture… cette ceinture que Napoléon avait gardée des demoiselles de St Cyr de Madame de Maintenon. Pour qu’elle soit bien mise, il fallait se faire aider. C’était une façon d’apprendre la solidarité.

Les ceintures… ces longs rubans de passementerie qui indiquent clairement la classe. On ne peut pas tricher, se glisser subrepticement dans un rang qui ne soit pas le sien… La ceinture qui trahit celle qui voudrait passer inaperçue !

Chacun doit rester à sa place, avec les élèves de son âge.

La chapelle aux colonnes blanches a un petit air de temple grec. Une classe en sort, égrenant ses rangs. Les ceintures oranges toutes neuves brillent au soleil. « Ce sont les aurores », me dit l’ancienne avec un accent de respect dans la voix. Je lui demande si elle est « aurore », c’est à dire élève de quatrième, ce qui l’agace, puisque je vois bien que sa ceinture est violette et qu’elle est en cinquième. D’ailleurs, moi, je ne suis qu’une nouvelle, une « petite verte », une petite sixième. A voix basse, elle me recommande de ne pas parler aux élèves des classes supérieures. (p.23)

Qui n’a jamais vu ces demoiselles au moment de cérémonies officielles ne sait pas ce qu’elles sont. Il faut donc les découvrir, se frotter un peu à leur univers à travers ce livre qui retrace les souvenirs d’une élève d’il y a longtemps.

Passer sept ans de sa vie dans un internat de filles, dans une école à la discipline quasi militaire, ce n’est pas rien.

Élisabeth va apprendre le silence, d’abord.

Direction le réfectoire pour le dîner, « en rangs et en silence », hurle la surveillante. Autour de moi des murmures marquent une désapprobation générale. A ma grande surprise, ce silence ne me pèse pas. Il ne me pèsera jamais, je le trouverai toujours reposant, comme s’il créait une sorte d’édredon douillet qui m’isolerait de cette promiscuité imposée du matin au soir et à laquelle personne ne peut se soustraire. L’absence totale de bruit permet d’oublier et de s’évader par la pensée de la vraie vie, celle que je menais hier encore. (p.27)

Hier… c’était il y a longtemps… Il ne faut pas oublier que si l’école existe encore, si elle continue de former des « demoiselles de France », elles ont de nos jours des téléphones portables… et traversent la « cour d’honneur » cheveux au vent et verbe haut…

Les demoiselles de la Légion d’Honneur ont évolué. Ce sont des jeunes filles d’aujourd’hui. Mais, ceux qui ont assisté au défilé du 14 juillet 2002, année du bicentenaire de la création de l’Ordre, les ont vues défiler sagement, et former cette grande croix devant la tribune d’où le Président de la République et les « officiels » contemplaient un spectacle savamment orchestré.

Quelle que soit l’année, l’éducation est là, celle qui permet de « bien se tenir » en tout circonstance… y compris devant le Chef de l’État.

Pour Élisabeth, ce sera « le Général »… et la cérémonie a lieu à Saint-Denis.

Un très grand officier en uniforme nous passe en revue avec un étonnement imperceptible dans le regard. C’est certainement la premère fois qu’il passe en revue des petites filles. Il me bouscule pour aller saluer celle qui est derrière moi sur ma gauche et recommence pour saluer celle qui est sur ma droite. Suis-je invisible ? Moi, je le reconnais bien, c’est « le Général ». Tout se passe très vite car il marche à pas de géant. Il est suivi par un aréopage d’officiels très raides et d’une femme au visage jeune, emmitouflée d’un vison clair et qui embaume. Son parfum réussit l’exploît de remplir tout le cloître. C’est la première fois que je rencontrerai quelqu’un de parfumé dans l’univers clos de la pension. (p.71-72)

Tout compte fait, ce n’est pas si facile de vous parler de ce livre. C’est à la fois le récit de sept années de pensionnat, de sept années d’Histoire, et de quelque chose de plus intime que j’ai du mal à définir.

Élisabeth raconte, mais les mots qu’elle choisit avec soin ne sont pas seulement ceux d’une « ancienne élève des Maisons d’Éducation de la Légion d’Honneur », ce sont ceux d’un écrivain qui essaie de faire passer des émotions, qui arrache de ses entrailles ceux qui étaient jusqu’alors silencieux, ceux que l’on ne dit pas pour ne pas risquer de peiner son entourage.

Lorsque j’ai fermé le livre, après en avoir lu la dernière phrase, je me suis dit que celle qui s’accrochait à la main de sa grand-mère, qui ne voulait pas se séparer de sa famille était toujours là…

Elle avait seulement grandi.

 
Lien direct avec l’article des Editions Stock.

70 réponses à “Élisabeth Carle, D’honneur et d’eau fraîche

  1. Où que tu vas chercher ces trucs qui ont le don de me rappeler de mauvais souvenirs ?????????’……mauvais et tendres, à la fois …..J’ai été, moi-meme, interne dans un collège de filles !…..tragique !!!!
    ….puis pionne d’internat !!!!…..dans deux lycées de filles !!!!!
    ….ça ressemble de très près à une prison agrémentée d’une caserne de peaux de vaches…
    Mais, quand on en sort…….ou qu’on se fait foutre à la porte (comme moi)……on a vraiment la Force….on est armé jusqu’aux dents !
    Comme j’aimerais avoir le temps de lire !!!

    • Si c’est quand même un peu tendre, j’ai moins honte d’avoir parlé de ce livre !

      … tu me fais rire ! Je me demande quel genre de pionne tu étais alors… Je t’imagine mal essayant de dire aux filles de marcher en rangs ! Tu devais plutôt leur passer des cigarettes en cachette ! (ça se faisait dans ton internat ?)

      … tu t’es fait mettre à la porte ? J’aurais voulu être petite souris pour voir ça ! Quelle bêtise avais-tu pu faire ?

      Tu ne leur avais pourtant pas balancé l’un de tes P… de B… de M… ??????????????????

      Un jour tu auras le temps de lire, peut-être…

      Passe une belle soirée, Chris !

  2. Je me suis toujours demandée quelle pouvait être la vie de ces demoiselles dans Cette maison située pas très loin de Cergy dans la Forêt de Saint Germain en Laye près des loges. Merci de cette critique littéraire que je vais lire. Je saurai ainsi comment elles vivent….où tout du moins comment elles vivaient car cela a peut être évolué (en plus du portable). Bisous

    • Il n’y a pas que la communication avec l’extérieur qui ait changé. J’ai eu l’occasion de voir un reportage. Visiblement, il y en a d’autres ! L’atmosphère du livre nous fait remonter quarante années en arrière… Je crois que c’est important à souligner. La vie était différente, y compris pour celles qui n’étaient pas internes.

      Cependant, c’est important, je crois, de pouvoir lire de tels témoignages en sachant que ce n’est sans doute pas la réalité telle qu’elle était vécue par toutes les pensionnaires, mais une réalité, parmi d’autres, vécue à un moment précis, dans des circonstances sans doute douloureuses (guerre d’Algérie), mais dont l’auteur parle avec passion.

      C’est sans doute ce qui permet de rentrer dans le roman… même si l’on n’a jamais été élève dans une telle institution.

  3. Bonjour, Quichottine !
    Tu me donnes bien envie de lire « D’honneur et d’eau fraîche », une histoire sans doute touchante de la vie de cette jeune fille dans cet internat particulier.
    Qu’apporte le port d’un uniforme ?
    En 7 ans de pensionnat, quels les traits communs d’éducation ont acquis ces Demoiselles, loin de leur famille ?
    Bonne journée.
    Gros bisous

    • Un uniforme ? Tous ceux qui sont pour (voir les reportages sur les pays où cela se pratique partout, même dans les écoles publiques) parlent de l’égalité… C’est vrai qu’ainsi il n’y a plus de différence liée à l’argent que les uns et les autres peuvent investir pour que leur enfant soit le mieux vêtu, le plus conforme à la dernière mode… Ce serait un facteur de cohésion.

      Un signe de reconnaissance aussi… Pourquoi pas ? Tu imagines une équipe de rugby où chaque joueur serait vêtu comme il le désire au lieu de porter les couleurs de son club ? Ingérable dans un match !

      C’est un peu ça en fait… Apprendre aussi à respecter ce vêtement que l’on doit porter tous les jours…

      Traits communs ? Je ne sais pas. Elisabeth Carle parle de la force de caractère, je le crois volontiers. Exister, être soi dans de telles conditions, c’est sans doute se forger une personnalité plus forte, dans la mesure où l’on doit lutter plus qu’ailleurs… Lutter ou alors accepter de se couler dans un moule… Je me pose la question. Je n’ai personnellement pas de réponse.

      Passe une belle journée, Siratus

  4. Tu donnes envie de le lire,ce livre…mais on dirait que tu t’es identifiée à elle…C’est le propre des bons livres de nous permettre cela

    • Je dois dire que l’écriture du roman de nous permet pas d’être totalement indifférent…

      C’est assez poignant.

  5. je connais une personne de la Légion d’Honneur…Elle m’a déjà parlé de son école…C’est vrai que l’éducation qu’on y donne peut sembler décalée…Je dis peut,car ds certains milieux ou ds certaines fonctions,elle est tjs indispensable…Et requise…Je me souviens ainsi d’une visite au Sénat…….VITA

    • Je pense que tu as raison. Il faut être armé pour pouvoir évoluer dans certains lieux. D’où qu’ils viennent, ceux qui choisissent certaines professions doivent apprendre leurs règles. C’est le cas dans la diplomatie, dans la politique, et dans d’autres encores. Pour pouvoir agir, il ne faut pas détonner… sous peine de se voir rejeter par ses pairs…

  6. Ma chère Quichottine, comment pas de conte que le mercredi.. mais que fais-tu des grands enfants que nous sommes.. mais j’attendrai avec sagesse comme il se doit mercredi prochain.  Si tu as besoin d’aide pour ranger tes étagères, nous sommes là n’oublies pas.. lol.. mais encore faudrait-il être capable de ranger comme il faut que tu puisses retrouver tes livres.. et moi j’ai une facheuse habitude de ranger de gauche à droite.. évidemment je suis une gauchère contrariée lol.. Tu m’as replongée dans mes souvenirs car mes grands-parents qui m’ont élevée, ont tout fait pour que je rentre à La Légion d’Honneur, cet internat de la crème de la crème. Mon grand-père ayant fait deux guerres et ayant eu la Légion d’honneur pour ses brillants services (à l’époque on n’avait pas la légion d’honneur pour un oui ou un non..) j’avais droit à son accès.. sauf que cela coûtait très cher et que mes grand-parents étaient pauvres. Alors pour rentrer dans cette célèbre Ecole, il fallait avoir la Légion d’Honneur dans sa famille mais être riche… Alors je n’y suis jamais allée… et je ne sais pas si j’ai manqué quelque chose.. mais je vais lire ce livre car je veux savoir…
    Je te fais plein de bisous

    • Je range aussi de gauche à droite ! En ce qui concerne la « richesse » de ces demoiselles, il me semble que beaucoup d’entre elles avaient des bourses et ne payaient pas l’internat. Pour ce qui est de la situation aujourd’hui, ont peut trouver tous les renseignements sur le site de la Grande Chancellerie de la Légion d’Honneur.

      http://www.legiondhonneur.fr/shared/fr/maisons/fmaison.html 

      Il semble que des réductions soient toujours possibles. En tout cas, pour ceux qui veulent davantage de précisions, le site est agréable à visiter… Ne pas hésiter à tourner les pages ;-) 

      Passe une belle soirée, Chantal

  7. Encore un livre qui mérite le détour, merci de nous l’indiquer…Comment fais-tu pour tenir ton blog et avoir le temps de lire…et d’écrire…?…moi j’ai ce regret c’est l’un ou l’autre , en ce moment je ne trouve pas le temps de lire….bisous..;bonne journée Quichottine….

    • Ben… je n’ai pas toujours assez de temps… alors je le vole  !!! (RIRE !!!!!!!!!!!!!!)

      Passe une belle soirée, Le Bigorneau

  8. Je ne suis pas sûr que j’aimerais ce livre, mais tu nous en parles admirablement. Tiens, je vais peut-être l’offrir à Noël…

    • Merci, Ruegy… Je pense que ce livre a sans aucun doute ses détracteurs. Mais c’est une page d’histoire, à prendre en tant que telle.

      Passe une belle soirée…

  9. Pour l’internat ça va, j’ai déjà donné (dix ans); mais j’ai de bon souvenirs, je n’étais pas malheureux, c’est moi qui l’avait choisi. A+

    • Nous avons tous de bons souvenirs de collectivité, même sans avoir été interne…

      Le patronage… ou le centre aéré pou les plus jeunes, la cantine à l’école, les colonies de vacances… 

      Tu as raison je crois aussi : pour y avoir été heureux, il faut l’avoir choisi.

      Passe une belle soirée, Bernard.

  10. Article qui me fait l’effet d’un immense soulagement à la pensée de ce à quoi on échappe parfois …

    • On peut échapper à bien pire je crois… mais tu as raison. Le soupir que l’on pousse en fermant certains livre peut être un soupir de soulagement…

      Celui-ci, j’étais contente de l’avoir lu… J’y ai beaucoup appris.

  11. Oh superbe …! Quichottine comme tu racontes bien . J’ai vu il y a longtemps un petit reportage sur ces jeunes filles …qu’elles étaient belles , sages , classiques , éduquées comme toutes devraient l’être … J’ai tant aimé les retrouver au fond de ma mémoire grâce à ce récit . Merci Quichottine….Je retiens que le mercredi est retenu comme jour du Conte…..ça va être long jusqu’à la semaine prochaine…    :-))

    • Je ne sais pas, La Bernache. Je me dis qu’elles ont effectivement une certaine classe lorsqu’on peut les voir dans les cérémonies officielles. Il est certain qu’elles ont bénéficié d’une bonne éducation.

      Cependant je ne suis pas sûre que toutes les jeunes filles de leur âge devraient y être contraintes. Comment serait le monde si toutes les filles passaient par le même moule ?

      Pour le mercredi… Tu verras, le temps passe toujours très vite ! 🙂

      Passe une belle soirée

  12. Beau récit du récit qui donne de vraies envies de lecture.

  13. ça donne envie de le lire
    tilk

  14. Toutes celles qui lisent ce livre doit faire revivre les années de pensionnat.Bonne journée et A+

    • Je pense qu’effectivement il doit leur remémorer des choses… mais je pense aussi que c’est une façon de mieux comprendre le débat actuel sur les internats !

  15. Les « demoiselles » qui passent par cette école sont les mêmes qu’Elisabeth Carle…
    La seule chose qui ait changé? c’est le moule!
    Bonne soirée

    • Tu crois que le moule a changé ? Je ne sais pas… il faudrait étudier ça de plus près. Il s’est peut-être seulement adapté à une certaine évolution sociale.

      Bonne soirée, Alphomega…

  16. Gros bisous de la nuit, Quichottine !
    Intéressants, les commentaires…comme toujours. Merci de ta réponse.
    Sans être allée sur le site de cette Maison, je crois que comme dans d’autres institutions de ce genre, les frais de scolarité sont proportionnels aux revenus (déclarés), par exemple les classes prépa à Ginette (Ste Geneviève), quelle que soit la confession religieuse du jeune élève.
    Il n’est cependant point besoin d’internat  pareil -choisi ou par la force des évènements- pour forger son caractère ou pour  savoir « tenir son rang » selon les circonstances imprévisibles de la vie, à tous niveaux. Il n’y a pas d' »élues » pour moi.
    A ce que j’ai compris, sans connaître encore le livre, l’auteur(e) est pensionnaire à l’époque de la guerre d’Algérie, période d’Histoire trouble et ambigüe. Il faut toujours tenir compte d’une histoire dans son contexte historique…
    Oui, j’ai envie de lire ce lire qui pique ma curiosité  😉
    Gros bisous de la nuit, Quichottine 

    • Les réductions sont étudiées au cas par cas…
      Tu as certainement raison, pour ce qui est de savoir tenir son rang… Si ce n’est que le fait d’être là te permet parfois de rencontrer des personnes que tu n’aurais jamais rencontrées autrement. C’est un peu ce que je voulais dire.
      Elisabeth s’est trouvée très près du Général de Gaulle. Combien de petites filles ont pu l’approcher ? Je suppose que ce pourrait être considéré comme un honneur par certains. Parmi le petit millier de jeunes filles qui sont élèves des Maisons de la Légion d’Honneur aujourd’hui, combien pourraient prétendre rencontrer un jour ou l’autre le chef de l’Etat si elles n’étaient pas dans cette école-là ?
      Je ne sais pas si c’est un « privilège »… Je pense que c’est une des opportunités offertes…L’éventail de rencontres possibles est plus large. Avec aussi ce que ça peut présenter de danger.
      Après tout, permettre à quelqu’un de sortir de sa « condition », n’est-ce pas lui faire courir le risque de s’y sentir mal s’il doit ensuite s’en contenter ?

      Tu vois, ça me faisait penser à ces élèves de banlieue qu’on fait entrer dans les grandes écoles… comme pour « ouvrir » à tous, en y mettant presque des quotas. Je me disais que certains préfèreraient sans doute y entrer uniquement par leur mérite et non parce qu’ils vivent ici ou là… on fausse le problème, s’il en est un vraiment.

      Je digresse… mais j’y réfléchissais en lisant ton commentaire… Il faudra que je relise ma réponse demain… je n’ai pas l’impression d’être très claire ! (et surtout de bien traduire ma pensée !!!)

      Gros bisous, Siratus…

  17. Bon week end à toi …… J’espère que ce sera un week end de beau temps pour qu’on puisse s’éloigner des livres et des ordinateurs.

    • Pour l’instant, ça va…Beau temps sur Cergy, Martine. Je suis sûre que tu vas en profiter pour nous trouver plein de sorties à faire !

      Bon veek end à toi aussi

  18. Petit coucou en passant…bisous en ce presque début de week-end..Bonne journée !

  19. Sept années de pensionnat ?

    Mais c’est harry Potter 😉

    Je t’envie d’avoir le temps de lire. Moi, j’ai quelques livres que j’aimerais lire, mais je n’y arrive pas… Grrr…

  20. Tu as le don d’aiguiser la curiosité avec ce récit émouvant. Je crois qu’à la place de cette petite fille j’aurais eu des nausées, c’est dur de rentrer dans un internat, de porter un uniforme, d’avoir une vie quasi-militaire,aujourd’hui les choses ont évolué heureusement.
    Santounette 

  21. je suis comme toi, je lis dans tous les sens. c’est ce qu’on appelle la soif de lire. je suis une boulimique dans ce domaine
    chalut dame quichottine

     

  22. Sept années de pensionnat ?

    Mais c’est harry Potter 😉

    Je t’envie d’avoir le temps de lire. Moi, j’ai quelques livres que j’aimerais lire, mais je n’y arrive pas… Grrr…

  23. Bonjour, bonne journée bises

  24. Tu as le don de nous donner envie de lire!

  25. Je n’ai jamais connu l’internat mais les internats des années 90 n’avaient certainement rien à voir avec celui que tu dépeins à travers ce livre.
    Hihihi ! Moi aussi, j’aurais voulu voir Chris en pionne de lycée ! :o))

    Bonne soirée Quichottine
    Et merci de tes bons mots distillés sur mon blog avec chaleur et amitié (soit-elle virtuelle)

    • Ils étaient certainement différents !
      Mais je n’ai fait que lire pour vous ce livre… et me documenter un peu !

      … Chris en pionne… c’est vrai que ça m’aurait plu ! 😉

      Bonne soirée à toi aussi, Cali… (et mes félicitations pour tes cent mille visiteurs chez Leb !)

  26. Je n’ai jamais connu l’internat mais les internats des années 90 n’avaient certainement rien à voir avec celui que tu dépeins à travers ce livre.
    Hihihi ! Moi aussi, j’aurais voulu voir Chris en pionne de lycée ! :o))

    Bonne soirée Quichottine
    Et merci de tes bons mots distillés sur mon blog avec chaleur et amitié (soit-elle virtuelle)

  27. Je n’ai jamais été aussi heureuse qu’en internat. Il faut dire que celui de l’Ecole où j’étais était géré de façon presque familiale, rien à voir avec le carcan qu’a dû connaître ton héroïne. Il y a de quoi forger un caractère…mais que de sacrifices à faire…
    Bonne soirée, Quichottine. 
    Bises !

    • Ah ! Tu vois, je suis contente de savoir que certaines s’y sont plu ! L’internat peut être une solution, parfois.

      Bonne soirée à toi aussi, Clerval.

  28. Muad' Dib

    Coucou Quichottine, je suis en pleine hésitation moi aussi mais pour d’autres raisons …
    En fait, je ne fais qu’un passage rapide pour te souhaiter une très bonne soirée.
    Je t’embrasse,

    • Ah… j’espère que tu n’as pas de problème !

      Merci en tout cas pour ce passage… je suis contente de te savoir là.

  29. Un inconnu

    A part la buissonnière je n’ai jamais aimé l’école, moi…

  30. Bises du vendredi bonne journée

  31. Muad' Dib

    Coucou Quichottine, tu sais mon dernier message n’était pas si énigmatique que cela car je t’avais envoyé un mail du boulot mais je crois que tu ne l’a pas reçu …
    Je t’embrasse (tout va bien),

  32. damouredo

    Je suis tombée sur ce livre par hasard…et j’ai bien évidemment eu envie de le lire. Donc je suis en train…Mon aînée a été comme Elisabeth une verte…mais nous ne l’y avons pas laissée. Elle y était trop malheureuse et nous aussi. A la différence d’Elisabeth, elle était bien sûr partante…nous avons voulu « voir ». Je pense que cela peut très bien convenir à certaines filles…pas du tout à d’autres comme notre fille. Mais quoiqu’il en soit, elle ne regrette pas du tout cette expérience unique. Les choses là-bas évoluent à chaque rentrée. En 2004, le portable était encore hélas interdit…et l’uniforme était encore l’ancien. Allez je continue ma lecture…

    • Merci pour votre témoignage… Je suis d’accord avec vous… l’internat, quel qu’il soit, ne convient pas forcément à tous.

      Bonne lecture !

      … et bienvenue dans la bibliothèque…

  33. damouredo

    J’ai terminé ce livre…et j’avoue qu’il m’a laissé comme un malaise. J’aimerais que ma fille le lise pour me dire si elle a ressenti les choses aussi durement qu’Elisabeth. C’est un livre très culpabilisant pour les parents, triste…Des relations ont inscrites leurs filles en 2nde à St Denis…plus âgées…J’imagine qu’on supporte peut-être mieux…Mais je pense qu’on croise quand même des Demoiselles de France heureuses de l’être…je l’espère pour elles.

    • J’avais eu la même impression, lors de ma première lecture.

      J’ai connu des Demoiselles de France qui y avaient été très heureuses, ne t’inquiète pas.

      Merci pour cette lecture et ces mots que tu déposes ici.

  34. Hélène,

    C’est un article qui n’est pas d’hier…

    Comme Elisabeth, deux de mes amis ont été à la LO. D’un niveau social plutôt aisé,elles se distinguent spécialement par leur liberté de vie et d’expression…

    J’ai malheureusement été élevée aux « oiseaux », rue Michel-Ange. Le but me parait surtout,de « savoir se tenir »…En tant qu’épouses de l’élite. J’y vois une très grosse différence d’avec le fait d’être élevée en tant que jeune fille qui fera partie d’une élite…

    Cela « m’inquiète » toujours, un pensionnat pour filles… Certaines traditions ont la vie dure, et pas dans un sens très féministe!

    En tous cas, l’uniforme était peut-être imposé pour « gommer » les différences, mais dans la réalité, un uniforme de chez « Tati » n’aura la même allure que celui qui a été commandé chez Chanel, sauf si la demoiselle a de l’allure… et n’énumère pas les différentes propriétés et avantages de s famille!

    Là comme ailleurs, les différences, à mon humble avis, étaient gommées surtout par le fait que les demoiselles fréquentant ces établissements étaient souvent des privilégiées…

    Qu’en pense-tu, Quichottine chère?

    Je t’embrasse fort,

    • Je ne sais pas ce qui se passe aux Oiseaux.

      Ce que je sais, c’est qu’à la LH les élèves n’avaient pas la possibilité de choisir qui fabriquait l’uniforme.

      Comme à l’armée, l’élève le recevait le premier jour, en allant à la lingerie. Pour tous le même, avec le même tissu, la même coupe. Pas le choix. Un peu trop long pour les 6e, plus court au fil du temps, jusqu’au moment où il fallait en racheter un autre parce qu’il était devenu vraiment trop petit.

      Les jeunes filles de la LH venaient alors d’horizons différents, de milieux différents. Celles qui étalaient leur origine n’étaient pas forcément les mieux « vues » par leurs camarades, même si, comme partout, il y avait aussi celles qui se dépêchaient de faire la cour aux plus nanties pour en tirer avantage.

      Les demoiselles n’étaient pas toutes des privilégiées, mais elles le devenaient en y entrant.

      Certaines en ont gardé de bons souvenirs, d’autres non. Demande à Françoise Chandernagor ce qu’elle en pense…

      Je t’embrasse fort, Hélène. Merci d’être allée lire ce très ancien billet.

  35. Hélène,

    Etonnant…

    Pour l’uniforme, effectivement, s’il était le même pour tous, cela mettait effectivement toutes les jeunes filles au même niveau…

    Et il s’agit, d’après ce que tu en dis, de deux genres d’écoles très différentes..

    La LH, (pas la LO! Parfois, je suis carrément à l’ouest!) était-elle un pensionnat catholique?

    Et tu as l’air d’adorer Françoise Chandernagor!

    J’aime me balader chez toi ainsi, à la sauvette… Petit-à-petit, un puzzle se met en place…

     

    Je t’embrasse très fort, ma Quichottine!

    • Pensionnat catholique ? Non, pas forcément. Même si à l’époque les demoiselles ne sortaient le dimanche qu’après la messe, dite dans la chapelle…

      Il y a toujours eu là-bas une assez grande ouverture d’esprit pour que toutes les confessions soient représentées.

      Ben… J’aime bien certains de ses romans…

      Tu cherches à mieux me connaître … que sera l’image finale ? Un portrait ressemblant ou une image de Kaléidoscope ?

      Je t’embrasse fort, Hélène. Passe une belle soirée.